‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 301 sur 436 · LETTRE CLIV · texte numérisé non relu

LETTRE CLIV

// annonce son retour à Erreux, où il pourra s'entretenir avec M. Bosyuérard.

DIEU SEUL

Ce petit mot, mon cher Monsieur, n'est que pour vous dire que j'ai reçu votre lettre et que j'espère, avec le secours de notre très-sainte maîtresse, des bons anges et des saints, nous entretenir ensemble de ce que vous me mandez. C'est avec leur secours que j'espère me rendre à Evreux le '* de septembre, pour v célébrer le lendemain la fôto

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di' riiivcntioti (lu bicnlieureux saint Taurin, notre saint apôire et patron. J'espère ccpentiant pjirlir de Paris samedi, avec le secours lin ciel ; mais je serai plusieurs jours en chemin. C'est une niorlilir.ition que ma lettre ait vlé perdue, àrnijon des choses dont je vous y entretenais. ,Mf>is, ■■i|irès tout, il faut s'a- "baiidoiiner sans réserve ùladivine Providence pour toutes choses et en toutes choses. Je salue votre saint ani^e, tous les saints anges et saints patrons de la ville et du diocèse d'Evreux, et en iiarticulier le ^^lorieux saint Tauiin. Tenez-Ujoi avec hien de l'aHection, votre très-humble et obéissant serviteur, J'esclave de la sainte .Mère de Dieu, des bons anges et saints.

A Paris, ce -16, [été de saint Ouen, grand dévot d« la {rès-sacrée Vierge.

LETTP>K CL^.

AU MÉMK.

Sur l'i dévotion au sucre' cwur.

DIEU SEUL

Mon cher Monsieur,

A'ous m'avez donné une consolation bien grande de m'apprentlre les saints mouvements que la grâce inspire pour honorer le très-saint cœur de notre divine princesse et de notre très-bonne Mère; c'est une grande marque que Uieu tout bon a dessei.i de se servir de ces bons messieurs pour sa gloire, en leur donnant une application si spéciale au cœur qui a attiré le Fils bien-aimé du l*ère éternel en noire terre, et dont il a bien votil'u recevoir sa vie humaine après son incarnation dans les pures entrailles de la très-sainte \ ierge. Si un Dieu a bien voulu se servir de ce cœur très-aimant et tout aimable pour en tirer sa vie humaine, il n'y a |ias à s'étonner s'il s'en sert pour donner \a vie à toutes les âmes ; si donc ce cœur admirable est le canal sacré par lequel la (^râce de la vie divine est communiquée aux hommes, sans doute que les personnes qui en sont plus proches et qui y sont plus unies, en reçoivent des secours plus elîicaces el plus puissants pour le salut du cher proihain. 11 a été révélé à une sainte âme que Dieu avait donné l'intendance générale à sa irès-sacrée Mère, des missions qu'il voulait établir extraordinairement, je lecroisceriaiiiement; mais cela étant, les enfants , du lœur ne doivent-ils pas espérer les plus iieauï emplois dans ces divines missions ? C'esi pourquoi j'estime une grâce très-spéciale et dont il faut grandement remercier la divine bonté, que de se sentir appliqué |»articulièrement a l'amour de ce cœur, fournaise du [lur amour. 11 est vrai que, dans le commencement de l'établissement de la maison, on y eut beaucoup de dévotion, et assurément ce ne fut pas sans en recevoir beaucoup de grâces. J'en ti.s faire un i)etit tableau tel qu'il se voit encore chez ces messieurs de Saitit-Marcel, nous

M. BOSGUKRARD. «S*

eu récitions tous les 'jours les litanies qui sont dans le livre qu'en a composé le P. liiides ; mais, [larce que cela est Imig, on pouvait se contenter de la salutation ijui y est a ce saint cœur; tous les ans on choisissait iinjouriiour en célébrer la fôte, comme l'on fait celle des plus grandes solennités de Notre-Dame et on allait en pèlerinage à quelque église de Dieu, sous l'invocation de la sainte .Mère do Dieu. L'on faisait plusieurs pratiques en l'honneur de ce sacré cœur, selon que la divine inspiration y excitait. Dans la suite, quelques-uns eurent peine sur cette dévotion, qui h la vérité fut combattue dès le coiiimcncement, mais sans être abattue; ciilin, vers Pâques ou environ quel- (jue lem}is après ou devant, l'on projiosa devant une assemblée de toute la maison, qu'il fallait se départir de cette dévotion, ((u'il fallait ôter des règlements le jour qui y était marqué pour en faire la fête, et, à la [iluralité des voix, il fut conclu de la sorte, il me vint bien à l'esprit que c'était fait de la maison, au moins de la maison telle qu'elle était, et je puis assurer qu'elle était bien autre qu'elle n'est pas, quoique l'on y prit de petites récréations qui ne sont plus ; on pouvait ôter les abus qui pouvaient s'y glisser sans ôter le premier esprit qui n'est plus, assurément, quoique l'on dise; et quand je sortis de la maison, très-peu après, pour faire un voyage, je vous avoue que j'eus quelque chose de particulier en sortant dans les rues de Paris, qui ne venait ni d'imagination ni de préoccupation; cela n'était pas naturel et j'étais pressé d'une très-grande douleur, quasi jusqu'à (ileurer, sans en savoir bien pourtant le sujet ; mais je l'aiipris bientôt, un mois ou deux après, quand on me manda que la résolution était prise de. quitter. Si j'ai bonne mémoire, celle résolution fut prise environ le leui'is que l'on avait coutume de célébrer la tète du tres-saint cœur et que l'on avait abandonnée. Je ne voudrais [las que ces dernières choses ici fussent sues des messieurs qui étaient dans la maison, car il faut prendre gardeàne pas choquer personne. Je vous dis en secret, .M.Gasil fut celui qui travailla le plus, ce qu'il avait fait dès le commencement, pour ôter cetto dévotion et d'autres encore ; ainsi il faut prendre garde à ne pas choquer personne, ce que l'on ferait sans y penser, les gens qui ne sauraient pas comme la chose s'est passée. J'ai vu les desseins qii.vous m'avez envoyés, ils ne respirent qn.' l'intérêt de Dieu; j'en bénis Notre-Seigneur et ^a sainte Mère de tout mon cœur; jiour vous, abandonnez-vous à notre bon Sauveur et à la très-sacrée Vierge, et ne doutez pas que toutes choses ne vous réussissent en bien; il tient les temps elles moments en sa puissance, el ijuand l'heure sera venue de ses desseins survous, il les accomplira ; seulement h'n mettons point d'obstacle par nous-mêmes; ()our tous les aunes, ne nous en mettons jias en jieuie, il en saura bien venir h bout; ne regardez pas votre naturel et bon courage, cela ii'esl rien ; ce que l'es-

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prit de Dieu mettra on nous par «a grâce, uous ^eIldFatoul-puissantscn^avcl■Ul. Voici une lettre pour M. de la Pinsonnière qui rst un véritable missionnaire du cœur do Notre-Dame; je voussuppiie de saluer M, de Fermanel de ma partet de le prier de la faire tenir. Je vous jirie aussi de bien faire mes civilités à Mlle de Bouillon; quoi que je pense de certaines choses, je ne laisse pas de les bien vouloir, de les bien agréer et d'enjètre très-content ; mandez-lui que je prierai la sainte Mère de Dieu pour elle,'et son saint ansie. Si JeP.Eudes vient àEvreux,et il doit v aller, je vous prie dédire au P. Gailve, le prédicateur de l'octave, ce que ce bon 'Père est à mon égard, afin qu'il n'y prenne pas de confiance à mon sujet; il est bon que vous lui en parliez. Je vous prie daller voir M. le théologal de ma part, et comme il est promoteurdu chapitre, de le supplier qu'il ait la bonté de m excuser auprès du chapitre général où je dois comparaître le jour de l'octave de iaint Pierre, ne (louvant pas y aller. Il fau^ dra, s'il vous plaît, l'en faire, ressouvenir vers ce temps-là, c'est-à-dire quelques jours auparavant, et si vous n'étiez pas pour lors à Evreux, de me le faire savoir, afin que j'y donne ordre, de peur qu'il ne s'en sou-; vienne pas. Cependant il n'y a plus qu'un mois. Vous nous manderez un peu ce que fera le prélat et quelles visites il fera, et ce qui vous sera arrivé touchant l'ordre. Le P. Claude me reçut avec une charité tout extraordinaire passant par Lisieux; voire chère sœur est entre les mains d>i prieur des Jacobins qui a fait grand bruit pour , le jansénisme au Pont - l'Evoque ; l'on en a môme informé. Les zélés pour la foi ont un grand éluignement de cet homme; ne dites pas que je vous en ai mandé rien , car cela ferait du bruit et Dieu n'en serait pas glorifié. Ne vous pressez pas d'en écrire à votre chère sœur, je ne croispas qu'il lui parle de rien de cela et elle n'est pas en état de se défaire de lui, car il n'y a que lui que l'abbesse lui donne, ainsi ne pressez rien. Ayez bien soin de faire subsister la petite assemblée d'Evreux. Je salue Mme Anne et Mme de Rouves. Je prie Mme de Rouves de ne pas oublier à nie faire venir de Paris un livre De la dévotion aux saints anges et un Dieu seul, relié en veau, et un Du saint Sacrement, en parchemin. Il est bon aussi qu'elle fasse encore venirun livre Des saints anges, en parchemin, pour le faire courir dans la ville et tâcher par là de donner de la dévotion à ces bienheureux esprits. Je salue votre gardien, les saints anges de la ville et du diocèse d'Evreux et nos saints patrons. Un pctitvoyage à saint Taurm pour lui recommander mes visites.

A Caen,C€Ùde juin, fête du glorieux s^int Pforbert, l'un de mes patrons.

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