LETTRE CCLXXV
À MOSSIEl R THOMàS, CONSEILLER DU CHATÉLET, A PARIS.
Le christianisme nous enseigne que tout ce qui n'est pas Dieu, n'est rien.
Dieu seul, Dieu seUl en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union de notre bon hauveur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hoaimes. C'est dans cette sainte union que l'âme apprend cette grande vérité, qu'il n'y a que Dieu seul, qu'elle découvre dans une lumière admirable son grand tout et le rien des créatures ; ce q\ie l'on peut apprendre des hommes sur ce sujet, est bien peu de chose : car enfin notre bon Sauveur nous l'a déclaré lui-même, que nous n'avions pas plusieurs maîtres. C'est à ses pieds pav le moyen de la sainte oraison, qu'il nous faut apjirendre la science qui est apjielée la science des saints, c'est-à-dire une doctrine que l'esprit de Jésus-Christ leur a enseignée. C'est <ette science qui nous apjirend que tout ce qui n'est point Dieu, n'est rien, c! qui nous en fait houreusemenl entrer dans la pratique par le dégagement de tout le créé, et le seul attachement à l'esprit incréé, Dieu seul.
J'écris à .Mme votre épouse, et j'espère, si la divine Providence nous laisse encore cans cette terre d'exil, que nous pourrons avoir le bien de nous voir dans le mois de novembre.
-Mme votre éjiouse fera bien de prendre l'air et les remèdes qu'on lui ordonne, melt;mt d'autre part, toute sa confiance seulement et uniquement en la divine Providence qui prend un soin |iariiculier de ce qui la fegarde, et d'une manière toute pleine de
miséricorde, quoique rude à la nature.
Je ne sais point de confesseur qui vous soit bien piopre;je crois qu'il est bon que vous ne vous hâtiez pas de vous arrêter à aucun, (jue vous n'eu ayez fait l'expérience durant un temps raisonnable, et vous pourrez cependant faire é[>reuve de plusieurs. Je salue votre bon ange, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris, et suis, etc.
A Ihreux, ce 2 d'août, fite de Notre-Dame des anqcs, 1691.
LETTRE CCLXXVL
Dévotion aux saints anges. — Mlle Rousseau demande à profiter de son ouvrage sur la sainte Vierge, pour la rédaction d'un autre de même nature.
DIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seul, Dieil seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes.
C'est dans cette divine union qu'il faut prier nos bons anges, Monsieur, qu'ils intercèdent pour nous, afin que nous y vivions, que nous y agissions continuellement, que nous y sou'tfrions. que nous y mourrions, pour y demeurer à jamais, à jamais, à jamais, durant toute l'éternité. Les miséricordes do notre bon Sauveur ne se comprennent pas, elles me laissent dans rétorniement de voir le souvenir fréquent et facile qu'elles me donnent de mon bon ange. Je salue bien le vôtre, celui de Mme votre épouse dont je me souviens toujours au saint aulel, ceux de toutes les personnes de votre famille, que je salue avec bien du respect; les bons anges de M. Courtin et de toutes les personnes affligées du diocèse de Paris, de la ville et des personnes qui y sont; je vous écris le 2.3 novembre, fête de Sainte - Cécile , la grande amie des anges.
Voici, s'il vous plaît, une réponse que je fais à une lettre de Mlle Rousseau ; vous aurez la charité de la faire mettre h la ()oste le jour qu'elle part pour Angers; mais si le paquet des livres des Saints Anges n'était pas jiarli, il serait mieux de l'y mettre, parce qu'elle me mande qu'on avait ouvert la dernière lettre que je lui ai adressée ; elle me mande aussi qu'elle fait récrire son ouvrage de Vamour actuel de lu sainte Yierge ; |i'iur, dit-elle, y insérer celui que la divine Providence nous a fait donner au public tout entier, c'est-à-dire tous les motifs et la doctrine; j'en suis très-coniont, car pourvu que notre bon .Maître soit glorifié, et notre bonne Maîtresse, tout va bien. Mais ce qui est un peu embarrassant, c'est qu'il en pourrail arriver la môme chose qu'à un des livres du saint homme, le P. Seuriu. Un ecclésiastique ayant trouvé quelque copie de son manuscrit le fit imprimer sous son nom, de là est venue la dilliculté au suiet du livre
t2US
f.ETTRtS.
A M. THOMAS
(iii P. Seuiin, et il a fallu t^crire pour juslilier nue le livre élail du P. Seuiii), ut non pas de recclésiaslitjiie, ce qui cependant a en ses diflicullés. Là-dessus, la pensée m'est venue, je vous en laisse la décision avec M. Courlin, de uicttre deux livres de la sainte Vierge dins le paquet, et j'écris à la demoiselle, en cas qu'elle les reçoive sans lui en dire la raison, ([u'elle en donne un à MM. du séminaire d'Angers, et l'autre aux Carmélites; car 5 Angers on ne connaît pas ce livre el par ce moyen l'on verrait l)ien que je ne l'aurais pas tiré de l'ouvrage delà bonne demoiselle, mais qu'elle se serait servie du livre, (l'est une grande servante de Dieu (pii ne pense pas à ces suites ; mais il est bon de les prévoir pour ne fias donner prise au démon de s'élever contre l'ouvrage. L'un do nos curés de la campagne, m'écrit que le prêtant à d'autres curés et différentes j)ersonnes, il fait de très-grands biens et a une bénédiction toute singulière. L'on m'écrit d'Angers, que dans une grande solennité qui s'y fait oij l'on prêche durant huit jours en l'honneur des saints anges, un religieux a dit qu'il s'était servi du livre de la Dévotion aux neuf chœurs des saints anges, l)0ur tous les sermons de son octave. Dieu soit glorilié de tout et en tout. C'est dans le cœur de Jésus et de Marie que je demeure avec bien du respect. Monsieur, votre trèshumble et très-obéissant serviteur, etc.
Le temps de la supériorité de Mlle Rousseau est fini, ainsi il ne la faut plus mettre supérieure.
23 tiovembre 1692.
LETTRE CCLXXVIL
Al 51ÊMK.
Sur la mort du père de ce magistrat.
, DIEt SEVI..
Monsieur,
et toujours Dieu seul dans l'union sacrée du cœur de notre lx)n Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes. Son aimable et divine Providence qui fait tout, qui dis- )iose de tout, doit être regardée en tout ce qui arrive ; et si un seul cheveu ne tombe I)as de notre tête sans sa divine conduite, personne ne mourra sans son ordre. C'est donc Dieu lui-même, Monsieur, qui a fait mourir AL votre père, et s'il l'a fait mourir, que vous reste-t-il, sinon à nous soumettre, à adorer, à bénir ce qu'il a fait, et qui est inQniment bien fait, puisqu'il l'a fait"? Honorez, par la douleur que vous en pouvez avoir et par la répugnance que la nature en peut souffrir, la douleur de notre bon Sauveur et la répugnance naturelle qu'il a bien voulu porter dans le jardin des Olives, à l'égard de la croix qui lui était offerte; car enlin, en lotit, il faut être uni à notre Sauveur Jésus-Christ. Mais en même temps dites avec lui : Toutefois que ma volonté' ne se fassepas, 6 Père éternel, mais la vôtre {Marc. i-iv, 36);et réitérez celle résignation de
votre volonté à la volonté divine, h l'imitation de ce divin Sauveur, autant do fois que la nature aura de ré|iugnance Gravit, eumdem sermonem dicens. [Ihid., 39.)
Ensuite il ne faut rien oulilicr de tout ce qui pourra conlribuer h l'avancement du règne parfait de la suradorable Trinité dans l'Ame de M. votre père. Je crois que vous avez chez vous le iietit livre ((ue la divine Providenro nous a fait donner au public. De la gloire de la suinte Trinité dans les (Imes du purgatoire, où nous avons parlé des moyens les plus eflicaces d'établir la gloire de Dieu en elles. Vous pourrez les y lire si vous le jugez à (iropos. J'ai commencé aujourd'hui, fête du saint et charitable cœur de la |ilus miséricordieuse des créatures, à offiir le très-saint sacrifice à son intention; nous continuerons aveu le secours divin durant trente-trois jours. Je salue bien particulièrement Mme la conseillère, dont je me souviens tous les jours devant Dieu, toute votre famille, vos bons anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris, et des personnes qui y sont, et suis avec respect. Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur, etc.
.4 Evreux, le 8 février 1697, jour de lu fête du très-saint cœur de l'admirable Mère de Dieu.
LETTRE CCLXXVIIL
Sur les artiftees du Démon gui se changequelquefois en ange de lumière pour tromper les âmes pieuses.
niEL SEUL.
Monsieur ,
Dieu seul , Dieu seul en îrois persiinnes, et toujours Dieu seul dans l'union du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les honmies. C'est tout ce que nous avons à dire toujours, et tout ce que nous voulons dire, savoir et faire dans la vie, à la mort et éternellement ajirès la mort. Je prie en toute humilité son Saint- Esprit que, selon la multitude de ses divines miséricordes, il nous éclaire de ses pures lumières, pour ne nous pas laisser tromper par les artifices du malin esprit. La divine parole nous apprend qu'il se transfigure en ange de lumière qui est dans la véri'.é dans laquelle la même divine Ecriture nous apprend qu'il n'a pas demeuré, et dans cette transfiguration il semble conseiller de trèsbonnes choses, mais il a ses desseins. Un homme meurt dans une communauté de Paris, sa figure se fait voir sensiblement à une communauté de filles religieuses hors du royaume, leur demande du secours [lour être soulagé dans les feux du (lurgatoire. Ces religieuses, qui n'avaient jamais entendu parler de cet homme , écrivent à Paris , on leur mande qu'il est vrai qu'un homme de telle ligure y est mort et qui s'ap[)elle comme il s'était nommé. Une des saintes âmes de notre siècle éloignée aussi de Paris apprends
Ui:UVRtS COMPLETES DE BOUDON.
fiai- révélation LiMestu , c]ue L'éUit un démon qui avait pti> cette ti^jure , dont le dessein était de les accabler d'austéi-ités j^our les rendre inhabiles au service de Dieu, sous prétexte de secours (lOUr cette pei-sonne. L'un des saints hommes de notre temps meurt, 15 oul6ans ajirés sa mort un démon, dans une ()ersonne possédée, dit qu'il souffrait beaucoup en purgatoire. Tu vicaire-général d'un ordre reformé, grand [lersonnago et expérimenté en la vie spirituelle, croit que c'est Dieu qu.i le fait dire au démon , et là-dessus ordonne quantité de prières.
Mgr l'ancien évoque de Québec en Canada m'a dit depuis qu'une très-sainte personne du Canada, et je crois que l'on a donné sa Vie au j)ublic, avait eu révélation i|ue ce saint homme n'avait été en purgatoire qu'environ un jour. A[)paremment le démon [larlait pour tliminuer l'estime de ce saint personnage, je dis peut-être. Feu madame la duchesse de Bouillon fait vœu de faire dire vingt-cinq mille messes pour les âmes du purgatoire, s'il plaît à Noire-Seigneur donner quelque connaissance de l'état de feu son mari décédé; on a recours à des âmes illustres en sainteté, et pour leurs grâces extraordinaires. Deux apprennent par révélation qu'il est au ciel, et deux autres par révélation qu'il brûlait dans le pur-gatoire. Je vous ratiporte ces choses, .Monsieur, i)0ur vous dire qu'il ne se faut pas arrêter à ces clioses-là, et qui font bien voir la tromperie de ceux qui s'y seraient arrêtés. Ma petite pensée donc est que l'entrée dans le troisième ordre de Saint Dominique, étant une chose très-sainte , indépendamment do la voie extraordinaire, vous examiniez avec vo- Ir-e directeur si vous y êtes appelé, si vous en avez les marques jiar l'attrait de la grâce, et un attrait qui persévère et qui vous donne de la paix, lor.^que vous en prenez la résolution 5 jiarticulièrement a|)rès la commu- :iion, et que vous ne vous pressiez point ^ pour éprouver si l'Ksprit est ue Dieu, Probul<e Spiritus si ex Deo est. (/ Joan. iv, 1).
Jlais voici ce qui est indubitable, et après avoir salué Mme votre femme qui m'est toujours présente devant notre bon Sauveur et son immaculée Mère vier-ge, toute la famille que j'honore parfaitement, vos boirs anges, je ne saurais oublier ces célestes Esprits, et, par l'inliiiie miséricorde de Notre- Seigneur-, j'en suis plus occupé rpie jamais, tous les bons anges et saints (latrons de la ville et du diocèse de Paris, et de toutes les nersonnes qui y sont, et très-spécialeruent la grande et glorieuse patronne sainte Gène" viève et le bon ange qu'elle a eue autrefois, voici, dis-je, ce qui est de la dernière certitude, et que je vous supplie de dire à madame votr-e femme que je lui déclare de la [lart et au noiit de notre bon Sauveur Jésus- Christ que ceux (|ui soulfrent sont bienheureux : C'est la révélation qui nous a été faite par Dieu même qui, ayant dans l'ancienne loi jtarlé par les Prophètes, dans la loi do grâce dans laquelle nous vivons , nous a j»arlé par son [iropre Fils, et qui nous a as-
surés de cette vérité. Oh! qu'elle est heiiipuse; mais je dis intinimenl heureuse!
Qu'elle chante les miséricordes du Seigneui pour jamais.
Le giarrd âge où je suis , étant âgé de 1'* ans, me doit faire attendre tous les jours la mort, mais si la divine Providence me conserve encore la vie, j'espère qu'elle me conduii-a 5 Paris ajirès la fcte de la Pentecôte; sa très-;ainte volonté soit faite en toutes choses.
Je prends aussi la liberté. Monsieur, de vous adresser cette lettre pour Limoges, car ce sont des lettres pour la gloire de notre bon Sauveur et de son immaculée Mère vierge, mais je vous supplie do les envoyer' si^rement à la poste le samedi (|ui est le seul jour que part la poste (lour Limoges et les garder' jusqu'à ce teiiqis-là. Je suis avec l'es" pect , etc.
Du 'S janvier 1698.
LKTTRE CCLXXIX.
AU MÉMIi:.
Désirs ardents de Boudon pour que Dieu seul vivB en lui et dans toutes les âmes. Pouvait des suints amjes contre les dénions.
DIEU SELl..
Monsieur ,
Dieu seul, Dieu seul en trois personnes et toujours Dieu seul dans l'union du «scré cœur de notre bon Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes. C'est ce que je jirononce de tout mon cœur, de tout mon esprit, de toute mon âme, et de toutes mes forces, niainterrant et pour l'heure de mamort, et à jamais, et à jamais et pour jamais. C'est ce que je dis et uniquement ce que je veux dire, ce que je désire, que je veux et que je recherche seulement dans l'année oii je vais entrer demain, si je suis encore au momJe. qui est la 75' de mon âge, le li de janvier , jour oij l'ordre de !-aint-Franço;s et plusieurs autres églises célèbrent la fête du très-doux et très-saint nom de Jésus , nom tout de miséricorde , et dont j'ai expérimenté les divins efl'ets durant tout le cours de ma vie, autant de fois que j'ai vécu de moments. Ah 1 que Jésus soit à jamais Jésus pour nous, dans la continuation et augmentation de ses saintes grâces. Il ne faut plus être, plus vivre, plus agir, plussoulfrir que dans sa bienheureuse union ; et certainement la glorieuse qualité que nous avons d'être ses membres, nous faisant être une môme qualité avec lui, nous y oblige nécessairement. Mais si nous ne vivons plus que do sa vie, pour iors Dieu seul sera notre gi-and et unique tout, et nous verrons dans sa pure lumière tout le reste comme un vrai rien en sa [irésence sirradorable.
Fair-e une bonne chose, et la faire par l'avis de ceux dont l'orr doit suivre le conseil, est un bietr; mais de se renouveler particulièrement dans la dévotion de l'aimable Mère de Dieu est un bien si grand qu'il n'y a point do [laroles qui puissent l'exprimer.
Les prières en elles-mêmes sont bonnes;
LETTRES. -
mais les oonsidëraut venir du ma |iart, le démon n'a pas grand -sujcl de les uiaindre. Je me vois au-dessous d'eux tous par mes iiuldLMilés, résistances à la grûte et par mes péeliés; et mes ingratitudes me paraissent sans éjjales. Mais j'offrirai pour Agathe notre Sauveur Jésus-ClHi>t au très-saint sacrifice, qui est la tjrande prière et ellicace auprès du l'ère éternel, et il n'y a point à douter que ses anéantissements ne fassent trembler tout l'enfer. !,es démons craignent aussi tout particulièiemenl los saints angt's, et ceux-ci ont un pouvoir extraordinaire sur eux, à raison de radliérenee qu'ils ont eueàNotre- Seigneur Jésus-Cfirist (IVO) lorsqu'ils ont combattu avec ces esprits rebelles. Leur dévotion est un grand secours contre eux.
Saint Thomas, avec l'Ecole de théologie, enseigne que les démons n'ont pu se reiieiitir à raison de la qualité de leur volonté qui, s'étant une fois ilxée, ne peut plus changer; mais ils ont été dans une grande et pleine liberté de ré>i>ter à leur tentation , avant de succomber. Chantons à jamais nous autres les miséricordes du Seigneur, qui, après tant de chutes , nous reçoit encore en sa grâce avec une bonté inliaie.
La pauvre Agathe a bien sujet de se réjouir en Notre-Seigneur. La vexation qu'elle porte est une des plus grandes grâces quelle pouvait jamais recevoir en faisant un usa^^e chrétien. Je tâcherai, avec le secours divin, (l'avoir joiii d'elle devant Noire-Seigneur Jésu>-Chri<.l, notre bon et miséricordieux Sauveur, devant la glorieuse vierge Marie, notre bonne et très-tiJèle Mère et les bons anges, saint Joseph, saint Joachim, sainte Anne, saint Jean l'Evangeliste, et les sept premiers princes du ciel qui sont les plus proches du trône de Dieu. Je ne saurais m'oubJier de votre femme. Je salue Mme votre Mère, Mlle votre fille, vos bons anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris , et suis avec beaucoup de respect, etc.
Ce i3 janvier 1698.
LETTRE CGLXXX.
Al. MȻE.
Dévotion aux saints anijes et aux saints. — Boudun cherche avec M. Thomas à répandre de bons litres.
DIEL SEUL
Monsieur,
Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul, dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes. Comme c'est sa seule gloire que nous devons aimer et rechercher en toutes choses, si vous pensez, avec M. Courtin, que VActe de la réparation doive être imprimé, et que notre bon Sauveur et sa très-sainte Mère, les
A M. THOM.\S. (210
bons anges et saints en seront glorifiés, il scca donc bon qu'on l'imprime. Je vous écris, .Monsieur, le 31 d'octobre, la veille de la fêle de tous les saints, et le jour de la précieuse mort du vénérable irère Alphonse Uodriguez, religieux condjuleur de la Compagnie de Jésus; c'est ain.-^i qu'ils apjiellent les frères, l'un des grands favoris de la irèsiligne Mère de Dieu, a qui elle révéla que l'une des lins de la Compagnie de Jésus que Dieu avait eue dans son institution, était la défense de son Immaculée Conception que ce bon frère honorait à toutes les heures du jour et de la nuit, étant éveillé apparemment {lour ce sujet jwr son bon ange. C'est lui qui a révélé, depuis sa sainte mort, qu'il était aussi élevé dans la gloire dans le ciel au-dessus de Philippe II, roi d'Espagne, que Philippe l'était au-dessus de lui pauvre frère portier en la vie présente. Oh ! qu'il fait bon. Monsieur, servir Dieu! (lu'il e.-.t juste de nous écrier ici, avec le saint homme, le P. de Mataincourt, fondateur des religieuses de la congrégation de Notre-Dame, et réformateur des dianoines ré.;ulicrs en Lorraine, oh! que nous avons m bon maîtrel que nous avons une bonne maîtresse ! Quant bonum hahemus dominam! (juain bonaui habenius dominam! Ajoutons-y, c/uam bonos hahemus angelos, quam bonos habemus omîtes sanctos! que nos anges sont bons ! que tous les saints ont de bonté pour nous! Il .v a longteuips que mon intention est à les honorer fous les jours incessamu\ent, et de faire tous les jours, pour ainsi dire, la fête de tous les saints, offrant toutes mes actions à Dieu en leur honneur, en sorte que mon intention est d'honorer, par toutes mes actions, les offrant à Dieu, la très-sainte Vierge, tous les bons anges et saints, et à l'égard de la valeur que l'on peut donner, en tant qu'elles sont .■iatisfactoires, en donner la disjiosilion toute entière à la bienheureuse .Mère de Dieu, pour être, autant que l'on peut être, dans l'ordre de Dieu, à la très-sainte \ ierge, aux bons anges et aux saints; le tout, ()ar lapport à Dieu seul et pour sa plus grantie gloire.
Je crois que ce vous a été une grande bénédiction que le 11. P., maître des novices des Carmes déchaussés, vous soit allé voir à la campagne avec ses novices. Je lui suis bien obligé de sa charité et de celle du K. P. Du Paie. L'on me mande de Paris que l'on m'a recommandé aux prières de tous côtés, et que l'on a dit, à Saint-Sul[)ice, [ilusieurs messes pour mon indigne personne. On avait fait courir le bruit que j'avais reçu l'extrême onction et que j'étais à l'agonie. Je dois regarder cette conduite comme un avertissement de la divine Providence, et j'espère, avec le secours de ma très-boni;e et très-fidèle Mère, faire servir la chambre où elle me loge, comme d'un ermitage, pour y vaquer à l'élernité et au Dieudel'élernitc.
(140) Les premiers ëdileiM's avaient remplacé ces vxprcssioiis par le mol Dieu; en effet, d esl Ion doutvM\ que les anges aieul connu le mystère de t'in-
carnaiion au moment de leur combat contre Luc 1er Cl les mauvais antres.
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îlli
La divine Providence, dans notre dernière visite, m'a fait visiter environ soixante paroisses. Partout le livre de la science sacrée du catéchisme qui est pour l'instruction des peuples, y est; il n'va que sis paroisses oiî il manque. Si vous voidez donc bien, mais sans vous incommoder, s'il vous plaît, en mettre six dans le (laquel, vous contribuerez de la sorte à l'instruction de ces paroisses; c'est la divine Providence qui vous a insjjiré de nie mander si j'avais encore quelque chose à vous |)rier pour mettre dans le paquet, car je n'aurais ()as osé prendre cette liberté, étant cause que vous avez fait tant de dépense, et, puisque cela est, il y aurait encore besoin d'un livre du Règne de Dieu en l'oraison pour l'envoyer à une Chartreuse oij ils ont l'ani ien, oi!i il y a plusieurs choses a ôter à raison des tem|)s ; ce que j'ai fait dans la dernière édition par la divine miséricorde. Vous auriez encore la bonté, à votre conimodilé et loisir, d'en donner un au frère .\lexis pour la mère Françoise, carmélite à Anvers. Elles en voudraient bien tin corrigé et il est à propos |iour la gloire de Dieu. Elle m'écrit qu'elle a reçu tous les livresque vous lui avez adressés par le frère Alexis, et elle a envoyé le livre De la dévotion aux neuf chœurs des anges en plusieurs <ouvents, ce que j'espère aller beaucoup à la gloire de notre commun Maître, de notre bonne Maîtresse et de ces célestes esprits. Je salue bien le vôtre, ce que je fais tons les jours, tant ceux de votre famille, de -M. Courtin, et en particulier de AJadame voire épouse à qui vous direz qu'elle m'est présente tous les jours devant Dieu, prenant plus de part en la gloire de Dieu en elle que je ne vous le peux dire. Mlle de Lambillon m'a aussi écrit de Nancy qu'elle a reçu le paquet et qu'elle fait la distribution des livres, ce qui glorifie bien Dieu. Elle me mande qu'elle a fait un pèlerinage à Notre- Dame de Bon-Secours, qui est proche de Nancy, à notre intention. Voici une lettre jiourelle à mettre, s'il vous plaît, à la poste, qui part de Paris le lundi, le mercredi et le samedi. Je prierai notre bon Sauveur et sa sainte Mère, pour la sœur Charlay, et suis très-respectueusement, etc.
31 octobre 1698.
LETTHECCLXXXI
■Oh cherche par les 7nenaces à détourner 5oudiin d'écrire des livres de pieté, et surtout touchant la dévotion à la sainte Vierge.
UIEi: SKli..
Dieu seul , Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union ^ainte du sacré i-œur de notre bon Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes. En vérité. Monsieur, je ne saurais nie lasser de le dire et redire. Dieu seul. Je ne sais ce que son aimable et divine Providence
fera, mais je saisqu'elle est ef sera toujours la meilleure et la plus fidèle des mères: au sujet du livre qu'elle nous a fait donner au public De la dévotion à l'Immaculée Vierge, mère de Dieu; mais notre prélat m'a dit qu'il a reçu une lettre pleine de menaces contre moi, sans me dire ceux qui lui ont écrit, dans laquelle on jirétendme traiter de la bonne manière, et de faire rechercher dans les livres que la même divine Piovidence nous a fait écrire. Je parle de la sorte, car je ne l'ai point fait par mon choix, (Je ce c]uc l'on pourra y trouver à redire, jiour en faire un livre. Je lui ai répondu que si j'avais écrit cpielque chose qui ne fût pas bien , j'étais jirêt à le corriger, et de plus à jeter nos livres même dans le feu , s'il y allait de la gloire de Dieu. Je vois bien que cette lettre vient des gens du parti des nouvelles opinions à qui l'on avait mandé, sans me nommer jamais personne , à ce que m'a dit le même prélat, auparavant que le livre De la dévotion à lu sainte Vierge parût, que j'allais écriie contre le livre de M. Baillet; c'est uii homme dont je n'ai pas dit un seul mot, ne l'ayant jamais nommé. Il est vrai que mes sentiments, ou pour mieux dire les sentiments des saints sont bien opposés aux siens, et rapportent les objections que l'on fait au sujet de la dévotion à la Mère de Dieu ; j'en ai parlé, sans le nommer, me croyant obligé de les éclaircir. Mais je ne sais pas pourquoi l'on s'échautTe tant contre moi; ils ont bien plus sujet d'écrire contre quatre ou cinq lettres imprimées qui sont faites nommément contre ledit M. Baillet; s'il lui est bien permis d'avancer ses sentiments et de les donner au public, il me semble que l'on ne doit pas s'irriter que l'on entre dans d'autres ; et de plus les objections ont été faites par les hérétiques à qui je ne le compare pas, et que je crois n'avoir pas écrit dans leur sens, ainsi indépendamment de lui, on peut y répondre. Mais, Monsieur , je dis dans une grande confiance avec le Psalmiste, quand je serais assiégé par une armée campée à l'entour de moi, j'espérerai dans le combat. Le Seigneur ne m'abandonnera pas , il me jirendra en sa garde, il ne m'abandonnera jms il ceux qui me sont opposés. Attendez le Seigneur, dit le même Psalmiste , agissez courageusement, que votre cœur se fortifie, attendez le Seigneur ; je dirai au Seigneur, vous êtes mon |irotecteur et mon refuge ; il est mon Dieu, je mettrai en lui ma confiance; et le Psalmiste dit encore sur ce sujet : parce que vous avez dit, vous êtes mon espérance, et que vous avez pris le Très-Haut pour votre refuge, il ne vous arrivera aucun mal, car il a donné ordre à ses anges de vous garder eu toutes vos voies, ils vous porteront sur leurs mains, et vous marcherez sur l'aspic et le basilic, vous foulerezaux pieds le lion et le dragon. Dieu dira, je le délivrerai, parce qu'il a mis son espérance dans moi, je le protégerai, parce qu'il a connu mon nom, je suis avec lui dans rallliction , et je l'en tirerai. .Mais de |)lus ce nous sera toujours un honneur et une grâce inestima-
[.tTTlŒS. — .\
bit' lie soiiIVrir pour noire glande et glorieuse maîtresse et trùs-flouce Mère.
Cepeiiilaiil, Monsieur, il n'en iaul iwirlcr qu'à peu de personnes, comme à M. (lourtin et queliiues autres que vous jugerez à |iropos, et dire que je ne nomme M. IJaillet en aucune manière: il faut attendre, jieut être né feront-ils pas ce (ju'ils disent.
Je crois qu'il était à [iropos d'en donner un, comme vous avez fait, pour la gloire de notre Seigneur et de sa sainte Mèie, à M. le vice-gérant q\ii dans l'occasion en pourra jiarler. Je suis bien éloignéde vouloirécrire contre personne , mais le seul intérêt de la gloire de Dieu, sans fiarlor de personne, m'a engagé de soutenir les intérêts de sa sainte Mère. Les disciples de saint Tliomas et île Scot sont liien 0|)posés dans leurs sentiments, et ils se réfutent dans leurs opinions qni sont contraires, eux-mêmes ne s'en irlitentjias. Je crois que Notre-Seigneur et sa li-ès-sainte Mère seront aussi glorifiés de la distribution que vous en avez faite aux autres personnes ; mai^ je crois qu'il ne faut jias se liAter d'en donner h M. voire curé, si vous ne l'avez pas fait ; il ne faut pas oublier, s'il vous plaît, d'en doniuir un, comme de votre part^ au Père de la Beaume; je dis de votre part, à raison que je serais obligé d'en donner à idusieurs autres jésuites, (^uand Mlle Rousseau m'aura envoyé son adresse, j'aurai l'honnenrde vous écrire pour vous la donner. Cependant je désire avec le secours divin ne vous pas oublier, et madame votre épouse que je salue très-particulièrement devant Notre-Seigneur. Je salue aussi M. Courtin et je l'ofl'riraiau saint autel avec loutes les âmes peinées, saluant vos l)ons anges, tous les bons anges et saints [wtrons lie la ville et du diocèse de Paris , et des personnes qui y sont, et prenant bien part à la maladie de M. Courtin , c'est le 27 dvi mois de janvier 1699, fête de saint Jean Clwisostome que je vous écris, demeurant avec bien du respect, etc.
-?.l janvier 1(J99.
LETTIŒ CCLXXX.1I.
\C IIÈME.
Pauvi-cié de Boudon lorsqu'il elail séculier. — Sa cunfiance en la divine Providence.
DIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, el toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes ; sa divine Providence ma toujours très-bonne et très-fldèle Mère soit à jamais adorée , louée, liénie, remerciée et gloriliée ; elle a voulu que je reçoive présentement la lettre que votre charité vous a fait m'écrire , à un jourde samedi, jour dédié .'i la très-douce el très-miséricordieuse et tiès-hdcle Vieige, ilatée du 23 d'avril, jour de la fête de saint Marc l'Kvungéliste qui avait établi dans la ville d'Alexandrie toules dmses en conmiun
M. THOMAS. '214
parmi les Chrétiens, et dans ce jour de samedi le 9 de mai, je la reçois , jour de la fête lie la Irau'^laiion de saint Nicolas , saint tout abandonné à la divine Providence, awiiit donné tout son bien aux pauvres, je ne l'ai ])u recevoir [lus tôt, étant .'i mes visites. J y fais réponse le même jour de la fêt(! de la translation de ce grand saint, et tout cela n'est point sans une providence sjjéciale et très-spéciale. Cette i)roviden(e toujours uiliniment adorable , toujours iiitiiiiment aimable ne veut |ilusqueje loge à l'iiôud de Coudé, el j'ai cru que dans son ordre je no devais pas penser h me procurer un autre logement, lui en laissant le soin. 1! m'est souvenu qu'étant encore séculier, dans un temps où je ne dépensais [lar semaine que vingt sols, ne mangeant que du pain et pour doux liardsde potage par jour et buvant de l'eau, à l'exception Ou saint jour du liiinanche où je mangeais pimr six blancs de viande prise chez les gargotiers, ayant encore deux écus, c'était pour six semaines, pour lors ju lis connaître à des MessicLirs mes intimes amis qui auraient assisté des |iauvres inconnus à ma sim[ile recommandation, le besoin où j'étais, sans leur dire que j'avais encore deux écus, ces Messieurs demeurèrent comme insensibles, et dès lorsque mes deux écus furent employés , aussitôt ils se mirent en peine de iu'as"sister,sans qucje leur parlasse de rien, c'est que ces deux écus étaient encore un petit soutien à la nature. Dans ce souvenir, j'ai cru devoir laisser agir la divine Providence pour mon logement sans agir de mon côté, et voilà qu'elle veut se servir do vous , dont je la bénis et je la remercie et vous remercie à même temps. Le troisième étage est encore trop bon pour moi, el quand je serais logé au quatrième, j'y serais encore trop bien. Je vous supplie de ineii remercier aussi madame votre mère et madame voire épouse queje salue avec bien du respect et tous vos bons anges. J'esiière donc ([ue la divine Providence nous pourra conduire chez vous au mois de juin , vers le commeneenienl , mais auparavant j'aurai l'honneur de vous écrire. Je salue bien M. Courtin et toutes les |)ersonnes cruciliées par une providence intinimeiit miséricordieuse pour elles, et leurs bons anges. Toutes me sont présentes tous les jours devant Dieu, avec la bonne Agathe. J'espère que la trèssainte Trinité sera glorihée du livre de la dévotion aux bons auges. l>e libraire m'avait mandé qu'il ne l'avait |ias, apparemment il l'a retrouvé, car il me semble que je le lui ai donné, et il est à propos que ce soit celui-là que l'on réimprime, parce que je l'ai corrigé avec une petite addition.
Les révélationsde sainte Brigitte sont approuvées de l'Eglise, et elles sont pleines de grandes vérités bien louchantes.
Voici , s'il vous plaît , une lettre jiour Montbard, dont les religieuses me prient bien de les tirer de iieine, sur ce qu'on leur a dit, que j'étais cruellement persécuté au sujet du quiétisme. Je leur mande tpi'elles sdient dans la paix de Notre -Seigneur à cet
ôgard, ce liruit n'Olitiil pas vrai. La poste part pcmr .Monlbanl, les mercretlis, les vendredis, et diuiaiiclies à midi. Je salue encore tous les bous anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris et des personnes qui V sont, et suis avec bien du respect, etc Ce 9 mai 1G99.
LETTRE CCLXXXllL
4f MÊME.
Peines de niademoistlle Rousseau d'Angers. — Jl prie qu'on lui envoie le livre De la dévotion à la sainte \ ierge.
DIEU SEt'L.
Monsieur, Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur , Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. La divine charité me presse, a|)rès avoir eu le bien de vous envoyer une lettre hier, de vous écrire encore, vous adressant une lettre pour Angers, (lour une âme qui est dans des jtrivations extrêmes. Elle est occupée présentement, dans la pensée qu'elle sera damnée, de prier qu'eu enter elle ne haïsse point Dieu et ne le blasphème point. Elle a été cinq ou six jours à écrire la lettre qu'elle m'a envoyée, n'en pouvant écrire que quelques lignes à ditférentes reprises, et enfin elle a reconnu devant l'image de la trèssainle Vierge que je lui avais envoyée que c'était une tentation. Au milieu de ses peines elleexcelledansia dévotion à la Mère de Dieu et elle en a composé nn ouvrage manuscrit pour l'honorer tous les jours par ditl'érentes pratiques. Elle me [irie de lui enrvoyer le livre de la dévotion à VImmaculée Vierge, Mère de Dieu. Je vous supplie de faire celte bonne œuvre, la très-digne Mère de Dieu en sera glorifiée. Si tous avez cette chanté, il faudrait, s'il vous plaît, envelopper le livre, en faire un petit paquet et le faire mettre au messager d'Angers. Je ne sais pas bien où il loge. Il me semble qu'autrefois il logeait à une hôtellerie au bout de la rue où il y a une quantité de rôtisseurs et (jui aboutit près du pont Saint-Michel. Mais auriez-vous la charité de vous en informer, et ensuite vous prendriez encore la peine de lui écrire uu petit mot pour l'avertir qu'on aurait mis le livre au messager, atin qu'elle jiût le jirendre à Angers. 11 faudrait mettre au-dessus de votre lettre et du paquet, à Mlle Rousseau en sa coninmnauté , i)roclie les PP. Augu-tins,à Angers. La poste pour Angers part tous les mercredis et samedis. Coiume je lui écris que je jirierai un de mes amis de lui faire tenir le livre, vous pourriez toujours lui envoyer ma lettre. Je salue trèsparticulièrement Madame votre éjjouse , M. Courtin, toutes les |iersonnes alUigées heureusement, vos bons anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris et des p(;rsonnes qui y sont, et suis avec bien du respect, etc.
Ce 11 mai 1699.
Dans les agitations que le démon lui donne,
OKL'VRES COMPLETES DE BOL'DON
le livre De ta dévotion aux saints angesh
soutient, l'ayant en ses mains.