I. II().MME m DlHl]. — PART. II
et ne rentre dans sa première fervcir. quoiqu'il eût beaucouj) soullert pour son nom.
cHApnui-: \i.
De son obéissance dans l'union arec \ ilre- Seif/neur Jésus Christ.
Dieu s'est humilié lui-" ème, s'écrie le grand Apôtre, s'élant fait ohrissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix. (Phi ip. 11, 8.) Après cela où est la créature qui pourra ne pas s'humilier"? O créature lô créature! souviens-toi de ce nue tu es; souviens-toi que tu n'es rien. Ah! souvienstoi de ce que" c'est que Dieu; souvien^-t'U qu'il est le grand tout ; souviens-loi que c'est un être infini I ô mon Dieu! ô mou Dieu! qui est semblable à vous? et vous vous humiliez vous-même, et vous vous humiliez jusqu'à vouloir obéir! Celui qui croit cette vérité pourra-t-il bien ne pas vouloir dépendre de qui que ce soit sans aucune réserve? Mais un Dieu, le Souverain absolu de toutes choses, obéit jusqu'à la mort, et à la mort de la croix ! Le Chrétien, qui doit être [.ersuadéd'un anéantissement si épouvantable, ne doit-il |ias être prêt en toutes chases et sans exception (quand elles seront dans l'ordre de Dieu), à obéir entièrement? .Mais, ô mon âme ! l'obéissance oîi ton Dieu se réduit n'en demeure pas là ; elle lui est si chère qu'il lavent continuer dans la divine Eucharistie jusqu'à la consommation des siècles, à autant de personnes qu'il y aura de prêtres, en autant de lieux qu'il se trouvera d'autels , à toutes les heures qu'il plaira ;i ses ministres sacrés; et hélas! pour être mis oij il leur plaira, pour être porté oii ils voudront. L'esprit découvre ici un abîme où il se perd ; les pensées et les paroles manquent, on ne sait plus où l'on est. Je ne suis pas surpris après cela, si le P. Seurin disait : « qu'il prenait de grandes délices à se perdre dans l'obéissance ; il y trouvait des joies ineffables. » Quand' le malheureux r.\badie, comme i! a été remarqué en la [iremière partie, lui dit que l'obéissance étoit bonne pour lui, c'était une grande vérité qu'il n'entendait pas lui-même ; car le Père en s'y [lerdant s'y est sauvé, et l'autre en s'en retirant s'est misérablement perdu. « .\ussi le Père assurait que c'était l'obéissance qui nonseulement l'avait consolé mais sauvé dans tous les dangers et dans toutes les voies extraordinaires où il s'était trouvé, car enfin le vrai obéissant ne remportera que des victoires. [Prov. XXI, 28.) Je ne puis assez dire» assurait-il encore, combien Noire-Seigneur m'a fait de biens, et de combien de niaux il m'a délivré par la conduite de l'obéissance. »
Il disait aussi que pour cela il ne fallait pas regarder la personne qui comuiande, mais Notre-Seigaeur en sa personne, et le souvenir des paroles de ce divin Sauveur : Qui vous écoute m'écoute. Qu'encore que les supérieurs se puissen' trom[ier. cependant en faisant ce qu'ils ordonnent, l'on demeurp dans la volonté de Dieu^ 'qu'encore q^ue ce.
ŒLYUtS COMPLLTKS DE BOUDON.
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soit une chose liùs-bonne de f;iire L'e que le divin amournous inspire, néanmoins quand l'obéissance y contrarie, c'est servi:- Dieu que l'on aime, de s'abstenir des fruits et des effets de son amour. Il montra bien qu'il était ilans la pratique de ce qu'il disail, lorsqu'il reçut un ordre de ses sujiérieurs jiour empêcher que ses écrits ne lussent publiés. Feu M. le prince de Conli, ayant eu <)uelqU('S-uiis des manuscrits du Père, en fut lellemenl édilié et si foriement louché, ((u'il résolut de les l'aire inqirinier : ce que les supérieurs ayant ajipris, ils jugèrent qu'il était h propos de l'caqiécher. Et de vrai, (pioicpi'i! n'en pût arriver que du bien, cependant il y avait un grand sujet de craindre pour les suites, si une l'ois on laissait publier (le la sorte les écrits d'un religieux .>>ans le consentement et la permission de ses supérieurs. C'est pourquoi le Père ne manqua pas d'en écrire à son allesse, pour la supjiiier très-humblement de ne pas l'aire imprimer ce qu'il avait de ses ouvrages. Ce prince fut édilié de son obéissance ; mais comme il ne dépendait pas des supérieurs du Père, et qu'il croyait que Dieu serait très-gloriiié que ses écrits fussent donnés au public, il ne lai-ssa pas de les iùire imprimer. Voici les sentiments du Père : « J'ai un estrôme déplaisir que ce livre ait été })ublié sans l'ordre de mes supérieurs. Je me trouve quelquefois en des volontés de le traiter comme étranger, et de faire comme une mère qui méconnaît son enfant. » Il dit dans une lettre , avant son im|jression. » Je f)rierai ceux qui les ont de les arrêter dans les ténèbres, jusqu'à ce qu'il plaise à Dieu d'en ordonner autremeni, afin de ne point manquer au premier devoir, ainsi que lit Abraham quand Dieu lui commanda d'immoler son propre fils dans lequel les nations devaient être bénies. J'estime fort peu les plus belles et les plus solides paroles du monde, au prix de l'exéculion de la divine volonté qui m'est déclarée par mon supérieur. Et je vous assure que si j'avais entre mes mains tous mes écrits, et que mon supérieur m'ordonnât de les jeter au feu, aussitôt je le ferais et me chaufferais à la llamme, quoique |)ar mes lumières ils me paraissent utiles pour le bien des ûmes. » .\ussi est-ce le propre du véritable obéissant de soumettre son entendement aussi bien que sa volonté, sacrifiant toutes ses propres lumières, et ne faisant pas d'examen des raisons de ceux qui commandent.
C'était pour ce sujet aue les anciens solitaires faisaient faire à leurs disciples quantité de choses qui paraissaient sans raison et ridicules, peur les accoutumer à une parfaite soumission d'esprit et de jugement. Le P. Seurin lit encore Lien voir combien ses lumières étaient soumises à celles de ses supérieurs en l'affaire de la possession de Loudun, s'y laissant engager contre toutes sortes de raisons r^ui semblaient le convaincre de son impuissance pour vaquer à une entreprise si la'borieuse; élant pour li)r$ réduit dans un épuisement t)resque en-
tier (le toutes ses forces, et étant prêt à la (piitier lorsque Dieu lui donnait (Jes bénédictions tout extraordinaires pour agir et ne pas agir que dans l'ordre de l'obéissance.
Ainsi le père recteur de Poitiers lui apportant un ordre de son [irovincial pour quitter le soin de la mère Jeanne des Anges, à même temps il obéit sans considérer ce que cette àme lui avait coûté devant Dieu, les rages que les démons marquaient pour les soins qu'il en prenait, les effets merveilleux de grâces qui en étaient arrivés. Mais cet acte d'obéissance aveugle fut suivi d'une bénédiction extraordinaire. Nous l'avons dit, le vrai obéissant ne remfiorte que des victoires; et en effet, son obéissance fut cause de la sortie de Léviathaii, démon fier et orgueilleux, et prince de la superbe : voici comment la chose arriva, La l)rovincial ayant chargé un autre Père du soin (le la mère, ce Père, avant que d'en prendre la conduite, pria le jière supérieur do cette mission, de trouver bon que le P. Seurin fit encore un exorcisme, afin de voir la manière dont il s'y jirenait, et de pouvoir prendre quelques mesures : ce que le supérieur ayant accordé, le P. Seurin fit encore un exorcisme, et dans cet exorcisme Lëvialhan fut chassé, au grand étonnement et des Pères et de plusieurs autres personnes. Il faut ici remarquer que le démon, voyant les bénédictions tiue Notre-Seigneur donnait au Père contre lui et ses sujipôts, l'avait menacé de le faire sortir, et effectivement il s'était servi d'étranges artifices pour en venir à bout. Mais ce malheureux esprit, qui s'était promis de charger le P. Seuriii de confusion en le faisant quitter, l'eut tout entière lui-même par sa sortie. Balaam, l'un des suppôts, qui possédait aussi la mère Jeanne des Anges, y eut sa part; car le succès arrivé ayant obligé le supérieur de donner un nouvel ordre au P. Seurin pour exorciser encore une fois, dans cet exorcisme suivant, Balaam sortit en présence de personnes très-considérables, ayant déclaré auparavant que Léviathan était sorti, comme nous l'avons déjà dit, parle pouvoir de saint Joseph; et ce dernier démon en sa sortie écrivit sur la main de la mère ce nom sacré de Joseph, en témoignage de la ()rotection de ce grand saint, qui voulut bien en donner des marques éclatantes, en faveur d'un véritable obéissant , ayant toujours aimé si chèrement cette vertu, comme il l'a même révélé à sainte Brigitte par une déclaration très-expresse.
C'est une chose bien, considérable, ce que l'on rapiiorte des effets de la vertu d'obéissance en bien des occasions ; les feux, les eaux'et toute la nature ont reconnu son pouvoir, les animaux dépourvus de raison ont senti sa force, la divine Providence le voulant de la sorte par sa toute-puissance. Mais dans l'occasion dont nous parlons, Dieu voulut que les démons rebelles y fussent soumis : en voici encore un exemple. Les démons ayant agité par de violentes contorsions de corps le Père, comme nousi