LETTRE CCV
AU MÙME.
Rendre service au prochain, sans aucun retour sur sui-méme, à l'exemple du Sauveur. Infirmités de Boudon.
DIEU SE II
Monsieur, Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du ^acré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, sauveur de tous les hommes, c est toujours dans celte union que je vous écris, commençant (lar ce qu'il y a de plus presse dans votre lettre. Les personne> dont vous me parlez sont dignes de la dernière compassion; j'ai lu la lettre qu'on vous en a écrite ; il me semble que la mère supérieure est plus excusable que les autres ; mais. Monsieur, leur état crie bien fort au secours, et, en vérité, vous no le leur devez pas déiiicc; jamais, Monsieur, ne no'us considérons en rien, jamais ne ])eiisons aux bons ou mauvais traitements que l'on nous fait, lûchoiis d'entrer dans un oubli' généra! de tout ce qui nous regarde, jjour ne jilus regarder ijue Dieu seul, heureux oubli où l'on >c perd pour ne jilus trouver que Dicu. Const-
LLTTRIiS. — A M. [iOSCLERAUD. l(j:t>
dércz un peu sérieusement les traitements (ju'un Dieu fait hommea -reçus des hommes, et au lieu île s'en rebuter, afirès sa mort, il se donne encore à eux [)lus que jamais, et non-seulement les ira voir, et demeurera avec eux, comme pendant sa vie conversante, mais il multipliera sa présence en toute sorte de lieux en la terre; voilà, Monsieur, ce que nous devons regarder , sans nous amuser à considérer ce qu'on nous fait, ou ne nous fait pas. Donnez-vous bien de garde donc do ne pas aller voir ces pauvres ûmes, faites leur espérer, et (irenez votre temps pour cela. Je ne sais de quel Père cordelier elles parlent, mais je serais bien étonné si c'est celui-là que je leur avais indiqué ; car jusqu'ici, il m'a jiaru dans des sentiments bien opposés à ceux qu'il a fait paraître, je ne sais pas trop si elles doivent récrire à Mgr. l'archevêque; vous examinerez lachose, s'il vous plaît.
M. de La Roche non-seulement ne m'aurait pas fait (le la peine, mais un grand plaisir en Nûtre-Seigiieur de me dire mon mal, et le péril où il me met, et je vous assure qu'un des doux entretiens que je puis avoir entre nous, est de jiarler de la mort, parce que c'est une pensée séparante des créatures, et unissante à Dieu seul, notre unique bonheur. Le mot que vous me marquez dans votre lettre est une sorte de mot que je n'entends point, lorsque vous [larlez de poumon, mais mourir de cette manière subitement ou autrement, tout nous doit être dans une sainte indifférence, seulement que Dieu seul soit glorifié ; vous m'avez l'ail charité de m'en avenir, et je vous remercie, personne ne me l'avait dit, nous mourons tous les jours, nous vo^\ons les autres mourir, et cependant on ne veut point parler de la mort, voilà le dérèglement de l'homme.
C'est une chose fâcheuse de laisser perdre les fondations, qui est un secours iiour des âmes qui brûlent dans le feu, et c'est une cruauté plus grande que celle de tous les barbares ; ceux qui en sont cause en rendront un compte terrible à Dieu. Ce[iendani que faire dans raffaire dont vous me pariez? entreprendre un jirocès dont le succès n'est ])as certain, et troubler !e bien de la paix dans une paroisse, il me semble qu'il est bon que vous entriez dansTaccommoiiement.
Voici une lettre. Monsieur, que je in ends la liberté de vous adresser pour le second couvent de la Visitation ; j'ai quelques raisons pour ne la pas adresser par la jioste ; c'est une maison avec qui je n'ai jias grand rapport ; cependant l'on me mande la mort d'une bonne sainte avec qui j'avais une liaison particulière en Noire-Seigneur. Je vous envoie dans malettre le formulaire des indulgences qu'on peut gagner pour les âmes du purgatoire avec la remarque qui est au bout.
Je n'ai pu lire ce que vous avez écrit au commencement de votre lettre touchant la croix ; s'il n'y avait que deux ou trois jours nécessaires pour me laire un bandage, ce serait un grand secours de la divine Provi-
ŒUVRES COMPl
denee, mais je doute fort que cela puisse se faire, il faut du lemps l'our l'essayer, relué.lier aux déiauts et metue toutes choses en état ; je salue votre bon ange à notre ordinaire, tous les bons anges et les patrons de ia ville et diocèse de Rcmen et des personnes qui y sont, et suis dans un profond respect, etc.
Ne manquez pas, s"il vous plaît, d'écrire et de consoler ces pauvres filles, et de les assurer avec le secours divin que vous irez les voir.
Je vous écris ce 5 de mai, jour de !a translation du gi-and saint Ouen, l'un de mes patrons, et le jour de la veille (te saint Jean la Porte-Latine, le grand saint de ma dévotion, dès ma plus tendre jeunesse
LETTRE CCVI.
AU MÈJIE.
// détourne le curé de Saint-Nicolas de la cure de Dieppe.
DIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seul, dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Clirist. Je ne saurais me lasser de dire que c'est la où il nous faut vivre, et oii il nous faut mourir fiour y demeurer à jamais : hœc requies mea in sœculum sœcuii. « C'est là notre repos es siècles des siècles. » {Psal. CN^xsi, IV.) Christus omnia in omnibus. {Col. m, 11.] Priez-le que je l'aime uniquement. Les dillicultés que vous m'écrivez dans voire dernière lettre au sujet de la cure de Dieppe, me paraissent bien considérables, et semblent presque convaincantes pour n'y pas penser : au contraire, si la divine Providence vous fait élire supérieur.des Carmélites de Dieppe, il semble que vous ne devez [las vous y opposer, mais je vous dis toujours, il semble , car mes pensées me sont suspectes ; après donc vous les avoir dites, puisque vous le désirez, consultez, s'il vous plaît, pour vous déterminer. Je salue votre bon ange, etc., et suis, Monsieur, votre, etc.
A Evreux, ce samedi 26 de septembre, jour consacré à la très-sainte Vierge
LETTRE CCVIl.
// conseille à son ami de se soumettre au jugement de ses supérieurs.
Monsieur,
Dieu seul, Dieu seul en trois personnes et toujours Dieu seul dans l'union du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus-Cbrist, le Sauveur de tous les liommes. J'ajoute à ma lettre que je vous ai envoyée aujourd'hui, ce que je viens U'apprendre que votre lettre, est entre les mains de Messeigneurs les archevêques de Paris et de Reims, c'est pourquoi vous pouvez voir qu'il n'est pas temps [irésenteuieni d'aller à Paris; je vous réitère que vous ne sauriez mieux faire jue de vous soumettre humblement. On dit aussi que vous aviez parlé de voire lettre à ■'.'lusieurs personnes et du parlement avant
ETES DE BOIÎDON. 1072
ouVIle fût publiée ; voici la lettre pour le P. César, que j'ai retrouvée. Je salue votre bon ange, etc., et suis, Munsieur. votre, etc.
On ne croit pas que votie piélat fasse les ordres, ni qu'il a: Ile à Rouen, c'est-à-dire que l'on cr. doute.
.*l Erreux, ce 12 dans la sainte octave de la glorieuse IS'ativité de Notre-Dame.
LETTRE CGVIII.
AU MÉMF..
Réponses à diverses questions qui lui ont été faites. Juridiction des parlements dans les affaires purement ecclésiastiques.
DIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seul, Dieu seul en trois |iersonnes, et tciujours Dieu seul dans l'union de noire bon Sauveur Jésus-Christ. J'adore, je l)énis. je remercie son aimable et divine Providence des approbations que j'ai reçues hier, jour de mardi, qui est un jour que je dédie tontes les semaines [lour honorer s[)écialcuient la même divine Providence, et c'est pour moi, toutes les semaines, un jour d'une grande fête de ma dévotion, que je iiréviens à l'ordinaire des grandes fêtes, |iar le jeûne du lundi, aussi est-ce le jour que l'Église dédie particulièrement en l'honneur des saints anges, les ministres singuliers de l'adorable Providence, et dont elle m'a fait ressentir les secours de ces aimables esprits en tant de manières, après cela je vous remercie, autant que je le puis faire, de tous vos soins. J'écrirai, avec le secours divin, à M. Auvray et àM. Buiteau, pour les reujcrcier.
Je suis bien aise de toute l'honnèlelé ijue notre prélat vous a marquée ; j'ai été en bien des lieux et dilTérents i^ays, je n'ai jamais vu de prélat si civil qu'il est; il a des honnêtetés toutes civiles et extraordinaires et qu'on aurait de la peine à croire ; j'en suis témoin tous les jours, et à l'égard de toutes sortes de personnes. Je lui ai toujours bien de l'obligation, en vérité; à mou égard, c'est un jiur etfet de la divine Providence.
Pour le reste, dont vous me parlez, il n'est pas à propos que je confie mes petits sentiments au papier.
On n'a rien fait touchant le fond du procès; c'est une atfaire d'une longue suite, car elle ira ou à la conservaiiou de l'exemption du chapitre , ou à sa destruction ; ce n'est guère le temps de soutenir les privilèges. Olil que la sainteté qui consiste dans un entier dégagement de tout l'être créé, et dans une union intime avec Dieu, rend les personnes considérables 1 On a vu un pauvre j)aysan, appelé frère Antoine, assis ou couvert devant la feue reine Anne d'Autriche, pendant que les iiremiers archevêques ou évêques étaient debout et découverts, et les plus grands princes du royaume. Quand le successeur de saint Charles Rorioinée, voulut en de certaiiiej choses soulenirladignité ecclésiastique, et, comme ce grand saint, faire sortir du chœur à l'imitation de saint Auduoise, évèque du môme heu, les plus grands sei^ineurs, le roi d'Espagne
LtlTllES. - A M. BOSCUEKAUD.
dit : Xo es lueyo et sanlo : « Nous ne savons pas Pticorc (|ii'il soil saint. » C'était |HMirl3nt un saint hoinuie, mais dont la saiii- 1(1(5 n'tHait pas si connue que celle tlo sou |iié(l';cesseur, ainsi on n'eut pas |iour lui les luômes égai'ds.
Je n'eus pas le loisir, la dernière fois, de vous dire que je vous prierais de rae marquer a votre conininuité, le titre du livre de M. Fleury et le lieu où il se vend, cela sulfira; je ne sais pas si la divine Providence me lai.ssera encore i|uelques années en vie; il faudrait cela pour écrire de la dignité des archidiacres, car apparemment la même divine Providence nous donnera bien d'autres sujets auparavant; à l'égard de la lin des visites, et ce qu'elles ont d'essentiel, il n'y a que les conciles, les Papes et les évêques qui ies peuvent régler, c'est une affaire [luremeiit spirituelle , et il faut nécessairement s'en ra|)[iorter à la règle qu'ils en prescrivent. Les parlements, jusqu'à présent, ne se sont pas ingérés de juger de ces choses, et ce serait en vain. Les parlements, même hérétiques, dans les lieux où l'épiscopat est conservé, gardent de certaines mesures à ce siijei. ; il n'y a jias l'appel comme d'abus qui donne au parlement en France la coimaissance de ces i-hose*, c'est-à-dire quand on viole les canons des conciles, et pour lors ils ne jugent pas des conciles, mais ils jugent qu'il faut observer les conciles. Ils ont jugé des droits de procuration, ce qui est temporel, et même des droits honoritiques, conmie le port de l'étole. Cependant feu M. Beholte obtint un urrét du privé conseil (jui cassa l'arrêt du parlement de Rouen, comme de juge incompétent, et déclara que i'appel comme d'abus de l'ollicial, était abusif, et les parties renvoyées à l'oUîcialilé, quand onreconnaît le parlemente!! ce sujei, i:est que les panics le veule!!l bien; il n'y a pas longtemps qu'un archidiacre s'est servi de l'ai lot du conseil pour ne pas leconnaîire en cela le parlement.
Je salue votre bon ange, etc., et suis avec bien du lespeet, .Monsieur, votre, etc.
A Eireux, ce 18 mars, fête en quelques lieux de saint Gabriel, archanije.