‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 328 sur 436 · LETTRE CXCV · texte numérisé non relu

LETTRE CXCV

// répond à quelques difficultés sur les religieux qui vont confesser les malades dans les paroisses ; sur la préséance des curés de tille et sur l'assistance à la messe du dimanche dans les cathédrales.

DIEU SEUL

Monsieur,

J'ai cru pour ce qui regarde les difficultés de la demeure de monsieur votre frère, que ces autres messieurs que vous avez consultés auraient sur cela plus de véritables lu- Uiières que moi; ainsi je vous ai envoyé à eux, et même je l'ai dû faire. Je vous puis dire de plus avec grande sincérité, que j'aime niieux que l'on suive plutôt les sentiments des autres que les miens : autrement je me tromperais moi-même, car la lumière que j'ai me fait bien voir que je n'en ai guère. Mais laissant cela à part pour le sujet dont il s'agit, il me semble que M. de l'ouvans est bien jiropre à vous déterminer.

Si madame votre mère ne pouvait pas vivre sans votre secours, sans doute qu'il lui faudrait donner; les choses n'eu sont pas là, et puis cela même ne devrait j)as vous engager à monsieur votre frère.

(8ô) Seigneur, mon' cœur ne s'esl point enflé d'orqiieil, el.mes yeiii ne jf fo'it yohii élnéi. Je n'ai polhl

Je n'ai pas pensé à vous dire qu'un supérieur de religion doit, dans les comijagnies, avoir place au-dessous d'un curé; je crois qu'il vous doit céder la première place; les religieux mômes à qui j'ai oui dire qu'ils n'étaient pas moitis, n'en allaient pas là.

Il est vrai qu'il ne faut pas tirer conséquence des honneurs que l'on rend aux personnes pour le rang (ju'elles doivent tenir, car souvent le mérite des gens attire ces honneurs, et c'est ce que l'on voit tous les jours. Les curés qui ont déshonoré leur ministère, se sont rendus méi)risables ; ceux qui l'exercent avec édification et grande éditication, se font fort considérer, et dans des occasions assurément au-dessus de leur rang, aussi bien que les religieux. Pour ce qui regarde les chanoines dans leur particulier, c'est une chose s|iéciale que la dilliculté que vous aviez dans votre paroisse, et je [lense que vous pouvez suivre l'usage.

Je crois que les religieux déviaient de Vmne foi, ordinairement parlant, aller rendre visite aux pasteurs avant que de confesser les malades, pour s'entretenir avec eux des moyens de les bien secourir, et ponr apprendre d'eux tontes les dilTicultés qui peuvent se rencontrer. Pour l'obligation étroite et pour pouvoir confesser validement, cela n'est pas, car les Souverains Pontifes l'ont déclaré ; mais ils ont obligatiuu de rendre témoignage aux pasteurs comme ils les ont confessés. Je sais bien que les curés leur disputent ce privilège ; je sais qu'il y a des supérieurs qui ne l'agréent pas : mais ma petite pensée est qu'il fait bon obéir au Pape. Je ne puis dire, ni vouloir autre chose ; car en vérité j'estime même comme une grâce inestimable, le dessein qu'il plaît à Notre-Seigneur et à sa trèssainte Mère me donner d'une entière soumission au Saint-SIége. Cela ne détruit point la charge de curé, de reconnaître le Souverain Pontife encore plus curé de sa paroisse qu'on ne l'est soi-même. 11 lui a été dit sans réserve, dit saint Bernard -.Pasce oves meas, a paissez mes brebis [Joan. xxi, 171, » et nonseulement d'une province ou d'un royaume, mais de tout le monde, et partout il peut déléguer. Il ne vous ùte pas pour cela votre liouvoir, qui vous reste tout entier; mais il donne la liberté aux âmes de se servir d'autres pour la confession, quand elles le désirent, quand elles sont autorisées par lui. Les Pa()es n'ont [las accordé cette liberté sans de grands sujets.

Pour ce qui regarde la préséance des curés d'unegrande ville ou d'une métro|)olitaine sur les autres curés, souvent il y a quelque bienséance d'avoir plus de considération I our les premiers ; mais très-souvent c est le mérite ou l'âge qui l'emporte. Dans l'exliérience que j'ai jiour la pratique de ces choses, nie rencontrant en ditl'érenles provinces, je crois ordinairement que cela sert de règle. []n curé d'âge et de mérite passera

marché d'une manii'ie pompeuse cl élevée au de^sui de moi, il'sal. cxxx, 1, '2.)

(.ih-UVKtS COMPLETES DE DOUDON.

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devant un ruré jeune d'une sranJe ville. H est vrai (jue toutes i-hoscs égaies on- donne le premier rang h ceux des grandes villes , mais à cela il n'y a jias précisément d'obligation.

11 y a des eurés de village i]ui sont aussi curés de personnes très-illustres et très-relevées, comme des tlucs et autres personnes semblables; quelquefois des princes qui ont des maisons de campagne où ils fiassent quelque temps. L'n curé de Rouen ne le céticrait jias \to\iT cela au curé de Trie. Quand feu M. et >lme de Longueville ont demeuré A Sainte-Croix-Saint-Ouen , .M. le curé de Sainte-Croix n'en avait rien par-dessus les autres curés de la ville

Il y a bien des occasions oiî il faut passer légèrement sur les choses, et cela est de la jirudence. Je sais que l'un de messieurs les glands vicaires de Uoucn se trouvant à ta- Jjle dans un lieu où une personne laïque cl qui ne pouvait pas lui dis|)Uter la préséance, n'étant [las du parlement, sans aucune civilité s'éiait mise à la première place, et M. le grand vicaire dissimulant la chose et

truit aucunement, à plus forte raison la liberté qu'on laisse de se confesser aux religieux ; car, {)ar celte liberté, on n'ùle aux (lires aucun fiouvoir d'absoudre à l'égaid d'aucuns péchés, ce qui se fait par la réserve des cas.

.1 Eireitx, ce samedi, jour consacre à la sainte Mère de Dieu, 27 d'octobre.

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