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OEl'VriES COMPLFTES DE BOl'DO."^.
crés cœurs de Jés>is et lie Marie, Monsieur, votre, etc.
A l'rretix, te 2i d'avril, jour de taprvcieuse mort de feu M. de Reiili, et dans l'octave de la précieuse mort du saint homme le P. Jean- Joseph Surin, Jésuite, homme d'incompara blés croix, arrivée It 21 de ce même mois.
LETTKE CCLXVII.
Al MÊME.
// s'accuse d'un emportement qu'il avait eu. Ses inprmités augmentent.
DIKt SEIL.
Monsieur,
Diei» seul. Dieu seul en dois personnes, etc. Je vous écris un samedi veille de la jurande i'êle de la Pentecôte, dans laquelle la divine [larole a voulu l'aire meiition expresse lie la très-sacrée Vierge, en nous apfirenant que les disciples attendaient la venue du Saint-Es|)ril avec Marie lalMère de Jésus. C'est aussi le li de mai, fête du grand saint Pacôme, l'illustre fondateur de tant de divins solitaires; et c'est encore le jour où l'on honore les hommages que la sainte famille a rendus à Dieu dans l'Egypte. Sa demeure sainte dans ce pays a étéla source de tant de grâces que les solitaires y ont reçues, et qui en ont fait un paradis terrestre; et, en çffel, les personnes sacrées qui l'ont habité faisaient le paradis de la terre.
Je suis bien aise dans ce jour saint de m'y accuser, non-seulement devant mon Dieu, mais imbliqueraent et par lettres, d'un emportement que je viens d'avoir, à la vérité ;,iar jjrécipitation et sans y faire assez de ré- /'exion, contre un homme qui m'avait loué son cheval pour mes visites, pour tirer la chaise. Je l'avais pris par charité, pour tâcher de lui faire gagner quelque chose, car c'est un pauvre cheval. Après avoir reçu l'argent que je lui en avais payé, et je crois très-rai--onnablement, il vient'de mêle rapporter huit jours après, suscité par de certaines personnes : je l'ai rebuté, et je lui ai jiarlé en colère, dit des paroles même fort dures, le traitant d'impertinent et de fripon. Cela, à la vérité, s'est passé sans y faire assez de réflexion, mais cela marque un fonds qui estbien à soi même. Ahl Monsieur,que j'ai sujet de m'humilier et de me tenir auuessous de toutes les créatures qui ont été, qui seront à jamais, comme la plus ingrate et la |ilus méchante qui soit ' Priez Dieu par .les miséricordes infmies du cœur miséricordieux de sa très-douce Mère, qu'il ait pitié »le moi selon la multitude de ses miséricordes et par les bons anges et saints,
Cejiendant, les intérêts de la gloire de notre bon Sauveur ne me laissent |)as en liberté de les abandonner; il me semble que pour un seul degré de sa gloire, je voudrais tout soutTrir et tout taire : ainsi j'espère avec .son divin secours que je ne les abandonnerai pas au sujet de l'anhidiaconat. Quœrile regnum Dei [Matth. vi,33) : il faut chercher, çl.lcr autres les intérêts de son divin rè|j;ne.
Je suis toujours bien incommodé. Dieu n)erci. Avant-hier la clmiiiable Mme Lefebvre me veillajusque près d'une heure après minuit; et hier je passai toute la nuit sans dormir par l'iiirommodité de ma descente (lui augmente. Cela m'éloigne bien d'aller ii Magni, où j'ii-ais volontiers, si je le iiouvais, car il me semble que Dieu tout bon m'apjjelle iiarliculièrement pour les âmes qui souffrent. Hélas 1 Monsieur, j'ai grand besoin de miséricorde ; comment pourrais-je ne la pas exercer envers les autres! Je ne saurais aller à cheval; l'on m'a prêté une chaise pour mes visites : il n'y a nas d'autre voie pour aller à Magni que celle du cheval, y allant d'Evreux; et |)uis, comment faire (juand j'y serais arrivé? demeurer dans un lit?
La lettre de Mme Lionne que l'on fait voir ici est celle à laquelle on a répondu; mais ce n'est pas ici le pays des ré)ionses. 11 n'y en a pas deux, au moins je n'en ai point oui parler; c'est peut-être que je ne le sais pas.
Ce que vous me mandez que l'on fait me louche sensiblement. Nous sommes dans des temjis malheureux; et ceux qui viendront après nous verront d'étranges choses, dont celles-ci ne sont que le commencement : la mort sembledouce dans cette vue.
Je ne sais pas comment on pourra ôter entièrement l'octave de la sainte Conception de la Mère de Dieu, car c'est à la prière du roi que le Pape Fa accordée ; c'est le rai même qui l'a demandée. A Paris, ils ont trouvé un moyen : l'on en fait l'octave; mais seulement la mémoire tous les jours, et le jour de l'octave l'olliee entier.
J'ai reçu votre dernière lettre avant celleci; il me semble que la supérieure des religieuses du Saint-Sacrement devait |iarler avec une générosité chrétienne aux personnes (jui menaçaient de déchirer la thèse où était saint Ignace. Si cela ariivait, on pourrait bien en avoir raison. Cela marque de plus en plus l'opjiosition de l'enfer à celte Compagnie, et combien elle glorifie Noire-Seigneur et son immaculée Mi're. Le Père de l'Oratoire dont vous me parlez aura sa bénédiction et une bénédiction spéciale parmi les contradictions qui lui arrivent.
Notre-Seigneur veuille soutenir les Pères Jésuites dans les affaires qu'ils ont. Vous m'avez consolé en Noire-Seigneur, et je ne sais pijinl d'autre consolation, de m'avoir ajipris ce (]ui se jiasse à Rome. Je ne sais ce que c'est que les six lettres dont vous me jiurlez. La vie de M. Arnauld n'empêche pas qu'il n'ait brouillé toute l'Eglise, comme le feu abbé «le la Trap[)e a dit. J^ salue votre bon ange, etc.
Je ne sais si je vous ai mandé que lo R. P. de la Chaise a demandée une i)er.ioiiiie de qualité qui me l'a é<;rit quatre livres De la dévotion ù. l'Immaculée Vierge, Mère de Dieu ; un pour le roi, un (iourMgrledau|)hin, un [(Our niadame de Maintenon et un (lour ]ui. Ea r^uo' non snnt elegit Deus. [l(Jor.i,'2^.)
LETTRES. — A M. BOSGIERARD.
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LETTKE CCLXVlll.
Humilité Je Boudon. Il i-r'signe snnarchidiaconé à M. Amey. 'Histoire lios cinq proiosilions de Jsnsénius, par M. Dumas.
DIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, etc. C'est dans cette divine union que je [vous écris, n'en voulant jamais sortir, y voulant tout faire et tout y souffrir : Chrislus omnia in omnibus. {Col. m, 11.)
Vous nie tirez de la difliculté où j'étais à l'égard de .Mme Cécile , dans la crainte que j'avais qu'elle ne fût nécessaire pour l'œuvre, et c'(>st ce qui me mettait en peine pour la déterminer. Elle est très-goûtée à Paris et par des personnes démérite, et elle y serae;!)[>loyée, avec le secours divin, utilement pourla gloire de Notre-Seigneur et de son immaculée Jlère Vierge. Présentement, elle [irend soin d'une nouvelle maison, et je ne vois pas qu'elle doive penser à Rouen.
Je jirie notre bon Sauveur, par sa trèssainle Mère et les bons anges, qu'il veuille remédier au mal qui arrive lies lettres qui courent. On dit qu i! y a une réponse bien forte des Pères Jésuites ; mais que ces Pères ont à Home de puissants adve.'-saires auprès du Pape. La divine Providence cependant saura bien tirer sa divine gloire de toutes choses.
Je ne vois en moi que des sujets de la dernière confusion : Tota dieverecundia mea conlra me esl, et cunfusio facieimeœ coopérait me (128). Quand je pense à toute ma vie, ce que je puis dire est : \obis rubor confusionis. Non-seulement je suis un serviteur inutile, mais la plus ingrate des créatures qui fut jamais. Je vois cela dans un grand jour, et tout ce que je puis conclure de ma misérable vie, en présence de Dieu devant qui j'écris et des saints anges, est : Unum scio : infernum me esse dignum (129). Voilà ce qu'on doit penser de ma chétive et malheureuse personne, ^'oilà les justes sentiments où toutes les créatures doivent entrera mon égard. Je vomirais de bon cœur qu'ils fus- .sent publiés au son destromiieties jiar toute la terre. Aussi toutes les créatures ont droit de s'élever contre ma misérable personne : Mérita in me armaretur omnis creatttra, et dans cette vue, je reconnais la justice de celles qui se sont élevées etfectivement ; je leur en sais bon gré, je leur en suis iiifinimentobligé; je prie notre bon Sauveur, par le cœur de sa .miséricordieuse Mère, qu'il les comble de toutes ses bénédictions. On gardait encore dans une bibliothèque un écrit fait contre uioi et qui pouvait y rester pour toujours;
c'est une grande grâce que l'on me faisait : il faut c]ue l'on crie contre la plus ingrate des créatuies jus(]u'à la fin du monde. Notre prélat a dit de l'ôter ; ma pensée était qu'on l'y laissât |>oiir toujours, alin d'être toujours humilié et dans la succession de tous les temps; je ne sais si on l'aura ùté. La charité qui, selon saint Jérôme, n'a point de bornes : Mensuram non habcl charitas, vous dontie d'autres sentiments, mais c'est qu'elle est bénigne , selon r.\|iôtre, qu elle croit tout et soujfre tout [I Cor. xiii, 4), à l'égard du prochain.
Cependant je demeure toujours chargé du bénéfice, la prise de (lossession n'étant i as canonique, jiarce que la résignation n'est pas accejitée, quoiqu'elle soit datée du jour de la présentation, ce qui donne lieu à l'arrêt du parlement. Dieu seul et toujours Dieu seul. Par la miséricorde de notre bon Sauveur et de sa charitable .Mère, je n'ai eu que la seule vue de sa gloire (et jamais je neveux autrechose),daiisla résignation que j'ai faite à M. Amey (130), d'ajirès les témoignages que des personnes de mérite m'ont donnés de sa dévotion à la très-sacrée A'ierge, de sa bonne doctrine qui est ce que l'on doit considérer beaucoup en ces temps-ci |iarticulièrement, de sa luobité, de sa capacité pour dignement s'acquitter des devoirs d'archidiacre.Au reste, vous m'apprenez ce que je ne savais pas du tout, que c'est le docteur qui a eu différend avec vous. Pour n'être pas de naissance, c'est une considération trop humaine à laquelle je ne m'arrête point du tout, et je le dois bien faire, puisque le Fils de Dieu ne l'a pas fait dans le choix de ses apôtres. Nous avons eu plusieurs Papes et plusieurs évêques qui n'étaient pas de naissam^e. J'otfrirai le très-divin sacrifice jiour la fille de feu M. de Berville.
Je salue votre bon ange, tons les bons anges et saints [latrons de la ville et du diocèse de Rouen et des [lersonnes qui y sont. J'espère que la divine Providence lùe fera retourner à Evreux dans l'octave de la glorieuse Assom|ition de Notre-Dame au ciel, en corps et en âme, pour y faire mes visites, sous la protection ordinaire de l'immaculée Vierge, iMère de Dieu, de saint Joseph, des bons anges et saints patrons du diocèse d'Evreux, le mois de se|iteinbre, avec toutes mes infirmités corporelles.
Laissant à part la dilliculté si un archidiacre sans prébende est obligé de résider, je dis d'une résidence actuelle, tout le lon^ (ie l'année, s'élant acquitté de toutes ses visites (ce que le feu P. Bajet, très-doite, ne pensait |ias, et il me citait sur ce sujet un archidiacre de Paris qui pour lors élait officiai dans un autre diocèse, et un diocèse bien
(128) Je porte durant tuut le jour le poids de mon ignominie, el ta confusion me couvre le lisage. (fsal. %Lvm, II).)
'1-29: Tout ce que je sais., c'est que je suis digne de l'enfer.
i.l3'i* GiiiUanme Amey ë aii [irélre ilu dÎMrfspde
Baveux, docteur en théologie de la faculté de Caeiu Roiidon, vovuiil ijueses inlinuilés augmenlaieiil, et cpi'il lui élafl impossible de remplir les loiiclions dû son areliiiiiaeoiial, le lui résigna r,innée d'avant sut uii'ii. M. Ane y prit possession le 22 aout i'OU
OKIVRES COMPLETtS DE BOUDON.
réylé, s.ins que personne s'y opposiU. quoique le diocèse de Parissoil'un des pkisconfiidérflbles), il est certain nue celui d'Jîvreux n'y est pas obligé, car il nya pas de quoi vivre et on ne pourrait pas l'obliger à résider sans lui donner de quoi subsi'ster selon sa dig'niié. Avec toutes les bonnes qualités de M. Ainey, il a fallu encore considérer qu'il avait du patrimoine pour subsister au moins quelque tein|)s dans- le diocèse.
L'on a l'ait un livre très-bon et très-utile à l'Eglise, intitulé : Histoire des cinq propositions de Jansniius, qui est imprimé à Liège avec toutes tes af)[)robalioiis et fierniissioiis nécessaires. Il est fait par un docteur de Sorbonne nommé M. Dumas. C'est un livre a avoir. Je le lis F>résentement, on nie l'a prêté et assurémentc'est un livre trèsutile à l'Eglise et qui rapporte fidèlement, sans passion, ce quia été fait des deux côtés et les raisons que l'on a alléguées. Je suis dans un profund resjiect, elc
À Paris ce 2 d'août 1701, fdle Dame des Anges.
de No Ire -