LETTRE LL
Il l'exhorte à mettre toute sa confiance en la divine Providence.
DIEU SEUL
Ma chère fille,
Jésus-Christ soit notre unique tout en toutes choses 1 C'est à sa divine providence, toujours infiniment adorable et toujours infiniment aimable, que je vous recommande uniquement, avec Mme Anne, Mlle de la Forest et Marie Simon. C'e>t entre ses divines mains que je vous mets toutes, la suppliant, prosterné devant ses giandeuis ii finies, de vous servir de mère en toutes choses, et pour l'extérieur et pour l'inlérieur, [)Our letera|iorel et ))0ur le spirituel. Qu'elle soit votre force dans toutes les faiblesses, votre appui, votre protection, votre défense contre tout ce qui vous pourrait nuire de la jiart des hommes ou des démons : qu'elle soit votre bien (ians tous vos maux, votre richesse dans la perte ou privation des choses temporelles, votre joie, votre douceur, votre consolation dans ies mouvements de tristesse, dans les peines intérieures et extérieures : qu'elle soit votre guide, votre lumière dans toutes vos voies : qu'elle so:t votre soutien dans les tentations : (ju'enfin elle vous conduise, elle vous gouverne, elle fasse tout en tout ce que vous ferez.
Mais afin que vous exjiérimentiez ses divins secours en abondance, mettez tuus vos soins et toute votre confiance en ses charitables et miséricordieuses bontés. Reposezvous uniquement en son aimable contluile : qu'elle soit votre espérance uniipie dans tous vos besoins : attendez tout, espérez tout de ses grandes miséricordes. Dans toutes sortes de difiîcultés, ayez recours à sa divine assistance : jetez- vousentre ses bras, comme un enfant entre les bras de sa mère; et il est très-vrai que c'est la meilleure et la plus fidèle des/ mères. Les mères ]>euvent bien s'oublier de leurs enfants; mais jamais la divine Providence ne délaissera les personnes qui auront mis toute leur confiance en sa sainte et toute-puissante protection. Rejetez, dans les occasions pénibles, les retours vers la créature, les réflexions de votre firo- )ire esprit, l'occupation de votre imagination, l'entretien de vos propres ()ensées, qui ne servent guère qu'à rendre les peines qui
ŒUVRES COMPLETES DE BOL'DON
arrivent plus afiligeanles. Allez en esprit vous jeter aux jiieds de votre aimable Sauveur ; im|ilorez avec une ferme confiance sa sainte providence, exposez-lui toutes vos nécessités ; entretenez-vous avec humilité avec lui de tout ce qui vous peine, passez quelque temps dans cette occupation intérieure. Dans toutes vos peines, de prime abord occupez-vous toujours delà sorte avec cet adorable Rédempteur : ne vous épanchez point au dehors, ni par plaintes ni par discours ; souffrez en silence, et vous trouverez dans cette retrailelintérieureceque tout ce dehors ne pourra jamais vous donner.
L'union que la très-sacrée Vierge a avec son Fils, ne nous permet pas de la séparer. C'est encore sous sa maternelle protection que je vous mets toutes, vous recommandant de plus en plus d'avoir pour elle une sincère et solide dévotion. Je vous mets aussi sous la protection des bons anges et des saints. Je salue très-particulièrement les anges qui vous gardent, tous les bons anges et saint patrons de la ville et du diocèse d'Evreux. Renouvelez- vous toutes dans de nouveaux desseins d'être entièrement à Jésus- Christ, et faites quelque dévotion ensemble pour ce sujet. Je suis, etc.
A Paris, ce'* de janvier, le jour de la précieuse mort de la bienheureuse Angèle de Fûliyni.