LETTRE XIV
// faut se débarraxser de ses inqtnétudes et conserver le calme de l'esprit et du cœur, pour avancer dans les voies de Dieu.
Ma clière tille,
Dieu seul, Dieu seul en trois personnes et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes. C'est dans cette divine union que je vous désire ce que le peuple de Dieu dans la Judée souhaitait à leurs frères qui étaient dispersés dans l'Egypte, comme nous l'apprend le Saint- Esprit dans le commencement du second livre des Machahées : ilscommmeucent par le désir d'une bonne i)aix, et c'est ce que je fais, YOtre esprit, naturellement inquiet, se donnant bien de l'eiercice par lui-même. Je souhaite que vous serviez Dieu comme ce peuple d'un grand cœur et d'une bonne volonté; d'un grand cœur, le courage est tout à fait nécessaire dans le service de Dieu, et sans cela, dit la séraphique sainte Thérèse, jamais on ne fera de grands progrès dans la voie de Dieu; les âmes sujettes au découragement et à l'abattement ne feront jamais grand'chose. Le peuple de la Judée réitère à leurs frères le désir de la paix, c'est ce que les saints anges ont publié en même temps que le Sauveur de tous les hommes, et c'est ce que cet aimable Sauveur a laissé en mourant à ses disciples pour partage ; ensuite il demande que Dieu tout bon écoute favorablement leurs prières et qu'il ne les abandonne pas dans leurs mau.t, et que pour cela ils lui offrent leurs oraisons; c'est ce que je fais aussi, ma chère liUe ; or l'on peut |Dar les prières demander la délivrance de ses luaux ou leur diminution, comme toute l'Ecriture nous l'explique, soumettant néanmoins sa volonté en toutes choses à la volonté divine. Je prends [jIus de part que je Tie peux dire à l'honneur que le saint N. a fait à messieurs, car il y va de l'intérêt de Notre-Seigneur et de son Eglise. Saluez donc à l'occasion monsieur votre frère de ma part, votre sœur et leurs bons anges. L'on peut dire sans crainte que le iprêtre dont vous me parlez est l'adversaire de la sainte ■\'ierge, qui mériterait qu'on ne le laissât jamais prêcher. Je dois attendre tous les jours la mort. Ah 1 ma chère fille, priez que je meure auparavant que de mourir, afin que Jésus vive uniquement en tout ce que je. suis. Je salue votre bon auge et suis votre, etc.
Ce 18, fête de saint Luc evangélisle et la veille de la fête de saint Pierre d'Alcanlara , tous deux qui ont porté le. croix continuellement durant leur vie. Ah '. qu'il fait bon être crucifié en ce monde !