‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 317 sur 436 · LETTRE CLXXIX · texte numérisé non relu

LETTRE CLXXIX

AU MÉSlIi.

7/ déplore le peu de respect que l'on a pour les minisires du Seigneur, et le peu de charité que l'on a pour les pauvres. H l'exhorte à leur donner l'argent qu'il réservait pour le doctorat.

DIEU SKUL.

Monsieur,

Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, etc. Sa divine providence ne nous a. ramenés à Evreux de nos visites qu'hier au soir, et aussitôt elle nous donne lieu de répondre à la lettre ijue vous avez bien voulu m'écrire. De [irime abord, je me sens obligé de m'écrier à la vue des humiliations qui aii'ivent : O preliosas marijaritas ! Il n'y a rien que l'on ne- dût vendre pour les acheter. Cependant vous faites bien de vous ménager avec la personne dont vous me parlez, pour la gloire tie Dieu ; comme Dieu est très- peu connu, on nefait pas l'estime ijue l'on doit de ses ministres. Saint François, qui en était vivement pénétré, disait qu'en une manière ils méritaient plus de respect que les saints anges. Et le grand saint do nos jours, le bienheureux François de Sales, rapportait de son pénitencier, qu'ayant la grâce do voir visiblement son bon ange, ij voyait avant d'être prêtre que son bon ange le précédait, mais depuis qu'il fut prêtre, il le laissait jiasser devant lui. L'autorité de ce grand évêque qui rapporte ce fait est bien considérable. Cependant je vois avec étonnement, même parmi des gens qui font profession de iiiété, que l'on a très peu de considération [lour le sacerdoce de Jésus- Christ.

Je vous ai dit, et je vous redis, que grand nombre de riches iirésentement sont en état de damnation ; et le formidable et terrible \JE, que le Fils de Dieu a prononcé contre eux, se trouve accompli. Voilà le déjilorable étatdes riches, dont l'aveuglement et l'insensibiJité sont inexplicables, particulièrement à la mort : car emiiortent-ils quelque chose de leur argent? pas un seul denier; il leur est donc inutile. Leurs héritiers les défendront-ils au jugement de Dieu"? Ils serout abandonnés de tous les hommes. 1!^

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