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autres occupations furent laiisécs ce jour-l'à; le travail des artisans cessa, et les Loutiq-ues demeurèrent lorniées, [)Oiir apprendre quel jugement serait donné contre Tcnnemi de la Mère de Dieu.
11 était nuit, lorsque les portes de l'église éianl Duveries, le grand Cvrille, légat du saint-siége, paraissant à la tOte de tous les évêques, déclara la condamnation de l'infâme patriarche de Constuntinople, Nestorius. Nous avons, dit ce saint légat du bienheureux Pape Célestin, condamné ce noiii-eau Judas; nous l'avons privé de tout grade et dignité ecclésiastique. A ces jiaroles on entendit de grands cris de joie |)arnii le peuple. L'on criait: L'ennemi de la Vierge est terrassé : vive la grande et toujours victorieuse Mère de Dieu. L'on prononçait toutes sortes d'exécrations contre l'impie Nestorius; l'on donnait mille bénédictions au glorieux Cyrille et aux autres é>êques. On conduisit les Pères en leurs maisons, les dames faisaient brûler des parfums dans les rues par où ils devaient passer; on alluma des feux de joie, et il semblait qu'une nouvelle vie eût élé rendue à ce fieuple, qui estimait l'injure faite à la Mère de Dieu pire que la mort même.
Alors les saints abbés et ermites, qui étaient demeurés dans leurs cellules en sortirent, et entre autres le célèbre ruoine Dalmasius, qui depuis quarante ans était demeuré enfermé dans son monastère, y alla avec les autres, par un ordre exprès qui lui fut donné du ciel, et tous chantaient des liymnes et des cantiques en actions de grâces du jugement du concile. Voilà la dévotion Jes premiers siècles à la très-heureuse Vierge; et nous pouvons dire que nos plus grandes ardeurs pour celle auguste Mère de Dieu ne sont que des glaces si elles lui sont comparées. C'est cependant le premier esprit du christianisme, et c'est cet esprit que saint Taurin a inspiré et voulu établir dans les lieux de sa mission apostolique.
Il ne faut point douter que l'ange tutélaire du diocèse d'F.vreux et les autres esj)rit3 célestes n'y aieni contribué efficacement : car s'ils gardent tous les hommes dans toutes leurs voies, les portant en leurs mains comme une bonne mère son enfant, ils n'auraient pas manqué d'assister saint "Taurin dans l'une des voies les plus assurées du salut, comme les saints l'enseignent , la solide dévotion envers leur auguste reine, mais il en a reçu toutes sortes de secours par une Providence inell'able.
Ces aimables esprits ont pensé à lui auparavant qu'il fût au monde : ils en ont pris des soins assidus durant tout le cours de sa vie, avec des bontés ravissantes. Ils les ont fait éclater à sa mort et après sa mort d'une manière admirable. Ce fut un ange, comme il a été dit, qui révéla sa naissance à sa bienheureuse mère. Ce fut un ange qui lia le démon, lorsqu'il lui donna ordre de se montrer sous une forme visible; ce fut un ange qui prédit au saint te qui lui devait arriver; et cls grands princes du
ciel se trouvèrent dans une multitude innombrable , paraissant avec des vêtements d'une blancheur céleste pour honorer sa précieuse mort. Son ange gardien parut pour ordonner du lieu de sa sépulture, et ensuite il consola en sa manière angéli(]ue le peujile exlrnordinairemcnt oflligé. Ces sublimes esiirils ontchanté divinement ses louanges [)lusieurs fois après son bienheureux décès, ils ont conservé ses relupies sacrées, et enfin, ils les ont révélées pour leur faire rendre la vénération (luileur est due.
Car enfin c'est ainsi que Dieu a aimé les hommes, destinant à leur service lesglorieux princes de sa cour. C'est ainsi qu'il Tes a aimés d'un amour si excessif que tous les anges, et le nombre ne s'en peut dire, sont tous des esprits servant aux hommes; car, qui en serait exempt, puis(iue saint Michel, saint Gabriel, saint Uaiihacl, qui en sont les jiremiers, ont été envoyés |)lusieurs fois pour leur service ? il est écrit dans ['Apocalypse (v, 6), que l'Agneau a sept yeux, qui sont les esprits de Dieu, qu'il a envoyés par toute la terre. Ce sont les sept yeux (jue le prophète Zacharie (iv, 10) dit, que le Seigneur envoie dans tout le monde. Et saint Jean, dans son Apocalypse (i, k), commence par la grâce et la paix qu'il envoie de leur part aux Eglises. Ces sept anges principaux, que la divine Providence emploie dans les atïairus les plus importantes qui regardent le gouvernement du monde, demandent une application particulière et une dévotion très-spéciale. Nous en avons parlé dans notre livre De la dévotion aux neuf chœurs des saints anges , que la divine Providence nous a fait écrire, pour tâcher de réveiller en sa divine vertu les hommes de leur étrange assoupissement, et à l'égard de Dieu qui nous envoie ses anges, et à l'égard des anges qui nous sont envoyés. Oh! qu'il faut bien dire que le cœur de l'homme soit quelque c.hose de bien dur et vraiment de très-insensible, jiour n'être pas touché vivement à la vue des amours de Dieu et des amours des saints anges. Ah 1 qu'ils sont étonnants, qu'ils sont admirables, mais qu'ils sont touchants. Eh ! quai moyen de n'avoir pas le cœur sous le iiressoir du céleste amour !