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Comme depuis peu il a plu à l'infinie miséricorde de notre bon Sauveur Jésus-Christ, à la faveur de l'immaculée Mère, de saint Joseph, de saint Jean l'évangéliste, mon ancien et fidèle protecteur, des bous anges et des saints, me pénétrer de la vie intérieure et cachée de Notre-Seigueur Jésus-Christ, j'ai un grand désir ue bien apprendre cette doctrine qu'il nous enseigne, et qui
renferme cellf
OFX'VIiES COMPLETES DE BOUDOX.
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Je rEv3n;j;ilc dans le .saint livre t!e son Imitation: Aiiut nesciri et pro vihilo nputari ;L't pour ci^la Je Jouiier avec son divin secours ce qu'il lui [liaira me uoiiiier (le reste de vie h l'étude de sa vie cachée et anéantie. Oli! que j'aurais une mainte envie d'êlre un vrai docteur dans l'amour de In vie inconnue, al>jeite et méprisée ! Aoilà présentement où les mouvements qu'il plaît à notre bon Sauveur de me donner, mo portent; et sans doute que la divine l'i-ovidencc, ma bonne et très-tîdèle mère, y travaille ellicacement. Je ne visite et ne suis visité de [iresque personne ; car il y en a si \>p.u que ce n'est pas la peine d'en parler. A l'exception de celles que je vois à l'évêclié oii je vas dîner tous les jours, Mj:r noire évéque me faisant cette grAce, je ne vois presque personne; et, à l'égard de celles (pii se rencontrent h l'évôclté, je ne les vois qu'avec le prélat, .le remarque avec une sainte joie que dès lorsqu'il se'retire un peu, ou bien qu'on l'altend dans sa salle, si j'y suis, fiersonne ne s'ai)prorlie do. moi; ou bien quand je suis avec des [lersonnes, elles me quittent ; et partout cela m'arrive. Je suis une créature de rebul. Ce n'est pas dans le fond quejc penseque personne presque ait aversion de moi , au contraire : mais c'est que la divine i'rovidonce en dis|iose de la sorte. Avec tout cela, je ressens de la jieine si dans quelijue occasion extraordinaire ({uelque personne me vient voir. Oh ! • pie j'estime la grâce de la séparation des eiéalures! elle me paraît intininietit |irécieuse.Oh! quejebérns ladivineProvidence, tt en vérité en toutes choses, mais en cela Irès-specialemcnl ! Elle m'a bien fait voir qu'elle est ma bonne et très-fidèle mère, do ce qu'elle ne m'a pas fait mourir dans le temps que je recevais tant de visites que la cliambie oii je logeais ne pouvait contenir k's |)ersounes qui me venaient voir ; dans le temps oii l'on venait en foule aux sermons que je faisais'; et quelquefois les troupes étaient si nombreuses que l'église de Saint-PieiTC ne les jiouvant contenir, j'avais de la|ieine à fendre la presse du monde qui était dans la rue à la |iortc. Présentement il y vient tiès-peu de monde, et j,o ne me suis pas ajjerçu en ma dernière visite (^u'il y en ail eu plus (ju'ù l'ordinaire, ou fort peu davantage. Quand je pense à celle conduite do l'aimable Providence, je ne puis me lasser de la bénir et de chanter ses miséricordes. Que c'est une chose dangereuse à un prédicateur, directeur, d'être uans l'eblime !
J'oubliais à vous dire • personne ne vient plus aussi à moi pour se confesser; c'est-àdire, qu'il n'y en a que deux ou trois ; ni on ne me demande point avis pour aller à Dieu. Encore une fois, je suis une créature mise au rebut. Que c'est une chose dangereuse de prêcher des panégyriques 'dans de grands auditoires, et d'y réussir 1 Dieu soit ijéni. Je vois qu'il est bon et très-bon d'être délaissé, d'être oublié, de n'avoir point de ^lace ni dans l'esprit ni dans le
ctcur de personne : Ania ncsciri t-t pronihilo repittari : hœc est ullissimn Itctio; c'est une haute théologie
Dédire si la divine Providence me fera aller à Rouen, c'c^ ce que je ne sais point. Je ne dois i)enser qu'à être [lerdu et anéanti. J'espère qu'elle va me mener à Paris dans quinze jours ou environ. Je salue votre bon ange, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Kouen, et suis avec un profond res[iect, etc
A Erreux, ce 13 (h juin, fctc de saint Antoine de Padoue.