‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 342 sur 436 · LETTRE CCXIX · texte numérisé non relu

LETTRE CCXIX

Quitter les créatures avant qu'elles nous quittent. Ne point se laisser abattre par les contradictions.

DIEU SEUL

Monsieur, Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, etc. Bientôt, Monsieur, il n'y aura plus de créatures ()our nous; et il est bien doux de les quitter avant qu'elles nous quittent. Il faul (lu'elles s'en aillent toutes, et les bon.

LETTRES. — A M. BOSGUERARD.

lies aussi bien que les innuvnisos, iifin qu'il n'y ait plus que Dieu seul. Ah! quanJ serace? a[irùs avoir dit, ;i|iiùs avoir écrit uiiile et mille l'ois, et un nombre sans nombre de fois, Dieu seul, enlin quand le dirai-je en vérité? Ce nous serait une cun>olalion en Noire-Seigneur, in Chrislo consolai ii> [Philip. Il, 1) (et je n'en connais |ias d'autres) d'aller encore une fois à Rouen, pour nous y entretenir du royaume de Dieu; mais je n'y vois pas d'apparence. Au reste, je vous remercie avec liien de la reconnaissance de la chambre que vous m'y oU'iez, et je vous supplie très-humblement de veiller pour la gloire de la très->ainle Trinité à l'accomplissement du tableau des saints anges. Je vous su{)[>lie aussi de bien saluer la mère prieure des religieuses du Saint Sacrement de ma part, et son bon ange. Hélas! je dois 6tre étonné que l'on se souvienne de moi, qui mérite avec toute sorte de justice d'èire anéanti dans tous les esprits et tous les cœurs. Je prie notre bon Sauveur qu'il répande sa grâce sur vos sermons.

Je connais Hélène Duclos; vous ferez une vraie œuvre de ciiarilé de l'assister et de la faire assister.

Après tout. Monsieur, faut-il vous abaltre pour les contrariétés qui vous arrivent ? L'amour divin est le feu (|ue le Sauveur est venu apporter en terre ; et connue le l'eu matériel n'est jamais plus ardent et [.lus âpre que dans les plus grands froids, jamais le divin amour ne brûle plus fortement, ni n'i^tend jamais davantage ses flammes qu'au milieu des contradictions. En vérité c'est une pauvre atfaire qu'un homme sans opposiiions. Je bénis la divine Providence qui, comme la meilleure des mères me les continue, et ap.narémment jusqu'à la mort, et peut-être, ce qui serait un suicroîl de giâce, après la mort. Je salue votre bon ange, etc.

.4 Evreux, ce 21 de juin, fête de saint Leu- (roi, abbé de la Croix.

LETTKIi CCXX.

// lui demande des approbations pour deux de ses livres qu'on imprimail.

DIEL' SELL

"Monsieur,

Dieu seul, Dieu seul en trois jiersonnes, etc. Son aimable et divine Providence me fait vous écrire la veille de mon départ jjour les visites des paroisses de la campagne ; et cela, seulement pour cette fois, jusqu'au 21 du jirésent mois, que j'espère qu'elle m'arrélera à Evreux pour quelques semaines, l'endant que l'on pourra être occupé des vendanges.

Je laisse à Mlle d'Outrebois un petit paquet que je vous envoie, alin que quand la uivine Providence lui fera trouver quelque commodité, elle vous l'adresse. H y a tru.s petits livres sur les horreurs des profanations des églises: un pour vous, et les deux autres que je vous prie de (irésenter à -M.M. .\uvrai et Bulteau de ma part. Comme

notre libraire a un privilège pour imprimer tous les ouvrages que la divine Providence nous fait donner au imblic, il a voulu iinjirimer ce petit livre, et un autre De la sain- Iftc ecrlcsiastiijttc, qui s'achève d'imprimer présentement ; ("est (lourquoi je ni; l'ai |>as encore. Cependant, quoique le libraire, par son privilège, puisse les imprimi-r, j(! vois qu'il est à projios, pour la gloire de Dieu tju'il y ait des approltations ; car s'il n'y en avait pas, cela jiourrait faire [leine à plusieurs bonnes pervonnes qui ciaindiaicnl qu'il n'y eût queliiiie mauvai.^e doctrine. (À's deux sujets. Du respect dû aux e'ylises, vl De la sainteté de l'état ecclésiasli'juc, n'ont pas de difficulté, et il n'y a rien qui ne regarde la morale, qui estélablie dans sa jiuiL'té par la miséricorde de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère. A'ous prendrez la peine, s'i; vous plaît, de lire celui-ci; et je crois que vous y remarquerez, avec le secours divin, ce que je vous dis. Si ces messieurs veulent bien y donner leur approbation, je la ferai insérer dans le livie : ils verront bien, à ce que j'espère, que les sujets qui y sont traités n'ont pas de dilliculté. Vous conlribuerez à la gloire de Dieu, de vous donner la peine de vous expliquer pour cette bonne œuvre, qui est tout puiemenl à sou honneur. J'y ai parlé des }jr(ifanalions qui arrivent en la céléluatiun des liivius mystères; ce que je fais en plus.eurs des petits ouvrages que la divine Pruvideine nous fait donner au public, ayant connu par exiiérience les bons etfets que cette réj>aration (iroduit. J'ai trouvé en Flandre que l'on avait remédiée ces profanations parie iju'on avait lu dans ces livres. C'est pourquoi je répète les mêmes choses en ditléieiits traités, dont les uns sont lus par quelquesuns, et les autres par d'autres. H n'y a rien de pressé pour le [letit manuscrit que vous avez eu la bonté de prendre à Evreux, car je ne suis [as encore en état de le faire im- 1 limer.

Je viens de recevoir un petit mot du P. Jacques. Le long temps qui s'était écoulé depuis que j'avais rei;u de ses dernières nouvelles me donnait (juelques pen>ées que l'on avait pu l'éloigner de moi ; ce qui m'arrive assez ordinairement par une conduite Uiep sainte de l'aimable Providence. Je vous supplie h votre commodité de lui envoyer la lettre que je lui écris. Je salue votre bon ange, etc.

-■1 Evreux, ce 8 de septembre, jour de la fêle d, Kl suinte .\'i!i cité de Notre-Dame.

LETTRL' CCXXl.

Af MEME.

Anéantissement de la propre volonté. Réserve dans la conversation avec les feniines. Prendre volontiers avis de ses infirieurs. Conduite que doit le: ir uti curé à l'égard de ses paroissiens malades.

DIEL SELL

Monsieur, Dieu seul, -Dieu seul en lroi^ personnes,

WJl OtLVUES COMI'Lf-

«?lc. Son aimable el divine Providenre me fait recevoir ()ar la iiosie la lettre dont vous nfavez [uirlé. Après m'ùtrc ahiimlonné à son divin esprit pour y répondre, il me semble que tout consiste dans l'anéantissement do ia proi>fe volonté. Oli! qu'heureux relui qui jieut dire à Dieu on vérité : O mon Pure, je remets ma volonté entre vos mains, |iour faire et ne pas l'aire, pour faire beaucon|i et lie rien fâireJ One cet anéantissement est admirable en notre divin Sauveur, dont la nourriture était de faire la volonté de son Père [Joan. vi, 3i), qui ayant plus de zèle pour sa gloire daiis les âmes (lue tous les bons anges et tous les saints ensemljle, a cependant demeuré trente ans dans le silence, et n'a été que trois ans et demi dans sa vie conversante! Après cela il est bien juste de mourir même à tous les plus saints désirs.

C'est une grâce précieuse q\ie l'éloignement des femmes, et même des femmes de piété. 11 est très-diliicile d'y conserver la jHirelé de l'dme, et de ne pas conlractur quelque souillure dans leur conversation. Je crois qu'on ne doit converser avec elles que par la pure nécessité, qu'on ne doit donner à fa conversation que le pur nécessaire ; qu'en y donnant même le pur nécessaire, il faut extrêmement être sur ses gardes, et avoir beaucou() recours à Noire-Seigneur et à son immaculée iMère; qu'il faut éviter comme la peste l'amusement et les discours inutiles avec elles. Cependant il en faut prendre soin dans l'ordre de Dieu, ne se laissant jias aller à la nature avec son divin secours.

J'ai de la peine à vous dire de quitter votre cure. Je crois vous avoir écrit ce que l'on dit du cardinal Bellarmin, qu'étant consulté sur le changement û'état d'une personne, il ré[iondi( (jue l'on était assuré du bien que Notre-Seigneur opérait par celte l'ersonne dans l'état oii elle était, ninis qu'on ne l'était pas de l'état où elle devait entrer. On a vu (iliisieurs [)ersonnes qui ont passé dans des états plus parfaits, et avec des intentions très-pures, et qui n'ont pas eu ijéiiédiction dans leur changement. Cependant si l'attrait intérieur vous j resse, et co.'itinue à vous presser, vous pouvez coii- ^u!terdes hommes de Dieu qui soient fX^:é- )i mentes ; car je n'ose rien décider sur ce sujet.

Il est vrai que le changemerit d'état vous ôlerait l'occasion d'une certaine élévation, que je crois opposée à l'esprit de Noire- Seigneur Jésus-Christ, et qui est couverte du prétexte de votre qualité de cnré. A la vérité il ne faut jias tomber en de certaines bassesses indignes du caractère, et qui viennent d'une lâche complaisance que l'on a pour les créatures [lar des vues intéressées ou par de vaines craintes; mais il faut aussi bien prendre ga.'de ipie sous prétexte de soutenir l'honneur de Dieu et de l'Eglise, on no soutienne l'orgueil qui est si enraci- Ué dans nous, (jue saint Fran^'ois Xavier

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