LETTRE CI
A LA mèuf:.
S'appugrr sur Dieu seul; ne donner entrée en son cœur à aucune créature.
DIEU SEUL
Ma obère fille.
Dieu seul , Dieu seul en trois personnes, etc. Heureuse et mille fois heureuse l'âme à qui ce Dieu seul sufTil! c'est ce qui fait le bonheur consommé de tous les bienheureux qui sont dans le ciel , qui ne sont appelles les bienheureux par excellence, que parce qu'ils ne sont remplis que de Dieu seul. Pour peu que la créature ait d'entrée dans notre cœur, il estmisérable, et jamais il ne sera en repos; repos qui est perpétuel, et que toutes les adversités du monde ne peuvent jamais troubler, dans l'âme qui ne veut que Dieu seul : mais il faut que toutes les créatures sortent de notre cœur, et les bonnes aussi bien que les autres. Hélas! notre pauvre et chélif cœur est-il trop grand pour Dieu, pour le jiartager avec une créature de rien? Demeurons donc à Dieu seul dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ. Qu'il soit toute notre contiance, et tout notre apjiui : je vous assure que je serais trèsidrhé lie ch' rcher la moindre consolation dans aucune créature, quelle qu'elle puisse être; et je ne voudrais [las, pourquoi que co soit, non-seulement y avoir de ra|i|iui, mais l'ombre même du plus petit appui. Redisons-le : Dieu seul nous doit sullire, et qui M jamais ispéré en lui, et est demeuré confus? (tccli. II, 11.) Donnez-vous bien de garde de vous aii|pu\er sur les petits soins que la divine Providence veut que je |irenne de vous. Regardez en cela , comme en toute autre chose, la même divine Providence, la meilleure ei la plus lidèle des mères. Ayez soin de me bien recommander à une si bonne mère, à la très-sainte Vierge, et aux bons anges Elle m'envoie des infirmités corporelles avec lesquelles on peut vivre, j'espère qu'elle me conduira dans huit jours à Paris pour quelque temps, saluez bien de ma par' Mme et Mlle de Frenelle, et leurs bons anges. Je vous écris le 2(> mai, jour de la précieuse mort de saint Philiope de Néri. Je suis, ma chère tille, etc.
OEl'vrks coupl. de Boldon. 111.