‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 292 sur 436 · LETTRE CXXXIV-CXXXV · texte numérisé non relu

LETTRE CXXXIV-CXXXV

Succès de ses prédications à Angei's.

DIEU SEUL

Enfin, mon cher monsieur, nous voilà arrivés à Angers par la conduite de la divine Providence qui nous soutient et qui nous mène partout avec des miséricordes inetfables. Je ne sais où j'en suis quand j'y pense , mon cher Monsieur , et vous seriez grandement étonné si vous en saviez les particularités. Plusieurs villes se sont trouvées tout émues au passage de cet homme perdu sans ressource , à ce que l'esprit humain pensait. 11 a fallu prêcher les vérités évangéliques , non -seulement dans les monastères, mais dans les paroisses, dans les grandes et vastes églises où il y a eu un concours surprenant de gens de tous états. Hélas l oc pensait que c'était

(SO) Ma force sera dma le iilcnce ci dans l'éivérance. {ha, xxx, lo,)

ŒUVRES COMPLETES DE IJOUDON

•JGO

«luoique fliosc que cei homme [lerdu. Je sais |)Ourtant bien, Dieu meici, qu'il n'est rien. L'on est venu à cet homme de toutes parts pour lui ouvrir ce que l'on avait de plus secret en la conscience ; c'était un a'oord étonnant de monde ; c'était à qui l'aurail ; l'on a disputé h qui le logerait; on a Blême voulu lui donner de l'argent; partout on ne veut | oint le laisser sortir. Il est arrêté avec une charité merveilleuse, et par ies ecclésiastiques, et [)ar les gens de qualité, et par les jjauvres. On le conduit d'un lieu à l'autre; on voudrait le suivre môme. Des gens qui ne parlent à personne des choses de Dieu, étant fort dans le monde, se font apporter dans leurs chaises pour lui parler, flvec l'étonnement des lieux oîicela se passe. Des esprits forts, qui à peine veulent venir à aucun sermon, non-seulement viennent à ses instructions, mais encore lui sont venus dire qu'ils le viendraient voir tous les jours, s'il restait en leur ville; c'est ce qu'ont fait aussi des gens de justice qui passent pour les beaux esprits du temps. Ohl que les voies de Dieu sont bien éloignées de celles (les hommes I C'est ainsi que Dieu tire sa gloire de tout.

Je ne mande à personne ces particularités : il faut encore se taire, et le diable se servirait de ce que l'on en dirait, quoi(}u'avec bonne intention, Je mande seulement en général à Mme de Kouves et à. Mme de Fourneaux que la

divine Providence est grande

sur rao!. Je salue votre bon ange, etc. A Angers, le 1 juin.

Suite

Page 1