‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 249 sur 436 · LETTRE LXIX · texte numérisé non relu

LETTRE LXIX

Jl faut recevoir les afflictions non-scu'eirenf avec soumission, mais mt'me avec action de grâces.

Ma chère fille,

Je viens de célébrer la très-sainte messo en l'honneur du précieux et divin cœur de la très-glorieuse Vierge, notre bonne dame et maîtresse, pour vous et pour madame Anne , à qui vous direz s'il vous plaît que la croix est bonne de quelque part qu'elle vienne et qu'elle doit toujours être reçue avec de profonds respects, avec toutes les soumissions possibles, avec toute l'atTeclion imaginable et la dernière estime, accompagnée d'une haute reconnaissance d'un si grand bienfait et d'un tel honneur. 11 faut bien qu'elle commence par en remercier la divine Providence.

Dans la suite du temps, je crois que l'on pourra faire agir mademoiselle de Bouillon à l'égard de son frère, s'il ne se met à la raison. Je ne crois nullement que vous deviez quitter votre état pour la peine qu'il doit vous donner; c'est là voire croix. Souvenez-vous que celle que noire bon Sauveur a portée pour vous était d'une autre [lesanleur et il n'a pas regardé en arrière pour cela. Mais il faut accepter les peines généreusement dans la vie de la gloire de Dieu, sans tant réfiéchir sur notre intérêt s[iirituel et sur notre salut. Nous sommes les serviteurs de ce grand maître, il faut le servir courageusement, quoiqu'il nous en coûte, et oij il veut et comme il le veut, quand nous y courrions risque de tout ; en nous perdant pour lui, nous nous sauvons ; mais enfin ce sont ses intérêts et sa divine volonté qu'il nous faut regarder dans notre état, et laissons-lui le soin ue nos âmes.

Je vous remen ie toutes deux et salue vos saints anges, et je suis, ma chèie fille, votre tout acquis serviteur.

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