LETTRE LXX
De la paix inte'rieure.
DIEi; .'■EUL.
Ma ebère fille.
Dieu seul dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-(>hrist. \ ivez et mourez dans celle bienheureuse union et ensuite adhérant avec fidélité à cet aimable Sauveur comme l'un des membres de ce chef adorable, élevez-vous en sa divine vertu dans la suprême j artie de votre âme au-dessus de toutes les frayeurs que vous portez, et lui demeurant ainsi unie, rien ne vous pouria nuire. Je prie cet aimable Sauveur et ce Dieu tout-puiîsant qu'il vous fasse ressen-
LKTTRES. — A MADAMK l»K KDLVKS.
tir l'eflcl (les divines paioles (lu'il « .•lutrefois dites à ses apôtres : La paix soie avec tous; c'est moi, ne crai<jnez point. Il me semble qu'elles sont dans le elia;)itro x\ix do saint \a\c\ lisez-les et les prononcez do temps en temps avec respect, amour et ronfian-.'c. il e.ît bon que vous allie/, de temps en temps à confesse au l'èri; piieur. Aous me consolez en Nolre-ï?eigneur de ce que vous me mandez de notre prélat ; écrivez moi de Ce que vous en apprendrez et de la cérémonie du grand saint (iaud. Priez-le [lour nous avec mademoiselle Anne et mademoiselle Simon que je salue irès-cordialeinent avec vos bons anges et tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse d'Evreux. N'oubliez |ias à me faire excuser au chapitre général le jour de l'octave de saint Pierre. Ecrivez-nous un peu ce que le prélat a fait touchant le choix de ses ofliciers ; vous ne m'en avez lien mandé, touchant les grands vicaires, ofticial, vice-gérant et promoteur. Nous avons dans ce pays des lieux de grande dévotion, nous nous y souvenons très-particulièrement de vous toutes, ce que nous faisons tous les jours sans y manquer. La divine Providence, notre bonne mère, continue et augmente ses soins [lour son indigue et pauvre esclave jjIus que jamais.
Je suis, ma chère fille, votre très humble et tout acquis serviteur, Boidon, le pauvre prêtre de l'admirable Mère de Dieu, toujours Vierge el immaculée en sa toute sainte conception; je voudrais mourir de bon cœur avec le uivin secours pour ces vérités.
Je suis bien obligé à M. Aubery de son ■ouvenir, lorsqu'il a p;;rlé à notre prélat. Je vous conseille a toutes trois de l'aire une neuvaine eu l'honneur de saint Gaud durant la cérémonie.
Mandez-moi si l'on y auia fait une octave de sermons. Nous espérons, avec le secours divin, dans le même lemps aller au tombeau du saint homme, le P. de Mataincourt, oii Dieu opère grand nombre de miracles.
A t'vrciijc, ce 25 juin, dans l'oclaie du grand saint Jean-Uaptis:c.
LETTRE LXXL
Tout faire dans l'intérêt de Dieu ici-bas, pour continuer à le glorifier durant l'éternité.
DIEU SEL'L
Ma chère fille, Dieu seul dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ. Je crois que Notre-Seigneur
sera glorifié et son immaculée Mère, si vou-» faites abstinence de viande avec madame Anne et luatlame Simon durant la neuvaine de l'intéiêl de Dieu, qui vous doit occuper et remplir entièrement par le vide de tout propre intérêt. Il est inliiiinient juste que tout autre intérêt disparaisse el soit anéanti devant l'intérêt de Dieu. Finissez donc et commencez Tannée dans cette unicpie vue, pour ne cesser jamais durant le re.^te de votre vie et après votre mort durant toute l'éternité, d'être uniquement remplie du seul intérêt de Dieu seul, par une sainte haino de vos propres intérêts, qui infectent le |)lus souvent les nîeilleures et les plus saintes actions. Demandons bien tous ensemble l'avénenieiitdurègnedeJésusctde Marie, par les bons anges et les saints. Je salue bien ceux qui vous gardent, et tous les bons anges et saints jiatrons de la ville et du diocèse d'Evreux. Je ne vous oublie pas, avec madame Anne et madame Simon, devant Dieu el sa très-sainte Mère, et toute la cour céleste. Ayez bien de la dévotion au grand saint Jean l'Evagéliste, le disciples dont les divins écrits qui terminent toute l'Ecriture sainte la finissent parles désirs de l'avénement du règne de Jésus. S'il vous vient quelques lettres, je vous prie de mêles envoyer aussitôt. J'ai reçu votre paquet.
Je suis, ma ciière fille, votre très-humble serviteur, Boldox, le pauvre prêtre Ue l'admirable Mère de Dieu, toujours Vierge et immaculée en sa toute sainte conception ; je voudrais mourir, avec le secours divin, pour ces vérités.
.4 Paris, ce26de décembre au soir, h veille de la fête de l'aimable disciple de Jésus et de Marie.