‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 380 sur 436 · LETTRE CCXCIX · texte numérisé non relu

LETTRE CCXCIX

Amour de Dieu pour nous ; amour que nous divons avoir pour lui.

DIEU SELL

Monsieur, Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, etc. Je vous écris, Monsieur, le 8 d'avril, jour, cette année, de la mémoire de l'excès du divin amour de ce cœur adorable dans l'institution du très-saint Sacrement de l'autel. C'est ainsi que Dieu a aimé le monde. IJoan. m, 16.) Mais cet ainsi ne se peutex- |)liquer. Si ce Dieu tout bon et tout miséridieux ne nous permettait de l'aimer qu'à condition que nous irions au bout de la terre pour avoir cet honneur, que nous nous exposerions à toutes sortes de périls, de tourments et de morts, jiour avoir cette grâce même un seul moment, il n'y aurait pas à hésiter. .Mais rpii pourra raconter les miracles de son anioiir ! Non-seulement il nous permet de l'aimer, mais il nous y invite, il nous presse, il n'oublie rien, il fait tout, il soutfrctout pour nous y engager; et cependant les hommes, si sensibles à l'amour des créatures, sont plus durs que les pierres et les rochers à l'amour infini de Dieu. 11 faut les exhorter, les prêcher, les presser jiar toutes sortes de voies et de moyens, et souvent inutilement. Si fin ne voyait ces choses, qui le pourrait jamais croire ! Crions cependant et au ciel et à la ter.

LKTTRES. — A M. THOMAS.

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re : appelions h notre secours )a très-pure Viergu, la Mûre du l)t'l niiiour, les aiiy;t's, et les saints du pur amour. Kt si la sérapliiijuo sainte Thérèse a eu pour uiaxiuio,<iOu mourir ou soulfrir, » i]ue la iiùtre soit, avec le grand saint de l'amoiir, .saint b'ranfois de Sales, Ou mourir, ou aiutcr, mais et mourir et aimer, pour ne cesser jamais d'aimer. S'il y a des animaux (}ui vivent au milieu des feux et ne se nourrissent que de tlammes, vivons, vivons au milieu des feux sacrés du divin amour, qu'il soit la nourriture de nos ûmcs, notre respiration pour la vie. .

Hélas 1 Monsieur, étant encore bien jeune je demandais et redemandais, je criais après le divin amour, sans bien entendre la grandeur de celle grâce. Ma grande fête était celle (le la Pentecôte, sans en connaître la raison. Celle de Pâques même ne me touchait |ias comme celle-là. Je vois bien présentement où me portait l'attrait de ma grâce, (juand je fais réllexion sur tous les attraits que le Dieu de l'amour m'a donnés et sur le peu d'usage que j'en ai fait; quand de plus je considère que ce Dieu dont les miséricordes sont sans nombre, ne s'est jamais rebuté de mes horribles ingratitudes, et qu'il a augmenté ses grâces à mesure que j'ai multi[ilié mes infidélités, sans exagérer, je me vois la plus ingrate créature qui fut jamais, et au-dessous de Judas. Ah! qu'il est donc grand temjjs, ne m'en restant presque plus, de ne plus vivre que du pur amour de Jésus 1 Qui me fera la grâce de mourir à force de l'aimer lAutrefrois je disais à la reine du saint amour, l'admirable Mère de Dieu : J'attends le coup de la mort de voire virginale main. Ah 1 tjuelle grâce de mourir de la sorte 1 Priez, Monsieur, que je commence à aimer Dieu seul de la bonne manière, à n'aimer que lui seul : Quid mihi est in cœlo, et a te quid volui super terram (lil)? invoquons le secours des saints anges qui n'ont pas été un seul moment sans aimer Dieu, et qui ne se sont jamais aimés un seul moment. O la belle, et précieuse, et sainte, et divine vie ! Ah 1 que tous ces esprits de pur amour nous obtieiuient pour jamais le pur amour!

J'oiïrirai le très-divin sacrifice en l'honneur de noire très-puissante et fidèle protectrice, l'aimable et miséricordieuse Marie la Mère de Dieu, en l'honneur des bons anges et particulièrement de votre bon ange, mardi prochain, avec le secours divin ; tous les mardis sont des jours que je destine pour honorer très-particulièrement la divine Providence, notre toujours très-bonne et trèstidèie mère, pour la remercier de la protection que vous en avez reçue par le ministère de votre bon ange, à r'égard de la tuile qui est tombée sur vous ; il faut bien en remercier la divine Providence.

La divine Providence m'a déjà fait faire quatre jours de visites. Les deux premiers

jours, il paraissait que le mouvement et le voyage me faisaient bien. Je ne fus point incommodé; je l'ai été les autres jours, mais comme lors(|ue je reste dans la chambre. J'espère de celte bonne mère, tout d'elle et uniquement d'elle, qu'elle me les fera continuer quelques jours la semaine j)rochaine, et ensuite dejiuis le 22 d'avril. J'aurai alors trois ou quatre jours d'intervalle, oiî je pourrai vous mander ses divines miséricordes. Ensuite, toujours avec sa sainte, douce, et puissante protection, je continuerai jusqu'au lendemain de la fête de l'Ascension le 21 de mai. le lendemain de la précieuse mort du saint homme, le P. Surin. Je crois que ce jour les personnes afiligées devraient communier pourremercier Dieu des grandes grâces qu'il lui a faites, et en l'honneur de son bon ange; et que ce jour devrait leur ôlre un jour d'une dévotion grande, ety pratiquer j)lusieurs bonnes œuvres, invo(]uersaiat Joseph dont il avait pris le nom, et qui lui a rendu tant de secours : c'est le 21 de ce mois. Je lâcherai avec le secours divin do m'y unir. Ces visites, avec le secours de la divine Providence, ma toujours très-bonne et très-tidèle mère, continueront jusqu'au dernier jour du mois, jour de la précieuse mort du P. Godris, solitaire anglais, célèbre pour sa rare dévotion à la Mère de Dieu, afin qu'elle se trouve toujours en tout ce que nous faisons et en tout ce qui nous regarde.

Si le Père générai des Matliurins compose des règles conformes à celles des religieuses desonordre, c'est-à-dire autantqu'on lepourra, ce sera une communauté de filles qui non-seulement honoreront la très-suradorable Trinité par le nom qu'elles porteront, mais en esprit et en vérité, par ce qu'elles pratiqueront, et il semble qu'il serait plus à propos de ditférer jusqu'à son retour, afin qu'il pût donner ces règles pour être présentées à Mgr l'archevêque; on pourrait même toujours entrer dans la maison, si les règles n'étaient pas encore faites, en attendant qu'on les reçût.

Je vous suppl'ie de dire à madame votre épouse, que je n'oublie pas devant îs'otre- Seigneur tous les jours tt devant son bon ange aussi, que je crois que les deux legs qu'elle veut ajouter, seront pour la gloire de Notre-Seigneur et de son immaculée Mère Vierge.

J'olfrirai mes pauvres prières volontiers pour la pauvre fille dont vous me parlez qui a eu le bras cassé, et je ne laisserai pas de les otïrir [lour vous, au sujet de ce qui vous e.st arrivé; en attendant mardi, tous les jours et dès aujourd'hui, prenant [ilus de part à tout ce qui vous regarde que je ne saurais dire, et étant toujours dans les cicurs très-miséricordieux de Jésus et de Marie dans un i>rolond respect, je suis, ctc

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