‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 293 sur 436 · EVREUX · texte numérisé non relu

EVREUX

persécutions de Boudon.

DIEL SEUL

Mon cher monsieur.

J'ai reçu votre lettre le jour de la mort du bienheureux Henri de Suso, et le même jour <.]ue je vous envoyai mon billet. Ne laissez jias pourtant de mettre l'adresse comme je vous l'ai marquée. La personne dont vous m'écrivez dit de son directeur ce qu'il trouve à rediie en l'autre. Pour ce qui regarde les papiers (51-52) que l'on donne, j'en ai écrit fortement. J'ai prié une personne qualifiée d'en écrire , et L des personnes qui ont pouvoir sur l'esprit de celle qui les donne, pour en marquer les suites ; car j'ai eu peur que la lettre de ma part n'eût |ias d'etfet. J'en écris encore aujourd'hui; et en vérité si je tenais ces beaux pa(jiers de mes louanges, je les brillerais de bon cœur. Après cela, il faut lâcher de demeurer avec le secours du ciel dans une grande paix, dont il me semble que nous ne devons jamais sortir, au moins pour ce qui regarde le cen-

tre de l'âme. Mais l'on dira que j'ai contribué à la distribution de ces (lapiers ; mais cela vient dans de fâcheuses circonstances ; mais cela irritera encore ; mais cela apprêtera bien à parler. Ayant fait son petit pouvoir [)our y apporter le remède, tout cela ne nous doit pas ôter un moment de cette paix divine qui surpasse tout sentiment, et que le grand Apôtre souhaite non-seulement être, mais demeurer dans nos cœurs. (Philip. IV , "7.) Aussi est-il écrit que Dieu tout bon a rétabli sa demeure dans la paix : Et factus est in pace locus ejus. [Psal. lxx" , 2.) 11 est très-vrai que c'est l'amour de nousmêmes qui nous trouble sous de beaux prétextes, et une certaine recherche de notre propre intérêt, quoique souvent imperceptible, qui nous embarrasse sous des apparences du bien. Il ne faut point de réserve dans l'abandon entier à toutes sortes de croix, de quelque côté qu'elles viennent, et quelques suites qu'elles puissent avoir. Ce qui inquiète, c'est toujours quelque petite réserve. Oh 1 non , mon cher monsieur ; sans réserve, sans réserve, sans aucune exception , soyons délaissés, abandonnés à la divine Providence, pour être tout ce (pi'elle voudra, et n'ôtie rien de ce qu'elle ne voudra pas.

Hélas 1 ce bon homme qui assurément sert d'instrument à la divine conduite pour éloigner toujours le prélat de nous (et il sera difficile de rien gagner auprès de lui pendant qu'il le croira) , n'esi-il pas un instrument entre les mains du Tout-Puissant qui saura bien, quand il voudra, renverser tous ses desseins'' Je m'abamlonne absolument h sa force , à sa puissance, à sa miséricorde, sous la protection de la très-sacrée Vierge, des anges et des saints; et j'aimerais mieux mourir que d'avoir le moindre appui sur aucune créature , ni sur aucun moyen humain. Même, mon cher monsieur, assurez-vous> que la très-sainte Vierge conduit mes aifaires ; et elle ne veut pas que les créatures d'ici-bas agissent : ce sera elle qui fera tout. 11 ne faut point parler même de certains moyens que le prélat s'imagine pouvoir le contenter : il se trompe ; il ne lésera que quand l'incomparable Mère de Dieu dira : C'est assez. Cependant je dois me tenir dans le silence, laisser dire , laisser crier, éviter même des conférences qui, jusqu'à présent, n'ont servi qu'à irriter les choses ; car dans tous ces pour[)arlers-là il y a toujours quelque chose à redire.

Je m'applique, avec le secours du ciel, à dire partout du bien du prélat. Pour ce bon jière que vous avez vu, je n'en suis pas étonné; et lui et d'autres ont peu reconnu les services que je leur ai rendus. Tant mieux ; Dieu seul , il rue suffit. Pour vous, ménagez l'esprit du prélat avec douceur, avec respect. Je crois môme qu'il sera bon que vous alliez le voir de leiups en temps,

(.■il-5î) cRs papiers ciaiL-iit les .Mémoires que Mme de Fourneaux, par un zèle inconsiilcré, liisliibuail pour la jubiilicaiioii de Bo'ulon. *

LETTIIES. — A M. nOSGl EU MU).

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supposé quo vous voyiez qu'il le trouve bon. J'ai lie la joie «le ce que le hon l'ère ilil que jo suis un superbe : cela est vrai; mais je vous avoue que j'ai grande envie d'être humble. C'est une chose très-avantageuse jiour nous, quand on publie nos défauts et que l'on est connu pour misérable, tel que Ion est.

J'ai l'eriue confiance que la très-sainte Vierge, les bons anges et nos saints évoques trouveront leur tenq>s pour nie faire prendre les ordres : les croix y sont une excellente disposition. Je vous écris le 28 de janvier, i'éle du grand saint Cyrille, l'invincible défenseur de la maternité de la -Mère de Dieu. Je salue, etc.

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