LETTRE LXV
Boudon raconte une aventure qui lui était arrivée chez Mme de la Croiselte.
Puisque vous voulez que je vous mande ce qui est vrai du bruit que vous m'écrivez que l'on fait courir contre moi, je le ferai volontiers. Il y a environ seize ou dix-sept ans que faisant voyage, je passai par Louviers, où,ne trouvant pas Mme de laCroiselte, ceux qui gardaient la maison me reçurent et me logèrent. En ce temps-là, je ne pensais guère à Evreux, ne sachant pas ce que la divine Providence avait dessein de faire de moi. Il est vrai que , soit que je fusse fatigué, ou pour quelque autre cause, je me trouvai teUement et si extraordinairement
Je bénis la divine Providence de ce qu'elle assoupi, que l'on fut obligé de me venir