‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 313 sur 436 · LETTRE CLXXV · texte numérisé non relu

LETTRE CLXXV

AU MF,ME

// se réjouit et bénit Dieu d'être délaissé^ oublié.

DIEU SEUL

Monsieur,

Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, el toujours Dieu seul dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ. C'est ce Dieu seul qu'il nous faut voir et rechercher très-seulement et très-uniquement en toutes choses ; et comme vous avez ))ris résolution pour sa plus grande gloire de i>rendre les degrés dans l'université de Caeii, il faut tâcher de l'exécuter; ce qu'il n'est jiasà propos de différer, puisqu'il le faut faire : mais pour le bien faire, vous ne devez pas, ce me semble, vous charger d'occupations. La multitude empêche que l'on ne s'en acquitte si bien ; et de plus c'est un grand obstacle à la vie intérieure. Quœre aptutn tempus vaca)idi tibi, dit le saint livre de rZ/ne^H/ion de Notre-Seigneur. D'ailleurs le trop d'occupations nuit à la santé, particulièrement des personnes qui sont sujettes à de certaines incommodités que vous avez. Dans la résolution où vous êtes, vous devez prendre quelque loisir pour vous y préparer, et je crois que cela est nécessaire ; mais les sermons ne le sont pas. C'est pourquoi il me semble que vous ne devez pas accepter celui de Saint-Taurin, qui demanderait de plus un voyage; et il vous serait dillicile de ne pas rester quelques jours à Evreux. Je crois qu'il est de l'ordre de Dieu que vous pensiez à bien faire ce que vous devez faire : Age quod agis. C'est une tentation dangereuse du démon de vouloir trop faire. Encore une fois il faut prendre du loisir pour le recueillement et l'application à la vie intérieure, à laquelle la multitude des occupations qui nesont jias nécessaires nuit beau-

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