LETTRE LU
S'appuyer uniquement sur la Providence : pratique solide pour l'honorer.
DIEt SEUL.
Mes chères filles,
Dieu seul dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ. Je vous prie, et en même temps toutes les créatures du ciel et de la terre, de m'aidera bénir, à remercier, à adorer, à aimer, à glorifier la Providence divine des trois [)ersonnes suradorables de la trèssainte Trinité, pour leurs excessives miséricordes sur leur indigne esclave. Oh ! qu'il fait bon s'appuyer sur cette aimable Providence, et ne s'ajipuyer uniquement que sur elle! On la trouvera toujours la plus douce, la plus ûdùle et la meilleure des mères. C'est une expérience que je fais de tous côtés; et il ne me serait pas possible de dire les bontés inexplicables de sa maternelle conduite. Quelles sont pressantes pour nous obliger à nous abandonner sans réserve à tous ses desseins et à tous les événements qui nous arrivent, dont elle dispose selon sa sagesse infinie 1 Souvent, à la vérité, nous ne les [.ouvons pas pénétrer; mais c'f-st en cela qu'elle montre qu'elle est la providence d'un Dieu qui surpasse infiniment toutes les petites pensées des pauvres et chélives créatures. Ce[)endant elle est toujours infiniment adorable et infiniment aimable. Humilions-nous donc, et laissons anéantir nos pauvres et petits esprits sous sa conduite impénétrable, par l'opération de sa
grAce ; mais ne sortons jamais des adorations, des amours et des actions de grâces qui lui sont dues. Gardons-nous bien d'examiner sa conduite, et de vouloir concevoir ce qui est incompréhensible ; mais sans cesse adorons, aimons, glorifions, bénissons et remercions une si divine et si adorable Providence.
Je souhaiterais que tous les mardis vous prissiez toutes un peu de temps, pour toutes ensemble bénir, remercier, aimer, glorifier la Providence divine des trois personnes suradorables de la très-sainte Trinité sur vous, par Jésus, Marie, Joseph, tous les bons anges et les saints ; et en même temps pour vous abandonner sans réserve atout cequ'il lui plaira ordonner de vous, en quelque manière que ce soit, soit |.our le s|)irituel, soit pour le temporel; et jiour prendre de généreuses résolutions de la servir et de l'adorer en esprit et en vérité, le reste de vos Jours, par une sainte haine de vous-mêmes, par un oubli sincère de toute propre satisfaction, par le désir unique de ne plus chercher que son bon plaisir divin en toutes choses, sans vous mettre en peine de tous les maux qui vous peuvent arriver, soit au corps, soit à l'esprit, soit du côté des hommes ou des démons, ou immédiatement de Dieu même : qu'il vous suffise que Dieu l'ait fait ; et voilà ce qui nous doit contenter abondamment.
Je vous ai écrit vers la fêle de sainte Anne, mais je n'ai point eu de vos nouvelles depuis. Je vous puis assurer que je vous ai ici très-présentes tous les jours devant notre Dieu et son immaculée .Mère ; et qu'en de célèbres pèlerinages que la divine Providence nous a fait faire, j'ai pris grand soin de vous dans ces lieux saints ; et je me confie en l'aimable Providence, ma bonne, ma très-douce et très-fidèle mère, qu'elle n'aura pas rebuté les faibles prières que nous lui avons faites pour vous. C'est une grande vérité, qu'il faut plus prier que parler : tout est donné à l'humble prière et à la ferme confiance en la divine Providence.
Je vous supplie de continuer tous les premiers jours, ou au moins l'un des premiers jours, à offrir la sainte communion pour l'établissement des intérêts de Jésus et de sou immaculée Mère en vous, et pour l'accomplissement de leurs desseins. Je salue vos bons anges, etc.
Ce 21 de septembre, fête du glorieux apôtre et e'vangétiste saint Matthieu, et la veille de la fêle du très-doux et très-saint nom de Marie.
LETTRE Lin.
Il visite le tombeau de la B. Armelle, les Ursulines de Loudun, et autres lieux.
DIEU SEUL
Ma chère fille.
Dieu seul dans l'union de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous venons présentement de prêcher pour crier ii son diviu amour, au