‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 356 sur 436 · IM · texte numérisé non relu

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êfîre Ipaité avec tanl de miséricort'e ! Un al'îme d'amour se découvre où il faut se lierdre. Je me sens obligé de quitter un peu cette lettre pour nis jeter à genoux, et pour m'unir avec notre bon Sauveur et avec la très-douce Vierge, et tout le reste de son corps mystique, pour adorer, louer et remercier la glorieuse Trinité.

Pour ce qui regarde les maisons des chanoines, il y a des villes où elles sont exemptes des devoirs des paroisses, pour les I>ersonnes qui y demeurent avec les chanoines. Si c'est l'usage de Rouen, il me semble que vous ne devez rien remuer là-dessus, > parce qae môme il y aurait à craindre que vous n'y réussissiez pas.

A'ous savez ce ipie les conciles veulent louchant les concubinaires et autres pécheurs. On doit, 1° les avertir en charité, et attendre même, imitant la patience de la bonté divine, dont il est dit : Dissimulans peccata hominum propler pccnitmtiam (lOi) : il ne se faut pas presser ; 2° il faut savoir si le crime est jiublie ; 3'après plusieurs avertissements, on les doit déférer à l'évêque, pour y remédier s'il est nécessaire, gardant les formes, par la voie de l'excommunication. Entin, si les remèdes de l'Eglise sont inutiles, ou si on ne les applique pas, on jieut appeler au secours le bras séculier, agissant en tout cela avec beaucoup de [irudence chrétienne, et beaucoup de charité et de douceur, autant qu'on le peut faire.

Je salue. votre bon ange, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Rouen, et suis avec bien du respect, etc.

LETTRE GCXLV.

Al) UÈltlE.

C'est une rtétessité que ceux quisont les membres de Jésus-Christ , souffrent à son exemple. Souffrances du Père de Brebeuf, apôtre du Canada et de Mijr l'évêque de Québec. Procès du curéd'Aiyteville.

DEIt SEUL.

Monsieur, Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ, le Sauveurdetous les hommes. Après qu'il a été écrit de lui, qu'il fallait qu'il soulfrîtpour entrer dans sa gloire, oportuit Christmn pati {Luc. xxiv, 26), c'est une nécessité que ceux qui ont l'honneur d'être ses membres, souffrent , et particulièrement ceux qui sont les plus considérables d'entre ses membres. Le saint homme le P. de Brébeuf est l'apôtre du Canada; il a soufTcii dos tourments dont la seule idée fait trembler. Il a donc fallu aussi que le [.rouiier évôcjue du Canada

(toi) Vous dhtiiiiiuiez Ici iiéclics dci homniei, afin qu'ils [asseni pénitence. {Sup. m, 2i.)

(105) François de Laval de Monimorciici, lils de llujjues de Laval. Il lui d'aliord nommé au grand a.chidiaconé d'F.vreux, et ensuite sacré évéque de

ait' porté de pesantes croix (105). Son zèle l'empêchant d'entrer dans tous les desseins des gouverneurs, lui a attiré de grandes persécutions, de grandes jilaintes contre lui au roi, et de lâcheuses impressions aux ministres d'Etat. Cependant leroi avant une singulière bonté pour lui, laissa à son choix de lui présenter tel gouverneur qu'il voudrait.

Il en choisit donc un qui , ayant été plongé (l;;ns le siècle, et passant pour l'un des braves du monde, s'était donné à Dieu entièrement, et s'était telleuienl humilié qu'il [mrtait la croix des Capucins quand il allait en procession. Il était intime ami de feu M. de Dernières de Caen, et le nôtre aussi : feu Mme de Longueville disait qu'elle admirait sa vertu. Le roi le lui donne nour gouverneur du Canada , et à peine est-il dans ce [luys-là, qu'il devient tout à fait opposé à l'évêque, et jusqu'à écrire au roi contre lui. Ouelles pensées pouvait avoir leroi de cet évêque après cela? iMoralement |)arlant, cela allait à le faire [lasser pour être d'une humeur insupportable. .\près cela, il se démet de son évéché, et prie le roi de le donnera celui qui l'a présentement. Le roi a encore la bonté de lui accorder ce qu'il demande , et à peine le nouvel évêque est-il arrivé, qu'il est tout opposé à son bienfaiteur, au séminaire (ju'il a établi et à ses officiers. Dans la suite, il interdit l'archidiacre et le théologal, et il agit d'une manière si surprenante, que, repassant en France, il ne laisse aucun pouvoir à l'évêque son prédécesseur. En vérité il faut bien dire que les croix ne manquent jamais à ceux qui sont à Dieu, et particulièrement à ceux dont il se veut servir pour de grandes choses pour sa gloire, comme aux premiers apôtres et évêques des infidèles.

A ce sujet, il me souvient que mes seigneurs d'Héjiopolis et de Québec étant logés ensemble dans une auberge, l'un n'étant encore que chanoine de Tours et l'autre archidiacre d'Evreux, une folle étant entrée dans la cour de l'auberge et les ayant vus, s'écria : Bon jour, messieurs les ()atriarches, voilà deux patriarches et étant sortis dans la rue ensemhie, elle les poursuivit, criant à pleine tête : voilà deux patriarches, voilà deux patriarches.

Cependant M. l'évêque de Québec d'à présent est un homme de Dieu, qui avait refusé des évêchés en France et d'autres bénéfices ; il pensait glorifier Dieu en ce qu'il a fait dans le Canada. C'est à la divine Providence qu'il se faut prendre des croix dont il a été l'occasion. Présentement tout est en paix de ce côté-là, et son théologal interdit m'a écrit qu'il l'a fait son grand vicaire.

A l'égard de la religieuse, l'une de celles qui est dans l'état de peine, car je l'ai corn

Pétrée, in pariibus, cl fail vicaire apostolique dans la nouvelle France. It arriva en 1659 à Quélieo, dont il fui le premier évêque en 1675. Il se démit vers 1685, et eui pour successeur M. de Sainl-Va ^ lier. Il mourut à Québec eu 1708, âgé de 86 ans.

LETTIU.S. - A M. BOSGUEKAUl).

pris ainsi , à qui vous avez conseillé d'aller en Canada, je penserais qu'elle n'y est nas propre. J'ai appris de [lersonncs des plus éclairées dans les voies de Dieu et des jjIus expérimentées, que les personnes ipii sont dans un état [lareil, ne doivent [las être employées, et quand elles sont séculières, qu'elles ne doivent pas môme entrer dans 1 état religieux : la suite en (leul être fâcheuse. Il faut avoir une vertu singulière pouraller en Canada. Ce sont mes pensées, dont je ne fais j>as granil état, mais je considère les sentiments des saints personnages sur ce sujet.

Il est vrai qu'il est surprenant comme le curé d'Aigleville s'opiniàtre à soutenir un procès sans raison. Plusieurs avocats à Evreux lui ont dit leur sentiment. Plusieurs curés considérables lui en ont jiarlé;il n'écoute personne qu'un avocat qui m'avait fait citer à l'ofTicialité pour l'avoir repris, et assez doucement , causant dans l'église, disant que je l'avais deshonoré, et qui s'est désisté. Ce curé est le sieur ♦ **, esprit inquiet, turbulent, qui a causé bien du trouble dans une cure qu'il a quittée i)Our venir à Aigleville m'y donner de l'exercice, dont la divine Providence, ma toujours été très-bonne et très-ûdèle mère, soit louée à jamais. Vous dites bien. Monsieur, quand vous écrivez qu'elle me donne des substituts à Rouen, en vous choisissant pour me soutenir et prendre soin des choses. J'ai bien sujet de l'en remercier, et en môme temps de vous en rendre mes très-humbles actions de grâces avec plus de reconnaissance que je ne saurais dire.

J'ai fait un écrit qui explique le sujet du procès, mes raisons, les réponses du sieur***, et mes répliques. J'en fait faire cinq ou six cofiies pour donner à monsieur l'odicial, à monsieur l'avocat général, à 1 avocat et au procureur, et à monsieur le promoteur, s'il reste; car peut-être que le mal de Mgr l'arclievêque ne lui permettra pas de faire ses calendes. J'enverrai avec le se- «:ours divin, la semaine de Pâques, ces mémoires avec des lettres pour eux. J'enverrai en même temps la sentence de l'officialité d'Evreux, et même les écrits de l'avocat du sieur ***, dont il faut vous dire que, m'ayant fait citer pour l'avoir repris de ses irrévérences dans l'église, il t<imba dans la rivière, où il pensa être noyé; ce qui fut bien remarqué.

Le P. Angot , prieur de Gaillon , m'est venu voir tout récemment ce carême. 11 me dit qu'il serait fâché de vivre encore longtemps. Une des plus singulières atlaires de la divine Providence à mon égard m'est arrivée chez Mme sa mère, à Argentan. C'est une famille avec qui la divine Providence m'a donné une liaison particulière.

Mes maux continuent, et cependant je me préjtare à faire mes visites sans aucune inquiétude ni peine, et dans une grande paix.

(106) Ayant mis ma (OHJxance an Seiijncur, je ne terai poinl ébranlé. [Pinl. xxv, 1.) (iOl) J'ai soif. {Joaii. xix, "28.) Que je vive.

In Domino sperans non infirmubnr (tUO). Je sahin vntre lion ange, etc.

.4 livreux, ce XI de mars, féie de saint Patrice et (le sainte G erirude, elle lendemain de la précieuse mort du B. père de Jlréheuf, ui)êtrc du Canada, et glorieux martyr de Jcsus- Chrisl.

LETTRE CCXLVi.

Peu de personnes gagnent la grâce du jubilé en entier. Ardeur de Boudon pour être fait une nouvelle créature en Jésus-Christ.

DIEU SEUL

Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, etc. C'était dans cette vue de Dieu que la bienheureuse Catherine de Gênes , que notre bon Sauveur, parlant à une sainte âme, a appelée la sainte de sa Divinité, ne voulait point gagner le jubilé, parce qu'elle disait qu'il était juste qu'elle souffrît, et qu'elle ne fût pas exempte des peines que ses péchés méritaient. Cependant il me semble que, même dans la pure vue de Dieu seul , on peut bien le gagner, parce que dans le jubilé l'Eglise applique les .satisfactions de Notre-Seigncur , dont la moindre satisfait plus et donne plus de gloire à la justice divine, que toutes les satisfactions de tous les saints ensemble. De plus elles puriûent nos âmes des taches des péchés qui les rendent désagréables à Dieu, et en ôtent les obstacles qui s'opposent à sa divine jouissance dans le ciel, le lieu de la haute et parfaite gloire de Dieu. Il est vrai que peu de personnes, et presque personne, ne gagnent le jubilé dans son entier, parce qu'il faut que tout altachement, quelque léger qu'il soit , ne soil plus ; et où Irouvera-t-on une personne dans le parfait renoncement de soimême? la peine ne peut [las être remise, le péché subsistant: c'est toujouis beaucoup de le gagner à l'égard des péchés notables et de plusieurs péchés véniels. Ces vues m'ont pénétré dans ce saint temiis du jubilé, et elles m'ont donné de grands dé^îirs d'une nouvelle vie, de la vie du nouvel homme , de la vie vraiment chrétienne, de la vie de Jésus-Christ. Je vous avoue que j'ai une soif de cette vie nouvelle, d'être une nouvelle créature en Jésus-Christ ; Nova inCItristo creaturu. [II Cor. v, 17.) Ah! que je dis de bon cœur en présence de la suiadorable Trinité, et en la présence de mon bon ange: Sitio, sitio, sitio... Vivatn ego ; jam non ego, vivat vero in me Christus (107) ! C'est ici que ma bonne maîtresse se doit montrer être ma bonne mère, m'engendrant h Jésus-Christ : Homo et homo natus est in ea [Psal. lxxxvi, 5); l'Homme-Dieu et l'homme |mre créature: Monslra te esse matrem. Ah! qu'il est grand temps que je cesse d'être à moi-même, aux

non, que ce kc soil plus moi qui vive, mais qt/c ce ùOil le Chusl qui rive eu moi. {(•iital. ii,20.)

créHturci

ŒUVRES COMPLETES DE BOIDC»

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et au inonde, élant sur le point de sortir du monde!

Cependant, avec tous mes maux, j'espère que la divine Providence, ma toujours trèsbonne et très-tidèle mère, sous la protection de rimniaculée Vierj^e, Mère de Dieu, ina bonne maîtresse, de saint Joseph, de saint Joacliiiii, de sainte Anne, de saint Jean l'Evangéiiste , de tous les bons anges et saints, et spécialement des sept premiers princes, de mon bon ange gardien, des bons anges et saints patrons des diocèses de Paris et (l'Evreux et des personnes qui y sont , nous contiuira à Paris lundi prochain, si elle nous laisse encore au monde. La divine Providence me loge toujours à Paris chez M. Thomas, conseiller, près la jilace Maubert, d'une manière digne de la charité des premiers Chrétiens.

Je salue bien le bon ange qui vous garde, etc.

-4 Evrcux, ce 23 de mai, fête des SS. Mauœe et Vénrrand, martyrs d'Evrcux.

Le H. P. de la Chaise élant informé, fera ce qu'il pourra à l'égard de ce que vous me mandez. Les lettres n'y feraient pas davantage auprès de lui. Mais il est difliciie que l'on olniennc du roi ce qu'on lui demanderait là-dessus. L'on dira toujours que iliacun travaille de son cùté. Mais l'on dit une bonne et sainte nouvelle, que les PP. Jésuites vont avoir le collège d'Evreux. Notre bon Sau- \eur et son Immaculée Mère Vierge en seraient hautement glorifiés. Je vous avoue que j'en ai une grande joie en Notre-Seigneur, etje n'en sais point d'autres, si cela airive. Il y en a une véritable nécessité. Je n'ai pas oublié devant Notre-Seigneur votre chère mère.

LETTRE CCXLVIL

JncomtnodUe' survenue à M. Boudon.

Succès du livre de Dieu seul.

niET SEUL.

Monsieur,

Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, etc. Oui, Monsieur, toujours Dieu seul à Paris où sa divine Providence m'a conduit avec bien de la miséricorde , car la nuit du jour qu'elle me fit partir d'Evreux, on me veilla jusqu'à environ deux heures après luinuit, étant très-mal : il est juste que je raconte ses miîéricordeset que je les cliante: mais toujours Dieu seul à Paris aussi bien que dans tous les autres lieux. Ah 1 que j'as- ))ire en la vertu de notre bon Sauveur Jésus-Christ, h l'heureux oubli de tout le reste 1 Je vous écris au commencement du mois de juin, le second jour, la veille de la fête de sainte Clotilde, mais le jour de la sainte octave de la fêle du coi|>s adorable de Jésus- Christ Notru-.Scigneur. le jour de l'excès de son amour, dont la divine fin est de nous transformer saintement en lui-môme, fiour Aire tout à Jésus, pour être tout Jésus (et nous avon? l'honneur et la grSie d'être ses

membres), et n'être pins rien à nous-mêmes, ni à aucune chose créée: Chrislus omnia vi omnibus. Je ie répète , et je le dis do tout mon cœur, de toutes mes forces: Christus omnia in omnibus : Christus omnia in omnibus.

J'ai bien de la joie en cet aimable Sauveur, et je le dis toujours, je n'en connais jioint d'autre véritable, de ce que sa divine providence vous conduit à Magny ; car je crois qu'il en sera glorifié, et sa très-sainte Mère.

Mme Cécile m'a dit que sa maison est à votre service; que vous pouviez vous en servir comme vous avez fait; qu'elle tâchera même de faire avertir une |)ersonne pour vous y servir: iju'elle pense que les clefs en sont chez les Ursulinesou chez Mme Ourse). Je crois que c'est une marchande de Magny; elle y est assez comme. Priez pour nous. Je salue votre bon ange, tous les bons anges et saints, patrons de la ville et du diocèse de Rouen et des personnes qui y sont.

Ce nous sera aussi une consolation en Notre-Seigneur (et je renonce à toute autre jiour jamais , renuit consolari anima mea), d'avoir le bien de vous voir à Paris.

Dieu seul dans f'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ , le Sauveur de tous les hommes. C'est dans ce cœur tout de miséricorde, et le charitable cœur de son immaculée Mère Vierge , que je suis dans un jirofond respect, etc.

Je reçois votre lettre, celle-ci écrite. Mgr de Cambrai a écrit qu'il ne savait pas si le livre de Dieu seul était au nombre des prohibés ou défendus; c'est-à-dire , si on en a défendu la lecture, seulement à (uiuse de l'abus qu'on en pouvait faire, ou bien à raison (ie quel(]ue proposition qu'on n'approuvait pas. L'on me mande des pays oii l'on reçoit les décrets des congrégations (ce que l'on ne fait pas en France), qu'on le lit à l'ordinaire. Il est sûr que ces décrets n'obligent pas en France , parce qu'ils n'y sont pas reçus; cependant ils demandent du respect. Je ne vois pas qu'il ait été défendu à raison de la doctrine: il a été imprimé à Rome, approuvé [tar le Maîti'e du sacré i)alais, traduit par l'un des secrétaires des congrégiitions, distribué et reçu avec applaudissement, et beaucnijp recherché. Un Père Jésuite l'a encoie traduit en italien : on l'a traduit en latin même ; il a été reçu de tous côtés avec une estime singulière ; il s'en distribua à Paris cinquante mille. Cependant, Monsieur, je ne prétends en .aucune manière n'avoir pas toute la soumission requise , et à l'égard de ce livre, et à l'égard de tous les autres, [irèt à les jeter tous dans le feu, si l'on juge que Dieu tout bon en soit glorifié.

A l'égard delà théologale etpénitencerie, je suis venu à Paris avec M. le théologal et pénitencier, et autant que je l'ai \)u juger, il y vient pour permuter. Je trouve que présentenicnt la théologale est une charge bien difficile; car l'on ne prêche plus aux Cordeliors ni aux Jacobins, les (iremiers et der-

lui

LETTRES. — A M. lîOSGLKllAUD.

Ili2

niers (Jiinanelies, ce qui l'ouvail excnseï' imi qupl<)ue itianièrc le tliéolngnl ;iii moins de jirêrher ces jours-là ; et coiiirao l'on n'y ensciijiie pas la Ihéolosie. je crois qu'il est olilii;é (le l'enseigner on conscience, et c'est J'une lies misons [lour Icsijuclles il e>t tliéolo^nl. De plus il y a tics raisons (pie je ne l)uis mettre sur le papier, qui m'obligent ife vou> dire que vous ne devez pas penser ri cette permutation, quand nu^nie on vouj en [larlerait; car apparemment le tlicologal est vlmui à Paris pour ce sujet.

LETTRK i:r.\LViIl.

AU MKMi:.

Quand Dieu seul est dnns un rceur , il le sépare des créatures. Exemple du P.deCondren à ce sujet.

DIEL SELL

Monsieur,

Dieu seul , Dieu seul en Iruis personnes, etc. Son aimable et divine providence qui estaujovird'liui hautement glorifiée dans son admirable saint (108), et Tordre sacré qu'il a institué, m'a fait recevoir une lettre de notre libraire de Paris, (]ui me mande qu'elle donne sa bénédittion aux deux livres, Du respect dû uuxéylises, et De la sainteté de l'e'Cat ecch'siasliquc , \fav là distribution qui s'en fait, et en même temps il me inarque désirer que je lui en envoie quelques autres. J'ai donc pensé à lui envoyer )e petit traité Du purgatoire, afin qu'il soit imprimé pour la fête de la Toussaint, et le jour de la mémoire des fidèles trépassés. Vous avez oublié de le donner à M. Fore!, comme il me-semble que je vous en avais prié; mais je vous prie de le donner à la jiersonnequi ira le j^rendre chez vous ; on m'a dit que la semaine prochaine , quelque jiersonne d'Evreus voudrait bien prendre cette peine. La divine Providence nous a fait aussi composer un Traité Z)e la dévotion à la très-sainte Trinité, que l'on (lourra imprimer, avec son divinsecours, pourlafinde l'année. On [lourra aussi, avec le même divin secours, réimprimer />(>i«(«con)i« , quand la même divine Providence nous conduira à Paris,ce que j'espère de son infinie bonté à la fin d u moi s d'octobre, a I très nos visites. On m'écrit de Lille en Flandre que le livre de YAmour divin dans le bienheureux Jean de la Croix y est imprimé, et les religieux Carmes de ces pays-là m'en témoignent beaucoup de reconnaissance que je ne mérite pas; seulement Dieu seul en trois personnes, so/ji>eo; après cela plus rien.

II me semble que, sans s'arrêter à ce que disait dans sa maladie la personne dont vous m'écrivez, qui apparemment n'avait pas sa liberté dans ce temps-là , ce qui doit consoler est sa disposition intérieure qui l'a portée, par un motif de détachement, à ne se plus confesser à vous ; car enfin Dieu est saint, et quand il est vraiment dans un cœur, il y est séparant, car saint, séparant et séparé, veulent (iire la uiême chose: c'est

pourquoi le Sauveur disait dans le- jours de sa chair, qu'il n'était pas venu apporter la paijc , wnii.'î le glaive (Matth. x, 31) , séparant les personnes le plus proches les unes ffavec les autres. J'ai toujours en à l'esprit, sans m'arrêler, par la miséricorde de notre bon Sauveur et de sa très-douce Mère , à mes pen^ées, qu'il était bon tpie la grAce de Notic-Seigneur Jésus-Christ vous séparât; cl je pense que le voeu que celte personne a fait, a été jiar l'espril de Dieu. Certainement il y a des personnes auxquelles on peut plus servir, poui l'établissement du règne de Dieu en (ïlles, par la prière, que par ton te autre voie.

Le P. de Condrcn qui avait des richesses immenses de grâces et qui eût été capable, selon le sentiment de la sa' nie .Mère de Chantai, de donner des lumières aux anges (elle voulait dire d'instruire dans les sei'rets de Dieu les séraphins de la terre), renvoya feu M. Bernard, le saint prêtre, qui s'était "adressé à lui pour se confesser et pour en être dirigé, au feu P. Mainard, Jésuite, parce qu'il le voyait d'un esprit ardent et tout de feu. 11 disait que la plupart des gens de bien intioduisaient la vie du vieil homme au lieu de celle du nouveau ; que Dieu choisissait uniquement les personnes qui sacriliaient les choses présentes à sa sainteté et à sa justice, mais qu'il y en avait très-peu de ce nombre. Ce Dieu saint et pur, et séparé du monde , le préserva avec un soin admirable de tous les amusements de la nature dès son enfance. .Ayant été peint à l'âge cinq ans, comme il avait une grande beauté corporelle, et qu'on ne pouvait s'empêcher de regarder et de louer son tableau , ces louanges étant autant de blessures dans le crjeur de ce peti: ange, il se résolut, dit l'auteur de sa vie, )iar un mouvement inconnu à cet âge, de déchirer son portrait ; et ne l'ayant pu abattre avec des bâtons, il se fit faire un arc et des flèches sans dé('ouvrir son dessein, et il le perça avec des traits. 11 ne pouvait souffrir que personne s'occupât de lui ; il désirait d'être anéanti dans l'esprit et diins le cœur de toute créature, comme il l'élaitdans lui-même, et il eût voulu que ni lui ni aucun autre ne remplît jamais son cœur que de Dieu seul. C'est ce Dieu seul qui m'arrête. Je n'ai pas toujours connu ces vérités dans la lumière qui m'est présentement donnée , et qui me donne une sainte horreur de tous mes amusements.

Je salue votre bon ange, etc.

A Evreux, ce 1 d'août, fête du grand saint de la divine Providence , le bienheureux Gaétan.

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