LETTRE CCXL
AL MÊUE.
Faire ce que Dieu demande de nous, et rien à l'extérieur, s'il le veut ainsi.
DIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seuJ, Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre b(jn Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. Dans cette divine union, dans laquelle il nous faut toujours être, toujours agir, toujours souffrir, toujours vivre et mourir, il faut aussi avoir ses mêmes sentiments, qui ont toujours été de faire la volonté de son Père. Dans l'exécution de celte divine volonté, il a été trente ans sans rien faire au dehors; et dans sa vie conversante, il a peu converti d(^ monde, se réservant à le convertir par ses apôtres : Majora horum faciel (99). Le tout consiste a faire ce qu'il demande de nous, et rien exlérieurement , quand il lui philt d'eu dis|ioser de la sorte; mais Taniourprojire veut toujours faire beaucoup, et in-
i'09) « Celui qui crnit en moi fera lui-iiiême les u-uvres que je fnif, et tn fera encore de plus grnndei. > Joan. \i\, M.)
LF.TTRF.S. A M. BOSGl EKARD.
Uid
cliiie à |iaraftro. Le feu P. Lnuis-FrniK^ois il'Argientnn me (lisait que notre bon Sa«vi'ur |iarnissant h une sainte àiuo (\ai était étonnée du toni|i.s (]u'il avait pniiiio\é ii sanctilier la vie cacliée , lui avait répondu: « L'honiine veut toujours paraître; et après rexem|ile que je lui ai donné d'une vie si rai liée, presque personne ne veut demeurer inconnu. » ^ous devons beaucouj) prendre garde au prétexte (jue la nature donne du liien, pour eadier In corruption que nous |iortons, et l'élévation à faire beaucoup. C'est ce quel'on nesaurail assez considérer, elàquoi l'on ne peut jamais assez veiller. Combien de personnes auront fait beaucoup à leui's ,veux et aux yeux de Dieu! et combien de personnes aux yeux de Dieu auront fait de grandes choses, qui sembleront n'avoir rien fait devant les lionimes I
Il est vrai ()ue j'ai prouvé que la demoiselle dont vous mu|iarlez ait appris à chanter; son père, qui est une personne de qualité, e>t un homme d'oraison, fort intérieur, rétiuit à une extrême pauvreté. 11 m'a écrit dans une grande douleur de l'état où est sa fille. Je lui ai mandé que cependant il ne la fallait pas pousser à bout, ne deteriiis aliquid coniitigat. 11 n'a pas de pain à lui donner; que fera -t- elle '/ elle est digne de comiiassion. Assurément, Monsieur, si on |>ouvait lui procurer quelque place dans quelque maison religieuse, ce serait une très-grande charité. Il y a d'es maisons, si elle y était connue, où elle serait propre; car elle a une belle voix et elle soutiendrait bien le chœur. Je vous supplie de la faire avertir que Je serais bien aise de la voir. Mais je"comiueuce, avec le secours divin, mes visites la semaine sainte et immédiatement après les fêtes de PAques; ainsi il ne faut jias qu'elle vienne à Evreux.
Je me recommande à vos prières : j'en implore le secours de toutes parts , car en vérité ma descente me réduit à de grandes extrémités, et j'ai besoin des secours )/artiouliers de la divine Providence, ma toujours iiès-bonne et très-fidèle Mère. De quelque manière qu'elle dispose des choses : In malibus ejus sortes meœ : spes inea ab uLeribus mutris meœ. Deus meus est; ne discedat a me, quoniam tributatio proximaest, et non est qui adjuvet, car les hommes ne sauraient me donner de remède. Ne projiciat me in tempvra senectutis : cum defecerit virtus mea, ne derelinquat me (100).
Je viens de recevoir une lettre de la sœur de Saint-Etienne qui me dit être toujours peinée de ce que vous lui avez dit. J'ai écrit au P. Cordelier: je crois qu'il est pro|ire, et il a aésez d'intelligence pour ces sortes d'états. Je vous ai écrit à son sujet, qu'à la vérité, il ne faut pas exposer le corps du Sauveur à la profanation; mais le secours que la mère supérieure lui donne, quand
elle communie , l'empêclie. D'autre jan, rex|iérieiice fait ronnaîlre nue Dieu permet au démon de faire par les lionimes ce qu'il n'oserait jamais faire iiiimciiiatement par lui-même, et par des gens même de vertu (]u'il possède, qui agij.sent involontairement. De [)lus, je vous l'ai aussi écrit, il a Iiermis au démon de transporter son sacré corps en plusieurs lieux, et de le tenter d'idoliUrie, (]ui est le plus grand des crimes. Mais si le raisonnement de saint tjrégoire est bon , qui assure qu'il ne s'en faut [las étonner puisqu'il a permis aux Juifs, (pii étaient les membres de cet esprit malheureux, de criuitier son corps, ainsi de lui faire la dernière profanation ; l'on pourrait dire (]ue Dieu permit bien aux autres pécheurs, ses membres, de profaner ce divin corps d'une manière terrible. Je viens de recevoir une lettre de Paris qui m"ap|>rend qu'un détestable prêtre se fait aj^porter quantité d'hosties consacrées, [lar d'autres [lersonnes abominables, (lour les profaner. Je sais des personnes d'une solide vertu, possédées, à qui le démon fait faire des choses abominables malgi'é elles. Après tout, ce serait fxmr moi une haute tromperie de [lenser que je ne me trompe pas, ainsi j'ai sujet de me délier de mes sentiments; mais selon ma pauvre lumière, je ne doute point que la sœur de Saint-Eiiennene soit une personne de vertu, et autant que je puis conjecturer, bien agréable à noire bon Sauveur et à sa sainte Mère. C'était hier le jour de la [irécieuse mon du saint homme le P. Moreau, minime, ol)sédé des démons durant plus de quarante ans. 11 y a quelque temps que l'un m'écrivait qu'une personne possédée ou obsédée en recevait de grands secours, ce qui lui était manifesté, car je ne sais pas si elle avait jamais ouï parler de lui; elle connaissait aussi qu'elle en recevait du saint homme le P. Jean-Joseph Surin.
Je pense que ceux qui viendront après nous, verront un semi-calvimsiue. On dit ici que les Jésuites ont soutenu une thèse à Clermont, leur collège à Paris, dans laquelle ils enseignent des iiropositions qui ont rapi'Ort au jiéché philosophique, et qui ne valent guère mieux ; ce sont leurs adversaires qui font courir ces bruits.
Je vous remercie très-humblement de la peine que vous vous êtes donnée pour savoir des nouvelles du novice des Capucins. Les morts dont vous me parlez sont de grands sujets d'humiliation. Je dis de tout mon cœur, avec le bienheureux frère Gilles, l'un des compagnons de saint François, tenonsnous bien bas , tenons-nous bien bas dans notre rien, sans jamais en sortir.
Je salue très-particulièrement votre bon ange, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Rouen, et suis dans un grand respect, etc.
1 lOOi Mon sort est entre ses mains. (Psal. xxv, 16.) // fsi mon espérance dès ma plus tendre enfance. Il tst mon Dieu , qn'ii ne s'éloiyne pas de moi , car la tûl/iil lion eil proche, et je n'ai pirsonne pour rue
secourir. {Psal. xxi, tO.) 0""'' ««" "'<-' rejelle pas dam te tenifs de ma vicÙleste , tiu'il ne m'abandonne pu» dans la défaillance de mes forces. {l'sal. \\\, 9.J
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OELViîF.S COMPLETES DE DOIDON.
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U^llTRE CCXLI.
lU MEME
Faire ce que Dieu demande d« nous, et rien de plus, à l'exemple de saint Jcan-Baplisle, et de Jésus-Christ tnéme. Ahandon entier à la Providence. Conduite frappante de celte divine Providence sur Boudon.
DIEU SELL
Monsieur,
Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, etc. Je vousécris le second jourde l'octave de l'un des [ilus grands saints de ce Dieu seul, l'incoracarable saint Jean-Baptiste ; et dans la vue de cet homme tout divin, certaineuient il faut bien se convaincre que ce que nous avons à faire n'est pas de beaucoup faire, mais de faire uniquement ce que Dieu tout bon et miséricordieux demande de nous. Il est donc vrai qa entre les enfants des femmes il n'y en a- point eu de plus grand que lui [Matlh. ■s.iyil); il est vrai que tout est miséricordieux dans ce saint; il aura même la protection du Saint-Esprit dans les entrailles de s^a bienheureuse Mère; les anges révéleront sa naissance qui causera une joie extraordinaire : voilà de grands desseins dans la divine Providence, et cela se terminera à le laiser dans un désert durant trente ans, si inconnu qu'on ne savait pas s'il était *u monde ; que fait-il dans ce désert durant trente ans? il n'y fait rien du tout à l'égard des emplois extérieurs pour la gloire de Dieu; une solitude perpétuelle, un silence continuel : s'il parle dans la suite, à peine commence-t-il de prêcher, qu'on le fait mourir.
Mais ce qui est encore infiniment plus étonnant, c'est la conduite de l'adorable Providence sur notre bon Sauveur qui demeure trente ans dans une i>auvre boutique, y faisant le métier de charpentier, et qui dit à son Père : Pater, opus consummavi quod dedisti mihi ut faciam (101). Ce n'est donc
5 tas à faire beaucoup, mais à luire ce que )ieu veut de nous et rien quand il lui plaît, que consiste tout ce que nous avons à faire. O mon Dieu! qu'il y aura de i^ersonnes qui n'aurontrien faitaux yeux des hommes, qui aux yeux de Dieu auront fait de gramles choses; et d'autres qui auront éclaté en des œuvres extérieures qui auront bien i)eu faitl
Cependant il faut agir et beaucoup agir, quand c'est l'esprit de Dieu qui fait agir; mais il est bon d'être abandonné à sa divine Providence, qui ne manque pas d'en donner les occasions, lorsqu'elle nous y appelle. Peut-être vous lai-je dit : Le feii P. hagot m'ayant dit qu'il fallait [lenser à moi, me parlant de quelque établissement pour la gloire de Dieu, lorsque j'étais encore séculier, il me faisait peine de me dire que j'y
devais penser; enlin, m'ayaiit même éiril que je le fisse, j'ouvris là-dessus le saint livre de Vlmitation de Notre-Seigneur, et j'y trouvai ces jiaroles : l'ili, coinmitte mihi semper causam tuam, ego Oene disponam in teniporc suo. Exspectaordinationemmcam, et senties inde proftctum (lO'i). Je le lui mandai, et il ne me dit plus rien. A|)rès cela, la tliviue Providence me suscite Mgr l'évôijue de Oiiébec. j'our lors archidiacre d'Kvreux, qu'elle me fait connaître à Paris, et elle me (ionne l'an iiiiliacoiiat d'Evreux par lui, que l'on m'oliligca de iirendre, après l'avoir refusé durant cpielque temps. Je le perds, l'ayant résigné en ma maladie; le roi me le redonne, sans que jamais je m'en sois mêlé, et à mon insu; le temps marqué dans les lettres, pour (irendre de nouveau possession, étant expiré sans l'avoir fait, et les lettres ayant été jirésentées à M. le chancelier pour le proroger, comme il les mettait au rebut, feuM.de (iaumont, conseiller au parlement, à qui il avait obligation, se trouve présent, qui lui dit que c'est pour un de ses amis ; il remédie au défaut des lettres. Et puis dirat-on qu'il n'y a point de Providence? Ah 1 qu'il lait bon de s'y laisser conduire ! elle saura bien disposer des choses à votre égard, si elle demande de vous le changement.
Les translations des bénéfices sont défendues; et l'un des conciles de Carthage, où saint Augustin se trouva, les défend aux ecclésiastiques du second ordre, aussi bien qu'à ceux du premier, c'est-à-dire sans une évidente nécessité. Le grand attrait que vous avez depuis longtemps, et qui vous continue, à faire autre chose que ce que vous faites pour la gloire de Dieu, mérite bien d'être considéré : mais si Dieu veut que vous changiez, il vous en suscitera les moyens.
Un abus très-grand dans les permutations, est que l'on ne pense qu'à se défaire, et peu aux mérites des jiersonnes entre les mains de qui on remet le bénéfice; je dis peu, quand l'on ne considère pas qu'il faut remettre le bénéfice au plus digne, digniori. Car si tous les conciles l'ordonnent à tous les jiatrons et même séculiers, à plus forte raison !e [wsieur des âmes dont il est chargé, ne peut les remettre qu'entre les mains de ceux qui en seront les [ilus dignes. Sans douté que l'on en répondra devant Dieu; ii y a une infinité d'abus sur ce sujet.
Je vous |)rie de penser à loi'sir, sans rien dire à jiersonne, sur ce que le Père prieur des Bénédictins d'Evreux m'a dit ces joursci. 11 m'a dit que M. Terrier, curé de Notre- Dame de Louviers, leur avait assuré qu'il ne résignerait point sa cure, et qu'ils pensassent à quelque personne très-digne d'en remplir les devoirs, s'il venait à mourir ; or il est bien âgé. Ce Père ,m'a prié de choisir quelque personne très-digne d'entrer dans cette cure; je sais qu'il y a de grandes choses à faire pour la gloire de Dieu, et qui
MOI) Mon Père, j'ai achevé l'ouvrage que vous tn'aviei donné à faire. (}oan. xvii, 4.) (10-j yiun /ils, remellez lonjonn entre mes mains
ce qui vous regarae ; je sattrat bien régler tout en son lenips. Attendez mes ordres, et vous y trouvera volr^ avantage. (De Imil. Cliristi. I. m, c. 59.)
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LETTIIKS. — A M. BOS^JUKRAUD.
ItôO
(lemeurciil présenlemont, faulo de .socours. Je vous prie de penser à la chose, sans en rien dire; ettle [ilus, le <'«ré n'est jias encore inorl, et peut vivre dulenips. Cherche/. quelque ecclés!aslii]ue qui a les (pialités nécessaires. Il m'était venu quelque pensée à votre égard; car il y a beaucoup à faire pour la gloire de Dieu. J'Iusieurs hommes (jui veulent se lionner?! Dieu et qui s'assemblent pour ce sujet; plusieuis filles de môme; et l'un s'y oppo>e fortement, c'est l'ordinaire. Il y a beaucoup à faire dans les conférences (jui .«'y font; ce qui regarde plusieurs paroisses de la campagne, dont les curés s'y trouvent. Ce seiait un bien étendu.
A l'égard de l'abbé dont vous rne jiarlez , suspendez vuitre jugement : il peut crier saintement, non pas contre les emjilois extérieurs des religieux que vous me marquez, mais contre les exC(>s de leurs épanchenients au dehors, qui sont cause de leur relâchement. Dieu s'est servi de lui pour faire des choses qui sont d'une éditication extraordinaire, môme dans les [lays hérétiques, eomaie les hérétiiiues do ce pays l'avouent dans leurs écrits; et la discipline régulière de sa maison est quelque chose de bien saint , et qui demande beaucoup de vénélation.
Je crois que le libraire de Rouen qui a !a Vie de saint Taurin ne vous est peut-être pas allé voir ; si cela est, c'est qu'on ne veut pas lui tlonaer la [lermission de l'imprimer. 11 mande que Al. le premier président, pour des choses moindres, lui a dit qu'il n'en avait pas le pouvoir; que son pouvoir ne s'étendait que pour l'impression d'une feuille ou deux : par le passé on ne s'adressait qu'au lieutenant général; pour cela, il faut qu'il y ait du changement. 11 est vrai que M. le chancelier a donné , à ce que je pense , des ordres fort précis sur ce sujet ; ce|iendant à Paris, quand le livre est petit, le lieutenant de La Reynie en donne [lermission, et on n'a pas recours au parlement. Le libraire donc de Rouen a écrit à celui d'Evreux, qu'il était ré^olu de l'imiirimer en secret comme ceux à peu près qui impriment, à ce que je pense, les livres du révérend P. Jacques, et en ce cas il n'osera jtas peut-être envoyer les feuilles pour les faire corriger; il faut tout abandonner à la divine Providence; de celte manière , je ne crois pas qu'il en faille parier davantage à M. le curé de Saint-Laurent, car il aurait [)eut-être peine ii donner son approbation , quoique l'approbation ne regarde que la doctrine, les approbateurs ne se mêlant pas de l'impression; celle de M. Auvray peut sulllre ; cependant, si vous jugez à propos d'y donner la vôtre, cela, ce me semble, pourrait servir A la gloire de Dieu et de son saint ; il n'y a pas plus de difficulté à les donner, qu'aux livres du P. Jacques, et encore moins, car cette Vie n'est pas pour faire peine à personne. Je dirai à notre libraire qu'il écrive à celui de Rouen, et que vous lui garderez le secret.
Après avoir fait réilexion à celle que j'ai donnée au P. Jacipies , je ne vois rien ii y ajouter. Je le lui mande ; maisje vous supplie de lui faire goitlcr mes raisons, car j'ai un prolond respect pour la grcice ijue notre bon Sauveur lui fait de soutenir les intérêts de son sacré corps; je n'y ai donc rien à ajouter, car de parler contre ceux (}ui sont 0|>posés, que l'on ne peut pas bien justifier, il me semble, et dont le Père prouve doctement la négligence criminelle, je ne le dois pas faire. La raison est (pi'au lieu de soutenir son livre je ])uurr8is lui faire toit, étant un homme de contradiction coiniiie je suis, et ayant présentement des |iersoiines puissantes (|ui me sont o[)posées, ijIus que je ne })eux vous dire , cela pourrait contribuer à de nouvelles affaiies, ce que l'on évitera ne jiarlant que de la chose comme je fais. !1 me semble que !a distribution de ses autres livres aurait fait bien jilus d'elfet, et s'il en avait encore, je le lui conseillerais. Ilya des séminaires, des diocèses, où l'on aura de la difficulté à l'égard de celui-ci, car l'on dira que ce sera accuser le prélat de péché mortel. s'il n'y donne ordre et que l'on se ferait des affairés; de plus, il y a parlé de pays hérétiques oiî il dit que l'on ne soutfre pas le besoin des vivres, et on met dans les Gazettes le contraire; particulièrement dans l'Angleterre on veut h la cour que l'on pense le contraire; cela serait capable de faire arrêter son livre; il eut aussi bien fait de ne point parler de ses (103)
Je salue voire bon ange, etc.
LETTRE CCXLIl.
AU MÈSIE.
P^'écautiun à prendre lorsque l'on donne la ommunion.
DIEU SEUL
Monsieur
Dieu seul , Dieu seul en trois personnes, etc. J'ai eu une singulière joie en ce divin Sauveur, et je n'en sais [loint d'autre véritable, de voir que les Pères Carmes Déchaussés de Paris ont fait attacher une es- |»èce de |>etite patène à leur ciboire pour la communion des peuples, ayant appris que leurs Pères de Normandie, dans leur chafiitre, l'avaient ainsi ordonné pour leur province. Dans l'occasion, ayez la bonté de le témoigner au P. Jacques, de ma [lart , et qu'il n'y a point de lieu qui en ait plus de besoin que la Flandre, et (ju'ainsi il faudiait avoir soin que ses livres fussent distribués aux prélats de ces pays. J'en ai donné un à Mgr l'évoque de Rayonne ; j'espère que ce sera avec bénédiction : j'en ai envoyé môme hors du royaume. S'il en avait encore quelques-uns , je crois que Dieu tout l)on serait glorifié qu'il m'en donnât pour les faire servir dans l'occasion, et vous aurez la bonté de me les faire tenir à Evreux, oiî j'espère que la divine Providence, ma toujours très-
(103) Celte lettre est imparfaite parce que la deuxième page a été perdue. OElvres compl. de Boudon III.
OCL'VRES COMPLETES DE BOL'DON
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bonne et très-fiilèle mère, pourra me con- (Jiiire le mois jirochain, vers le 22, jour de l'une dos fêtes du saint nom de Marie. C'est toujours sous sa maternelle proterlion que la divine Providence me conduit, et qu'elle continue et augmente mes infirmités, qui deviennent journalières : aidez-moi à l'en bénir, remercier, adorer, aimer et glorilier.
Prenez garde, s'il vous plaît, que vous n'alliez dans un excès de zèle au sujet des fêtes, et que cela ne vous attire pas seulement des affaires, mais que le démon ne s'en serve pour empêcher le Ijien que la divine Providence pourrait faire [>ar vous : je vous le répèle, prenez-y gartle. J'ai fait vos compliments à M. Thomas, qui vous remercie.
Il faut gémir : l'Eglise soulfre beaucoup jirésenlement, et la dévotion à la très-sacrée \ ierge est toujours combattue par plusieurs ecclésiastiques, et en particulier, et même en public; et on le soutfre, et ou ne dit mol.
Je salue votre bon ange, etc.
A Paris, ce 23 août, fête de saint Philippe de Benicy, de l'ordre des Serrites, appelé l'Apôtre de la Mère de Dieu.