I.KTTRES. — A MAHAMK l.A SL'PERIKUIU': DKS UriSULINTS
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frère du feu électeur et oncle du jeune prince, et qui a été iulniinistralcur de i'Eint IK-iulfint 1.1 iniiinrilédu jeune j)rince, a aussi une princiii.inté dont il est souverain : c'est lui qu'où appelle présenleiuent le duc de Bavière.
Nous filmes reçu de I.eurs Altesses avec des bontés toutes parliiulières. .Mgr le duc est un prince d'un rare mérite, d'un grand esprit, d'un grand jugement, et qui a toutes sortes de helles iiualiiés, lesipielles se trouvent aussi dans Mme la (iuchesse. Mais toutes ces choses ne me touc'ient guère : ce que j'admire dans le prince et la princesse, ce sont les dons, les mérites excellents et abondants de la grAce, dont il a plu à Dieu de les cotnbler. Ils ont fait orner niagniliquement l'église de ce village ; elle est dédiée à Dieu, sous l'invocation de sa trèssainte Mère : ils y ont fait faire sept autels qui sont fort beaux, oii l'on gagne les indulgences des stations de Rome : il y a orgues et musique; mais, à ce que nous apjirenons, c'est ce qui est ordinaire dans las villages de ces lieu\-ci, où il y a des orgues et la musique même. Mgr le duc a fait bâtir dans le village une chapelle très-propre en l'honneur de saint Beiiiion, évèque . que la Havière a pris pour son patron. Mme la duchesse, au retour de son voyage à Lorette, a fait aussi liaiiruiiechapelleen l'honneur de la Mère de Dieu, (jui est de la même l'orme que celle de Loretle, et va y faire hdtir un couvent de Caftucins tout joignant, poui' avoir soin de la chapelle, et [lour y servir à l'instruction des bonnes gens de la campagne. Elle y fera de plus édifier une église pour ces religieux, qui sera dédiée à Dieu, sous le titre de l'Immaculée Conce[)iion de sa très-sainte Mère. Il y a encore, dans le village, une chapelle sous l'invocation de saint Léonard.
Tous les jours l'on récite les litanies de la très-sacrée Vierge dans cette chapelle, et Leurs Aliesscs et leur suite ne manquent pas d'y assister. Tous les jours elles assistent à la célébration de plusieurs messes, ei quelquefois de trois. Elles assistent toujours aux offices qui se célèbrent dans l'église du village ; aux premières vêpres la veille des dimanches et des fêtes ; et les jours, après avoir assisté à une messe particulière, elles assistent encore à la grand'messe, au seruion, aux secondes vêpres et au chapelet que l'on récite toujours hautement à la fin des vêpres : puis ensuite, ces jours de dimanches et de fêtes, elles vont à la chapelle de Lorette oii les [>euples les suivent, pour assister aux litanies qui ces jours-là se disent iumiédiatement après.
Nor.s pouvons bien appeler avec justice cette cour une cour sainte. Des seigneurs
était scconi) fils de .Mjximilien 1", élerieur de Bavière, uii des plus grands princes qui aient gouverné tel Etat, el qui mourut le il septembre 1651. Maxiinilien-PInlippe, après la mon de Ferdinand-Marie, son frère aine, arrivée en Iti79. fui adiiiinislraieur de l'élecliirat pendant la minorité de Maxiniilicn- Einmaiiuel, son neveu. Ce vertueux prince mourut
de grande qualité nous ont dit ijuc dans la Havière. Leurs Altesses y sont estimées, .ijniées el honorées d'une telle manière, que l'on aurait de la peine h rc\pli(pii'r. La cour du feu électeur était aussi parfaitement réglée: mais présentement les choses ne sont pas de même ; car le jeune électeur , qui n'a qu'environ vingt-trois ans, i)ense à se divertir, et vit d'une tout autre manière. Ouel malheur pour l'autre vie il'avoir été grand en la vie iirésente. à moins (|ue d'une grâce très-()arlicu!ière!Oh! qu'il fait iion être bien petit, être peu de chose dans le monde, et même n'y être rien ikitout'.Oh ! que bienheureux sont les pauvres , les abje<ts. ceux (|ui soutirent, qui sont dans, la douleur ! C'est ce que nous voyons dans les pauvres gens de la campagne de ces lieux-ci, et ce que nous ap|)renons des autres lieux de la Bavière : les lionnes gens ont une foi admirable, une confiance en Dieu qu'il nous serait difticile d'expliquer; et l'on peut |ienser avec sujet que c'est l'une des causes des secours exîraorilinaires que la Providence leur donne fréquemment dans tous leurs besoins. Aussi ont-ils recours à sa d'vinu bonté en toutes choses ; et les Pères Jésuites, qui sont beaucouji employés selon leur institut à leur rendre toute sorte d'assistances spirituelles, nous en ont parlé avec admiration. Les Pères capucins nous ont dit la même chose. Nous les voyons ici à l'église «ians une modestie qui nous a surpris; et l'on n'y remarque rien de toutes les irrévérences qui profanent si ordinairementet si honteusement la sainteté de la maison de Dieu. Nous devrions écrire ceci avec des torrents de larmes; carya-t-il rien de |ihis désolant que d'avoir sujet de s'étoinier du respect que des Chrétiens rendent à ia présence du Dieu qu'ils adorent? Cependant c'est une vérité , et bien capable de faire jiasser la vie dans des gémissements continuels. Les hommes sont séparés des femmes dans les églises de ce lieu; les enfants même y sont modestes et y prient Dieu. Leurs .\ltesses ont leur banc dans la nef, et non pas dans le chœur, ce qui marque assez leur rare piété. Les dimanches on chante un cantique spirituel avec l'orgue, en langue allemande; et ensuite l'un lies Pères qui suivent la cour monte en chaire, et y fait le sermon. 11 y a toujours quatre religieux prédicateurs qui suivent Leurs Altesses, deux Jésuites et deux Capucins, dont il y a un Capucin qui est confesseur de Mgr le duc, et un Jésuite confesseur de Mme la duchesse. Ensuite on chante la grand'messe en musique. L'on fait le catéchisme, les vêpres se disent, et ensuite M. le curé, quittant sa place ordinaire, va se mettre sur les degrés de l'autel pour réciter le chapelet. Pour lors
sans laisser de postérité, le 20 mars ITO.î. il avait épousé en 1668 Mauricelte-Fébronie de la Tour dWuvergne, lîlle de Frédéric-.MauricK duc de Bouillon, que Boudon avait formée à la plus sublime venu dés son enfance, à Evreux, ei qui niourui Ij 20 juin 1706.
ŒIYIIES COMPLETES DE BOL DON
mus les hommes quilleiil aussi leur place, et s'avancent pour se mettie immédiatement derrière leur pasteur; toutes les femmes font la môme chose, et se (dacentderrière les hommes , et tous à genoux. Après cela, ils récitent tous ensemble le chapelet à voix haute et à deux chœurs, les femmes aussi bien que les hommes ; et certainement cela se fait avec une ferveur merveilleuse, qui parait même dans les enfants, qui ont un chapelet et qui le récitent aussi bien que leurs l'ères et leurs mères. Il y a des jours où ils récitent la couronne de Notre-Seigneur; et après chaque Pater ils crient avec grande ferveur : Loué snil le Irès-saint sacremenl; ils font la même chose quand ils vont en procession. Cela se fait toujours a[irès vêpres. Ces pauvres gens s'approchent de la trèssacréo communion avec grand soin ; et nous fûmes étonné, le jour de la première fête que nous nous trouvâmes dans leur église, de les voir venir à grandes troujies pour ^-■ommunier. En vérité, quelque malheureux que soit un cœur comme le nôtre, il se trouve attendri, et nous eûmes de la peine à contenir nos larmes de joie et de consolation, car cette piété n'est pas commune dans nos villages. Durant la sainte messe on voit toute l'église pleine de lumières. Ces bonnes gens apportent des cierges ou bougies qu'ils allument et qu'ils font brûler. On les voit quelquefois faire leur i>rière les bras étendus en croix durant un temps considérable. O mon Sauveur ! c'est ainsi que vous communiquez vos dons et vos grâces aux humbles et aux petits, pendant que les sages du siècle s'en rendent indignes par leur vaine suffisance. 11 y a encore dans le village une maison que Mme la duchesse a fait bâtir, jiour y nourrir et y loger les pauvres de la paroisse ; il y en a aussi une autre pour lo- {jer les [tassants , ce qui est assez ordinaire (Jans les autres villages, où l'on est même
obligé d'avoir une
maison pour loger les
pauvres qui passent ; mais ils les reçoivent volontiers dans leurs poêles, quand il fait froid.
Les ecclésiastiques possèdent de grands biens en Allemagne, et le mauvais usage qu'on en a fait par le passé a été cause de grands malheurs. Ces grands biens sont une source d'une inlinité de misères, parce que leur cupidité engage dans le saint état ecclésiastique bien des gens que Dieu n'y appelle j>oint ; et ces gens qui s'introduisent par €ux-mêmes, ou bien que leurs parents font entrer, ne pouvant pas y remplir leurs devoirs , tombent en de grands maux, et pour leur perte, et pour la jierte d'un grand nombre d'âmes, et ils causent de grands scan- <laies dans l'Kglise. Présentement dans la plu[iarl des chapitres, et même des collégiales, il faut faire des preuves de noblesse jiour y être reçu, à jieu près comme font les chevaliers de Malte : mais, ô mon Dieu, souvent ces nobles du monde, qui sont bien
contemptibles à vos yeux , ne sont pas ceux que vous choisissez."^ Les évoques y possèdent plusieurs évêchés; les chanoines ont des prébendes en différentes églises. Il y a des évêques qui n'ont [loint d'ordres sacrés : et qui mènent une vie purement séculière, faisant administrer leur diocèse par des prélats qu'ils gagent pour cela. Cela ne doit pas faire tort aux autres évêques d'Allemagne, qui gouvernent l'Eglise avec une grande édilication. Presque tous sont souverains. Celui d'Augsbourg, dans le diocèse duquel nous sommes présentement, est un grand prélat et très-pieux, qui connaît tous ses curés, et qui met un bon ordre (lartout. Il a pour coadjuteur un prince qui est neveu de l'empereur. L'évoque dont la principale ville de Bavière déj)end n'est [lOint prêtre, et il a deux évêchés : il a pour coadjuteur le jeune prince de Bavière (io) , qui est frère de l'élei'leur. L'archevêque dont il est suffragant (io*) a plus d'un million de revenu; on nous a dit quatorze cent mille livres. Oh! que la condition des bonnes gens de l'Allemagne est bien plus heureuse 1 Hélas! que serviront tous ces grands biens temporels à la mort ? en restera-t-il un seul denier à ceux qui les possèdent? Oui, ma chère mère, oui, disons-le avec la vérité même : Malheur aux riches ; mais bienheureux les pauvres, car c'est à eux quappartienl le royaume des deux. (Luc. vi, '20, '■2k.) Nous le disons dans la dernière sincérité de notre âme, au moins aulanl que nous le pouvons penser, nous ne voudrions pas avoir changé notre pauvreté avec tous les biens lemjiorels de toute la terre.
La dévotiiin de la sainte Vierge est toute florissante dans tous les pays catholiques d'.\llemagne , et cela est général i)armi les grands et les petits, ^'ous diriez que Dieu tout bon prend plaisir à augmenter le zèle pour le culte de son immaculée Mère, à mesure que l'hérésie tâche de le détruire. Il semble que tout le monde, à cet égard, a une dévotion sensible, et que la sécheresse n'a point de p.irt dans les exercices de {)iété que l'on |iratique en l'honneur de cette grande reine, vraie Mère de Dieu. L'on remarque une ferveur admirable à l'extérieur dans toutes les personnes de tout âge et de toute condition, pour noire glorieuse Maitresse ; et Dieu tout bon et tout-j)uissant prend plaisir à favoriser la dévotion de sa très-sainte Mère par les miracles qu'il opère de tous côtés en sa faveur. Le Père provincial des Augustins nous disait à Munich, capitale (le la Uavière, qu'à peine avaient-ils une seule maison dans la province dans laquelle Dieu ne fit des miracles en faveur de son aimable Mère. Dans toutes les universités d'Allemagne, tous les docteurs sont obligés de soutenir le privilège de son immaculée conception ; et c'est aussi ce qui se fait dans l'Université de Paris. L'on nous dit la môme chose des olus célèbres universités d'Es-
(io) Josepli-Clénient, qui fui depuis électeur de Cologne, é\éiiue de Liège, de Uatisboiiiie ei d'Ilil-
deslieini.
(45') L'archevêque de Sallzbourg.
LETTRES. — A MADAME LA SUPu-RIEIhE DES IRSr LINES
uagne; et en vérité (''est présenlcment où va le seniiuicnt de presque toute rKt;lise. La cliaj>ellc (lu palais électoral est sous lu titre do rimiiiacuiéo-Concetition; celle du palais (le Mgr le duc, h Munieli, est sous le méuie litre. Les chanoines de .Munich Ibul l"oHice de la (•once|)tion de Notre-Dame lous lessauieilis qui ne sont jioint empêchés j)ar un ollice de neuf leçons. Nous avons •lout sujet de nous écrier avec grande joie, que la divine Providence veut iirésentement (|uc prestjue tous les fidèles, dans tous les .ro\aunies catholiques, ei jusqu'aux extrémités de la terre, ei parmi les peuples les plus barbares assujeltis à la foi, entrent dans les intérêts sacrés de la glorieuse et immaculée Mère de Dieu, tous se portant avec; zèle à la dévotion de sa très-pure et toute sainte conception. C'est ce que nous écrivons avec une consolation que nous ne saurions vous dire, prenant et voulant prendre, avec Je secours divin, plus de part un million de fois à tout ce qui regarde l'honneur de notre grande Dame, (ju'à tout ce qui nous touche. Aussi l'aimons-uous; aussi la voulons-nous aimer plus que nous-même pour le seul intérêt de Dieu seul, de la plénitude duquel «lie a été comblée dès le j)remier instant qu'elle a été heureusement conçue sans aucun péché d'origine.
Nous tenons à une faveur toute spéciale de la divine Providence, de ce qu'elle nous a fait la grâce d'aller rendre nos respects à cette souveraine des anges et des hommes, ilans un lieu qm lui est consacré dans la Bavière, et qui est un lieu de dévotion des jilus célèbres de l'Europe. Qu'elle soit l)énie à jamais cette toute aimable Providence, pour les soins qu'elle prend de son jiauvre el chétif esclave, en toutes clioses. Jl y a environ quarante lieues de France du lieu où nous sommes à ce lieu saint; ainsi c'était quatre-vingt lieues qu'il fallait faire })0ur aller et revenir: cela me paraissait avoir quelque dillicuité; mais cette bonne Mère a Lien ôté tout ce qui pouvait ewpêcher ce dévot pèlerinage , avant inspiré à notre charitable et vertueuse ducliesse de nous donner un carrosse et du monde pour nous y mener, ce qui assurément xie se fait pas sans dépense.
Nous partîmes un mardi, qui est le jour que nous destinons toutes les semaines à honorer particulièrement la divine Providence ainsi que les saints anges, qui sont les ministres de ses ordres (et c'est ce qui nous oblige de jeûner la veille pour ce sujet). Nous nous détournâmes de noire chemin pour aller h la ville U'Augsbourg, qui «st assez connue pour la conlession de la foi luthérienne qui s'y est faite, et qui pour cela est appelée la confession d'Auysboitrg. La moitié de la ville est hérétique et les luthériens y ont sept temples. Ce nous fut un sujet de joie et de bénédiction d'y arriver à la fêle de saint Lldaric, qui est patron de la ville el de tout le diocèse ; et comme te grand saint avait une dévotion particulière h aller visiter les lieux saints, ce nous
fut un préjugé de grâce de commencer une pareille dévotion sous sa |iuissanle jiroleclion. Il y a une grande et célèbre église sous son invocation, jiossédée par de bons religieux, et dans laquelle on cioit ijue le saint a été enterré. Le jour de la fête, l'oflice s'y célèlire avec grande majesté par les religieux de ce lieu, par les chanoines de la collégiale el par ceux de la cathédrale, qui se succèdent les uns aux autres ; en sorte que les religieux commencent les premières vêpres vers une heure a|irès midi , les chanoines de la collégiale les chantent ensuite, et ajirès, ceux de la cathédrale. Nous ellmes la grâce d'y célébrer les divins mystères au lieu où l'otï croit que ce grand saint a été enterré, el devant ses précieuses reli<}ues. Nous allâmes en dévotion à l'église de Sainte-Croix, où nous vîmes avec édilication MM. le do^en et le sous-doyen , dont l'un a traduit en langue allemande un de nos livres, et l'autre travaille présentement à traduire celui De la dévotion aux neuf chœurs des anges. Nous y vîmes l'hostie miraculeuse, qui, ayant été prise malheureusement [lour s'en servir à dos choses profanes, se trouva comme changée en ap()arence de chair; ce qui, étonnant la malheureuse créature qui s'en était saisie, elle la rapporta. Il y a plusieurs siècles que le miracle est arrivé, el cependant les saintes espèces sont entières, sans la moindre corru|)lion, avec la même couleur de chair rouge; ce que nous avons vu de nos yeux. Nous vîmes dans la cathédrale un évêque qui y faisait sa résidence rigoureuse en qualité de chanoine : il y a encore un archevêque, qui est chanoine de la même église.
Nous partîmes de celte ville pour nous rendre à Oeting, qui e^t le lieu de la dévotion célèbre de la très-sainte Mère de Dieu. Ce lieu présentement n'est [ilus qu'un village, et c'est une chose remarquable, qu'ayant été autrefois une ville très-grande qui a été toute brûlée par les barbares, en sorte qu'il n'en est rien resté, cependant la chapelle de la très-sacrée Merge y est demeurée dans son entier avecson image miraculeuse. Cette chapelle a été consacrée à Dieu, sous l'invocation de la très-heureuse \'ierge, par saint Ruiiert, apôtre de la Bavière. Il y a présentement proche la sainte chaiielle une église collégiale de chanoines, dont l'évêque de Ralisbonne est le prévôt; ils viennent à la fin de coiii|dies chanter en la sainte chapelle ranlieiine delà sainte Vierg«- selon le temps, ce qui se fait en musique. Tous les soirs on y chante les litanies, et il y a des ecclésiastiques de la collégiale qui tous les jours y récitent le petit ollice. 11 y a aussi, tout proche, une maison de Jésuites où ils font la troisième année de noviciat, et qui rendent de grandes assistances aux pèlerins. Les électeurs y ont fait aussi bâtir une maison pour y loger quand ils y vont faire leurs dévotions. Ce heu est honoié de grands miracles , el nous fûmes étonné d'y voir dans toutes les quatre parties d'un cloître qui joint la collégiale, des témoignages au-
«Jôo
«EU VUES COMPLETES DE BomON.
theiiliques de ces miracles, qui reiu|ilissent toutes les murailles de tous côtés. On y voit un concours de toutes sortes de peuples et de difl"é''entes nations, et des personnes de la première qualité. Il y a jieu d'années que l'empereur et l'imjiératrice y vinrent et y restèrent plusieuis jours, étant défrayés avec toute leurcour aux dépens de l'électeur de Bavière. C'est ce qui a rendu le trésor du lieu l'un des plus ru'hes du monde, par les présents qu'y ont fait les empereurs, les impératrices, les rois, les princes, les généraux, d'armée. On nous y montra même de riches présents venus de la cour de France. Tout y éclate en argent, en or, en pierres (irécieuses dont les chasubles mêmes sont couvertes.
Mais ce qui marque les desseins de Dieu jiour sa gloire en ce lieu, c'est que plusieurs fois sa très-sainte Mère a apfiaru à des per- .vonnes qui étaient dans d'extrêmes périls, les eshort.Mit à aller llionorer en sa sainte chapelle; et même le Fils de Dieu l'a lait aussi. De dire la raison de ces choses, comme remarque saint Augustin, au sujet d'un lieu honoré de miracles dont il parle et où il avait envoyé deux de ses ecclésiastiques, c'est ce qui ne se peut : car, i)0urquoi Dieu choisit-il un lieu plutôt qu'un auti-e? ce sont des secrets impénétrables de sa divine Providence. L'on a célébré, en la sainte chapelle, plus de quatre-vingt-dix nulle messes en une année. Un comte d'Allemagne m'a l'ait [irésent d'une image de la sainte Vierge, qui a touché à son image miraculeuse : si elle [leut être poitée en France, ce me sera une singulière bénédiction. Madame la duchesse a été à pied de Munich en ce saint lieu qui est environ à vingt lieues de là; ce qu'elle a fait à son arrivée en Allemagne, n'étant pour lots âgée que de seize ans : c'était bien conuiiencer pour s'attirer les bénédictions abondantes que l'on remarque en cette princesse.
Dans ce saint voyage, nous vîmes en chemin une [lartie du chef du glorieux martyr saint SélKistien, qui est aussi honoré de grands miracles, lesq\iels ont servi, le siècle dernier, à là conversion d'un .]>rince hérétique qui commandait une armée, ayant été témoin de jilusieurs opérés en faveur de ce glorieux martyr. Otle précieuse relique est ganlée en uiî village où il y a une belle église et une irès-magnilique chapelle. Mais c'est ce qui est ordinaire dans toute la Bavière: toutes les églises des villages même y sont iwrfaiteuient belles et très-ornées : toutes celles (jue nous avons vues ont même des orgues. Nous étions étonnés de trouver, sur notre route, des églises miraculeuses de la sainte Vierge; en sorte que, de tous côtés, la divine Providence se [ilaît à honorer ainsi l'auguste Mère de Dieu, malgré les efforts des hérétiques et toute la rage de l'enfer.
Nous n'avons été que trois jours à Munich, qui est une très-belle ville et la capitale de la Bavière. Ce nous a été une bénédiction de la divine Providence d'avoir célébré les divins mystères dans l'église des Théatins,
qui est dédiée à Dieu, sous l'invocation de saint Caëtan, que la Bavière a choisi iiour un de ses patrons, et (]ui est' le grand saint do la divine Providence. C'est une magnifique église, et celle des PP. Jc^suites pareHleuient. Toutes les deux ont été bâties aux dépens des électeurs et des électrices. la mai>on des Jésuites est une des plus belles maisons qu'il y ait au monde : il a fallu même que leur piété et leur modestie se soient opjiosées h la magnificence du duc, leur fondateur, qui avait dessein de ia rendre encore plus belle. Mais, ce qui est bien considérable, c'est qu'il l'a enrichie d'un grand nombre de saintes reliques, entre autres des cor|is des bienheureux martyrs saint Côme et saint Damien. Il y a grand nombre d'autels dans leur église, et tous ont leurs jiarements de toutes les couleurs ; tous ont des chandeliers d'argent; et ce bon prince y a fait tant de [irésents, et de si riches, que cela est surprenant. La sacristie est comiiosée de quantité de chambres qui sont autant de sacristies, et toutes pleines u'ornenients. Il y a [)lusieurs calices de pur or, un soleil de même : mais il y a encore un vase précieux jiour porter le très-saint sacrement, qui est si riche et si grand, que j'avais de la peine h le tenir entre mes mains et à le lever seulement pour quelque moment du lieu oii il est. Il y a une fondation pour entretenir plus de quatre-vingts musiciens qui servent è chanter le divin olliie; car, dans Munich, l'ollice se fait solennellement tons les dimanches chez les PP. Jésuites : il y a une autre fondation jiour nouirir soixante-dix pauvres qui sont obligés d'assister au divin ollice. Les princes et les princesses y ont une tribune, et aussi dans l'église des Théatins; et ce sont les lieux où ils viennent faire leurs dévolions ordinairement. Les ecclésiastiques y exercent peu de fonctions pour ce qui regarde l'assistance des âmes; ce sont les religieux qui en ont presque tout le soin, et il faut avouer qu'ils s'en acquitt-ent très-dignement, spécialement les religieux de la Compagnie de Jésus. La divine Providence, qui s'est servie de ces troupes auxiliaires pour conserver la foi en Allemagne, s'en sert encore pour y établir la piété ; et cas religieux y vivent dans une grande paix avec le clergé.
L'électeur a un beau palais dans Munich : mais nous vous avouons que nous ne l'avons vu qu'au dehors ; car il nous semble que des personnes, consacrées à Dieu comme nous sommes, ont bien d'autres choses à voir. Ohl que de choses divine^^ et admirables à considérer dans le monde intérieur de la grâce! et que tout ce qui éclate le plus dans ce monde chrétien est peu de chose, et même rien, si on le compare à ce qui se })asse dans le monde nouveau 1 Ohl que la terre est à dégoût 1 s'écriait saint Ignace de Loyola quand il regardait le ciel. Nous nous contentâmes donc de voir la chapelle du palaisélectoral, où il y a quarante-cinq ou six corps de saints, et soixante-six chefs. Il y a encore bien d'autres reliques, et entre autres, la main ne
LETTUES. - A M\n\Mi: I.A SIITRIELUF. des L'USLUNES.
saint Jpan-r.ni ti.-tf, 'a mniii do saint Jean Clir.yso^lonic, ot une reli(|nc Irès-précieiisc (le sainte Barlje. Nous y avons vu encore plusieurs corps des saints liinooonts, (pii sont tout entiocs avec leur peau. Il \- a aussi nu grand nouihrc de sacrées reliques dans la chapelle de monseigneur le duc, et, entre autres, nous y avons vu, pour le moins, dix chefs des comiiagnes de votre glorieuse sainte Ursule. Il y a un lieu jiroche la chapelle où l'on voit plusieurs mystères de Noire-Seigneur, et où ce bon Sauveur est représenté si parfaitement, ainsi que tous les personnages qui servent au mystère, lesquels sont en statues de la grandeur ordinaire d'un homme, qu'on les prendrait pluliH pour des [lersonnes vivantes que pour des figures. On les ex()Ose dans la chapelle, dans le temps de la Passion, où ils sont vus h la faveur des llaraheaux, et où il se fait un grand concours de peuples, pour y adorer notre bon Sauveur.
Nous avons encore célébré les divins mystères en celte ville, dans l'église de Sainte- Anne, qui est présentement aux religieuses de la Visitation; et elles voulurent bien y faire exposer la précieuse relique de l'un (les doigts de cette grande sainte, et communier généralement en son honneur. Nous y annonçâmes ensuite les vérités chrétiennes à ceux qui entendent notre langue et qui en étaient avertis; et nous y criâmes à l'amour du tout aimable Jésus, qui est l'unique chose qui nous reste à faire. Nous continuâmes le lendemain à crier au divin amour chez les fdles anglaises, où les personnes, qui entendent la langue française continuaient de se trouver. Ces filles ont la même fin que vous avez dans votre institut : elles ont plusieurs maisons en Allemagne, et elles en avaient de secrètes en Angleterre, lorsque la liberté de la vraie religion n'y était jias. Leur générale est à Rome. Elles "ne sont jias religieusi'S, quoiqu'elles en portent entièi'e- . ment l'habit; elles font seulement vœu de chaslelé et elles ne gardent [ias de clôture. Elles me tirent voir leurs pensioiuiaircs et me menèrent dans leurs classes, et partout je remarquai une grande modestie et beaucoup de piété. Elles apprennent aussi à faire divers ouvrages, et elles sont d'une grande utilité dans l'Allemagne. Nous eûmes encore la grâce, le jour que nous partîmes de cette ville, de célébrer le très-saint sacrifice devant l'image miraculeuse de la très-sainte Vierge, qui est gardée chez les Pères Augustins.
Présentement nous crions au divin amour dans le lieu où nous sommes, devant leurs Altesses Sérénissimes, les PP. Jésuites qui entendent bien notre langue , et toutes les personnes de la cour qui la savent; et, en vérité, nous venons de le dire, voilà tout ce que nous avons à faire : voilà le sujet qui nous fait aller de province en province , de royaume en royaume. Aussi est-il vrai que c'e>i Dieu seul qui est l'uniquement aimable. Ah ! qu'il fasse, ce Dieu de toute bonté et de toute miséricorde, que dans l'union avec Jésus, ce feu divin que cet adorable
OEUTRES COMPL. DE BoUDON. III,
Sauveur est venu apporter sur la terri", bi ùlc vivement dans nos C(eurs, et qu'il les consume saintement dans ses |ilus pures flammes ; en sorte que n'étant plus rien , )dus rien à aucune créature, plus rien h nousmêmes. Dieu seul dans l'union avec Jésus soit notre grand et unique tout.
Voilà une longue lettre (pic quelqu'^s heures de loisir ({ue la divine Providence nous donne, nous font trouver le temps de vous écrire. Ce n'est j^as que nous man- ([uions de saintes occupations dans cette maison de campagne, d'où l'on voit encore I résentement, durant tout l'été, des montagnes couvertes de neige : ce qui nous donn(î lieu de considérer ce qui se (lasse dans les âmes éminenles dans l'union avec l'adorable Jésus, dont les montagnes, selon la doctrine des saints, sont la figure ; car l'on voit dans ces âmes élevées par le saint amour, une pureté plus grande que la neige , en toute sorte de temps, par leur séparation des créatures. Que le Créateur de tout co qui est soit à jamais loué en toutes choses.
Puisque, à ce que nous pouvons penser, il veut que nous vous écrivions cette lettre, pour raconter les bontés de la divine Providence, il faut vous dire encore que nous avons trouvé en Allemagne des serviteurs (le Dieu, avec qui nous nous sommes trouvés unis , avant même que nous nous fussions jamais vus et que nous nous connussions les uns les autres , si ce n'est autant que l'esprit de Dieu nous a fait connaître. Nous pouvons dire d'eux ce que saint Paulin écrivait à saint .Augustin ; saint Paulin qui, ayant des richesses immenses , et .les ayant toutes distribuées aux pauvres pour se faire pauvre kii-mèrae, a été regardé par saint Martin, dont il avait été discijile , comme un prodige de sainteté dans son siècle, et dont saint Augustin faisait une telle estime, qu'il assurait que ce lui était une très-grande peine de ne l'avoir pas vu ; car voilà que ce grand docteur écrit dans cette occasion : « J'exhorte mon âme à |irendre patience sur ce sujet; mais elle a l>ieu de la peine à m'obéir, ou, jiour mieux dire, elle ne m'obéit point : car puis-je dire qu'elle ra'obéit, lorsque je suis tourmenté au point que je le suis de l'envie de vous voir? Quoi 1 mon cher frère, un aussi saint homme que vous m'était inconnu, et vous l'êtes encore à mes yeux 1 Comment puis-jo ne me p-oint affliger, tant que je ne verrai point votre visage 1 » (Epist. 27, edit. benedict.) Ce grand saint donc, qui était évôjue do Noies, dans une lettre qu'il adresse à saint Augustin, lui jiarlant du saint évêque Ali|>ej lui dit <> iju'il a commencé à l'aimer sans le connaître, lui que tant de terres séparaient de lui. » (Epist. 41, edit Rosw.) [C'est aussi ce que nous pouvons dire de ces serviteurs de Dieu, et ajouter avec cet homme divin ce que l'humilité lui faisait croire, « qu'ils nous out aimé beaucoup au-dessus de nos mérites (et nous n'en avons point) , par l'esprit de celte véritable charité qui s'étend partout, qui embrasse tout, qui sait joindre les plus
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éloignés , et rendre les absents présents. » — « 11 ne se faut pas étonner, «ditcncorele uiênio saint dans unelcttre à saint Augustin (epist. i2), « que, tout absents et inconnus (jue nous sommes les uns aux autres , nous nous soyons réciproquement connus , puis.que nous sommes membres d"un même corps , que nous n'avons qu'un môme clief, que nous sommes arrosés de la môme grâce, que nous mangeons le même pain, que nous marchons dans la même voie , que nous sommes domestiques de la môme maison, et qu'enfin la foi et l'espérance qui nous soutiennent dans le temps présent et nous font avancer vers l'éternité sont les mêmes, et (ju'ainsi nous ne sommes qu'un dansl'esiirit et le corps du même Seigneur, de l'unité duquel nous ne saurions nous séparer, sans nous perdre et nous détruire nous-mêmes. »
Nous nous en réjouissons avec le même saint Paulin écrivant à saint Alpie : « Et nous nous en glorifions dans ie Seigneur, qui seul par toute la terre produit la charité dans les siens par le Saint-Esprit qu'il a répandu sur toute chair. » (Epist. ko.) Et certainement c'est bien en ce Seigneur que nous devons nous en glorifier, puisque c'est lui seul qui a pu produire dans ses serviteurs la cliarité que nous y avons trouvée , et que la lecture des petits ouvrages, que la divine Providence nous a fait donner au public, a donné occasion d'y introduire; dans lesquels on peut bien dire que Dieu seul y est o[)érant par sa seule vertu ; car tout ce qu'il y a de nous est bien plutôt digne de mépris que d'estime, et il ne nous en doit revenir que la seule confusion. C'est ce que nous reconnaissons en la présence du Dieu de toute grandeur, qui a voulu faire paraître dans ces ouvrages combien il prend plaisir à se servir des choses basses pour confondre et abaisser les plus hautes, afin que [lersonne ne se glorifie devant lui.
Ce nous est ici un plaisir de publier ce qui nous doit faire confusion, afin que nous ayuns ce qui nous appartient, et que la gloire qui est due à Dieu seul lui soit renoue. Nos écrits, aussi bien que les discours que nous faisons en public, n'ont rien de ces agréments qui plaisent aux créatures; et c'est ce qui fait notre joie, afin que Dieu seul s'y trouve. Le style de nos ouvrages est simple"; il n'y a rien du beau langage qui est tant recherché dans notre siècle , nonseulement par les persoriues du monde , mais encore par celles que la séparation de ce monde et la retraite dans le cloître devraient en dégager. Le bel esprit n'y trouve guère son conqile ; ils sont faits sans étude ; la nature n'y trouve rien que de rebutant : ordinairement ils sont très-mal imprimés sur de gros papier, et souvent tout iileins de fautes, et quelquefois de tant de fautes, que nous avons de la peine à les supporter jious-mômes , quoique naturellement chacun aime ce qui lui appartient. Comment donc les autres les peuvent-ils supporter? C est ce qui fait voir sensiblement la conduite de la seule divine Providence. Car,
pou après que le petit livre de Dieu seul eut paru, il y en eut plus de cinquante mille de distribués. Ces ouvrages si |)auvres en eux-mêmes et venant d'une [lorsonne si jiauvre, ont été traduits en italien, en espagnol, en polonais, en latin et en allemand ; et c'est ce qui a donné une vraie charité pour nous aux serviteurs de Dieu de ce jiays , avant qu'ils nous eussent vu : c'est ce qui en a donné une si grande à ceux qui ne nous ont pas encore vu.
Nous pensons que la divine Proviiience nous fera partir de ce lieu dans le commencement du mois d'août; car il y a d'autres lieux oiiil nous faut évan^éliser le royaume de Dieu. Nous admirons en toutes ces choses sa douce et divine conduite. Il y a quelques années que l'un de vos monastères de religieuses Ursulines, bien éloigné d'Evreux, nous écrivit pour aller les voir; toutes les religieuses de ce lieu, à ce que nous marquait la digne su|iérieure, désirant que nous allassions leur crier au divin amour. Nous leur mandâmes qu'il n'y avait pas d'apparence ; et en etfet, il n'y en avait guère : et voici que la divine Providence, qui dispose de tout avec autant de force que de douceur, nous met, par le voyage d'Allemagne, à portée d'y aller; et Son Altesse madame la duchesse consent que nous la quittions plus tôt, ])our pouvoir satisfaire aux désirs de ces bonnes religieuses. La supérieure qui nous écrivait, nous mandait que si nous ditférions notre voyage nous ne la trouverions |>lus : en effet, "elle est décédée dans une haute opinion de sainteté, et l'on nous prie d'en écrire la vie; mais nous n'en voyons pas le moyen, ayant des occupations que la divine Providence nous donne ailleurs.
Nous nous recommandons à vos prières, afin que nous ne courions pas en vain, mais qu'en tout ce que nous faisons, et partout où nous allons, Dieu seul en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, soit adoré, aimé, loué, remercié et glorifié à jamais en toutes choses. Car c'est en lui, dit l'Apôtre, c'est de lui et c'est par lui que sont toutes choses. [Rom. xi, 36.) Mais disons ensuite avec le même Apôtre, mais disons-le de tout notre cœur, de toute notre âme, de tous nos forces : A lui soit honneur et gloire dans tous les siècles. Ainsi soit-il.
Finissons de la sorte cette longue lettre; et puissions-nous finir de la sorte tout ie cours de notre vie 1 Que la très-sainte et suradorable Trinité soit exaltée et surexaltée poui jamais. Nous vous disons avec saint Paulin, finissant une lettre qu'il adresse à saint Augustin : « Nous saluonsavec beaucoup d'aU'eclion.toute votre maison. » (Epist. 41). Et dans une autre au môme saint : « Saluez, s'il vous plaît, de notre part, tous ceux qui nous sont particulièrement unis dans l'union de Jésus-Christ. » (Epist. i2.) Et avec saint Augustin, à la fin d'une Lettre à saint Paulin dont nous venons de parler: « Que Dieu vous préserve à jamais de la corrufitiou de ce siècle. » (Epist. 31.) Nous saluons aussi, h notre ordinaire, vos bons an-
l.KTlUr.S. - \ M. IIOSCIKUARD.
pc-s Ions li's bons ;mgos et s;iiiit> [latidiis lie volru institut, de la ville cl du diocèse d'Kvreux ; ce ([uo nous voulons l'aire avce tout le rospecl dont le divin aiiimir nous rend capables. Ah! puissions-nous Virûler ilans les mômes feux du j)ur amour dont ces bienheureux esprits ont toujours élé reui- ))lisl Ahlqu'h jamais Dieu seul puisse 6t-re notre grand ei unique tout, comme H a toujours été toute leur plénitude! Amen. Amen. Amen. C'est dans ce Dieu seul que je suis ma révérende mère, votre, etc.