‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 349 sur 436 · LETTRE CCXXXIV · texte numérisé non relu

LETTRE CCXXXIV

Gain du procès du cure de Reuilli. Pc'votion à sainC Juseph.

DIEt SEUL.

Monsieur,

Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, etc. AlllMon^ieu^, [ilus que jamais Dieu seul en Jésus et par Jésus, en toutes choses et pour toutes choses! Que toutes les créatures demeurent en sa présence suradorable dans leur rien ; et comme elles ne sont rien, il faut [leu se mettre en peine de leur estime.

Je vous remercie cependant du témoignage que vous m'envoyez de la mère Hérisson ; mais c'est ce à quoi je ne pense pas, quoi que vous disiez.

Je vous remercie encore et vous suis trèsobligé des secours que vous avez donnés à M. le curé de Reuilly, parce (ju'il y allait de la gloire de Dieu , et cette gloire est notre tout : on peut dire que Notre-Seigneur a gagné sa cause, lorsqu'il l'a gagnée.

J'ai fait réponse aux religieuses de Magni, et je leur ai encore écrit afin qu'elles s'unissent à une neuvaine que je fais en l'honneur de saint Joseph, et qu'il me semble ([ue notre bon Sauveur m'a ins[iirée, pour lui demander, par les services que ce grand saint lui a rendus lorsqu'il était en cette vie, la grâce de le servir et de l'adorer en esprit et en vérité, et en qualité de l'un de ses membres ; c'est-à-dire, n'agissant que par les mouvements de son divm Esprit, ne vivant que de sa vie, et ne soutl'rant que par sa sainte opération. Notre-Seigneur a dit à une sainte âme qu'il écouterait volontiers les demandes qu'on lui ferait par les services que saint Joseph lui a rendus. Ohl ne plus être , ne plus vivre, ne [/lus agir, ne plus parler , ne plus soutfrir que pour Dieu seul ; en Jésus , iui étant uni comme son membre; et p.ar Jésus, par l'ofiération de son Saint-Esprit en toutes choses, car il doit agir dans tout son corps mystique comme l'âme dans le corps naturel.

Il est bon pour plus grande sûreté que

.M. BOSCUERARD. «114

vous écriviez ?» la mère de la Trinité, afin qu'elle écrive il .M. Dcsmarets, mais premièrement sans vous nommer, et je crois qui» vous ferez bien de no point parlera Mgrl'archevôque sur ce sujet; secondement en lui disant (]ue c'est un ecclésiastique tie Rouen qui a le pouvoir de confesser dans tout le diocèse les personnes religieuses et qui vient quelquefois chez celles l'en priant, ce qu'il fait avec bénédiction ; etque depuis [leu à raison qu'elles sont dans le vicariat, serait bien aise (]uc ce fût aussi de son consentement , quoiqu'il soit approuvé sans restriction; s'il demandait le nom, on pourrait lui dire votre nom, sans exprimer la qualité de curé, mais je doute qu'à l'égard des niaisons religieuses ont ait demandé l'aiiprobation du vicaire de Ponloise ; toujours autrefois, non-seulement on ne la demandait pas, mais les archevêques ne le voulaient pas souffrir , comme feu M. lo curé de Saint- Nicolas-du-Chardonnct me l'a dit , qui avait été grand vicaire. Vous pourriez le demander à M. (élément, mais peut-être que les religieuses vous pourront le dire si leurs confesseurs sont a|)prouvés du grand vicaire de Pontoise ou des autres; ceci écrit, je crois qu'il est plus à propos que je leur en écrive moi-même, et assurément vous rendrez une grande gloire à votre bon Sauveur et à sa très-miséricordieuse Mère de les assister, car c'est un besoin extrême Vous verrez ce que la divine Providence disposera de votre alfaire, mais de la manière que vous le marquez, i! est dillicile do faire un accommodement.

Il me semble que vous hasarderiez beaucoup de donner une retraite, comme vous me le marquez ; je craindrais que ce ne fût une tentation pour vous, et que Notre-Seigneur ne le demandât pias de vous; quoique le confesseur ne fasse pas de dilliculté touchant la défense de Mgr l'archevêque, la chose n'en est [)as jdus jiermise ; est-il audessus de l'archevêque pour casser ses ordonnances, et qu'il a fait publier et imprimer même? De quelle volonté après cela confesser et prêcher les religieuses, à moins qu'il n'ait marqué en particulier à ses grands vicaires qu'il veut bien leur laisser encore les pouvoirs de donner des permissions?

Ce que vous me dites du Père Jacques est fort sur[)renant; ce qu'il avance deRomo e-t très-faux, et dans ce que le Pape d'à présent a décidé au sujet des docteurs de Louvain; il est vrai qu'il dit qu'il ne faut pas accuser d'une accusation vague de jansénisme les personnes mal à [iropos, mais il déclare qu'il faut s'arrêter aux bulles de ses prédécesseurs, et ordonne que l'on fasse lo procès à ceux qui seront convaincus de n'y pas obéir ; il qualifie lui-même lesproliôsilions condamnées, excerplas, qu'elles sont tirées du livre de Jansénius, et Alexandre VU , dans sa bulle, excommunie ceux (jui seront rebelles au fait, qui ne le voudront pas signer ; il donne sa bulle à la rc- (juôte des évêqucs assemblés au clergé de

mil

IfXVUKS COMI'LETKS DE BOLDON.

lut;

France , qui le sufiplienl de prononcer sur 1« fait dont ils agissent seuleuieiil, chacun disant que l'on condamnait les propositions en elles-mêmes ; le Pape prononce , et la bulle est publiée, c'est ce qm ne se peut pas nier, mais sur un oui-diro. ConniieiU le Père Jacques renverse et détruit-il les bulles de> Pafies? avec quelle conscience? v at-il seulement du vraisemblable ? On ()arle de politique. Quand il ne s'agirait que de politique, Itonie sera-t-elle contre Uome ? Ce serait là une étrange conduite; mais c'est une fausseté que le Père Jacques avance , je dis qu'on lui a dite. Saint Thomas avait d'autres sentiments du Pape qu'il n'a pas.

Je ne connais point Monsieur de Monchoi.

Si je pouvais vous rendre service à l'égard de l'octave du très-saint Sacrement dans l'église de Saint-Pierre, je le ferais d'une grande volonté : mais je le dis avec une sainte joie, regnuin vietim non est de hoc mundo {Joan. xviii, 36J ; on ne me considère guère en ce monde.

La visite faite de Saint-Pierre je ne vois jilus M. le curé avec qui je n'ai point d'ha- Lilude, et pour M. Vaniardel , je ne le vois jamais. Les bonnes tilles dont vous me [larlez sont des riens pour l'atTaire.

Je salue votre bon ange, etc.

A Evreitx , ce 12 mars, la veille de ta fête de fuint llenri, fils du roi de Danemark.

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