‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 381 sur 436 · LETTRE CCI · texte numérisé non relu

LETTRE CCI

Jn/lrmiCcs de liuudcn pendant les lifites

de son anhiadiaconv.

DIEU SELL

Monsieur,

Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul, dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur. C'est dans l'union de ce cœur infiniment charitable et dans l'union du cœur tout de miséricorde de sa très-débonn.iire Mère, queje vous écris pour satisfaire à la grande charité que vous m'avez marquée, désirant savoir des nouvelles de nos visites. La divine Providence, ma toujours très-bonne et fidèle mère, m'a lait arriver hier au soir h Evreux, et je vous écris le 1" de mai, jour de samedi, dédié à la très-sacrée Vierge. Ah 1 non, nous ne pouvons jamais oublier 1 pour en partir pour continuer nos visites avec le secours divin jusqu'au lendemain de la glorieuse fête de l'admirable Ascension de notre bon Sauveur Jésus-Christ. Nos incommodités ordinaires nous continuent toujours et toujours le secours de la divine Providence. Hier ma descente étant arrivée le matin, quand je fus arrivé au lieu oij je devais dîner, de peur que la descente ne s'augmentât, je demeurai dans la chaise au milieu de la cour du curé ; après que l'on eut ôté les chevaux, et je priai le doyen qui m'accompagnait et les curés qui se trouvèrent d'aller dîner; ce qu'ils tirent et je demeurai seul dans la chaise au milieu de la cour ofi je restai durant tout le dîner. Ensuite voyant que le mal me continuait, je descendis'et je me couchai sur le lit du curé où le mal cessa. J'ap[)ris étant arrivé à Evreux qu'un homme qui, deiiuis 4G ans queje suis archidiacre, m'avait toujours loué son cheval et qui était toujours venu avec moi, était mort environ ce temps que je demeurai dans la cour do cette manière et j'ai eu quelque pensée que la divine Providence m'avait mis dans cet état pour souffrir peut-êire pour lui, pendant qu'il était dans l'agonie; je le recommande à vos prières. Mais enfin. Monsieur, notre secours est au nom «lu Seigneur qui a lait le ciel et la terre : In Domino sperans, non infirmabor. (Psal. XXV, 1.)

Le quatrième de ce mois de mai est la jirécieuse mort du saint homme, le P. Jean de Castille, religieux jésuite, décédé à la lin du dernier siècle, qui a été obsédé des démons jusqu'à la mort, s'étant volontairement livré à ce combat contre les démons par les avis de la très-douce et très- sainte Mère de Dieu et de sainte Agnès. Dites-le, s'il vous jdaît, aux personnes qui sont dans la njême peine, afin (Quelles invoquent le .secours de la divine Providence par les mérites de ce saint homme, 'l'outes ces saintes personnes leur doivent être dans une vénération singulière, et ce qui les doit incomparablement consoler, est (pie cet état a été conseillé par la très-sainte Mère de Dieu et sainte Agnès, ce qui en fait bien voir les excellences, les avantages et la gloire qui en

arrive à la suradorable Trinité qui doit être toute notre tin. Je salue très-particulièrement Mme votre épouse, M. Courtin et toutes les personnes soull'raiites, vos lions anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris et des personnes qui y sont, et suis avec bien du respect, etc.

Evreux ce 1" mai" 1700.

LETTRE CCCL

Il lui annonce la fin de ses visites : incommodités (jii'it avait éprouvées en les faisant: sa résiynaliun à la Providence.

DIEU SEIL

Monsieur

Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, ctr. C'e^t avec une joie inexplicable que je |Jiononce et que j'écris ces paroles, et toujours Dieu seul I Oui, Monsieur, ([uoi (ju'il arrive et puisse arriver, toujours Dieu seul. A jamais perdre de vue toute autre chose, ne regarder toute autre chose que comme un vrai rien. Or, ce n'est qu'en Jésus et par Jésus que nous pouvons être à Dieu seul, dans une sainte et heureuse séparation do tout l'être créé, dont il faut sortir par .sa grâce, pour n'y rentrer jamais et demeurer entièrement perdus en Dieu seul.

Son aimable et divine Providence, ma toujours très-bonne et très-fidèle mère, m'a fait achever mes visites par la visite d'une chapelle de Notre-Dame de bon Secours. Ja les avais commencées par une église dédiée à Dieu, sous l'invocation de Notre-Dame, et je les ai finies dans cette chapelle de Notre- Dame de Bon-Secours, aux pieds de ma bonne Maîtresse, qui m'a toujours été une dame de bon secours dès le commencement de ma vie, et j'espère de ses grandes miséricordes qu'elle me le sera toujours. La chapelle de la cathédrale, où je célèbre le trèsdivin sacrifice, a sur l'autel l'image de Notre- Dame de Ron-Secours, que Notre-Seigneur m'a fait la grâce d'y foire mettre; et ce n'a jias été sans en ressentir des effets d'une assistance extraordinaire. Ah! Monsieur, je chanterai les miséricordes de la Mère de Dieu éternellement.

La divine Providence 'continue à m'envoyer ties maux fort incommodes, et qui m'arrivenl présentement tous les jours. J en ai été bien incommodé durant mes visites, où jilusieurs fois il les a fallu difi'érer, étant obligé de me coucher : mais enfin tout est achevé jinr ses grandes miséricordes. Si cela continue, cela pourra aller h la mort : mais toujours Dieu seul dans l'union du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes. Je veux de tout UKUi cœur, de touie mon âme er de toutes mes forces, adorer toujours, toujours bénir et remercier, toujours aimer et glorifier la divine Providence, de quelque manière qu'elle dispose îles choses.

J'espère (]ue la divine Providence, sons la protection de l'immaculée V lergc Mèfe de

iM

LETTRKS. —

Dieu, des bons anges et des sninls patrons de Paris, pourra me coiuluire dans celte ville le mardi 22 de juin ; et puisque vous êtes la personne de la divine l'rovidenrc, qu'elle me ilesiine dans l'excès de ses plus giandes miséricordes, nous aurons la grAce d'aller chez vous. Assurez bien, s'il vous plaît, madame votre é['Ouse de mon souvenir trèsparticulier devant Dieu. Je la salue et toute votre famille, vos lions anges, et je suis, etc. A Evreux, ce 22 miii 1700.

LETTRE CCCll.

Les infirmitcs de Boitdon augmentent

DIEi: SElil..

Monsieur,

Je ne me lasse pas de dire que c'est dans cette divine union qu'il nous tant tout faire et tout souffrir; c'est donc dans cette union que je vous écn< pour vous dire que mes infirmités corj orelles ne ni'out pas permis de partir cette semaine pour Paris, n'ayant pu trouver place qu'aux portières, et de plus s'étant rencontré neuf jiersonnes pour le carrosse. J'esfière que vous recevrez cette lettre assez tôt |iour ne pas prendre la (leine d'envoyer votre carrosse. La divine Providence, ma très-honne et très-fulèle mère, me continue et augmente mes infirmités corporelles ; qu'elle soit à jamais louée, remerciée, adorée, aimée et glorifiée pour toutes ses divines conduites sans la moindre et [iciite réserve. J'espère ce|>endant qu'elle me conduira à Paris la semaine prochaine , mardi, le jour de" la fête des glorieux saint Pierre et saint Paul; si elle m'y donne des obstacles, j'aurai le bien de vous le mander. Je vous écris le lundi, 21 de juin, fêle du bienheureux Louis de Gonzague, l'un des grands dévots du sacré cœur de notre divin Sauveur Jésus-Christ, et le jour de la fête de saint Leufroi, né dans le diocèse d'Evreiii, grand amateur de la vie retirée, et qui a mis les fondements du célèbre monastère de l'abbaye de la Croix, il avait une grâce particulière contre les démons. Je l'ai invo(]ué pour les personnes peinées que je salue, sans oublier M. Courtin, et très-spécialement Mme votre é()Ouse, Mme votre mère, Mlle Agathe et tous vos bons anges, tous les bons an.es et saint patrons de la ville et du diocèse de Paris, et des personnes qui y sont. -et suis avec bien du resi'ect, etc.

A Evreux, ce 21 juin.

LETTRE CCClIl.

Pratique de l'hospitalité commune autrefois parmi les premiers Chrétiens, bien rare aujourd'hui : excellence de cette pratique.

UIEL SEIL.

Monsieur,

Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sacrée du cœur de notre bon Sauveur Jésus-Christ, le

A M THOMAS lî,*A)

Sauveur de tous les hommes. Je vous écris le jiiur de la fête de ce cœur infiniment aimant, infiniment aimable, infiniment adorable, et dans sa divine union, dans laijuello il nous faut vivre, agir, souffrir, mourir, et être pour jamais. C'est ce que les prêtres demandent à cet aimable Sauveur, "au saint autel, toutes les fois qu'ils célèbrent les redoutables mystères : Et a te s<'parari nun- (/uam permittas. Son aimable Providence, ma toujours très-bonne et très-fidèle mère (et je me découvre par respect écrivant ces mots), continue et augmente mes infirmités (■orporelles : elle m'avait encore envoyé un flux, qui me faisait douter si je jiourrais allerà Paris lundi prochain : cependant il me semble qu'il (Ommence de cesser; ce qui me donne lieu d'espérer que celte bonne mère m'y fera arriver mardi, jour que je destine toutes les semaines à l'honorer [larticulièrement, ainsi que les bons anges exécuteurs de ses ordres. Je salue avec une grande vénération celui qui vous garde, celui de Mme votre épouse très-spécialement, de Mme votre mère, de Mlle Agathe, de M. Courtin que j'aurai une sainte joie en Notre-Seigneur (et je n'en sais pas d autre) d'entretenir du royaume de Dieu, tous les bons anges des personnes affligées, et toutes les personnes que ces célestes esprits gardent, tous les bons auges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris, et des personnes qui y sont.

Vous ferez. Monsieur, charité à notre bon Sauveur Jésus-Christ d'envoyer votre carrosse, mardi jirochain, sur les six heures que le carrosse de voiture arrive. Ce que vous faites, dit le Sauveur, à l'un des plus petits qui sont à moi, vous me l'ave: fait. (Matth. XXV, iO.) C'est donc Jésus-Christ que vous aurez la charité de loger chez vous eu mou indigne et misérable personne; et Notre-Seigneur vous fera en cela une grâce qui n'est presque plus dans ces temps-ci, et qui était une des plus ordinaires [larmi les premiers Chrétiens, qui est la grâce de l'hospitalité. L'apôtre veut que ce soit une des qualités de l'évêque, écrivant à Timolhée et à Tite : hospitalem. El entre les conditions qu'il demande aux veuves que l'on choisissait pour le service de l'Eglise en ce tempslà, et que l'on afipelail diaconesses, il demande qu'elle ait exercé l'hospitalité : Si liospitio recepit. 11 veut même que l'on n'oublie pas cette vertu : N'oubliez pas, ditil, l'hospitalité, parce qu'en l'exerçant, quelques-uns, sans le savoir, ont reçu des anyes dans leur maison [Hebr. s.ii, 2) : c'est ce qui est arrivé à Abraham, à Loth, et à plusieurs autres saints. Mais il y a plus, puisque c'est Notre-Seigneur Jésus-Christ qu'on reçoit en la personne de ceux qu'on loge : Hospes eram et collegistis me. [Matth. xxv, 35). Et dans le rei)roche qu'il fera au jugement, ce sera l'un de ceux qu'il dira aux damnés : Hospes eram et non collegistis me. (Ibid., 43.) Vous avez agi pour la gloire de ce bon Sauveur et de la sainte Vierge, faisant mettre les approbations dans le livre Des profana-

OKLYRES COMPLETES DE BOUDON

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tions des églises. Le pauvre feu M. Micliajel a omis ('lusieurs autres choses qui auraient été nécessaires.

Tous les jours j'olfre mes prières )(our Ja communauté tlu Neufchàtel. et je m'unis très-iiarticulièrement aujourd'hui à In neu- ■vaine que vous faites. (Jue notre bon Sauveur en .>ioit glorifié. C'est dans son union que je demeure avec bien du respect et de la reconnaissance, etc.

LETIRE CCCIV.

Trait particulier de la divine

Providence à

l'égard de Boudon.

DIEO SEUL.

Dieu seul, Dieu seul en trois personnes et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes. Oui, toujours Dieu seul dans une perte entière de toute autre vue. C'est donc lui que je regarde, et son aimable Providence divine, ma toujourj très-bonne et très-fidèle mère. Dans le retardement de notre voyage, les premières ])laces du carrosse étant prises, il ne restait plus que les portières qui n'étaient pas jjropres pour mou mal, particulièrement une neuvième personne étant jdacée au milieu tlu carrosse. Une personne d'Evreux allant à Paris, et menant sa servante qui est comme servante de cuisine, elle lui avait retenu une des ])remières places, chacun croj'ait qu'elle aurait l'honnêteté de me donner la P'iace de sa servante, et cette personne était un monsieur qui ayant été marguiller avait rendu ses comjites plusieurs fois iJevant moi, et qui en apparence devait avoir quelque charité pour mes incommodités, une servante de cuisine ne devant pas beaucouji être incommodée à une portière, cependant il n'en a jamais voulu rien faire. Je considérais qu'il avait raison, parce que ])ersonne ne me le doit céder, et que je le dois céder à toutes sortes de personnes, et même aux créatures dépourvues de raison, car elles n'ont jamais «ffensé Dieu. Le carrosse est donc parti et il s'est rompu en chemin, ce qui m'aurait lieaucouf) embarrassé , outre la chute que j'aurais pu faire, pour le chemin que l'on est quelquefois obligé de faire dans ces occasions. On regarde cela à Evreux comme un grand avantage pour moi, mais j'y regarde la conduite de la divine Providence, qui semble avoir endurci le cœur de ce monsieur à mon égard, à raison de l'événement qui devaitarriver, et qui lui était très-présent. Que je chante ses miséricordes éternellement! Elle a encore voulu que toutes les premiè ■ rcs places soient prises pour le premier voyage, ce qui m'oblige de différer à partir de lundi prochain en huit jours, ce qui n'est pas sans sa conduite particulière : car dès ma jeunesse elle a toujours voulu m'accorder ses grâces car la très-sainte vierge, et il

arrive que ce lundi cinquième de juillet qu'elle doit me faire jiartir, est non-seulement dans l'octave de sa cliaritable visite de sa cousine sainte Elisabeth, et du jour heureuxde la sanctification du grand saint Jean- Baptiste en sainteté, mais que ce jour cinquième de juillet est un jour où l'on fête ses joies en quelques lieues, ce qui me donne une sainte joie en Notre-Seigneur son Fils bien-aimé. Ce sera donc le jour. Monsieur, que j'es[ière que la divine Providence me fera partir pour arriver à Paris le sixième de juillet, le mardi que je destine, comme je vous l'ai mandé, 5 l'honorer particulièrement et les saints anges ses fidèles ministres. En attendant je salue très-[iarticulièrement madame votre épouse dont je ne m'oublie jias tous les jours au saint autel, toute votre famille, M. Courtin que je désire de voir en Notre-Seigneur, toutes les personnes peinées, tous vos bons anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville, et du diocèse de Paris, et des personnes qui y sont, et suis avec bien du respect, etc.

J'ai reçu la lettre de M. Courtin, celle-ci étant déjà écrite. Je vous écris le 25 de juin jour de la fête de sainte Eve, recluse, dont la divine Providence s'est servie pour faire célébrer la solennité du très-saint sacrement de l'autel.

Evreux, le iojuin 1700.

LETTRE CCCV.

Boudon annonce que son voyage à Paris va enfin se faire.

DIEU SEUL

Monsieur,

Dieu seul. Dieu soûl en trois personnes et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. Demeurons a jamais. Monsieur, dans celte divine union ; heureux celui qui en sa sainte vertu pourra dire avec son .^[lôtre : Quis nos separabit acharilate Cliristi .' [Rom. \iii, 35.) J'espère que son aimable Providence, ma toujours très-bonne et fidèle mère, nous fera partir enfin lundi prochain, fête des joies de la très-sacrée Vierge, comme je vous l'ai mandé, pour arriver le mardi avec son divin secours à Paris dans l'octave de la fête de sa charitable visite à sa bienheureuse cousino saint Elisabeth dans laquelle à sa seule voix le grand saint Jean-Baptiste tressaillit de joie, l'usage de la raison lui étant avancé, et lîit rempli du Saint-Es|irit, aussi bien nue sa bienheureuse mère. Je crois que c'est la raison pour laquelle on a destiné ou le cinquième de juillet, ou le huitième pour célébrer la fête lies joies de la très-sacrée \'ierge, dans l'octave de la fête de sa Visitation où tout a été rempli d'une joie divine, et la sainte Mère de Dieu même qui dit pour lors : Et exsultavit spiritus meus in Deo salulari meo. (Jaic. i, kl.) J'ai l'honneur de vous écrire le 2 juillet, jour d'une si douce-soleu-

F.TTRES. — A M. THOMAS,

iiilé, [iriaiil Dieu tout bon cl tout nii^éricor- (licu\ avec son Pioprôte : Redde mihi lœtitiam salularis tui, et spiritu principali confirma we. (Psal. I., H.)

Il est 1)011, ot pins .•ivdiitnticnx t]\i'\\ ne se peut jamais dire, li'avoii' rei'oursaii cilmic inliiiimeiit aimant etinlinimcnt aiinablede l"adoral^lc Jésus, et son Apôtre nous assure que nous pouvons tout en lui. Que sa divine Providence soit à jamais glorifiée de la bénédiction qu'elle a réjianducsur les religieuses de NeufchAlel 1

Je prie la très-miséricordieuse Mère de Dieu, ma très-bonne Maîtresse, qu'elle augmente en vous et en Mme votre épouse sa protection maternelle, et tpiVlle donne ordr'e aux bons anges dont elle est la gramle Dame d'augmenter de plus en plus leurs soins charitables sur vos personnes que je salue trèsparticLilièrement avec vos bons anges , M. Courtin, tous nos amis, leurs bons anges €t tous les bons anges et saints [lalrons de la A'ille et du diocèse de Paris et des personnes qui y sont.

La divine Providence, aa bonne et ti:lè1e mère, me donne présentement ce que j'ai de besoin ; et a['rès vous avoir remercié avec toute la reconnaissance possible dans le cœur de Jésus et de Marie pour votre grande charité, je vous diiai en peu de paroles beaucoup -.Erit Dominas merces tua magna nimis (Gen. \v, Ij : c'est en lui que je demeure avec bien du respect, etc.

2 juillet 170O.

LETTRE CCCVL

Loterie spirituelle; billet portant Dieu seu , échu à Boudon. Dévotion d'un cordclier à l' Immaculée Conception.

DIEU SEIX.

Monsieur,

Dieu seul, Dieu seul en trois personnes et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. Monsieur, vivons toujours, agissons, soutirons et mourons dans celte divine union; elle est le fondement de l'appui en Dieu seul qui est très-certainement tout mon ap|iui et pour le temps et [lour lélernité. J'aurais delà peine à vous dire la sainte joie que je ressens du billet que l'on a tiré "qui ne dit autre chose que l'appui en Dieu seul, en fait de loterie spirituelle, si l'on peut se servir de celte expression; je regarde ce billet comme le gros lot. La divine Providence, ma toujours très-bonne et trcs-fidèle mère, m'a conduit à Kvreux, et j'espère qu'elle me fera partir .mercredi prochain pour mes visites jusqu'à ila fin de septemlire, qui est le jour d'une fête que l'on célèbre à quelques lieues de 'Flandre, sous le titre du recueil de toutes [les fêtes de Notre-Dame, de tous ses mystères. Comme je désire regarder la divine Projvidence en toutes choses, je considère comme iuu effet particulier de ses divins soins que

je (laite ce jour-l.'i. Les [tremiers huit jours elle me ramènera tous les soirs h Kvreux, visitant des paroisses qui n'en sont pas éloignées, jusqu'au lendemain de la fètcî de la bienheureuse Nativité de Notre-Dame. Il y a deux jdurs, le 27 de ce mois d'avril, (ju'arrivail la précieuse mort du saint honniie le P. (iabriel-Mnrie religieux Cordelier dont la divine Providence s'est servi pour l'établissement de l'ordre de l'Annonciadc des dix verlusde Notre-Dame, avec la bienheuieuse Jeanne de France. Il avait un zèle inconifiarable pour la très-sainte Mère de Dieu, et il s'oH'rit à des docteurs qui combattaient son immaculée conception, d'entrer dans un l'eu, pour en faire voir la vérité. Il a prêché bien des avents et des carêmes, ne prenant point d'autres sujets que le cantique decctte grande reino,le Magnificat, el il est mort en l'expliquant. Le nom de Gabriel-Marie lui fut donné par le Pape même, à raison de sa rare dévotion à la très-sacrée Vierge. Je prie nos bons anges qu'ils intercèdent auprès de lui, afin qu'il nous obtienne quelque jiart à son amour, sa dévotion et son zèle pour l'admirable Mère de Dieu. Anten, amen, amen.

Vous pouvez assurer Mme voire éjiouse queje n'oul)lie ni elle, ni vous, ni toute votre maison tous les jours au saint autel et hors du saint autel, saluant, comme je le fais présentement , vos bons anges et tous les bons anges et saints patrons de la ville etda diocèse de Paris et des jiersonnes qui y sont. Mme Lefebvre vous salue avec bien du respect et Mme votre é|)Ouse à qui elle est très-obligée. Elle communiera le jour de a fête du recueil de toutes les fêtes de Notre-Dame à votre intention. Elle salue aussi vos bons anges. Voici une lettre pour la sœur Rolland selon l'adresse qu'elle me donne à Lyon, elle me |irie de prier M. Martin qu'il tâche d'obtenir une lettre |)our son frère, afin qu'iJ puisse exercer les fonctions de chirurgien dans le lieu où il est qui dépend de Monsieur le Prince. Elle m'écrit que M. le duc de Vantadour a donné une [lareille permission pour un lieu de sa dépendance. Je ne sais jias si JL Martin trouvera à propos de se mêler de celte affaire. Cependant avec le divin secours je lui en écrirai. Elle me prie d'envoyer au plus tôt ma réjionse à Lyon; la poste part tous les jours. Je suis toujours avec bien de la reconnaissance à votre obligeante chanté et du respect, etc.

Evreux, 3 août 1700.

LETTRE CCCVIL

Désirs ardents de Boudon de brider de l'amour divin, zèle pour une neuvaine pour l'établissement du règne de Dieu

DIEU SELL

.Monsieur,

Dieu seul. Dieu seul en trois personnes et toujours Dieu seul dans l'union du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes; que oe soit à

<S.i5 ŒUVRES COMPLETES DE BOLDON,

jamais nolro repos: hie requies mea in sœcalum sœculi. yPsal. cxxxi, 14.) N'en sortons jamais. Monsieur, ni durant toute noire vie, ni en notre mort, ni éternellement après notre iiiort : l'bi ego sum, illic et minisler nieiis rril. {Joan. xii, 26.) Le saint amour y met bien avant le religieux dont je vous ai envoyé la lettre, et il y est tellement absorbé que, comme je vous Tai déjà écrit, ses supérieur'i, pour lui modérer sa divine occupation, l'eraplo'ent en des clioses qui de soi sont capables d'en distraire. Les extases et ravissements que le divin amour lui causait ont été cause qu'on l'a fait sortir de Nancy pour l'envoyer dans un petit lieu. Oui, Monsieur, il nous faut unir pour crier après le feu du pur amour de Dieu seul que le Verbe incarné est venu apjiorter en terre et qu'il désire avec tant d'ardeur qu'il y soit allumé. Hélas 1 il y a longtemps que je crie après ce feu, et dès majeunesse j'y ai crié bien fortement. La divine Providence, à la faveurde la lrès-|iure Vierge, nielefaisaildemanderetredemander.

Voilà ce qui me doit faire trembler dans ma vieillesse, ayantsi peu coo{)éré aux desseins de Notre-Seigneur. J'écrirai, avec ledivin secours, à ce saint religieux et je vous enverrai sa lettre et celle de Mlle de Lambillon pour être mises dans le paquet. Je le prierai de vous unira lui, madame votre épouse, et M. Court i net de célébrer le très-divin sacrifice à votre intention. Comme il a grande dévotion au règne de Dieu et que la deuxième partie du petit livre Du purgatoire traite de cette dévotion, il est bien que vous lui en envoyiez deux, un pour lui et l'autre |)ourfaire voir à différentes personnes et un autre encore pour Nancy, et que nous fassions tous, si la divine Providence nous laisse encore en vie, la neuvaine tlu règneideDieu,quicommence le jour de la fête des saints Innocents, et finit Ja veille de la fête de l'Epipbanie, afin que nous finissions et commencions l'annéopar la dévotion à l'intérêt de Dieu. La manière de faire cette neuvaine est à la lin du livre de Dieuseul. L'on prend après la sainte Mère de Dieu, tous les jours, l'un des neuf chceurs des bons .inges pour s'unir avec nous. 11 faudra tâcherdyassocier le plus de montle que nous pourrons. J'en écris à Angers et à Nancy. J'en écrirai avec le secours divin en Allemagne et en Flandre. J'en ai déjà écrit à Kouen. Si vous voyez M. Louvier (14-2), il faudra lui en parler," afin qu'il y associe du monde ; j'en fiarlerai, avec le secours divin, <i ceux à qui j'écrirai. Ce religieux jioui'ra faire le b:en même à l'égard des ecdésiastii|ues, en faisant courir, comme je l'en prierai, le livre De la sainteté de l'état ecclésiastique, et le livre De la science sacrée du catéchisme, le 1 i vre des Desprofanai ions des éçlUses, et si vous voulez encore y joindre un liyrc De l'immaculée Vierge, car ce qu'on lui

a envoyé demeure au couvent, et cela n'est pas mal ; car c'est le moyen de les conserver. Mais à l'égard de ceilernier paquet, je mettrai dans ma lettre que voire intention est qu'ils servent à f.lusieurs personnes; ainsi on y pourrait encore mellie un Jivre De la dévotion aux bons anges, et vous aul'icz la bonté d'adresser le paijuet à Mlle (!e Lambillon à la place des Dames prêcheresses à Nancy, et lui écrire un mot par la poste, afin qu'elle reçoive le paquet par la voie dont vous vous servirez comme l'autic fois.

Je vous envoie encore une lettre pour Mlle de Bourzenec, dans laquelle j'ajoute ce que M. Courtin pense à l'égard du dessein qu'elle a d'insérer le livre De la dévotion à la très-sainte Vîcrr/c dans le sien, et le sentiment de M. Courtin est bien juste ; mais d'autre part, ]iersonne ne pense à insérer, non-seulement un livre entier, mais quelque chose d'un peu considérable d'un auteur sans le marquer. Je lui écris aussi, afin qu'elle donne les deux livres, l'un au séniinaired'Angers et l'autre aux Carmélites. Ayez aussi la charité de payer le port, Notre-Seigneursera glorifié. Si vous envoyez vingt livres De la dévotion aux bons anges, je lui mande qu'elle les donne ou a des communautés ou à des curés et supérieurs.

La rage du démon doit servir d'occasion d'un grand zèle pour les œuvres de Dieu, k qui il est si fortement opjujsé. Je la salue, la jiauvre demoiselle Agathe, et je la recommande bien à son bon ange ; je n'oublie [.as tous les jours Mme votre épouse au saint autel, vous, toute la famille, M. Courtin et Mlle Auvray et toutes ses compagnes, et le bon père Feuillant. Je salue tous vos bons anges, tous les bons anges et saints patron» de la ville et du diocèse de Paris et des personnes qui y sont, et suis avec bien du resjiect, etc.

A Evreux ce 30 septembre 1700.

(142) M. Louvier était tliaiifiiiic île Sainl-Marcel. C'était un zélé ilisciple île Boiidon, et un grand serviteur de Oieu. H ninurut à Paris en odeur de sainteté, le 2 lévrier l'Ili. Il avait fait un abrégé "de la Vie de Boudou, et avait cop'u; un grand nombre de sesluiires sur les originaux : avant de mourir, il

LETTRE CCCVIll.

Cruelles souffrances de Boudon durant ses visites ; sa patience et son courage.

DIEU SEUL

Monsieur,

Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, etc. Oui, Monsieur, je ne saurais me lasser de lerépéter : dieu seul ; tant plus je le dis, et tant plus j'ai envie de le dire; et certainement c'est toutce que je veux dire, c'est tout ce que je veux savoir en la vie et en la mort, et éternellement après ma mort. Je bénis son aimable providence et je désire la bénirpour jamais, quoi qu'il puisse arriver : elle e^t et sera toujours ma très-douce, très-

avail donné ce manuscrit à M. Thomas, conseiller 3U r.liàtelel. Ce mannserU vraiment ëdilianl appar tient aujimi'd'liui à M. l'àbbé Giidescard, chanoine de Sauit-llonoré, qui a bien voulu nous le communiquer. Nous en avons extrait quelques-unes des lettres qui composent ce recueil.

LETTRKS. — A M. THOMAS.

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bonne, liùs-miséricordieusc et très-fidèle mère. Elle m'arrête iir-iseiiteiiu'iit (Inii* des iulirmités qui m'ol)lii;eiU do mu servir de In main d'un de mes amis ]iour vous écrire. Elle m'a fait riiouueur et In grAce de me donner, durant mes visites, des exercices assez pénibles. Une l'ois j'ai été obli^^é de demeurer couché sur la terre en ciiemin, durant quelque temps ; et vers la fin des visites, les maux ont augmenté. Ce|)endant elle m'a donné toujours le pouvoir, selon la multitude de ses grandes. miséricordes, de f.iire toutes mes visites avec ces incommodités, quoique vers les derniers jours j'aie été incommodé exlraordinairement, ce qui m'euipôclinit même de dormir.

Dimanche dernier, qui est celui dont vous me parlez, où vous avez adoré Dieu en sa très-sainte Mère dans son sanctuaire de Chartres, jour dans Iccjuel vous avez eu la charité d'olTrir vos prières pourmon indigne personne, ce dont j ai bien de la reconnaissance, devant partir du lieu où j'étais pour aller en une autre paroisseycélébrer la messe paroissiale, je fus obligé de garderie lit jusqu'à neuf heures, et ainsi je n'arrivai que sur les onze heures au lieu destiné ; j'y fis cependant l'exhortation au peuple asseinblé. et après dîner, allant visiter une autre paroisse, j'y fis encore l'exhortation. Le lendemain lundi, par une providence spéciale, je finis mes visites par deux paroisses, l'une dédiée à la très-sainte Trinité, dans laquelle je célébrai le divin sacrifice, l'olfrant à Dieu comme à la fin de toutes mes visites et de toutes choses ; et l'autre dédiée à Dieu sous l'invocation de la "très-sainte ^■ierge, pariaquelle il lui a plu, par une bonté toute particulière, ra'altirer toujours à son service. Mais à la dernière visite, mon mal me prit exlraordinairement, etje la fis dans la souffrance actuelle de ce mal; ce que j'estime une grande grâce .de Unir mes visites commea fait notre î)on Maître, par la douleur. Le soir, M. le curé du lieu et M. le doyen rural eurent la charité de me veiller jusqu'après minuit; et ensuite je les priai dallerse reposer, mon mal ne me quittant pas, ce qui obligea un bon gentilhomme de me prêter son carrosse pour me ramènera Evreux, ayant été vingt-quatre heures sans presque manger. J'ai demeuré depuis ce temps-là jusqu'à présent r;ouché au lit, étant cependant beaucoup soulagé de mon mal qui n'est pas accompagné de fièvre. Voilà, Monsieur, lesnouvellesque votre charité m'avait obligé de vous mander quand j'aurais fait mes visites. Aidez-moi, s'il vous plaît, à bénir la divine Providence, et quesa louange ne sorte jamais de nos bouches. C'est à Chartres qu'elle m'envoya mon mal, il y a neuf ou dix ans, où elle m'arrêta environ un mois au plus, logé chez les Carmélites, ce qui ne m'ôta pas la liberté d'annoncer la divine parole en plusieurs églises différentes de la même ville.

Assurez bien, s'il vous plaît, Mme votre épouse de mon continuel souvenir. Je me souviens tous les jours de vos bons anges que je salue, ainsi que tous les anges de la

OEUVBES COMPL. DE BOCDOS. IIL

famille, comme aussi tous les bons anges et saints patrons de In ville et du diocèse de l'nris, et des personnes qui y sont.

Tous nos curés ayant le livre Vc lascience sacrée du catéchisme, à l'exception de six, il serait encore nécessaire d'en avoir six exemplaires, afin ipril n'y eût jiersonne qui n'eût reçu par notre indigne ministère ce petit traité ipii leur pût demeurer, pour s'acquitter dignement de leurs devoirs. Vous voyez que jesuis toujours à laquèteauprèsde vous; mais c'est pour Jésus-Christ même que je vous quête, et en des choses qui pourront vous associer aux' prédicateurs et aux directeurs des Ames, et vous associer à leurs grâces dans votre état séculier. Cependant ne vous incommodez pas, s'il vous plaît. Je suis, etc.

A Evreux, le 2 octobre 1700, jour de samedi, dédie' à la très-sacrée Vierçje, et le jour de la jjrécieusc mort du suint cardinal de Bérulle, l'un de ses plus zélés dévots.

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