LETTRE CCIV
Boiidon conseille à son ami de différer son voyage à Paris.
Monsieur,
Dieu seul, etc. C'est dans celte divine union que je vous remercie, autant que je le peux faire en Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour le zèle qu'il lui a jilu vous inspirer jiour le livre du bienlieureux Je,an de la Croix mon bon Père, il faut attendre en patience et en jiaix le temps que la divine Providence a ordonné fiour le faire tenir; mais il est très-juste de vous tenir compte à l'égard des livres que vous recevrez.
Je bénis la même divine Providence de l'issue de votre procès ; il est bon que vous c(jnsultiez an|iaravant sur les demandes que vous avez à faire à votre clerc, s'il était personne à bien revenir, et à vivre dans une bonne union avec vous, je crois qu'il serait bon de suivre l'inclination de M. le premier Président à son égard, mais sans cela j'entre dans le sentiment de M.M. vos confrères, et il faut éviter les nouveaux sujets de procès.
L'on me mande de Magny que les Pères Jésuites y donnent la retraite ce mois présent de juillet; ainsi il n'est jias à propos que vous y alliez, ce me semble, [lendant ce tem{)s-Ià, et j'esjière qu'au commencement du mois d'août la divine Providence, ma toujours très-bonne et très-fidèle Mère, m'y conduira, pour implorer le secours de Notre-Dame de Grand-Pouvoir; je crois donc
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qu'il sern nsscz temps qun vous veniez pour y prôcliei' la l>te du giHiid saint Auj^ustin.
Je viens présentemotit du séminaire des iMissions Ktiangéies, où j'ai [larié à M. l'abbé Lailly à votre sujet, qui m'a renvoyé à M. raL)lié Tibergie (jui m'a marqué qu'il se trouvait eniliarrassé pour vous recevoir chez eux ; je lui ai ceiiendantdii ([ue lebi'uit était assoujii, mais cela ne lui a pas ôté sa diUiculté; il m'a cependant dit qu'il |>roposerait la choseà leurs Messieurs, ^'oyezsile voyage de Paris est piessé, et s'il ne serait jjas à propos de le dillérer encore; car j'ai {leur que vous ne trouviez encore de la difllculté à l'égai-d de Mgr. l'archevêque de qui il faut avoir un pouvoir particulier signé de sa main, ses grands vicaires ne le donnant plus, pour faire même des conférences à la grille des religieuses; je n'y en ai fait aucune |)0ur ce sujet, quoique plusieurs jiersonnes se soient otrerics d'en parler à Mgr. l'archevêque ; cai- j'ai cru qu'il y avait de l'indécence à u'aller pas le saluer pour lui demander moi-même, et d'autre jiart.jene pense pas devoir me jiroduire ;je me contente de faire des entretiens du royaume de Dieu dans les maisons des personnes qui ne sont pas religieuses, en ayant le pouvoir de l'un des Messieurs ses grands vicaires, et de célébrer le divin sacrifice dans le diocèse de Paris. La sœur Françoise-Thérèse du Port-Royal vous salue bien respectueusement. Je "prie notre bon Sauveur qu'il applique ses satisfactions à l'âme de feu M. le curé de Saint-Amand. Vous verrez comme la divine Providence disposera des clioses; je salue bien particulièrement votre bon ange, etc. et suis avec bien du respect, etc.
A Paris, ce 6 de juillel dans l'octnre de la charitable visite de sainte Elisabeth, par ta glorieuse Mçre de Dicu.