‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 247 sur 436 · F.L"VIU:S COMPLETES DE DOUDON · texte numérisé non relu

F.L"VIU:S COMPLETES DE DOUDON

éveiller, et il ét.)it si lard que je ne pus plus trouver lie messe pour l'eiitemire. Il est trèsassuré qu'il n'était ni didianche ni aucune fête re jour- là; et c'est ce qu'on augmente, aussi bien que je ne dis pas la messe, le pouvant faire, carje n'étais ni ()rêtre ni clerc; et je ne crois pas que j'eusse encore |)ris réïoliition même d'être prêtre, au moins j'en doute , car il me souvient, qu'étant chez feu M. de Dernières, je lui en demandai avis. Je n'ai point de sujet de croire que les gens de Mme de la Croisette me soient opitosés, et, selon ce qu'elle m'a dit depuis huit jours, depuis très-peu M. son fils et Mme sa belle-lille , parlèrent hautement pour moi dans une compagnie ou quelque personne n'en parlait pas de la sorte, leurs domestiques ne me marquent point d'o[iposition, il se jieut pourtant faire qu'il y en ait quelques-uns qui parlent inconsidérément, niais à tout cela Dieu seul. Je n'ai encore que trop de créatures favorables : il y a des privations qui sont réservées à des âmes de grâce, et que je ne mérite pas. Le délaissement entre des créatures est une laveur ine>timable; et plus rare qu'on ne |:eut dire, cependant il faut faire usage de celles qui nous arrivent, et bénir amoureusement la divine Providence qui nous les envoie.

Leur éloignement nous approche de Dieu, leur privation nous met dans sa possession, leurs rebuts nous font entrer dans ses plus saintes communications. Oiî Dieu se trouve bien, c'est où l'on ne trouve plus de créatures, mais il faudrait pour cela ne se plus trouver soi-même, ce qui est un don inappréciable. Ayons bien de la dévotion à la sainte Vierge et aux saints anges, afin que nous puissions gagner cette perte. Je salue vos saints anges, ceus delà ville et diocèse, et nos saints patrons, et vous remercie très-affectueusement vous et Mme Anne, de tous les soins charitables que vous [irenez pour uioi.

A Caen, ce 20 de niai, fêle de saint Bernardin de Sienix, le gru>id devol de l'immaculée Mère de Dieu.

LETTRE LXVL

Abandon de la cn'alure pour s'attacher à Dieu. Charité de la duchesse de Bavière envers Boudon.

DIEU SEUL

Mes chères filles ,

Dieu seul rfans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Chriil. J'aurais de la peine à vous dire les soins et les secours abondants de son aimable et divine firovideiue sur son pauvre -et chéiif esclave. Oh ! si les hommes savaient combien il est avantageux et môme doux de s'abandonner à son adorable conduite ! Mais il faut pour cela bien savoir

qu'il n'y a qiieDieuseul, et que tout le reste n'est rien. Car si nous sommes une fois bien [)énétrés de cette grande vérité, comment pourrons-nous mettre notre appui ni sur nous, ni sur aucune créature et tous les moyens humains, quoiqu'il faille s'en servir dans l'ordre de Dieu, puisque tout cela n'est rien? Ce serait une pure folie de mettre sa confiance en ce qui n'est rien, sans doute, mais s'il n'y a donc que Dieu seul, c'est donc de lui seul qu'il nous faut espérer tout ce que nous pouvons désirer et prétendre. C'est donc à Dieu seul qu'il faut nous arrêter, et pour cela il faut bien nous abandonner au mouvement de sa sainte grâce, afin qu'elle nous fasse sortir hors de nous-mêmes et de ce malheureux amour de nousmêmes, qui nous occupe tant de nous et nous fait faire tant de réfiexions sur ce qui nous déplaît et nous choque ou nous fait (leine, pour nous mettre dans la désoccupation de Dieu, car c'est où va l'occupation de nous-mêmes.

J'ai écrit un petit abrégé du voyage que la divine Providence m'a fait faire en Allemagne, à la révérende mère supérieure des Ursulines, où LL. AA. Mgr le duc et Mme la duchesse de Bavière nous ont reçu avec tant de bonté, que je vous assure que je ne l'oserais dire, ce me serait une confusion. C'en est une assez grande pour un pauvre ecclésiastique comme je suis, qu'ils m'ont fait donner un carrosse à Strasbourg pour m'amènera LL. AA., et qu'ils auront encore la bonté de m'en donner un pour m'y reconduire. Ils m'en ont encore donné un pour faire quatre-vingts lieues et aller et revenir pour faire un iièlerinage en une église de la sainte Vierge, honorée de grands miracles, ce qui est l'un des lieux les plus célèbres en Allemagne après Lorette. Cela ne se peut pas faire, comme vous le pouvez juger, sans grandes dépenses, ayant tous les jours quatre chevaux et des gens à nourrir, et qui se nourrissent bien. En vérité, je suis touché de la charité de la bonne princesse, car c'est une charité surabontlante qui n'épargne rien ; elle a voulu me donner un manteau et d'autres choses, et enfin elle voudrait me donner toutes choses.

Mais, en tout cela, comme dans le reste, qu'avons-nous à voir, qu'une conduite infiniment douce de la divine Providence qui se sert de ses créatures comme il I ui plaît ; c'est donc elle qu'il faut^bénir, qu'il faut louer, qu'il faut remercier, qu'il fautaimer et adorer, qu'il faut glorifier en tout ce qui nous vient de la pan des hommes. C'est pour cela que je vous dis ces choses : Chantons donc ses miséricordes pour jamais. {PsaL' txxxiv, 2.)

Je vous avais écrit de ne vous tant presser de m'écrire, mais je pensais que cela ne devrait |ias vous retarder beaucoup, à cause du long temps qu'il faut à faire tenir des lettres d'Èvreux en Allemagne; ainsi nous n'avons reçu aucune lettre, et nous n'en recevrons point, la divine Providence devant nous faire partir la veille de la fête du grand saint Laurent, patron dos archidiacres, et

LKITRES. - A MADAME DE ROLVES.

nous espérons que la iiiôiue divine l'rovi- (ieiice nous fera nrriver h l'vreiix vers la fin (le so|il'.'inl)re ; ceiieiul;!!!! cuinine Son Al- U'sse Mailamo a un corrcspondaMt à Stra'-bourg, si les letlies y élaientarrivées qua:id nous y passerons, nous pourrions les y recevoir, ou enlin elle aura la btmté de nous les renvoyer à Evreux.

Je vous prie de dire à maître Nicolas (25) si M. de Gauville, archidiacre, ne lui a pas rendu un livre intitulé : Le parfait ecclésiastique ; il me l'avait promis : mais s'il ne l'a pas fait, qu'il aille à Gauville, cliez lui, le prier de me le rendre, car j'en ai affaire jiour mes visites, et il ne laut [las qu'il attende qu'il soit parti pour ses visites, ce qu'il pourra bien faire immédiatement après la moisson. J'ai écrit h Mme Auherv jiar la poste, à Mlle Anne d'Outrebois, à Mme de Montreuil (daine religieuse en l'abbaye de Saint-Sauveur d'Evreux). Nous nous sommes souvenu^ et nous nous souvenons toujours de vous devant notre bon Maître et notre bonne maîtresse. Je salue vos bons anges, tous les bons anges et saints jiatrons de la ville et du diocèse d'Evreux, et suis, mes c'nères filles, votre très-humble et acquis serviteur : Boldox, le pauvre prêtre de l'admirable Mère de Dieu, toujours Vierge et immaculée, même dès le premier instant de sa toute sainte concejition. Je voudrais mourir de bon cœur avc-c le secours divin pour ces vérités.

-4 Tirliaim, en Allemagne, ce G d'août ICCo, jotir de la transfigiiralion de Noire-Seigneur Jésus-Christ.

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