I.ETTRES. - A M. THOMAS
d<' rétlécliir que, dans les temps où j"ai le plus élé sous les soins immédiats de la divine Providence, j'ai demeuré sur la même paroisic, et par conséi|uent sous sa spéciale protection, étant i)Our lors logé au collège de Heiiiis, et depuis ayant encore demeuré proche les Pères de la doctrine chrétienne. Si le collège des Trois-Evôques ou de Cambrai et celui de Lisieux sont encore de cotte paroisse, nous y aurons encore commencé notre vie pauvre, il v a environ cinquante ans.
Vous m'avp7 fait charité de me mander la mort (le M. Despont, car il est juste que je prenne soin de son âme dans notre bon Sauveur, étant l'un des premiers dont la divine Providence, ma toujours très-bonne et trèsfi ièle mère, s'est servie pour m'assister. Il e<t vrai que j'avais déjà demandé l'aumôno
Subliquemenl la sainte veille du jour de oël. Ce jour-là, étant allé à l'église cathédrale de Paris pour ce sujet, je trouvai dans les av(;nues une personne de qualité qui donnait l'aumône aux (lauvres qui s'y trouvèrent : je me présentai avec les autres, mais elle me rebuta bien fort. J'eus pour lors lieu de penser à ce que nous apprend le saint Evangile, que notre bonne Maîtresse avec saint Joseph ne trouvèrent point de lieu à loger dans Bethléem. Etant entré ensuite dans l'église, je demandai l'aumône à un monsieur, qui me dit : « Demandez- Tous l'aumône? «et ensuite me donna un double (li3). L'ayant demandée après à une femme qui dans' son habit paraissait être peu de chose selon le monde, car elle n'avait pas même de-coilTe, elle me dit aussi : « Demandez-vous l'aumône? » et elle me donna un double ; puis ayant marché un peu, elle revint sur ses pas me donnant encore un double qu'elle baisa lorsqu'elle me le donnait. Voilà ce que je trouvai ce jour-là.
Dans la suite, je témoignai à M. Despont ma pauvreté qu'il ne connaissait pas. 11 me donna trente sous, et dit qu'il en avertirait les messieurs de la congrégation pour m'assister. Il faut vous dire ici, monsieur, combien la divine Providence veut que je dépende d'elle, sans m'appuyer pour peu que ce soit sur aucun moyen humain. C'est une vérité que tout .mon appui est Dieu seul ; et, Ci. vérité, je n'en veux |)as d'autre, ayant en horreur même la moindre ombre d'aucun autre apfiui. Qusnd je parlai à M. Despont, j'avais encore six francs; c'était pour six semaines, car je crois vous l'avoir dit, je ne dépensais que vingt sous par semaine : c'est une chose étonnante. M. Despont parle aux messieurs de la congrégation dont j'étais un des premiers : tous les jours je me trouvais avec eux; ils m'invitaient à aller manger avec eux. ils me menaient à leurs jardins hors de Paris, j'allais voir les pauvres avec eux, et si je leur eusse dit de donner à quelque pauvre en particulier, ils l'auraient fut ; il y en avait qui avaient contiance
en moi (lour leur couse encc, quûi(pie je ne fusse que séculier; et après cela ils demeurèrent comme insensibles, sans nae parier de rien, sans me donner rien, quoique je fusse, comme je vous l'ai dit, ordinairement avec eux. Ils ne savaient jias que j'eusse encore ces six francs. J'étais bien éloigné de leur parler davantage de mes besoins : chose admirable I dès que mes six livres lurent consumées, les voilà en jieine pour m'assister tout à coup, ce qu'ils ont fait durant plusieurs années. Dieu tout bon et tout miséricordieux voulut bien me faire connaître jiar là qu'il veut que je sois dans une dépendance totale et sans réserve de son aimable jirovidence. Enûn. répétons-le : l'appui en Dieu seul. Je le dis, je vous assure, de toutes . mes forces, avec le divin secours. Je recommande à vos prières le pauvre M. Despont.
, Je salue avec bien du respect madame votre mère, mademoiselle Agathe, toute la famille, vos bons anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris, et des personnes qui y sont. C'est le lieu où la divine Providence a fait éclater ses soins sur mon indigne personne. Je dois avoir grande dévotion aux anges tutélaires et aux patrons de cette ville et de ce diocèse. Je vous remercie, avec toute la reconnaissance possible, de vos prières.
C'est vendredi, li, le jour de ma naissance et renaissance par le saint baptême, jour de la fête du Saint-Nom de Jésus, ^'ous aurez part à la gloire qui arrivera à notro bon Sauveur et à sa très-sainte Mère, en prenant les soins que vous vous donnez avec M. Courtin du livre qui doit être imprimé.
Dans l'occasion je vous prie de présenter aies respects au R. P. Du Pave et à son bon ange. Je suis toujours de plus en plus appliqué aux célestes esfirits. Le dessein de la sœur Laurence est tout à fait à la gloire de Dieu, et je lui conseille de l'exécuter avec zèle et fidélité.
On a écrit à Paris pour savoir du banquier ce qui se passe à l'égaril des résignations; je dis au banquier qui a envoyé telle que j'ai faite, et je n'en ai point encore de réponse. Assurément la très-sainte Vierge, ma bonne maîtresse, [iour laquelle je pense pour tout, aura soin de tout; elle est puissante : Mrgo potens, lui chante l'Eglise, pour faire voir que sa folie est une plus grande sagesse que toute la prudence humaine. Smltutn Dei sapientius esc omnibus hominibus.
Les grands de la terre meurent comme les autres; ce qui marque assez la vanité des choses de la vie : Veruintamen univcrsn vanitas omnis homo vivens.[Psal. xxxviu, 6.1 Tout n'est qu'un abîme de vanité, hors ce qui se fait pour Dieu. Ahl toujours lui seul. C'est en lui que je demeure avec un profond respect, etc.
Je vous écris le 9 de janvier, le jour de la précieuse mort de la bienheureuse Alix le Clerc, première fondatrice des religieuses
lU3) reiilf pièce de monnaie qui valait deux deniers, et dont les six valairnl im gol.
le (le en
de
de Noli'e-Danie, avec le saint
P. de Malaincourt, et encore
la mort du P. de Sainl-Pé, décédé
odeur de sainteté, le bien-aimé disciple
l'Horame-Dieu seul, le P. de Comiren.
Il y a quarante ans que je vais à son saint tombeau demander la grâce de l'anéantissement chrétien. Votre lettre datée du !^ du mois est du jour de sa précieuse mort; l'on reçoit de grandes grûces à son tombeau.
L'on vient de me mander que [Monseigneur l'archevêque de Paris a dit au Pape qu'il ne souhaitait pas que l'on re(jût les résignations.
Ce 9 de janvier 17 'il.
LETTRE CCCXXIIL
Dévotion de Boudon à suint Joseph. Bien que produisent ses ouvrages au Canada.
DIEU SEUL
Monsieur,
et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes; il y a longtemps que je dis et redis à Dieu seul ; mais il n'y a point de temps, pas un seul moment de ma vie dans lequel je n'aie été aux uniques soins de la divine providence de ce Dieu seul, dans l'union avec notre bon Sauveur et sous la protection de son immaculée Mère vierge, ma bonne maîtresse, des bons anges et des saints. Je salue bien. Monsieur, l'ange qui vous garde et désire lui avoir une dévotion particuliculière comme à celui de Mme votre é;jouse, tous les bons anges et saints i)atrons du diocèse de Paris et des personnes qui y sont.
Faisant réflexion sur les soins de la divine Providence, ma toujours très-bonne et fidèle mère, sur ma misérable personne, j'entre dans des étonnements dont il m'est uillîcilo de revenir et je me suis trouvé [iressé aujourd'hui, 19 janvier, d'oilrir le tiès-divin sacrifice pour en remercier Dieu tout bon et tout miséricordieux, ne pouvant jamais assez dignement le remercier, et en même tempsje me suis trouvé appliqué fortement à sa divine providencesuri incomiwrablesaint Joseph qu'il a élevé à un honneur ca[iablo de donner une sainte envie aux séra|)hins, l'ayant choisi |)Our prendre lesoin d'un Homme-Dieu quia bien voulu, par une conduite impénétrable, s'y assujettir, et ensuite ài sa divine providence sur cet admirable saint dans la dépendance où il en a été sans réserve, sans raisonner sur ces conduites, dans un abandon merveilleux à tous ses desseins. Ensuite j'ai oli'ert le très-divin sacrifice en son honneur, faisant briiler un cierge devant .sa sainte image, qui est dans la chai elle CJÙ je célèbre ordinairement, atiii que sous sa protection paternelle la divine Providence exerce d'une manière fiarticulière et donne les secours aux personnes dont elle se sert à mon é.iard, les mettant toutes sous ses divins
ŒIVUES COMPLETES DE 150LIW.N.
homme le jour
soins. Ainsi, Monsieur, je lui ai olferl le très-divin sacritice pour vous et Mme votre épouse, pour vous mettre sous la protection spéciale de ce grand saint. Sainte Thérèse assurait qu'elle n'avait jamais rien demandé à Dieu, [lar ses saintes intercessions, qu'elle ne l'eût obtenu, et une autre sainte âme dit avoir ap|)ris de notre bon Sauveur, qu'il acccorderait volontiers ce qu'on lui demanderait par les services qu'il lui avait rendus pendant qu'il était en ce monde (monde assurément dans une étrange corruiition, et parmi même les Chrétiens, qui vivent comme des infidèles, et à l'égard de leurs sentiments et de leurs mœurs). Je prie notre bon Sauveur, par son iinmaculée Mère vierge, ses bons anges et saints, qu'il se serve du livre qu'il nous a fait laisser à Paris pour éclairer ces jiersonnes, et qu'il me fasse la gr<lce de pratiquer ce que j'y enseigne aux autres. Plusieurs fois je me suis senti jiressô de lui faire cette prière. L'on a écrit, dans la relation de la mort de l'abbé de la Tiappe, qu'il a dit que l'une des grandes peines que sa qualité de supérieur lui avait données, était qu'étant obligé de recevoir les séculiers et de leur parler, il avait beaucou() souffert de les voir dans des sentiments si éloignés de ceux que la foi nous inspire.
Je vous remercie avec bien de la reconnaissance et M. Courtin des prières que vous avez faites |iour mon indigne [lersonne.
La sœur Laurence a [lour elle ce qu'elle a eu toujours, la mort et le sang de Jésus- Christ dont les mérites infinis ne peuvent s'épuiser par les créatures ; c'est ce que la foi nous enseigne au-dessus de tout sentiment. L'on [leut bien n'en avoir pas le sentiment, mais cela n'en empêche pas h vérité.
J'ai reçu hier une lettre du Canada ; l'un des grands vicaires m'écrit que notre bon Sauveur ré[)and sa bénédiction sur les livres que sa miséricordieuse providence m'a fait donner au public; il me dit qu'il les a distribués, celui do la très-sacrée Vierge et des saints anges, aux. deux séminaires de Québec et de Jlontréal, au collège de Québec, à la grande congrégation, aux couvents des Kécollets de Québec, aux deux maisons de rhù|)ital général de Québec et de Montréal, aux deux monastères des Ursulines de Québec et des Trois-Kivières. Je lui avais mandé que c'était par les libéralités de l'un de mes amis, il m'écrit qu'il vous a recommandé à tous ceux à qui il a donné les livres, et qu'il ofl'rira le très-divin sacriQce pour vous. Il souhaiterait que vous continuassiez cette œuvre de Dieu [lOur quantité d'autres maisons ou assemblées dans le Canada qui n'en ont point eu. J'ai de la peine à vous le proposer, car c'est une dépense considérable; car il dit qu'il en faudrait-encore au moins deux douzaines de chaque. Cependant je vous le propose simplement ; à la vérité c'est une grande œuvre pour la gloire de notre bon Sauveur, de son immaculée Mère vierge et les bons anges. En cela, en votre manière, vous ferez une grande mission en Canada, et pour durer longtemps.
t-iSl
LKTTRES. — A M. THOMAS.
Ii82
]i!H' les livres qui sont tics piL-iiications perniniientes. Il dit qu'il lui fcslerait ii en envoyer aux quatre lésidenres des PP. jésuites qui sont à Montréal, ;\ Laurelle , au.... et il Saint-l'raneois, à deux couvents de Réeoliels (]ui sont aux Trois-Xivières et à Montréal, à (juatre ou cinq séminaires d'écoliers, à l'une de leurs njaisons qui est ?i sept lieues île Ouélwc, à neul' résidences des sœnrs de la Congi'égation élahlies en ditrérents lieux, et dans une [letite ville qu'on appelle \ille-Mario qui est dans l'ile de Montréal, ([ui instiuiseni les lilles, composées de pensionnaires, d'écolicres externes et de congréganisles externes, lesquelles s'assemblent chez elles les jours de dimanclies et de fêles, et de quelques autres maisons; il ajoute que les livres sont merveilleusement goûtés par les bonnes âmes.
Si, -Monsieur, vous crovez devoir faire cette grande ceuvre, il faudrait en faire un paquet et le faire porter à M.Tremblay, procureur du Canada, au séminaire des Missions-Etrangères, è votre commodité, et je pense que notre bon Sauveur serait glorifié, si vous mettiez dans le paquet un bon nombre de passeports, d'attes de réparation, de [)romesses de soutenir l'immaculée conception de notre Dame et bonne Maîtresse.
A'oici des lettres que je supplie votre charité de faire tenir, renouvelant ie salut de votre bon ange, de celui de madame votre épouse, des bons anges de toutes les personnes de votre faujille. Ah! oui. Monsieur, disons une bonne fois avec l'Apôtre : Convcrsalio noslra in cœlis. ^Philip, m, 20.) Je me souviens bien t'oujours très-particuliéremcnt de madame votre épouse devant notre bon Sauveur, et suis dans un profond resliect, etc.
J'espère que cette lettre, avec le secours divin, vous sera rendue samedi, 22, fête des noces virginales de la très-pure Vierge, toujours vierge, avec l'admirable saint Joseph, son époux vierge. La lettre pour la ville de Saint-Nicolas, en Lorraine, doit partir le lundi, ou mercredi, ou samedi, et la lettre part d'ici le jour de la fête de la bienheureuse sainte Agnès, qui trouva l'ange du Seigneur tout prôt à la défendre dans le méchant lieu oii elle fut conduite ; aussi elle disait aux tyrans qu'elle avait l'ange du Seigneur qui gardait son corps : Mecum habco custoilein corporis mei angclum Domini, ingressa lurpiludinis Incum, angelum Domini prœparatum invenil. J'ai fait brûler un cierge durant toute la nuit en l'honneur de ce saint ange. Je m'en vais en faire brûler un autre dans la chapelle oii je célèbre, avec le divin secours, et célébrer en l'honneur de cet esprit céleste. Je vous sup[ilie, dans l'occasion, de faire dire à la sœur Laurence que je la supplie de communier pour la gloire de notre bon Sauveuret de son immaculée Mère vierge et des bons anges, jiour mon indigne personne en la cha[ielle de Notre-Dame du Remède. Dieu merci, je suis bien incommodé et je ne sais si je vous l'ai mandé, le médecin me dit que je ne suis en danger de ma
vie que vingt-cpialre heures par jour, c'esth-dire toujours.
Ce iQ janvier 1701. •
LETTRE CCCXXIV.
Al' MEME.
Traité de la vie du bienheureux Henri de Suso. Répandre de bons livres, c'est irovaillrr à établir le règne de Dieu.
Monsieur,
Dieu seul. Dieu seul on trois personnes et toujours Dieu seul dans l'union sainte de notre bon Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes. Je vous écris, Monsieur, le 2G janvier, le lendemain de la précieuse mort du bienheureux Henri de Suso, religieux de Saint-Dominique, ^^l'un de me» patrons.
Certainement il a bien été de la grande faveur de Notre-Seigneur Jésus-Christ et il l'aimait beaucoup et en était bien extraordinaireinent aimé, puisque ce lion Sauveur lui changea son nom en celui d'Ainand, c'est-à-dire qui doit être aimé : amandiis ; et c'est un Homme-Dieu qui lui impose ce nom; c'est donc un saint qui mérite bien d'être aimé, puisqu'il le doit être au jugement d'un Dieu, et qui lui impose môme un nom pour le faire connaître. En même temps, il a été de la grande faveur auprès de l'immaculée vierge Mère de Dieu, et il le faut bien ensuite de la faveur de Jésus. Elle lui a donné même à manger d'une nourriture miraculeuse, étant dans le dégoût des viandes ordinaires. Aussi ordinairement en même temps que l'aurore commençait, pour ainsi dire, à publier le jour à la terre, il en chantait les louanges, il en publiait les grandeurs ; les saints anges se mettaient quelquefois de la partie, et c'est l'une de leurs joies de chanter les grandeurs de leur Reine. Mais ce grand saint, si favorisé de Jésus et de Marie, n'a pas manqué d'avoir part aussi à leurs humiliations. 11 avait pratiqué des pénitences corporelles qui font peur, et avec tant de répugnance qu'il en pleurait quelquefois ; ce[>endant notre bon Sauveur lui ap|)rit qu'il y avait bien de l'amour-propre. Ici je me suis pressé de m'écrier avec le Prophète : Delicla guis intelligil? ab occullis 7neis munda me, Domine. (Psal. xyin, 13.) On les lui fit quitter et ensuite non-seulement il fut accusé d'impudicité, mais une créature lui apjiorla un enfant qu'elle lui laissa, lui disant qu'il lui avait fait, il passa pour un imposteur, pour un voleur et sacrilège, pour un faiseur de maléfices. Voilà les suites de la grande faveur.
Je viens encore d'offrir le très-divin sacrifice en l'honneur de saint Josiiph et de saint Jean l'évangélisle, mon grand saint dès ma tendre jeunesse, et c'est aussi aujourd'hui la fêle de saint Polycarpe, l'un de ses disci()les, ce qui m'y donne une dévotion singulière. Pour vous mettre et madame votre épouse , que je sa'lue toujours très-
OELVKKS COMPLETES DE UOUUON.
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particulièrement avec les 'autres personnes dont l;t divine Providence se sert à mon égard, ra'étant toujours une très-bonne et très-lidèle mère, sons la puissante protection de ces incomparaliles saints et de tous les saints et saintes de Jésus, alin, comme parle l'Eglise, que par la multiplication de leurs suffrages. Dieu tout bon et tout miséricordieux nous accorde l'abondance de ses grâces et miséricordes.
La divine Providence soit à jamais bénie, mais elle veut sans doute vous associer aux grandes œuvres de sa gloire ; elle le l'ail bien voir dans les inspirations qu'elle vous donne pour faire connaître Dieu, sa sainte Mère et les bons anges dans le Canada. Les livres que l'on y demande, sont les livres de l'Itnmacitlee vierge Mère de Dieu et des bons anges. J'ai pensé fiour y établir la dévotion à l'intérêt de Dieu, i'avénement de sonîrègne, d'y ajoutcrle petitlivre Z>e/n(//oire de la sainte Trinité dans les âmes du purgatoire, el pour le soulagement de ces pauvres âmes qui, étant délivrées, glorifient la sainte Trinité parfaitement, mais aussi parce que vous m'avez mandé que la seconde partie est de la dévotion au règne de Dieu, il ne m'en souvenait pas; vous pourriez donc y en ajouter deux douzaines. Vous serez encore associé vous et monsieur Courtin que je remercie avec bien de la reconnaissance et son bon ange, à la gloire que Dieu tout bon tirt ra du ['ivre d\i Chrétien inconnu, parles soins que vous en prenez. Je prie notre bon Sauveur qu'il nous fasse à tous la grâce de pratiquer les vérités qui y sont enseignées.
L'adresse pour le paquet du Canada, est h M. Glundelet, théologal et vicaire général de Mgr l'évêque de Québec. Je crois que Dieu tout bon sera glorifié que vous lui écriviez, afin de vous lier saintement avec ce bon serviteur de Dieu. Je lui écris que l'année prochaine on lui enverra le Chrétien inconnu, et en cas de ma mort vous aurez cette charité-là. Celte union servira pour la plus grande gloire de Dieu. Je lui écris que c'est vous dont la divine Providence se sert pour donner les livres. J'ai aussi joie en Notre- Soigneur, et je n'en sais point d'autre véritable, que vous ayez écrit au P. Deslainville ; mais j'ai ])eur, si vous avez joint les deux lettres ensemble, qu'elles ne soient pas données, les j)0stes souvent ne le faisant, dans le soupçon qu'ils ont qu'il n'y en ait pour quelque autre personne pour sauver le |iort. Mais si la chose est faite, il faut attendre l'événement; quelquefois on ne laisse pas de les donner.
Le Fils de Dieu nous a assez avertis de l'incertitude de notre mort, ce sera bien notre faute, si nous ne nous tenons pas prêts. Je prierai, avec le secours divin, pour la personne mortesubitemeut. Je salue votre bon ange et tous les bons anges de votre famille que je recommande singulièrement à la divine Providence, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris et des personnes qui y sont , el suis avec bien du respect, etc.
Vous recevrez celte lettre, avec le secours divin, le 28, fêle des grandeurs de l'adorable Jésus.
Ce 2&janviei 1701.
LETTRE CCCXXV.
Bénédiction répandue sur les ouv7-agcs de Boudon.
DIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. Je vous écris, Monsieur, le.jour de sa divine purification au temple, le 2 de février et le jour de la très-pure et très-sainte purification de son immaculée Mère \ierge, le jour auquel l'incomparable saint Joseph a offert avec sa virginale épouse le Sauveur de tous les hommes au Père éternel, avec le glorieux saint Siméon. Les saints anges étaient dans l'admiration de ce spectacle sacré. Je salue toujours bien le vôtre et celui de Mme votre épouse que je n'oublie pas devant Notre-Seigneur, non plus que vous, tous les iDons anges et saint's j)atrons de la ville et sont, et en particulier de celles que la divine charité nous unit spécialement.
J'ai reçu, il y a un peu, une lettre du supérieur du séminaire de Lisieux, qui me marque qu'il plaît à Dieu tout bon et tout miséricordieux de répandre de plus en plus ses bénédictions abondantes sur les livres que son aimable et divine providence, ma très-bonne et fidèle mère, me fait donner au public. 11 m'écrit en j)articulier, d'un vertueux curé si tenté de peines au sujet de sa cure, qu'il était résolu de la quitter, quoi qu'on lui pût dire ; il lui a prêté le livre de la Dévotion aux bons anges, qui l'a délivré de ces peines, et il pense à établir une association en l'honneur des bons anges en sa paroisse, et le supérieur me témoigne aussi qu'il y pense pour d'autres lieux. Nous pensons présentement à en établir une avec le secours divin, dans l'une des paroisses de l'archidiaconé d'Evreux ; el comme l'on ne voit pas encore ce qui se fera à Rome touchant les résignalions, apparemment je serai encore obligé à faire mes visites après Pâques, avec les dangereuses incommodités que j'ai. Un gentilhomme pourra me prêter une chaise ou un petit carrosse en ayant plusieurs, au moins je l'esiière de la sorle de la divine Providence, ma bonne mère en toutes choses ; mais en vérité l'appui en Dieu seul : Levavi oculos meos in montes, unde véniel auxilium mihi ( Psal. cxx, 1), ces montagnes, figures des bons anges et des saints, mais surtout de l'admirable Mère de Dieu qui a ses fondements sur les montagnes les plus saintes, et qui est cette sublime et élevée montagne au som-met de toules les montagnes, in virlice montium auxilium meum (^ui fecit cœlum et
LETTRES. - A M. THOMAS
terrain. ( Psal. c\x, 2 ) Mon sei;ours donc est au nom du Soigneur ([ui a fait le ciel et la terre. Je vous .supiilic à la commodité, rien ne presse, de faire dire ?» la sœur Laurence que je la supplie défaire une neuvaine à Nolre-Daine du lUunède pour celle visite, afin que Dieu tout bon y soit glorifié dans le secours qu'il me donnera peur la faire. 11 n'est pas nécessaire (jue la neuvaino soit de suile, on la peut faire en neuf semaines, y allant une fois la semaine, ou en quelques semaines y allant deux fois, mais le tout à sa commodité. Je suf)plie de la même chose la sœur Gervaise et sa compagne, si elle le peut, et en celte manière, je crois vous devoir encore dire pour la gloire de Dieu, qu"im homme a été tellement louché lisant un des livresque la divine Providence nous a fait donner au public, qu'il a fait une pénitence publique, se disciplinant par les rues d'une ville; cela est arrivé il y a plusieurs années.
Ce qui m'oblige présentement de vous écrire, est que j'ai reçu encore une lettre du Canada, de la supérieure de l'Hôtel-Dieu de Ville-Mario, qui me mande qu'elle ne manquera jias de faire des jirières pour vous, •car j'avais mandé que l'un de mes amis donnait d-es livres; elle voudrait bien avoir le livre ies Saintes voies de la croix, et il serait bien nécessaire pour la gloire de Dieu, de lui en envoyer un de ['Oraison corrigé, car elle a l'ancien, et encore un autre, s'il vous plaît, corrigé, à M. Canilelel, théologal et vicaire général, car je ne sais si on lui en envoya un l'an passé, afin qu'il ait un de ces livres corrigés, (ibur remédier aux autres. H y a deux jours, le 31 de janvier, que nous célébrions la fête du grand saint Gaud, notre second évêque et second apôlre, qui quitta son évéché pour se retirer dans une forêt du diocèse de Coutances avec des ermites : en vi rite, c'était bien l'un des grands saints de Dieu. J'ai ra[)porlé le miracle que Dieu tout bon el tout miséricordieux a opéré en ma chélive personne par ses puissantes intercessions, m'ayanl délivré de la mort, il y a environ 36 ans; c'est dans ia Vie de saint Taurin , que vous avez, je crois.
Je vous enverrai, avec le secours divin, un petit pa(]uet par le messager d'Evreux, proche do Sainl-Eustache, jt^ vous sujjplio de l'envoyer prendre le mercredi des Cendres; car le carrosse, avec le secours divin, sera arrivé le mardi au soir, c'est pour le Canada ; ce sont des petits imprimés sur les irrévérences que les prêtres peuvent commettre à l'égard du très-saint Sacrement, car je ne sais si j'en envoyai l'année passée. Il faudrait, s'il vous plaît, le mettre dansjle gros })aquel de livres, s'il n'est pas encore fait, ou en faire un paijuet avec le dernier, car il courrait risque d'être perdu. Je prends encore la liberté de vous adresser un paquet de lettres pour le Canada, il ne faut pas envelopper les lettres, afin que vous ayez la ctiarité de le faire donner à M. Tremblay ; j^ ne sais s'ils sont contents de moi, à raison
de leur dilférend avec les PP. jésuites; ils avaient toujours coutume de m'écrire un petit mot en m'envoyant les lettres du Canada. Ils m'en ont envoyé à diverses re|)rises sans jamais m'écrire. Ceci, s'il vous |ilaît, en confiance; il ne faut en marquer rien. Je vous sujiplie dans l'occasion de vous informer si le P. Doulcin, Jésuite, est encore à Tours, el s'il n'y a point espérance qu'il vienne h Paris.
J'espère que vous recevrez celte lettre le 4 du mois, jour de saint Théo()hile, le grand saint des miséricordes de la Mère de Dieu h qui celte pieuse et miséricordieuse Mère fil rendre lacédule qu'il avait faite au diable. C'est encore le jour de la précieuse mort de la bienheureuse Jeaiuie de France, l'ondatrice de l'ordre de l'.Annonciade de Kourges, des dix vertus de Noln-Damcavec son saint confesseur le P. Gabriel- Marie. C'était le Pape qui lui avait donné ce nom, ]iour sa rare dévotion à la Irès-sainte Vierge dont il a été l'iiurépide défenseur de l'Immaculée Conce[)lion, s'otîrant d'eiiUer dans un feu alluné pour en soutenir la vérité contre les adversaires, et qui est mort en publiant ses louanges. Sa précieuse mon est arrivée le 27 août.
Je salue tous nos amis, leurs bons anges, et suis avec bien du respect, etc.
A Evreux, ce 2 février, 1701