‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 253 sur 436 · LETTRE LXXIII · texte numérisé non relu

LETTRE LXXIII

L'on n'est jamais mieux que dans l'état où Dieu veut que nous soyons.

DIKU SELL.

Mes chères filles.

Dieu seul dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ, vivons et mourons dans cette bienheureuse union, qui s'établit par une entière conformité à sa divine volonté, parla perte de la nôtre, voulant tout ce que Dieu veut, et acceptant dans une parfaite soumission tous les états extérieurs et intérieurs où il plaira à son aimable et toujours adorable Providence de nous mettre, et ne désirant jamais d'autres états ; car il est infiniment jusie que son bon plaisir divin s'accomplisse, et que tout le ftlaisir des créatures s'y perde. Mais, de plus, nous ne sommes jamais mieux que lorsque nous sommes où Dieu veut que nous soyons, quelque peine qui nous en puisse arriver, et jamais plus ma! que lorsque nous sortons de son ordre, quand nous penserions y être parfaitement bien; demeurons donc pour jamais dans le bon plaisir divin des trois personnes divines delà suradorable Trinité.

J'ai reçu, jiar la divine Providence, la lettre do madame de Barière que vous m'aviez envoyée. Je me laisse à cette même divine Providence pour prendre soin en sa sainte présence de tout ce qui vous regarde et en ]iarticulier de la maladie de madame Anne. Je m'en vas, avec le divin secours, en une église , dédiée à Dieu sous l'invocation des saints anges, tout à l'heure y célébrer les divins mystères à cette intention, et aussi pour madame Aubery, et tous le-> jours, je ne manifue pas à invoquer les secours de la divine Providence des trois personnes de la suradorable Trinité sur vous, par la bienheureuse âme de Jésus, [lar l'immaculée Mère de Dieu, saint Joseph , tous les bons anges et saints.

J'espère de cette bonne Mère que mademoiselle Galland entrera bientôt en condition. N'oubliez pas, s'il vous plaît, à me faire excuser au cha|iilre général par quelqu'un ; c'est le jour de l'octave de la fête de saint Pierre. Il faut mettre à mon adresse, à l'hôtel de Conilé, ce que vous aviez oublié de mettre chez M. Martin, secrétaire de Mgr le prince, à l'hôtel de Condé, au faubourg Saint-derraain, à Paris. Voilà comment il faut mettie.Je salue vos bons anges, tous les bons anges et saints [latrons de la ville et du diocèse d'Evreux, et je suis,

Votre très-humble et affectionné serviteur BoLDON, l'esclave de l'admirable .Mère de Dieu, toujours Vierge et imiiiuculée en sa sainte conception; je voudrais mourir de bon cœur avec le secours divin jjources vérités.

A Paris, ce 26 de juin, dans l'octave de la fête du (jrand suint Jean-Baptiste.

LETTHli LXXIV.

A MADAME ANNE LEFEBVKli, A EVREUX.

Jl est décrié par son cvèque. Sentiment»

8gt LETTRKS.

édifinnis qu'il témoigne dans cette occasion Il persist'' dans la résolution de garder son archidiuconé.

PIEU SEUL

Ma chère tille, Nijc ne vous oublie, ni je ne veux vous oulilier; et j'espère de fintinie niist^ricorde de Nolre-Seignour et de sa tiès-saiiile Mère que je nie souviendrai de vous en leur divine présence élernelleraent, et cela avec bien de la reronnnissance. Notre bon prélat me décrie ici à Pans de tous côtés; il faut le laisser faire, le bien bonorer, en dire du bien, et demeurer en repos. Notre paix sera solide si nous la raeltoiisdans la croix, puisque c'est par le mystère de la croix que toutes choses ont été pacifiées; elle est, raa chère fille, noire uniuue espérance, comaie le chante l'Eglise : il est doux d'j vivre , il est encore plus doux d'y mourir; et nous n'avons plus que faire au inonde, quand nous cessons d'^ souffrir. Le prélat fait ce qu'il peut pour m'obliger à quitter mon bénéfice ; mais jamais je n'ai ressenti plus d'ardeur pour le conserver. La croix ne nous doit jias faire quitter les lieux où nous la portons; c'est bien au contraire : s'il y a quelque chose qtii nous y doive arrêter, c'est la souffrance. J'espère de la très-sainte Mère (le Dieu, et des saints anges, et de nos patrons, qu'on en verra en temps et lieu les fruits précieux. Je vous prie de faire dire neuf messes à saint Michel, à commencer le premier jour de mars, qui sera, à ce que je pense, le premier mardi de carême, en l'honneur des saints anges du diocèse et de celui qui garde le prélat et du mien. Je vous prie aussi d'aller, une fois la semaine, h saint Taurin, pour lui recommander l'affaire de mon bénéfice.

Nous avons recours au ciel, raa chère fille, quand ceux qui nous sont opposés se servent des créatures de la terre, de tous côtés. Une fois aussi la semaine, vous irez à Noire-Dame, comme à la dame et protectrice du diocèse. Tâchez de bien faire la neuvaine des saints anges du diocèse, et leur recommandez l'alfaire de mon bénéfice; car mes amis, qui en cela se trorap2nt, à ce que je crois, me persécutent pour le quitter; mais je me sens dans une fermeté tout entière, pour ne le pas faire. Je vous'supj)lie d'envoyer par une voie bien sûre la lettre pour le Neubourg, car elle m'est de conséquence. Je salue très -cordialement madame de Rouves et vos saints anges, et suis, ma très-chère fille, etc.

A Paris, ce 17 février, dans Voclave saint Aquilin, évêque d'Evreux.

A MAU.WK DE ROLVKS.

de

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