‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 359 sur 436 · LETTRE CCLII · texte numérisé non relu

LETTRE CCLII

Réflexion sur l'apostasie de Le Yassor. Traité De l'Oraison revu et corrigé.

DIEC SELL.

Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, etc. Je vous remercie très-humblement dans cette divine union de ce que vous m'écri- . vez. Pendant (jue les hommes s'empressent pour les affaires de la terre, il est inliniraent juste que hous nous occupions de celles de Dieu ; et parmi les choses >lont vous me jiarlez, c'en est une terrible que de voir ce qu'est l'homme délaissé à soi-même et sous ïa captivité du démon : a quo captivi tenenlur ad ejus voluntatcm [II Tim. ii, 26) ; ce sont les paroles de l'Apôtre : le démon en fait ce qu'il veut. C'est ce qui paraît sensiblement dans Le Vassor, devenu hérétique, après avoir écrit en faveur de la religion, et avoir passé la meilleure partie de sa vie dans la foi catholique.

Les Bénédictins disent que la lettre dont il s'agit, a été faite ]vir un prêtre de Basse- Normanilie, et qu'elle fait pitié; il nous faut en toutes choses regarder Dieu seul, il sera plus glorifié que vous la montriez à Rouen , que de me l'envoyer. J'ai eu prise avec le P. prédicateur touchant l'immaculée Conception de Notre-Dame, qu'il combat fortement, mais cela sans conséquence; il me dit ensuite que nous n'en serions pas moins amis : il est assez bonne personne, il ne m'est pas venu voir du tout, quoiqu'il soit allé voir tout le monde, île prime abord me disant qu'il ne savait trouver oiî j'étais logé, raison qui est à la vérité une excuse ridicule; dans la suite, il a voulu venir, je lui ai dit simplement, qu'il n'était pas nécessaire et qu'il suflisait de nous voir autre part, et cela est vrai. Je bénis la divine Providence de pouvoir demeurer solitaire pour penser, et y bien penser, au redoutable jugement de Dieu, devant qui il me faut

bientôt paraître : Ilorrendum, etc. Ce bon Père ilit aussi (ju'il n'y a plus de jansénistes, mais qu'on a appelé jan.sénistes ceux qui soutiennent la grAce ellicace. Je vous sup- [)lie de ne lui l'aire paraître rien du tout de ce que je vous écris, car, je vous l'assure, l'on me fera plaisir de ne fias me venir voir. A l'égard du reste, j'ai des raisons [wirliculières qui doivent empêcher que l'on ne sache pas que je vous en ai écrit. Pour ce qui regarde le jansénisme, vous pouvez, dans l'occasion, le faire tomber sur ce sujet-là et lui en donner les insir\u tions nécessaires, sans qu'il paraisse rien de moi ; cela est de conséquence.

Je ne savais rien de ce que vous m'écrivez de iL (le Grenoble ; j'en bénis la divine Providence. Je vous remercie au nom de Notre-Seigneur, pour recclésiasti(]ue que je vous ai ailressé, et je vous le recommande encore en Thonneiir de la charité infime du cœur de notie bon Sauveur, et de la miséricorde de sa très-douce Mère et des bons anges. Je salue le vôtre, etc.

A Evreux, ce 29 de janvier, fête du grand saint François de Sales.

Comme j'avais écrit le livre De l'oraison avant i\\ie l'on parlât de quiétisrae, j'y avais mis plusieurs choses que j'ai cru depuis ce temps-là di'voir corriger: mais enfin, dans la dernière édition, j'ai tâché de les corriger exactement, avec une addition que j'y ai mise. A la première occasion que la divine Providence nous en donnera, nous vous en enverrons un corrigé.

LETTRE CCLIIL

Au MÊME POUR LORS CHEZ LES URSULl.NES BK MAtiM.

Infirmités de M. lioudun.

Monsieur,

Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes.

Toujours dans cette divine union : ah ! que ce soit pour jamais.

Sous la protection de son immaculée Mère Vierge, notre bonne maîtresse, de saint Joseph, de saint Joachim, de sainte Anne, de saint Jean l'Evangéliste, de saint Jean-Baptiste, de tous les anges et de tous les saints :je salue votre bon ange bien respectueusement, tous les bons anges et saints patrons de l'institut de Sainte-Ursule, du diocèse de Rouen, des lieux où vous êtes et des personnes qui sont dans tous ces lieux.

Le saint concile donne bien quelque temps d'absence : ainsi je ne pense pas que vous deviez vous inquiéter pour le temps que vous employez à glorilier Notre-Seigneur et sa sainte Mère, dans les secours j)ressants que vous donnerez aux Ursulines; car que feraient-elles? c'est un véritable sujet de la plus légitime al)sence. Je ne crois pas que vous deviez vous mettre en peine ni pour le logement ni pour la nourriture. Servant de confesseur à ces religieuses, el-

fElIVRES COMPLETES DE BOUbON.

les sont obligt?es par tontes sortes de raisons de vous donner l'un et l'autre, et ne peuvent en user ni honnêtement ni chrétieunenieut d'une autre manière.

La divine Provideni-e, ma toujours trèsbonne et très-fidùle mère, continue mes incommodités. 1! y a huit jours qu'étant ailé à une communauté, j'y fus arrêté : on m'y veilla toute la nuit, et je pensais si je ne devais pas demander l'extrême-onction. Je n'ai pas bien la liberté d'aller ; je ne sais pas quand je verrai Mme Cécile, mais je ne vois pas que vous deviez penser à un autre logement qu'à celui des Ursulines. Je vous estime heureux d'être dans un lieu où la sainte 'Vierge est invoquée sous le litre de Notre-Uame de grand pouvoir. Il est bien dillicile que vous quittiez, cette maison n'ayant point de confesseur.

'l'out le monde ne crie pas contre les Pères Jésuites ; mais quand cela serait, ils ont le Seigneur de toutes choses pour protecteur, et après cela qu'ont-ils à craindre ? Tous ceux que je vois [larlent en faveur ces Pères Jésuites, bien loin que tout le monde soit contre eux et je vois plus de personnes que le^bon Père. Je suis dans un profond respect, enNotre-Seigneuret son immaculée Vierge, les bons anges et saints, etc.

A Paris, ce 20 juin, la veille de la fête de saint Leufroi, abbé.

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