LETTRE CCCXXX
At MÊME.
Il parle titcore de l'utilité de publier la vu de M. Bourdoise.
DIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, cl toujours Dieu seul dans l'union sainta de notre bon Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes. Je vous écris. Monsieur, le 26 de uiars, jour de la précieuse mort du saint homme le P. Jean Chrysos^ tome, dont la divine Providence, ma toujours très-bonne et très-tldèle mère, m'a fait la grâce de donner la vie au public; en vérité, c'était bien un homme véritablement chrétien, puisqu'ayant [iromis à la mère du Saint-Saciement, d'une sainte mémoire, de lui paraître après sa mort, notre bon Sauveur lo lit voir h elle, lui disant qu'il fallait qu'il parût, afin que son serviteur s'acquittât de sa promesse, |>arce qu'il avait été tout transformé en lui par la désoccupation des créatures et l'aniour de la sainte abjection. Je le prie en toute humilité qu'il nous serve de [notecleur, et le bon ange qu'il a eu que je salue avec bien de la vénération. A vous et à madame votre épouse, que je salue pareillement, .M. Courtiu et toute la maison de mademoiselle Auvray, leurs bons anges et tous les bons anges et saints patro^ns de la ville et du diocèse de Paris et des personnes qui y sont; je n'oublie pas mademoiselle .\gathe et son bon ange.
J'aurai soin, avec le divin secours, de la pauvre sœur Gervaise, devant notre bor»
Sauveur et au très-saint sacrifice.
Voici deux lettres dont je charge encore votre charité : l'une [lour M. Fortin, qui e?l toujours digne de compassion ; il a fait plusieurs confessions générales, il est venu h Evreux, et il m'en a fait encore une; il veut encore en faire. Je lui mande que c'est une tentation, et qu'au moins il n'en fasse qu'une depuis la dernière qu'il m'a faite. J'avais pensé que M. Louviers lui sérail propre ;iour cette confession. Je voussup- )ilie de coopérer à cette charité, qui est bien grande assurément. Vous auriez la bonté d'en parler à M. Louviers et de l'en prier. Je mande à M. Fortin qu'il se serve, au moins qu'il peut se servir, d'un ecclésiastique, quoique jeune, mais qui est propre i)our les personnes peinées. il faut toujours lui dire, malgré toutes ses propres lumières, qu'il s'en ra|)porte au jugement des personnes à qui il s'est confessé, et qu'il n'y a rien à craindre en obéissant ; c'est même le seul remèae que l'obéissance.
Il y a une autre lettre pour le P. doni Olynipe. C'est [lour le [nier d'écrire au Père qui travaille à la trailuction du livre i)e iimmandce Vierge Mère de Dieu, qu'il examine s'il n'est [las ù prO|)os, à l'égard de l'oraison à la très-sacrée Vierge qui est à la On, de retrancher les indulgences dont je uarle, et les Pai.>es môme oui l'uut ajiprou-
ilTTUES.
A M. THOMAS
lî'.'S
vtV. J'ai mis ces choses selon ro i|ui a été imprimé en Manille, où Ton marque (]ue c'est selon l'excmiilaire iniprimé u Uoine par i'aiilorilé lie l;i (•hami>re apostolique; mais j'ai peur, |)cut-éire, que l'on se trompe, et qu'il n'arrive comme au\ intlulj^enies que (pie l'on avait mises pour le |ietit office de rimmacul6e ("once|ilion, qui ont été cause (jue l'on a défendu le livre où était l'oiïicc, et non jias l'ofiice cependant.
Si l'on pouvait, il faudrait faire parler quelque (lersoniie d'autorité pour la vie du saint homme, M. Bourdoise. Car autrement on aura de la peine, à moins (;ue d'une providence spéciale, à gai^ner ceux qui s'y opposent. Il ne faut pas que ces (lersonnes sachent ce que je vous écris; mais dans leur opposition je n'ai vu que l'esprit de l'homme et non pas l'esprit de Dieu. Il est rare d'oublier le propre intérêt, l'intérêt de la créature.
Je .suis toujours bien mal et le mal s'augmente, dont j'ui été travaillé cette nuitjusqu'à une lieureaprès minuit. Je ne saurais me lasser de le réj;éter, l'appui en Dieu seul, à l'occasion de quelques mesures que l'on avait prises pour la voiture pour mes visites, je ne sais si cela réussira. Enfin Dieu seul; t'est en lui que je suis dans un grand respect, etc.
A Etreitx, ce 26 mars 1701 .
LETTRE CCCXXX (bis).
AL- VÉME.
// croit ulilc que l'on donne au public la rie de M. Bourdoise. Il dispose, en forme de teslament, une 'donation de ses objets de piété, en faveur de ses amis.
DIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. Je vous avoue. Monsieur, que je répète ces divines paroles avec une sainte joie et bien de la douceur intérieure. Ahl toujours Dieu seul dans l'union de Jésus-Christ. Quand sera-ce que nous serons tout Jésus-Christ? Je crois qu'il y va de sa divine gloire que l'on donne au juiblic la Vie de sou vrai serviteur, M. Bourdoise; mais qu'il est trèsimportant que l'on n'en retranche passes sentiments au sujet de la nouvelle doctrine. L'on perd dans l'absence du P. Doulein ; car il a de grandes et puissantes habitudes, et il est très-considéré; mais à l'égard de M. Le Pelletier, M. le chevalier de Pontcarré n'y trouverait-il point d'habitude ? Mais le P. du Parc, le Père de la congrégation du collège, n'en trouveraient-ils point, soit par eux ou quelques autres Pères Jésuites?
Mais ne pourrait-on pas en parler au R. P. de La Chaise ; n'y a-t-il personne en la maison professe de Saint- Louis qui voulût bien s'y appliquer?
Je bénis la divine Providence, ma toujours très-bonne et très-fidèle mère, de ce
(|ue vous avez élé, ou plutôt de ce qu'ellti vous a conduit aux Récollets de l'immaculéo Conception.
Ma santé est toujours dans le danger; c'est un mal incurable. De [ilus, la voiture que j'esiiérais pour mes visites a manqué, cependant je n'ai aucune peine à les faire. J'espère que la divine Providence, ma bonne mère, me fera partir le 4 avril, le lendemain de r.\iinonciation glorieuse de l'admirable Mère de Dieu, sous sa puissante protection et celle des bons anges et des saints, ayant pour tout appui Dieu seul, et en vérité il m'est plus qu'intiiiimcnt suffisant.
Cependant, commeje me prépare h la mort, je laisse un jiapier où je marque quelques personnes à qui je laisse les meubles de piété que la divine Providence nous donne dans notre pauvreté. Je vous laisse deux reliquaires de personnes décédées dans une odeur d'une éminente sainteté. On les |)eut honorer en particulier, quoique non pas en public; et c'est même l'honneur que l'on a rendu à ces [lersonnes qui a obtenu les miracles que Dieu a faits par elles, et qui ont donné lieu à leur béatification, et souvent l'on obtient par eux ce que l'on n'impètru pas par les saints canonisés, Dieu voulant se glorifier en eux et par eux. Il y aura un tableau de l'intérieur de la Sainte-Merge, pour madame votre épouse, une image pour madame votre mère et une autre pour mademoiselle Agathe.
Je laissc,unc petite statue de ii très-sacrée Vierge à M. Courlin, plusieurs images de piété à mademoiselle .\uvray et à mademoiselle du Tour, ma pensée que ce soit pour toute la maison. Il y en a une en parchemin de la résurrection de notre bon Sau^ veur, qui est dans un cadre; cette imago a été bénie de la propre main de notre Sauveur, comme l'a témoigné la vénérable sœur Marguerite du Saint-Sacrement, Carmélite de Beaune, dont le P. Amelotte a écrit la vie, et elle a écrit de sa propre main au derrière, ces divines paroles : Ego sum qui sum. 11 faudra ôter le parcheu)in que j'ai mis au derrière pour la conserver, pour y voir ce que cette sainte sœur y a écrit. Vous voyez que cette image est très-précieuse et qu'il faut bien la conserver. Je vous adresse encore deux images du R. P. Gabriel-.Marie, coadjuteur de Ta bienheureuse Jeanne de France dans la fondation de l'Annonciade, si dévot à la très-sacrée Vierge, que le Pape lui donna le nom de Gabriel-.Marie, car ce n'était pas son nom; il a voulu entrer dans un feu pour soutenir l'immaculée Conception : c'est ce qui est représenté dans l'une des. images. Vous les donnerez, s'il vous plaît, aux Récollettes religieuses de l'Immaculée Conception. Je prie madame Lefebvie qu'elle prenne soin de vous faire tenir toutes ces choses, en cas que je meure.
Je vuus écris le dernier de mars, jour de la précieuse mort du saint homme le P. .Moleau, .Minime, qui a été possédé des démons jiendant quatre-vingt-dix ans. J'ai eu pensée d'offrir le îrès-divin sacrifice, ce que
CEIVRES COMI'LETKS DE DOIIK».
t.V'tf
j'ai commencé aujourd'hui, pemiaiU neuf jours, pour remercier la irès-sainle Trinité des grandes grâces qu'elle lui a faites par Notre-Seigneur Jésus-Christ, et sous la protection de l'immaculée Mère de Dieu et des bons anges et saints, et d'obtenir par ses liuissantes intercessions, les miséricordes et les grâces de notre bon Sauveur sur toutes les personnes de notre connaissance qui sont dans le môme état d'obsession. L'on m'a mandé une fois de Rouen qu'une personne dans cet état en recevait des secours extraordinaires, et qu'il lui paraissait même visiblement.
J'espère, si la divine Providence nous laisse encore dans cet exil, qu'elle me ramènera à Evreux, le 19 d'ayril, pour y coucher le soir et quatre autre's jours de suite, revenant de mes visites les soirs, et que même elle m'j- fera aller le 17 elle 18 d'avril, pour ensuite les continuer jusqu'au lendemain de In fête de l'admirable Ascension de Notre-Seigiieur Jésus-Christ, pour finir à une chapelle de Notre-Dame de Bon- Secours, et le jour de la fête de son cher favori devant la pcirte Latine, l'aimable saint Jean l'évangéliste, et je vous exhorte bien à sa dévotion. Il a plu à notre bon Sauveur iu'ap|iliquer à ce disciple bien-aimé exlraordinairement dès ma jeunesse; quesadivine Providence en soit à jamais louée! Je salue bien madame Totre épouse; je n'ai pas oublié mademoiselle Agathe ni la pauvre sœur (iervaise; je n'oublie pas non plus la pauvre sœur ïoinette. Je salue tous vos bons anges, tous les bons anges et saints patrons de ]a. ville et du diocèse de Paris et des j)ersunnes qui y sont, et suis dans un proiond lespect, etc.
A Evreux, ce 31 mars 1701.
11 y aura encore, avec le secours divin, une petite image du bienheureux Jean de la Barrière, pour la Mère Elisabeth de Sainte-Marie, Feuillantine, et une de sainte Appoline, pour M. Louviers.
LETTRE CCCXXXL
Le P. De la Chaise demande à Boudon qua^ Ire exemplaires de son liirelsur l'Immaculée Conception.
DIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré creiir de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. C'est toujours. Monsieur, dans cette divine union que je vous écris, et il me semble que, pour sa ilivine gloire, il est bon que vous écriviez et part au révérend P. Douîcin ; il en peut arriver du bien, et il n'en peut arriver de mal.
Je crois que si M. Fortin peut s'accom- TOoder à la condition de Ville... qu'il serait très-bien, et il devrait bien ménager cette cuiioiiion. Il a été vicaire dans une paroisse
où il s'acquittait bien de ses devoirs. Mais c'est une pitié que d'être travaillé de scrupules et de peines.
Madame la comtesse de Bouligneui m'a écrit que le révérend P. De la Chaise lui a demandé quatre des livres De la dévotion à l'immaculée Vierge Mère de Dieu, un pour le roi, un pour Mgr le Dauphin, un pour Mme de Maintenon et l'autre pour lui ; elle demande que l'on prie que notre bon Sauveur soit glorifié par cette lecture, et sa trèssainte et immaculée Mère Vierge.
Je laisserai votre adresse à .Mme Lefebvre, elle n'aura de mes nouvelles qu'en cas que je tombe plus mal dans mes visites, et si la divine Providence, ma toujours très-bonne et très-fidèle mère, sous la protection de ma bonne maîtresse la très-sacrée Vierge, des bons anges et saints me ramènent à Evreux, avec son divin secours, je vous écrirai vers le 17 ou le 18 d'avril ; assurez madame votre é[iouse de la contirmation de mon souvenir au saint autel tous les jours pour elle. Je salue bien M. Courtin, madame votre mère, .Mlle Agathe, .Mlle Auvray, Mlle Dufour et toute leur famille, nos bons anges et ceux qui les gardent, tous les bons anges et saints patrons de ta villeet du diocèse de Paris, et des personnes qui y sont.
Je vous écris la veille de la grande fêle de l'Annonciation de l'admirable Mère de Dieu, devant partir le lendemain de sa glorieuse fête pour mes visites, m'appuyant sur Dieu seul. C'est en lui que ie vous' suis avec un profond respect, etc.
Evreux, ce 29 mars 1701.
LETTRE CCCXXXIL
Boudon remercie la Providence de ce que, pendant ses visites, ses infirmités ont été lolc'rables. Il ne veut point s'occuper de mariage.
DIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul, dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur do tous les hommes. C'est dans cette divine union que je reçois votre lettre, la divine Providence devant me faire partir demain de grand matin pour continuer mes visites, jusqu'après la fête de l'admirable Ascension de notre bon Sauveur. Ainsi je vous écris pressé, sans cependant jamais oublier madame votre épouse et toutes les personnes que vous me marquez, vous saluant tous, aussi vos bons anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris, et des personnes qui y sont.
En vérité c'est avec la dernière justice que j'a|)pelle, que je regarde la divine Providence comme ma toujours très-bonne et très hdèle mère, car elle m'assiste puissamment et singulièrement dans mes visites sous la protection de la très-sacrée Vierge,
l-tTTULS. — A M. THOMAi\
iria bonne maltres-se, cl des bons ant;es et lies saints. Le second jour je fus malade à garder le lit, avec des vomissements, et environ vingt-quatre heures sans manger. Depuis ce tem|is-là, elle me les a lait l'aire as- ^ez doucement. Je vous supfilie d'avoir la charité de Ijien marquer de ma part h la sœur Thoinelte la reconnaissance que j'ai de la iieuvaine qu'elle a faite |)Our moi à Notre- Dame (lu Remède, et de témoignera la |>ersonne dont elle m'a envoyé, la lettre, et (lui ne se nomme point, que je la prie dem'excuser si je ne lui écris pas , mes visites no lue le permettant pas, mais que j'offrirai mes pauvres |)rières pour elle; et de plus, c'est pour un mariage, et c'est une chose dont je ne me suis jamais mêlé; il est juste que d'autres s'en mêlent, mais je n'ai pas vocation pour cela, ni pour donner avis sur ce sujet. Jamais saint .Amhroise n'a conseillé à personne de se marier. Cependant il faut qu'il y en ait d'autres qui en prennent soin. Je vous écris le 18avril, jourde la précieuse mort de la bienheureuse .Marie de l'Incarnation, Carmélite. Hier, ici, l'on honorait, dans la dévotion de la sainte famille, les communications saintes des sacrés cœurs de Jésus, Marie, Joseph, et les grâces que saint Joseph y a reçues; il ne vous faut pas oublier le bon saint; c'est en lui que je vous suis avec bien du respect, etc.
Evreux, ce iS avril 1701.
LETTRE CCCXXXIIL
Boudon enlretienC son aiin de Vetal de sa santé; et illui annonce son prochain voyage à Paris.
DIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seul. Dieu seul en trois personnes et toujours Dieu seul, etc. Oui, Monsieur, toujours tout dans la divine union. J'ai attendu à vous écrire, l'ayant fait en même temps que j'ai reçu votre dernière, mais ma lettre était iléjà envoyée. Je vous écris aujourd'hui le G de mai, fête du bienheureux Simon Slok à qui la très-glorieuse Vierge a donné [larticulièrement le [scapulaire avec ses privilèges, c'est-à-dire par son ordre, quoique les Cannes portassent déjà le scapulaire en leur habit en la manière des anciens moines ; pour les privilèges du scapulaire à l'égard des séculiers, c'a été à un Pa(ie que la irès-miséricordieusé Vierge les a révélés.
Mais j'ai une sainte joie en notre bon Sauveur, et je n'en connais point d'auire, de vous écrire le jour de la fête de ce saint, qui a tant aimé notre bonne maîtresse et qui en a été tant aimé. Bénissons la divine Providence de ce que Dieu tout boti veut se gloriiier en tant de manières par sa bienheureuse Mère, et de la gloire qui en revieiit à notre gramle reine et aux serviteurs qui lui ont éléappiiqués spécialement. '
La divine Pro\idcni.e, rua toujours tièi-
im;2
bonne et très-lidèle mère, continue et aui^mente mes maux. Je ne savais pas hiei, jour de la solennité de la Pentecôte, si je j)ouiiais célébrer les saints mystères ; depuis neuf heures du soir jusqu'à environ .se|it heures du matin, je fus occupé à la descente que j'ai, sans dormir du tout ; nu jour ou deux auparavant la mêm(! chose. Je suis bien plus mal que je n'étais pendant les visites; mais en tout je n'ai autre chose à dire que ces paroles du Psalmiste que je dis fil la jiréseiice de mon bon ange gartlieu de tout mon cu.'ur et de toutes mes forces : Je bénirai le Seiyneur en tout temps, et sa louange ne sortira jamais de mu bouche. \Psal. xxxiii, 1.)
Je vous remercie dans l'union du cœur de Jésus et de Marie, de saint Joseph, d(j saint Jean l'évangéliste, de saint Joachim, de sainte Anne, de saint Jean-Raptiste, de saint Etienne et de saint Nicolas, de tous les bons anges et [)articulièrement des nôtres et des saints, de la continuation de votre charité. Si la divine Providence m'en donne le pouvoir, mais je l'espère, c'est ma bonne et toujours fidèle mère, apparemment ello me fera partir d'Evreux le 30 du mois présent, pour arriver le lendemain mardi à Paris, jour destiné pour honorer particulièrement cette aimable Providence et les bons anges. Si elle en dispose de la sorte le lendemain, ce sera le premier de juin, l'un des jours consacrés en l'honneur du firécieux eL très-doux cœur de la très-miséricordieuse Vierge. Ainsi je vous supplie do faire averr tir la sœur Laurence, et si Mlle Auvray la peut, et quelques bonnes Ames, que je les prie de venir aux Matliurins sur les huit heures du matin, afin que nous puissions commencer dans cette union à l'autel de Notre-Dame du Remède, célébrant le trèsdivin sacrifice en l'honneur du charitable cœur de la plus miséricordieuse Mère qui fut jamais parmi les pures créatures, ce vojage, et en Implorer les secours dans nos grands besoins.
Apparemment, le P. Doulcin aura reçu votre lettre et il y fera attention. Il attend jieut-être un temps propre i)0ur vous y faire réponse.
Il faut attendre en patience l'impression du livre. J'ai reçu depuis peu une lettre do Flandre, dans laquelle l'on me mande que le livre de V Immaculée Vierge y paraît, que l'on en fait estime ; si Varin avait plui d'habitude qu'il n'a, il aurait eu plus de débit, à peine avait-il paru encore en Flandre.
Voici, Monsieur, une lettre pour le Père Carme déchaussé qui m'a écrit ; cela vient bien aujourd'hui, car il s'appelle Simon Stolv; mais comme il a oublié de me mettre de quelle ville il m'écrit, je n'ai pu lui adresser par la poste la réponse. Je voussupplie dans q^lelque jour de dimanche d'envoyer un laquais au Frère Alexis; caries jours ouvriers il va à la quête, pour le prier de mettre au-, dessus de la lettre ce qui y manque. Appareajmcutil saura le couvent, ou irouveia le-
OEl VRES COMl'LETLS DE BOLDOX.
luoven de lui faire tenir. Je l'ai barrée, c'est de la manière que l'on fait, atîn que ces religieux reçoivent leurs lettres franches.
Je vous en adresse encore une pour un domestique de MmeSaquelain ; c'est un domestique de grâce et qui a l'esprit de Notre- Seigneur. J'ai eu peur que son adresse ne fiU trop vague nour la poste. Avez, s'il vous plaît, la charité de lui l'aire tenir par un laquais à sa commodité.
Oh que l'état du P, Ambroi-se est bon et heureux ! mais il faut qu'il prenne garde à y bieii demeurer sans en vouloir sortir, sous prétexte du bien du prochain; un Dieu fait homme demeure trente ans dans une boutique, sans rien faire au dehors. Je salue, mais très-particulièrement, madame votre épouse, Mme Courtin,Mlle Auvray, MlleDutour, Mlle Agathe et tous ceux qui voussont unis [iarticulièrementen notre bon Sauveur, vos bons anges, tous les bonsanges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris, et des personnes qui y sont, et suis avec bien du respect et de la reconnaissance, etc.
Ce 6 mai 1701