‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 18 sur 436 · I.'IIOMME DE DIEU. — P4RT. I · texte numérisé non relu

I.'IIOMME DE DIEU. — P4RT. I

laire, « au-dessus duquel il n'y a aucun autre jilus excellent nom ; et tout ce iiu'il y a de nlus sublime dans le ciel parmi les anges et les saints, dira toujours : « l'Agneau (lui a été « mis à mort est digne de rccevoii- ta puis- '< sauce de la Divinité. » [Apoc. v, 12.) C'est donc avec grand sujet que le P. Scurin regardait l'état des plus grands mépris comme le souverain comble de la grandeur; car c'est de la manière (pi'il le qualiliaii, qu'il en faisait le sujet de ses plus ardents désirs ; et il assurait (ju'il y avait aspiré toute sa vie ; qu'en sa profession, son cœur se trouvait rempli d'une joie indicible; ce (jui lui faisait dire : « Je m'y trouve si délicieusement que je souhaite d'y passer le reste de mes jours. » Cependant les anéantissements qu'il a [lorlés ont été si extrêmes, qu'il pensait qu'on pouvait bien s'ap|)liquer ces paroles du Psalmiste à son état ; Souvenez-vous des enfants d'Edon, et de ce qu'ils firent nu jour de Jérusalem, qui dirent : Rasez-la, rusez-la jusqu'aux fondements [Psal. cxxxvi, 7), fiuisqu'oii le consulérait comme une personne anéiinlie et perdue h tout ce qu'il y a d'estimable. C'était aussi sa doctrine, « qu'il fallait tout sacritier; que le sacrifice d'holocauste qui est dû à la grandeur de Dieu, demande que la victime soit entièrement immolée, sans qu'il en reste rien. » C'est où manquent grandement [dusieurs personnes, et même spirituelles, qui n'immolent le point d'honneur qu'en partie ; elles ont des réserves pour de certaines choses qu'elles ne peuvent souffrir, ne considérant pas la doctrine de leur Maître, qui, dans l'instruction qu'il donna à ses apôtres et à tous les fidèles en leurs personnes, leur déclare qu'ils seront bienheureux quand on aura dit toute sorte de mal d'eux. [Maith. y, 11.) Le Fils de Dieu n'excepte lionc point aucune médisance. En vérité, en vérité, dit cet adorable Sauveur en saint Jean, si le grain de froment étant tombé en la terre ne meurt, il demeure seul et ne produit rien. [Joan. xii, 2i,) 11 voulait dire par cette comparaison, qu'il ne produirait son fruit que par sa mort. Mais à même temps il avertit les Chrétiens ou'ils doivent mourir en esprit avec lui par 1 esprit de mort à tout ce que le monde estime, et à ce qui le lient le plus arrêté, comme le point d'honneur. Sans cet esprit de mort, le grain de froment demeure seul et il ne produit rien; les [lersonnes spirituelles ne font que ramper dans les voies de la grâce, et celles que Dieu appelle à la sanctitication des autres , ne font jamais grand'chose. C'est ce qui empêche les âmes d'avancer, remarque sainte Thérèse au chapitre 13 de sa Vie; et au chapitre 16, demandant « pourquoi si f)eu de personnes se convertissent aux sermons, elle réjiond que c'est que les prédicateurs ont trop de prudence, et qu'ils disposent leurs sermons de telle sorte, qu'ils ne déplaisent à personne ; qu'ils pourraient avoir bonne intention eu cela, mais qu'ils feront peu de fruit en tenant ce.procédé; que ce qui leur donne cette tiédeur, est qu'ils n'ont pas la vie en hor-

OEUVRES COMl'LETES DE BOliDON.

nnir el iju'ils fnnl cas de l"lionneur; que les |irédii'ateuis ne se soucient non [ilus de gagner tout que de tout perdre; que c'est une grande liberté de tenir en captivité le désir de vivre selon les lois du monde. »

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