‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 287 sur 436 · LETTRE CXXIV · texte numérisé non relu

LETTRE CXXIV

Persccutions de Boudon.

Mon cher monsieur, La très-sainte volonté de notre bon Maître et de notre boime maîtresse soil faite en

di' toutes sortes de bonnes œuvres, visitant et nourrissant les pauvres, prenant même pour cela sur son nécessaire, de sorte qu'elle se réduisait sou- 1 vent elle-même au besoin. Elle mourut en odeur de | sainteté le 16 mais 1U85. Sun cœur fut porté en la '| chapelle dès Missions étrangèies ; et M. Tiberge, ami de Boudon, un des directeurs de la maison, y prononça son éloge funèbre. Voyiz VHisioire ecclésiastique et civile du cliocéie ci'Evreux , par M. le Brasseur, prêtre d'Evreux, qui avait connu particulièrement cette vertueuse princesse.

LETTHKS. -A. M. liOSCl F.UVKP.

toules dioses. Je salue vnire saint ange et tous les saints animes de la ville et diocèse d'Evreiix, le saint .inge de celui qui en est le prélet, les saints |(iotecteui-s, et spécialement le bienheureux saint Gaud. Je vous <^ciis le jour de la sainte oïlave, el la veille de la féU' du ti ès-précieux rœur de l'admirable Mère de Dieu. J'ai adressé en secret un paipiel par M. C.haunionl ii Nicolas, (lour mes visites ; je vous prie de voir Nicolas et d> savoir s'il l'a reçu, afin que vous puissiez me le mander h la première conunodilé. Je ne sais s'il a tenu à la poste nu à quelque autre personne que le billet ne vous ait été rendu plus iOt,*niais il faut en garder le silence, et il n'est |ias nécessaire que l'on sache que j'ai adressé mon paquet jiar une autre voie que celle dont je me sers ordinairement, non plus que j'ai dessein de faire des visites ce carême avec le secours du ciel. Je pense qu'il vaut mieux que vous ne disiez pas que vous avez une copie de la lettre à .M. de .Manoury ; mais vous pouvez en pren<ire les raisons et lui dire, en disant: Je lui ai ouï dire cela là-dessus, et puis ensuite vous pourrez dire : Il eût bien fait de ne point écrire cette lettre. Pour M. le curé lie Saint-Aquilin, vous pouvez dire que je le crois serviteur de Dieu, mais c|ue j'ai eu sujet do lui niai(juer qu'il était fort [néocrupé, |)lusieurs personnes de mérite me l'ayant dit; tout cela, en disant : ^'oilà ce que je lui ai oui dire. Xoos pouvez encore ajouter : Je ne viens pas ici ni ne dis jias cela jiour combattre vos sentiments; mais ))Our vous dire simplement ce que j'ai ouï. Si vous l'avez déjà vu, Dieu soit loué et sa très-sainte .Mère. Je n'ai pas vu la lettre de Saint-Coientin. Si cela avait été possible, j'aurais été bien aise d'en avoir une copie, mais je ne pense pas qu'elle lui ait écrit; c'est peut-être à M. de Chartres ou à quel- (lu'un des grands vicaires. >ous avez bien fait, en obéissant, de faire agir Mlle de Bouillon pour ce que vous me mandez, car ce n'est pas agir |)ar vous-même endette rencontre, mais par assujettissement à Ja volonté de ceux qui >ont au-dessus de vous. Mlle de Fourneaux n'a pas agi, à ce que j'apprends, comme on vous l'avait dit; elle en a fait pourtant quelque chose, mais je crois qu'elle y pensera. Ah ! qu'il est vrai (pie les jours et les voies de l'Iiomrae corrompu sont malheureux, et que les jours et les voies du Chrétien en sont éloignés! C'est une opposition toute formelle. Laissonsnous revêtir du nouvel homme et de tous ses sentiments, par le dépouillement du vieil homme et de toutes ses maximes, désirs et inclinations ; car le grand Apôtre nous apprend que la grâce de Dieu notre Sauveur a paru, alin que non-seulement nous renoncions à l'inifiiété, mais encore aux désirs du ciècle qui sont les désirs de l'honneur, du crédit, de la faveur et des aises de la nature. C'est à ces choses qu'il faut mourir pour vivre de la vie chrétienne qui n'est animée que de l'esprit de Notre-Seigneur, dont les inclinations vont à la pauvrelé, au méi'ris et

5 la douleur ; quelque chose qui arrive au dehors, il faut toujours en demeurer là, et regarder en toules choses l'intérêt de Dieu, ayant en horreur le respect humain qui est là grande source ûes malédictions.

Vous pouvez encore dire outre les satisfactions que j'ai tâché de faire aux personnes pour ma lettre, car de prime-abord, je m'expliquai avec lui dans son jardin, mais il ne se souvient que de ce (jui se fait contre moi ; que mon intention n'a été que de lui dire à lui ces choses, ou tout au jilus à deux ou trois personnes de probité ; et que, si on les montre à d'autres, je n'y saurais (pie faire, et je lui avais demandé le secret. Je ne savais pas que M. de l'hier.-ault fût aumônier de la reine. A'ous m'avez obligé de m'apprendre la mort de M. l'abbé de la Croix, il était un de mes amis, alin que jo prie |:our lui. Vinci une nouvelle pour vous el pour Mlle de Bouillon : vous pouvez aussi si vous le jugez à propos, la dire à Mme Anne et à Mme de Uouves. L'on a commencé d'écrire fortement contre moi à la fin d'octobre ou au commencement de novembre.

Ayant a[ipris, à ce que l'on mande, que je venais à Caen, alin que l'on se donnât de garde de moi, ijue Ton veillât à ce que l'on n'y prît pas contiance, que l'on ne m'y fît pas travailler. Us n'avaient que faire de se tourmenter pour cela. Que je commettais des choses qu'il n'est p^s à propos que je mette dans une lettre, et que l'on n'a jws fait de dilliculié d'y mettre; que le bien que je faisais était hypocrisie; qu'un ecclésiastique avait assuré celui qui écrit, qu'ayant été avec moi six mois, il ne m'avait jamais vu faire l'oraison, et la grande preuve était les plaintes de M. et Mlle de Berville. Ceux à qui l'on a écrit et continué d'écrire mandent, de plus, que l'on ferait la même chose aux lieux où j'irais, m'ont contié ([ue c'est un des messieurs du séminaire des Missions étrangères qui m'accommode de la sorte; ils n'ont pas voulu, |iar discrétion, me le nommer; mais l'on sait bien ceux qui écrivent à Caen, M. de Fermancl et M. de Chamesson. Je n'ai pas le moindre soupçon de M. de Fermanel là-dessus, et puis quand on a commencé d'écrire, il était malade, et ne savait pas même, à ce que je crois, mon dessein de Caen ; puis, le témoignage de M. Preyssard, ce que l'on dit avoir appris de M. "et de -Mlle de Berville et chez eux, marque assez que c'est le bon M. de Chamesson, outre d'autres preuves que j'en ai. 11 ne faut pas faire éclater cela à Evreux; on voit par là donc la vérité, ce que JL et Mlle de Berville ont pour moi. Je crois pourtant (pie M. de Chamesson s'est trompé, ou ceux qui ont reçu ces avis, dans les plaintes d'impureté que l'on dit que Mlle de Berville fait de moi; je ne le crois |ias, mais c'est assurément qu'elle a pu dire des accusations que l'on faisait d'autre part. On ne laisse pas pourtant de citer cela comme bien' fort; une per:.onne qui a reçu de ces avis m'a dit qu'elle en écrirait à M. de Berville pour savoir cela, et Mme de la Croisetle en pourrc

croire quoique peu ae chose ; car c'est sn uj'anière d'agir, à M. de Bervillc. Avec tout cela, bénissons le Seigneur et sa Irès-sacréo Mère, et les bons anges et saints, de la manière que M. de Chamesson s'y prend. Voit,^ une des plus fortes crois qui me soit arrivée. Il mande que je suis découvert, que Ton voit bien que Ton a raison de me maltraiter, et dit qu'il le dira de la sorte en dautres lieux, et il écrit comme si c'était, au moins en apparence, le sentiment du séminaire, au moins Ion en juge de la sorte. 11 lue semble qu'il pourrait douter, quand je âerais tombé en quelques misères, si je ne me serais pas converti, supposé même qu'il fût vrai, ce qu'il dit, et voir si on continue dans les mêmes choses. 11 faut être content e tout, et suis cordialement, mon cher -Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur, BoLDON, l'esclave de lasainte Vierge, des anges et des saints

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