LETTRE CLXXI
AU iMÉME.
Sa charité envers un prêtre malheureux. On l'avertit que l'on se propose d'attaquer son livre Sur la dévotion de la sainte Vierge.
DIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seul, etc. C'est dans l'union de sa divine charité sans bornes, que je vous recommande l'ecclésiastique qui vous porte cette lettre ; je l'ai connu pendant que j'étais grand vicaire, qui desservait dans les paroisses du diocèse, et avec édification; depuis, il a été vingt-neuf ans ou environcuré dans le diocèse de Chartres, sans aucun reproche ; ce()endant lui qui tlit qu'il y avait longlemiis qu'il pensait a des croix, en a eu une terrible ; on l'a accusé d'un mauvais commerce avec une nièce, dont il m'assure être très-innocent; mais enfin quand cela serait, les miséricordes de Notre-Seigneur sont inépuisables. Mgr de Chartres, sur l'accusation, l'a obligé de quitter sa cure; cependant Il lui a donné une attestation comme il ne connaît [las en lui aucune censure de l'Eglise, et il lui a dit qu'il lui donnait conformément à son ejreal de son diocèse de Lisieux, qui est |iour toujours. Or il voudrait bien se retirer doucement, mais il n'a que80fr.de rente, et il faudrait qu'il |iût trouver quelques messes à célébrer pour lui aider, ayant cependant de quoi subsister, en attendant que cela se rencontre.
Il nie semblequ'il peut dire qu'ayant été longtemjis vicaire, et vingt-neuf ans curé, il veut se retirer, et de vrai, s'il avait de quoi, il se mettrait même en quelque communauté, et comme il ne demande ni à confesser, ni à (irècher, mais seulement à célébrer la messe, il est faisable que la chose n'est pas diiiicile à obtenir ; on pourrait dire qu'il est venu à Rouen pour avoir de quoi lui aider, n'ayant pas entièrement de quoi subsister.
œUVRES COMPLETES DE BOLDON.
lOvC
!l a raltestalion ûp. Mgr Tévêque de Chartres, et son exeuf de Lisieux ; je crois que cela pourrait suMire, et qu'il n'est pas à propos de parler de l'accusaiion qu'on .lui a faite ; je regarde .la chose comme une œuvre de très-grande miséricorde en l'honneur de la.charilé immense du cœur de notre bon Sauveur, et de son immaculée Mère-Vierge, pt en l'honneur de la charité des bons anges. Je salue bien le vôtre, et tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Kouen, et des personnes qui y sont.
Mgr notre évoque vient de me dire que l'on se prépare à écrire fortement contre rnoi au sujet du livre de la Dévotion à la très-sainte Vierge, qui vient d'être achevé d'imprimer, et que l'on va rechercher mes autres livres pour y trouver de quoi crier. J'ai corrigé celui de YOraison, que j'avais écrit auparavant que l'on parlât du quiétisme, et je ne vois pas que raisonnablement il y ait rien à redire dans la correction. Ce sont les jiartisans de M. Baillet qui lui ont écrit, quoiqu'il ne me les ait pas nommés, et des gens du parti. A cela je dis à la puissante Mère de Dieu : Dignare me laudare te, Yirgo sacrata, da mihi virtutem contra hosies tuoi. C'est en sa maternelle protection que je mets ma conliance et aux bons anges: Non enim in arcu tneo sperabo, et giadius/neus non salvabit me. C'est, Monsieur, votre très-humble et tout acquis serviteur, BoLDO?(, le pauvre prêtre de l'admirable Mère de Dieu, toujours Vierge et immaculée en sa toute sainte conception, vérités pour lesquelles je voudrais mourir de bon cœur avec le divin secours.
Je vous recommande de rechei'ce bon ecclésia.stique ; comme il a de pesantes croix, son état mérite du respect et de la considération. Si vous pouviez par le moyen de quelques personnes lui faire trouver quelque chambre garnie avec d'honnêtes gens, il a de quoi la [layer.
.4 Evreux, ce 22 de janvier, fête des épousailles virginales de la ^ ierge des vierges, avec Sun époux vierge, le glorieux saint Joseph-,