LETTRE CCIX
Avis divers à son ami.
Monsieur,
Dieu seul. Dieu seul en trois personnes et toujours Dieu seul dai!s l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ le Sauveurdetous les hommes. Votre lettre me trouve sur le point de partir pour achever mes visites dans la sainte union de cet aimable Sauveur, sous la |)rotection de son immaculée Mère Vierge, desbons anges et des saints. Je salue l'ange qui vous garde avec bien de la vénéi'ation et tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Rouen et des peisonnes i|ui yisont.
La divine Providence, ma toujours tièsbonne et Irès-tidèle Mère, vous réservera le
voyage d'Evieiix pour cet hivei-, aliii que nous ayons la grAce de nous entrelenii' du i-oyauiiie de Dieu ensemble, si elle me laisse cncoi-e au monde, avec plus de loisir, et pi-ésentemenl vous ne me trouveriez plus à Evreux, car il faut que je |iarte.
Je suis tout à fait de votie avis que vous ne devez pas penser à permuter avec le curé de Saint-Aquilin d'Evreux qui |)résentenientest (nomoteurdu diocèse. Oh! que bienliuureux sont ceux nui ne regardent ipje Dieu seul. La petite ville de Nazareth a été la demeure d'un IIonime-Dieu jusqu'à l'âge de trente ans. Et luihitaiil in rivilate quœ cica'ur Aazareth. [Matlh. ii, 23.)
Il e>t biin souvent de garderie silence : lionuin isl prœstulari cuiu silentio salature Dei.
Je vous l'ai mandé, je susiiemls mon jugement sur l'alfairede .M.Hriu Bucaille.
Tous les mouvements dont vous me parlez, viennent de la corruiilion de la nature et du démon qui s'y mêle. Cependant la personne n'y contribuant pas et n'y adhérant |ias volontairement, il n'y a pas de péché; cela doit servir à la beaucoup humilier; c'est l'elfet que Dieu prétend dans les permissions qu'il donne au démon là-dessus.
Ce que la sœur de rincariiation vous a mandé, ne vous doit ||ias empêcher de l'assi-ter, quoique même elle en fasse difficulté, mais, hélas 1 de la tirer ue son état, il y a peu d'apparence, il suffit de l'y assister. Quand nous sommes occasion aux auii'es de tentation, cela nous doit humilier; mais bien humilier, mais très humilier. Ah!
quelle misèi-el 11 ne faut pas abandonner les âmes pour cela dans la nécessité.
11 est vrai qu'il y a bien des maladies îi Paris ; il est bon que vous ne vous y exposiez pas. On vient de me mander la moi't de Michalet, notre libraire; priez pour lui, s'il vous jilaît.
Ne vous inquiétez ]>oint i>our votre vocation à voire cure.
Comme M. de la Pinsonnière s'emploie aux luissions, il y va bien de la gloire de Dieu que vous lui fassiez tenir siireraent le livve De la dévotion aux neufs chœurs des bons anges, et tes observations sur les profanations du très-saint Sacrement. Si vous ne trouvez pas de voie certaine, il vaut mieux les garder, pour les lui donner à luimême.
Je ne saurais assez vous remercier de toutes les obligeantes bontés que vous avez pour l'ecclésiastique d'Evreux; je vous en suis obligé, mais très-parfaitement obligé.
Je reçois les lettres des Pères Jacobins, sur le point de partir pour mes visites, et suis invariableiuent. Monsieur, votre, etc.
Evreux, ce 10 d'octobre, fête de saint François de Borijia.