LIIOMME DE DIEU. — PART. II
fois (l.iiis lo P. Seuriii, des excès do joie que Je Sailli - Esprit répandait délicieusement dans son cœur, qui se trouvait inondé sous des torrents de plaisirs tout célestes. Hél qu'il est doux de ne plus vivre et do ne plus opérer par soi-rnônie, mais de vivre et dai^ir jiar l'esprit de Jésus-(]|irist, ne vivant (|ue jjour son amour, dans son amour et de son amour, perdant tout autre amour pour demeurer perdu dans cet amour ! Sainte Thérèse assure « (jue dans cet état l'amour divin fait faire de certaines clio>es (jui semblent de pures foliesaux yeux dos hommes, mais qui sont une grande sagesse aux yeux de Dieu. » L'on a vu de notre temps le saint cardinal do Berulle s'élever sur ses pieds, pour toucher du bout du doigt ({uelque image sainte qui était placée dans un lieu éminent. Celte pratique pourra [lasser pour fort basse à l'esprit humain, qui no discerne guère les secrets mouvements qu'une véritable piété cause dans les cœurs. Le môme esprit n'entendra pas les caresses amoureuses que leP.Sourin faisait à Noire-Seigneur et à Notre-Dame dans leurs images, qu'il baisait avec des tendresses qui ne se peuvent expliquer, et qu'il honorait en des manières ditlérenies qui lui étaient inspirées, et des trans[)orts sacrés d'un amour ravissant. Cependant ces pratiques sont autorisées par les exem|iles non-seulement des plus grands saints, mais des saints docteurs, comme de saint Bonaventure qui avait tout usé son crucifix à force de lo baiser. L'amour tendre du P. Seurin le portait encore à chanter mille cantiques de louange, d'amour, d'actions de grâces en l'honneur du bien-aimé de son âme. Celait par les mouvements du mônje amour, que durant quelques années il appelait si souvent Dieu son Père, mais avec mille fois plus de tendresse, de douceur et de confiance que jamais enfant d'ici-bas ne l'a fait à son père naturel.