‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 332 sur 436 · LETTRE CCI · texte numérisé non relu

LETTRE CCI

// recommande à son ami une pauvre veuve engayée dum un procès Monsieur ,

La divine chanté nous presse avec l'Apôtre, et nous tient le cœur sous le pressoir d'une grande force, estimant ceci, que si un Dieu fait homme a bien voulu donner sa précieuse vie pour le prochain , et ([ue d'autre part il veut que nous l'aimions comme il l'a aimé, y a-t-il rien que nous ne devions faire pour son service? C'est ce qui m'oblige de vous recommander une veuve d'Evreux, que l'on plaide à Rouen , après avoir gagné sa cause à Evreux. Si vous avez quelque âme auprès de quelques-uns de ses juges, je vous supplie, Monsieur, de leur recommander son bon droit. Je salue votre bon ange, etc., et je demeure dans un profond respect, etc.

A Evreux , ce la de février, fêle de saint Aquilin, evêtiue d' Evreux , et le jour de la sainte octave du cœur admirable de la Mère de Dieu, de saini Etienne de (jrammont , de sainte Marine, et dans l'vciave de !>(unte Apolline.

OECVRES COMPL. PE BOVPOîi. IIL

LETTRE CCIL

Toute la vie du Sauveur nous prouve qu'il n'jj a de bonheur que dans le mépris et l'a~ bundon entier de tout ce que le monde es^ lime.

Monsieur,

Jamais rien n'a . été uni à ce Dieu seul comme la très-sainte humanité de Notre- Seigneur, et jamais rien n'a été plus séparé du monde et des créatures du monde. Si l'on considère bien toute sa tiès-sainte vie, il faut se laisser perdre dans un abîme d'admiration. Celui à qui tout a[ipnrlient, (jui est le souverain Seigneur du ciel et de la terre vient au monde, et il n'y i)cut trouver un seul lieu à loger, qu'un antre qui sert de retraite aux bêtes : à peine commencet-il à vivre, qu'il est exilé dans un pays étranger, et toute sa vie presque se passera à faire le métier de charpentier, caché et inconnu aux hommes ; à qui à peine se manifestera-t-il dans une grande [lau^'relé, qu'il en sera [lersécuté, et enfin condamné à mourir sur un gibet infâme : son divin amour ne se rebutant [)oiiit, par un miracle d'une excessive charité, incompréhensible, il voudra encore demeurer avec les hommes jusqu'à la consommation des siècles , et d'une manière encore plus séparée dans le très-saint Sacrement de l'aulel. Ces vues font voir dans un grand jour que le gr<uid bien , la grande grâce de cette vie , est de n'y avoir point de ;)arl au siècle, et à tout ce que le siècle estime et aime , est d'y aimer à y vivre inconnu ou dans le mépris, si l'on nous connaît , est de s'y séparer des créatures autant que les devoirs de la conliition de son. état peut le permettre ; et en vérité, je ne saurais me lasser de le dire , la vie de la plupart des hommes et des gens de bien même , est un amusement des créatures.

Le bienheureux P. Jean de la Croix est l'un des saints qui en a été plus divinement séparé. Je vous suis [larfaitemeut obligé des soins que votre charité vous donne pour me donner des connaissances des saintes actions de sa vie. Mais comme ce bon Père, qui est à Rouen, a composé sa vie où il n'a rien omis, je ne pense pas à l'écrire, mais seulement à faire un petit traité du divin amour de cet incomparable saint, la dévotion qu'il a plu à notre bon Sauveur et à son immaculée Mère me donner à son égard, me presse de ne jioiiil mourir sans en donner quelques témoignages au [lublic, espélant que la suradorable Trinité , la lin de toutes choses , en sera glorifié. La première fiartie est faite où il y a trois chapitres des grâces, privilèges et prérogatives de l'ordre de Notre-Dame du mont Carmel, dont quelques savants auteurs ont traité assez au long. Ce sera comrne un petit abrégé de ce qu'ils ont dit et qui sera plus aisé à lire ; je n'ai donc point besoin de la vie espagnole.

J'ai reçu une lettre de M. le promoleiT

a:i VUES COMPLETES OE BOIDON.

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qui est bien oLiliijoante , je ne la niéiilais pas.

11 ne faut jias vous rebuter <le la personne dont vous me iiarlez ; il y a toujours à csjiéler jusqu'au dernier uionient de la vie. Les nuséricordes de notre Sauveur sont infinies. Il faut lui conseiller toujours la dévotion à l'iiuniacuiée Mère de Dieu, et à sa toute sainte conce|>tion; TUglise l'appelle le refuge des péciieuis. Il est Ijon aussi de lui en inspirer pour le bienheureux Jean de la Croix, dont la divine Providence s'est servie pour la conversion des plus grands pécheurs.

Oh! si les hommes savaient ce qu'ils font, quand ils s'engagent aux démons par le péché 1 Je salue votre bon ange, et suis, etc.

A Evreujc, le 22 juillet, fêle de sainte Madeleine, la tjninde suinte de l'amour de Nolre- Seiyneur Jisus-Christ.

LETTRE CCIIL

Sur l'ordre donné d'ôter des bibliothèques les libelles de diffamation lancée contre Bondon.

DIET SELL

La divine Providence nous ayant fait venir trois livres De la sainteté de Vétal ecclésiastique, dans un paquet que notre libraire nous adresse, je vous les envoie par JL Aubery. Je me sers de cette occasion que j'aurais eu (leine à retrouver, particulièrement étant obligé de partir dans huit jours, avec le .secours divin, pour Paris. C'e^t pouiquoi je irai point eu le loisir de les faire relier, le libraire me les ayant envoyés sans s'en être donné lui-même' la peine. Cela [leut servir à faire voir aux ap[)robaieurs qu'ils no sont pas encore en vente, ce qui est vrai. 11 y en a un pour vous, et les deux autres pour faire voir; on leur en donnera d'antres reliés, quanil on les distribuera. Je vous supplie, iiour la gloire de la suradorable Trinité, de prendre les mêmes soins à l'égard de ceux-ci que de l'autre.

Quand on a jugé à propos à Paris d'ôter le libelle, c est qu on a considéré que l'honneur de l'Eglise y était intéressé ; il est vrai que tout ce (pic l'ou a écrit et dit de mal des serviteurs de Dieu, non-seulement pré>enlement, ne malédifie pas, mais sert d'une grande éilification dans la sainte Eglise , mais c'est jiarce qu'on en sait la fausseté ; sans celte connaissance , l'Eglise en souffrirait. Or, on a cru que la conservation du libelle dans une bibliothèque d'un communauté légulière, dans 30,50 et 100 ans li'ici, passerail pour une relation véritable, n'y ayant rien qui put faiie penser le contraire. 11 y reste encore des choses assez humiliantes à mon égard dans la ju^tUication du leu P. Hérisson, qui se plaint que je l'ai accusé d'avoir fait les lil>elles , ce qui ne m'est pas arrivé par la miséricorde de Notre-Seigneur; ei il rapporte pour sa justitication des chose» fausses et qui sont humiiianies. 11 est vrai que feu Mj^r de .Maupus écrivit à sou

général , lui disant qu'il était suspect d'en avoir fait quelqu'un , suspectitm de libella famoso , ce sont (es mots ue sa lettre , mais ce n'est pas moi qui j'arle de la sorte. Le bon Père, en se justiQaiit, ne laisse [las d'a(^ ])cler les libelles ma véritalde i)einture ; il y a donc encore assez dans cet écrit de quoi m'anéantir, et ce recueil n'a rien pour ma défense, je îirie notre bon Sauveur, si l'âme de ce bon Père a encore besoin de prières , (lu'il la comble de ses miséricordes.

Si la divine Providence en dispose de la sorte, je vous manderai à notre retour une vision assez mystérieuse arrivée au sujet des libelles, je ne sais cependant si je ne vous l'ai pas cite.

\'ous avez oublié à écrire quelque chose au sujet du curé de mau\ais exemples dont vous me parlez , l'appelant le curé de N. Il serait bon aussi, s'il vous jilaît, de me faire ressouvenir de ses vices. 11 est vrai que je ne prévois pas pouvoir faire grand'chose à ce sujet, cependant il ne faut lien oublier de ce qui regarde la gloire de Dieu.

Je pourrai apprendre, avec le secours divin, dans la suite, ce que M. le curé de Saint-Léger aura fait. Je salue voire boa ange, etc., et suis avec bien du respect, etc.

A £vreux, le 8 de novembre, jour de l'octave de la fi'tc de tous les Saints (1C92.)

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