‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 323 sur 436 · LETTRE CLXXXVII · texte numérisé non relu

LETTRE CLXXXVII

Sur le reUlchcmenl qui s'est introduit

dans

rvbscriation du vœu de pauvreté.

DIEU SELL

Monsieur,

Dieu seul. Dieu seul en trois person- 7ies, etc. Comme c'est dans le vide de l'être créé que Dieu seul se trouve dans sa divine plénitude, la jjauvreté, qui nous met dans la j)rivation des choses temporelles, a toujours été singulièrement aimée des saints ; et, en vérité, il est bien dillicile de n'en avoir pas une haute estime, si l'on considère qu'un Dieu l'ail homme l'a choisie dès l'instant qu'il a paru au monde, ([u'il l'a aimée incomparablement durant tout le cours de sa précieuse vie , et qu'enfin il est mort le plus pauvre des hommes.

C'est la précieuse grâce do la vie religieuse que cette pauvreté, qui n'est pas cependant une pauvreté mendiante [wur tous les ordres religieux, mais qui doit Être à tous une désappropriation universelle, en sorte qu'une personne religieuse ne peut avoir rien en propre, ni disposer de rien; elle ne peut rien recevoir, rien donner, rien garder: toutes choses doivent être en commun, sans aucune réserve, à l'imitation des premiers Chrétiens, qui quittant tous leurs biens (ceux qui en avaient), le prix servait à assister également les fidèles, tant ceux qui n'avaient rien quitté par la pauvreté de leur naissance, que ceux qui s'étaient dépouillés de leurs biens et les avaient vendus. V'oilà la véritable ]-.auvreté religieuse: avoir tout en commun, être traités également, n'y avoir point d'inégalité, ni dans les chambres, ni dans les meubles, ni dans le manger, ni dans la disposition d'aucune chose; égalité (jarfaite dans toutes, dans celles (jui n ont rien apporté, comme dans celles qui ont donné de grandes dots. Si les infirmités demandent des choses particulières, on les doit donner également à toutes.

Saint Fran(;ois de Sales a tellement vu la nécessité de cette égalité commune, môme dans son institut établi jiour les infirmes, qu'il a voulu que tous les ans on changeât à toutes les religieuses jusqu'à un chapelet de cinq ousix sous, de |ieur (ju'en le gardant on u'y eût quelque propriété. La moindre [Propriété a toujours été regardée parles saints avec horreur et abomination. Sainte Thérèse a fait mettre en pénitence une Carmélite, pour avoir disposé d'une feuille de papier.

Cependant présentement, dans la jilupart des maisons même réformées, la pauvreté

s'en va. Qui aurait jamais pensé que parmi les religieuses de la \'isitation, où on leur change, comme je l'ai dit, tous les ans, par ordre île leur saint fondateur, jusqu'à leurs chaj)elets, on eût |iermis de disposer des liensionsque les parents donnent de dix, de vingt, de trente livres et plus, [)Our leurs menus |>laisirs, comme l'on parle ? C'est ce que j'ai vu dans plusieurs maisons; je ne dis pas dans toutes, ce qui serait terrible. On dit quec'estpar permission de lasupérieure : ainsi la sujiérieure [lermet le relâchement de la pauvreté. J'ai été dans une n^aison religieuse, oii une fille de vertu qui n'avait disposé que de petites choses, pour des ouvrages ou choses pareilles, avec la permission de la supérieure, lui apparut après sa mort, toute en feu, lui disant qu'elle souffrait de la sorte pour n'avoir pas gardé assez exactement la pauvreté;, à quoi la supérieure répondant. « Mais vous aviez permission, » elle fit un cri et dit : « Ah 1 que souvent Dieu condamne ce que les supérieurs permettent ! » et pour ôter tout doute de l'apjiarilion, ce corps qui étincelaitde toutes parts, s'étant a|iproché de la supérieure, lui toucha la main, et la main de la supérieure demeura grillée; ce qui a été vu de toute la communauté. J'ai été dans ce monastère. Et de. vrai, tous les relâchements des ordres ne sont-ils |ias venus par la permission des sufiérieurs qui n'ont pas assez veillé à faire garder exactement les observances et à maintenir le iiremier esprit?

Qui pourrait dire combien l'introduction des pensions en faveur des particuliers est un mal éfjouvantableî, On peut bien les recevoir les mettant dans le commun, comme le reste des restes. Mais d'en permettre la disposition à des [larticuliers, n'est-ce (las ce qui détruit la communauté des biens et ce qui fait l'inégalité? J'ai été édifié d'une sœur de Mgr l'archevêque de Cambrai, qui consentit qu'on ôtât une iiension que l'on faisait à une sœur, à moins qu'elle n'entrât entièrement dans le commun: aussi est-elle une véritable supérieure. Mais il n'est pas nécessaire de s'expliquer sur cela aux parents, qui ne sont guère capables d'entendre la matière de la pauvreté. Y a-t-il rien de plus lamentable que d'entendre .une sœur, dont on aura mis, par exemple, deux pistoies de la jjetite pension dans le dé])ùt commun, que la supérieure laisse à sa disposition, d(re : « Ma mère, il y a encore dans le dépôt commun un écu ou deux écus de ma pension?» Mais la religieuse n'eu dispose qu'avec permission. Il est vrai que c'est la différence ; mais cette permission que l'on donne, dans plusieurs maisons, n'est plus qu'une cérémonie.

11 est vrai que pour cela la communauté doit fournir aux besoins du manger et du vêtement; et dans les maisons où cela n'est i)as, c'est une excuse d'avoir de ses parents quelque chose avec permission; car comment faire quand on manque du nécessaire? Quel pitoyable état de ces maisons ensuite ! Il y en a plusieurs où, si l'on voulait bien mettre

LCT'KIES. — A \l. IiO.SGUEIlAR[).

011 cuiiinniii tout ce ijiii revient du travail et cfi qui! l'on rci;oit des paients, on pourrait V a|)i)orter le remède ; mais souvent plusieurs n'entrent pas dans cet esprit.

En rigueur, pour parier de la sorte, aucun rclij^ieux ni religieuse ne peuvent disposer de la valeui'de vingt ou trente sous sans la Iiermission des supérieurs, sans commettre uti péclié mortel. Avec la permission, dit-on, ce n'est pas un péclié mortel. Ainsi l'on excuse loules les particulaiités à raison de la permission (ju'eii donnent les supérieurs. On dit que 1 on n'est pas propriétaiie, parce que l'on ne garde, ou l'iui ne donne, ou l'on ne reçoit qu(! dépendamment du supérieur. Voilà jiiécisément comme l'on décide du vœu de pauvreté, et il faut bien se servir de cette doctrine, jiour ne pas refuser Tabsolution à quantité de personnes religieuses dans les couvents môme d'ailleurs assez réglés. .Cependant il faut observer que les supérieurs (jui donnent lieu au commeiiceluent de ces relAchements sont en état de damnation, à raison des suites.

Ces suites arrivent peu à peu. De iirimc abord on met tout dans le dé(iùt commun : mais celles qui y ont (|uelquo cliose donné })ar les parents, s'attendent bien à eiulisposer 5vec permission. Et cela est si vrai, que si on laissait tout dans le commun, comme il.se pourrait faire, il y aurait bien des murmures. Dans la suite des temps, on laisse les choses aux particuliers avec [lermission. Et cela va dans un si grand dérèglement, que l'on voit des Jacobins, des Cordeliers, je parle de ceux qui ne sont pas réformés, avoir dix, vingt, trente [listoles qu'ils gardent et dont ils disposent comme bon leur semble. Quel rapport avec leur premier esprit? On voit de fameux [irédicateurs de Paris et célèbres docteurs de la faculté de ce lieu, amasser de grandes sommes, les mettre en rente au nom du couvent, et en avoir la jouissance durant leur vie. Comment accorder cela avec le vœu de pauvreté, et particulièrement [larmi des religieux mendiants ? On l'accorde, en disant que tout cela se fait avec la permission des supérieurs, et pendant que messieurs les docteurs, les prédicateurs font grande chère, d'autres religieux à peine ont-ils de quoi subsister. Oiî est le commun? J'ai été dans une maison de filles où le relâchement s'est introduit : plusieurs années après y repassant, je le trouvai si grand qu'il y en avait de réduites dans des besoins extrêmes, n'ayant point de secours de leurs parents. Je sais une maison de religieuses, d'ailleurs très-réglée et ijue l'on consulte pour les observances, étant l'une des premières de l'ordre, où |irésenlement il y a un si grand relâchement pour la pauvreté, que l'on a dit positivement au visiteur et à moi aussi, (pi'il n'était plus possible d'y remédier. Après cela ces maisons consultent

et souvent des do( leurs qui n'entendent pas grand'chose en fait de pauvreté, ou des docteurs qui ne l'observent pas eux-mômes.

Hélas! (piels conseils pourraient-ils donner qui fussent justes? Enlin, je vois que le démon introduit d(! toutes parts \iii relAchement épouvantable en fait de pauvreté. Je salue, etc.

LETTUE CLXXXVIII.

All MÊME.

Pauvreté elJ'ective, grâce plus pri'cieuse que In pauvreté de détachement. Pluralité de bénéfices strictement défendue par les saints canons. Autre (jenrc de pauvreté qui consiste d mourir A sa propre volonté, et à ne vouloir que ce que Dieu veut.

PIEU SEII..

Monsieur,

Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, etc. Son aimable et divine providence soit à jamais uniquement glorifiée. C'est elle qui doit être le seul appui de toutes créatures; c'est en elle que toutes doivent mettre toute leur confiance. Tous les hommes doivent vivre et mourir dans son entière dépendance: mais bienheureux ceux qui sont uniquement à sa charge, et qui sont a|)pelés : Onus Providcntiœ. Bienheureux donc les pauvres, non-seulement d'esprit , mais d'effet, qui, dans la |irivation des moyens communs et ordinaires, peuvent dire au Seigneur ; 5msceptor meus es tu et refugium meum. Deus tneus, sperabo in eum. Tibi derelictus est puuper{16). 11 est très-vrai qu'il y a une grande diirérence entre ces jiauvres et ceux qui possédant les biens de la terre en sont néanmoins détachés. 11 y a des grâces inestimables, inconnues aux sages du siècle, qui sont réservées à l'état de pauvreté actuelle. Mais il faut attendre que la divine Providence nous y mette dans les temps qu'elle a résolu. Exspecta, dit le saint livre de 1'/mitation (lib. m, c. 39), ordinationem meam, et senties inde profectum (77). On ne saurait croire combien la cupidité des biens règne parmi même les gens qui d'ailleurs sont des personnes de [irobilé, et combien l'esprit de la véritable jiauvrelé est rare.

Assurément c'est ce qui a donné lieu à la pluralité des bénéfices sous différents prétextes. Mais si le Saint-Esprit i>rononce malheureux ceuxqui multi|ilient leurs terres : }'œ voùis, dit-il, qui conjungitis domum ad domum , et agrum agro copulatis (78) ; ({ue dira-t-il des ecclésiastiques qui, dès leur entrée dans leur saint étal, ont pris le Seigneur pour leur jiartage , qui joignent bénéfice à bénéfice? Les plus grands théologiens que j'ai lus , rapportent d autres raisons de la défense des saints canons que celle des abus à l'égard de cette multiplication ; et

(76) Vuus êtes mon protecteur et mon refuge; il est mon Dieu, j'apère en lui. [l'aal. xc, 2.) C'est à vous (pte le soin du pauvre a été laissé, [l'sut, ix, 58.)

'77j Atlendet mes ordres, et vous y trouverez votre

OEurnEs coMPL. DE BoLDo^. m.

avantage.

(78) Malheur à vous qui joignez maison à maison, et (lui ajoutez terres à terres,, {ha. v, 8.)

ŒIVRES COMPLETES DE BOinON.

certainement s"il n'y avait que les abus qui l'empêcliassent , tous les j;ei)s de vertu ea pourraient posséder. Mais les saints canons qui les défendent n'y apportent pas ces réserves. Kt déplus, quand les abus auraient donné lieu à la défense, il faudrait s'en tenir 5 l'ordre de l'Eglise, jusqu'à ce qu'elle en eût déterminé autrement.

]| est vrai que quelques théologiens ont dit que l'utilité de l'Eglise pourraFt excuser cette pluralité : mais ceux que j'ai lus ne l'entendent que de l'utililé publique de l'Eglise ; et si les autres raisons dont vous me parlez étaient véritablement suffisantes, il aurait été assez inutile d'en faire tant de défenses; car elles se trouveraient dans pres- (]ue tous les bénéfuiers, iont la plupart pourraient prétexter le bon usage, et le bien particulier de leur Eglise, ou des lieux où ils sont. Saint François de Sales assurément avait abondamment toutes ces raisons prétextées, et il n'avait pas de quoi soutenir la dignité épiscopale parles moyens extérieurs •ordinaires; aussi n'avait-il pas de carrosse, ni de quoi en entretenir un ; et quel usage n'aurait-il pas fait des biens de l'Eglise pour le bien même public de l'Eglise, et parmi les hérétiques qui l'environnaient? Cependant il ne voulut jamais accepter, non pas un bénéfice, mais une simple pension que Henri le (Irand , roi de France, voulut iai procurer. Si Sponde et d'autres auteurs pieux et savants rapportent de terribles punitions de la justice divine sur ceux qui, ne possédant aucun bénéfice , ont seulement enseigné qu'on pouvait en avoir plusieurs, que sera-ce de ceux qui les posséderont effectivement ? OhJ bienheureux les ecclésiastiques qui, par leur manière de vivre, disent t'n vérité ce qu'ils ont dit de bouche : Domi- UU3 pars hœredilalis meœ! Que lui seul nous sullise, et la seule disposition de sa divine providence , en toutes choses.

Il y a une autre pauvretédans l'ordre de Dieu , qui est admirable, et dont plusieurs tiauvres des moyens temporels ne veulent point. C'est de ne rien faire quand il en ordonne de la sorte , ou de faire peu quand il le veut ainsi. La science du rien, disait feu Monsieur de Renti, est peu connue. La nature veut toujours agir. Cependant notre Maître céleste imusa donné sur cela des instructions d'une force à laquelle personne ne devrait résister, par sa vie cachée durant trente ans. Ce qui étonnant une sainte âme, Noire-Seigneur lui dit : Qu'agiraient fàil les hommes, si je les avais enseignés de la sorte, puisqu'après cet exemple ils veulent encore toujours agir et paraître f Oh I Monsieur, jious ferons de grandes choses, quand nous ne ferons rien sans ses ordres. Il faut laisser mourir toute pro[)re volonté eitout désir propre, quelque bon qu'il soit.

A'ous savez, quelle allluence de [lersonnes de toutes sortes d'états elle amenait autrefois à Evreux , quand elle nous y faisait prêcher. L'église de Saint-Pierre n'en était pas sùtilenient jileine , mais encore il y avait une foule de peuple dati!) la rue. J'ai vu dans

nos visites des jiaroisses, que l'on ne jiotivait pas entrer presque dans les églises. Présentement, sans parler des campagnes où Ion empêche les personnes un peu considérables de s'y trouver, à Evreux s'y trouve très-peu de monde; et je sais des personnes qui n'oseraient pas même y venir, par la défense qu'on leur en a faite, comme elles me l'ont témoigné, sous prétexte que la visite ne regarde que les ecclésiastiques ; et ceux qui font ces défenses, sont des personnes qui me consultent quelquefois pour leur conscience, des personnes de dévotion dans le siècle. Si nous prêchons quelque part, hors les visites, comme aux Ursulines, il n'y a presque personne. A l'exception del'évôChé, où notre prélat me donne sa table pour y manger tous les jours, par une bonté qui lui est singulière, je vis à Evreux comme une 'ermite. J'y suis toujours tout seul; car ce n'esi |jas la peine.'de [larler de la visite que me rendent quelques-uns de messieurs du chapitre, vu qu'il y en a peu qui le font. Les religieux dont autrefois messieurs les curés se plaignaient que je les considéraistro]), n'y viennent point du tout; et je vous f)uis dire qu'à peine connais-je présentement les personnes d'Evreux, si ce n'est ceux que je vois à l'évêché. Autrefois j'ai vu la chamhre oijj'étais, pieinede monde jusqu'aux degrés qui me venaient voir. Cependant, Monsieur, j'aurais de la peine à vous expliijuer comme j'estime précieuse cette conduite de la divine Piovidence. Oh! que je m'estime bien plus heureux, que lorsque j'étais, pour ainsi dire, accablé de personnes, quoiqu'assurément toutes s'adressaient à moi pour le service de Dieu 1 car les affaires de Dieu ont touj-mrs été mes affaires , et je n'en ai point eu d'autres, et c'est un des biens de la pauvreté. Je suis vivement persuadé, par la miséricorde de notre bon Sauveur , que la privation rend une très-grande gloire à la trèssainte et suradorable Trinité, dont la seconde divine personne incarnée n'a pas voulu mettre l'efl'et du grand ouvrage qu'elle a ojiéré en notre terre, dans l'action, mais dans la privation, en sa douloureuse et ignominieuse passion; car c'est pour lors que ce Dieu-Homme a dit : Consurnmatum est, « tout est consommé. » [Joan. xix , 30.)

Voilà une longue letti-e que je vous fais au sujet de la jirivation; et c'est ce qui m'a ])ressé de vous faire un ]ietit narié de l'état où la divine Providence nous met dans le diocèse d'Evreux. Encore une fois , je ne puis assez vous dire combien j'estime cette conduite divine; et, en vérité, quoique presque personne ne me vienne plus voir, il me semble qu'il en vient encore trop. Je ne saurais me lasser de ma solitude, et j'ap- ]iréhende la moindre visite.

Voilà la conduite de la divine Providence sur nous, à Evreux, à l'égard du tem[)S présent. Cependant il faut vous dire que dans les autres lieux où elle nous mène, elle en tient une toute contraire, y répandant une abondance de bénédii;tions. Elle nous suscite même différentes personnes en diverses

LKTTRES.

A M. noSGUERARD.

provinrcs, et môuie hors du royaiim»*, qu'elle nous adresse, sans les nvoir jamais vues cl sans (lu'elles m'aient jamais vu. Oefiuis en- TJron nuit jours, une jeune demoiselle, .Ijjée de quatorze ans seulement , Alleiuande de nation, que Notre-Seigneur a tirée de l'hérésie (le Luther, ai'.rès bien des résistances (on me mande qu'elle a beaucoup d'esprit et de raisonnement à son â^e), m'a écrit pour prendre soin de sa conscience, me disant que Dieu l'avait sensiblement touchée par le livre de Dieu seul, lille est tille d'un des lieutenants généraux du roi. J'admire les conduites de la divine Providence, qui va chercher des personnes si loin pour les adresser .'i son pauvre esclave, pendant que celles qui en sont proches le laissent.

J'ajoute ceci à ce que je vous ai fait remarquer au sujet de la privation, pour vous dire qu'il nous faut laisser sans réserve dans un entier abandon à la divine Providence, ne voulant rien faire de nous-mêmes ; car si elle veut nous faire la grâce inestimable de se servir de nous, elle ea saura bien trouver les moyens.

Je salue votre saint ange, etc.

A Ei-reux, ce 9 d'octubre, fête du glorieux saint Denis et de ses bienheureux compagnons.

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