LETTRE CLXXVIII
Préchant devant les évêques, relever leur dignité, ne point complimenter leur personne.
DIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, etc. Comme c'est la seule gloire qu'il nous faut seulement et très-uniquement chercher, nous devons nous y arrêter, dès lors qu'elle nous paraît en quelque chose ; et comme les nouvelles raisons que vous me dites marquent que Dieu tout bon sera glorifié, si vous prenez le degré de docteur dans l'université de Caen, je crois qu'il y va de la gloire de Dieu que vous vous disposiez à le prendre, ménageant doucement ra])plication que vous donnerez, soit aux matières de théologie, soit à vos sermons, afin que vous ne ruiniez pas votre santé. Or, |jource!a, il ne faut ni trop s'appliquer, je veux dire, avec contention d'esprit et bandement de l'imagination, ni trop longtemps, prenant toujours des intervalles, et disposant son temps de telle manière que l'on puisse faire les choses doucement, sans se procurer des maux de tête, de poitrine ou d'estomac.
Apparemmenl Mgr l'évoque sera à Condô à la fête de Saint-Taurin, à moins que quel-
(39) Qui raconleru lei œuvres si puiasanles du Seigneur'/ qui publiera toutes ses louanges! (l'sal. cv, 2.)
(60> C'est par un effet des miséricordes du Seigneur que nous n'avons pas péri; ses bontés ne sont poa épuisées. {Thren. m, 2.J
(61) On m'a poussé avec effort , et j'étais près de tomber , tnnis le Seigneur m'a soutenu. Le Seigneur est ma force et le sujet de mes louanges, parce que c'est lui qui m'a sauvé. Je ne mourrai point , maiê je vivrai , et je raconterai les œuvres du Seigneur, (l'sat. cxvM, 15, 11, 17.)
LETTRES
que clifxe île iiailiculicr no l'til)liij;(.'At de se rendre à Kvreiix, où il ne vient que (lour la veille do la l'tMe de l'Assoniplion de notre glorieuse D.nne ; mais cependant il faut vous disposer en cas qu'il y fill. Pour vous dire simplement mon sentiment, priîcliant devant des évoques, je m'arrôte à leur dii;nit6, (pii certainement est grande et louable : et il y aurait liieii sujet le jour tie la l'ôte de saint Taurin, le premier éviîijuo d"Evreux, dont il est le successeur, tie prendre occasion d'eu dire (]ueliiue chose, vous ser'vant de la né- (^essité oiî les prédicateurs sont de ne parler que l'ar leur ordre et sous leur autoi ité. A l'égard des personnes, je no m'y arn^le point. De jdus, il n'aime pas h ôtre complimenté, et cela lui l'ait peine, ("omnie vous avez pouvoir de prficlier, il n'est pas nécessaire que vous alliez à Coudé le trouver; mais s'il était h Kvreux, il faudrait aller lo saluer et lui (lemander mission.
A l'égard de la question dont vous me parlez, on explique fort bien le texte do l'Apôtre; il n'est [las si facile d"expli(]uer le passage de saint Augustin, ce que l'on fait néanmoins. Le feu P. Bayot estimait que ce Père avait été dans le sentiment que toutes les actions des infidèles étaient [leché, n'étant pas rapportées à Dieu qui est la fin de toutes choses et s'arrètant à la créature, ce qui est un dérégleiuent. 11 me semble que tous ceux (jui n'admettent point des actions inditférentes sont tians un (lareil sentiment ; mais il déliait qu'on lui moniiAt que ces actions fussent formellement péché, demeurant d'accord qu'elles l'étaient matériellement, étant privées de la droiture qu'elles doivent avoir à l'égard de la dernière tin. Et de vrai il serait dillicile de montrer que les infidèles aient dû connaître l'obligation précise de rapporter toutes sortes d'actions à Dieu, puisqu'au milieu des plus grand«s clartés du cliiisti;tnisme et des lumières de la théologie, c'est une chose controversée et que plusieurs admettent des actions indill'érentes in indivi(lHO,el môme des saints Pères. Ainsi, quand même ces actions des infidèles seraient des péchés matériellement, elles ne le seraient pas formellement.
Apparemment le monsieur dont vous me parlez sur ce sujet est de l'Oratoire. Il y a bien des années que l'un de ses jirédécesseurs, ayant prêché la même chose publiquement, fut réfuté aussi publiciueuient en chaire [lar un Père Ca|iucin ; ensuite le curé. Père de l'Oratoire, tit un écrit public imprimé pour le soutenir par saint Augustin. Il quitta sa cure po-ur se retirer en l'abbaye de Saint- Cyran. On a écrit contre lui, et on l'a accusé d'une conduite bien mauvaise. Des personnes de probité en ont dit à Rouen et à moi-mêmes des choses qui confirment les accusations de l'écrit, et dont elles avaient été témoins. Je vous dis cela en particulier. 11 faut s'abandonner à la divine Providence et toutes sortes de créctures avec nous. Enfin il ne faut rien vouloir et tout vouloir : ne rien vouloir par nous-mêmes, vouloir tout
M. ROSGUERARD. lOU
ce qu'il plaît à la divine Providence nous envoyer.
Je salue votre bon ange. Ions les bous anges et saints patrons de la ville et du dio- (;ôse de Rouen. Je vous suis bien obligé des sentiments de charité (juc vous me marquez au sujet du voyag(! (le Rouni. Apparemment la divine Providence nous arrêtera à Paris les deux mois prochains, pour ensuite nous mener ii nos visites. C'est en elle ([ue je suis avec bien dn respect, etc.
.1 lîvreux, le 25 (/(■ juin. Jour de lu précieuse mort de, la Oieniieitrcuse Ere, recliisi', ù (/ni la rolmilé de Dieu a été révélée de l'insfilution de la fêle du Irès-saint Saci'c:iien( de l'aide!.