LETTRE CCCXXXV
Al) MÊME.
iSouvelies commissions à M. ThomaS'
PIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seul, Dieu seul en trois personne» et toujours Dieu seul, dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur datons les hommes. Je vous écris, Monsieur, dans sa divine union, le 19 de mai, dans l'oftave de la fête du Saint-Esprit Dieu, et le jour de la fête de saint Yves, avocat dos pauvres, saluant très-particulièrement ma-. dame votre épouse, que je n'oublie pas tous les jours, non plus que vous, au saint autel. Je salue aussi madame votre mère, et ja. vous supplie de lui dire que j'ai offert au-, jourd'hui le très-divin sacriQce à son intention.
Si la divine charité, comme je vous l'ai déjh écrit, ne souffrait tout : omnia suffert^ omnia susiinet. (/ Cor. xiii, 7), j'aurais de, la peine à vous latiguer de tant de commis-. sions. En voici encore une : c'est une lettre pour M. Louviers, que je ne lui ai pas adressée immédiatement, ne me souvenant pas bien de son adresse, et aiin qu'elle lui soit rendue sûrement, c'est que l'approbation de M. le grand vicaire curé de Saint-Laurent est dedans, que je supplie M. Louviers de lui porter, auparavant que j'écrive à Paris, afin d'y pouvoir célélirer la sainte messe, et dans la suite y faire quelque;! exhortations, si la divine Providence, ma toujours très-bonne et très-ûdèle mère m'en donne le pouvoir; car il est nécessaire qu'il y en ait une prorogation, le temps de la permission étant expiré.
L'évêque de M. Fortin aurait eu de la peine à lui accorder un fzeo^ pour Paris, car il veut qu'il retourne, et il a fallu employer des [lersonnes de crédit aufirès de lui, pour avoir l'exeai pour Rome, lui promettant que dès lors qu'il serait revenu, il se rendrait à son diocèse; ce[)endant l'on aurait encore travaillé à tâcher de lui faire avoir un exeat pour Paris, si on l'avait pu.
Vous me ferez une grande charité de m'envoyer votre carrosse au coche, car je ne suis ]);\s en état d'aller à pied si loin. Je suis toujours. Dieu merci, et c'est ce qu'il faut
LKTTULS. - A M. THOMAS.
VM
dire toujours, bien nidl, et mes niniix Huginentnnt et deviennent bien [ilus frt''qiienls. /'espère cependant que ladivine Providence, ma l)onno mère, me conduira ?» Paris sous la protection de l'iuunaculéo \iorge Mûre de Dieu, ma bonne mailrosso ; de saint Joseph, de saint Jean-Boptistc, de saint .T(!an l'évangiMisto, de saint Joachim, do sainte Anne, do saint Etienne, de saint Nicolas, de mon bon ange, des sept premiers princes, de tous les bons anges et saints, et particulièrementdes bons anges et des saints patrons d'Evreux, des diocèses par oh nous devons passer, do la ville et du diocèse de Paris et des persoiMies qui y sont, et en particulier de vos bons anges, et des bons anges do tous nos amis en Notre-Seigneur, et son immaculée Mère \'iergo, les saluant tous, et en particulier Mlle Agathe, et suis dans un profond respect, etc.
Ce 19 mai 1701.
Cette lettre écrite, mon mal m'a pris, et il a l'allu ditférer à la cacheter au lendemain, ayant été depuis quatre heures du soir jusqu'à deux heures après minuit bien mal, et j'ai été plusieurs jours dans la môme peine durant toute la nuit sans dormir du tout. Jo vous dis cela pour vous marquer le besoin des secours de la divine Providence, ma toujours très-bonne et très-fidèle mère, par l'immaculée Vierge Mère de Dieu, ma bonne maîtresse, les bons anges et saints; à peine puis-jc me soutenir, me vodà bien abattu I