‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 391 sur 436 · LETTRE CCCXXXVI · texte numérisé non relu

LETTRE CCCXXXVI

j. .^ // annonce son retour à Evreux.

■.'i ;'■•■; DIEU SEUL.

el toujours Dieu seul, dans l'union sainte du sacré coeur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. Enfin, son aimable et divine Providence m'a fait arrivera Evreux, comme ma toujours trèsbonne et très-fidèle mère. Le premier jour j'ai été bien mal, et la nuit suivante, el je fus obligé de demander une chambre en particulier sans souper. Il y avait dans le carrosse tout plein de gens de connaissance qui ont agi avec moi, comme s'ils ne m'avaient pas connu, je n'en suis pas étonné, ^'ils avaient été des personnes inconnues, ils auraient pris quelque soin dans mes maux, comme je l'ai expérimenté en d'autres voyages. C'est que la divine Providence .veut m'avoir entièrement tous ces soins , et si elle se sert des créatures, c'est lorsque l'on voit que c'est elle qui agit. Elle ne me conduit point parles moyens, humains ordinaires, mais le tout sous la protection maternelle de ma bonne maîtresse. Je ne vous ai pas oublié hier, le jour de la fête, madame votre épouse et toute la famille. J'ai commencé decélébrerJi Kvreux le très-divin sacrifice. Ce jour de la fête à l'autel où je célèbre ordinairement en la cathédrale oij j'ai fait placer son image sous le titre de Notre-

Dame de lion-Socours, et dont j'en ressens coniiniiellement les ell'ets. La chapelle est encore tout angélique, toute |»leine de tableaux des saints anges et des statues de saint Joseph, .saint Joachim, sainte Anne, et d'un tableau de saint Taurin, et surtout d'un tableau qui maniue comme notre bon Sauveur nous a lionne sa très-sainte -Mère pour

mère; c'est Mlle qui me le fit faire à

Paris. C'est une bonne et sainte pensée ([uo de prendre saint Ignace et saint François Xavier pour protecleui's el leurs bons anges jjourles missions, et c'est une faveur inestimable que la divine Providence fait à ceux qui y coopèrent.

Comme il y a plusieurs religieux, de l'ordre dont l'on demande les méditations, qui favorisent la mauvaise doctrine, j'ai de la peine que vous envoyiez ces méditations; cependant comme je ne connais pas ce Père, je ne dis rien contre lui, mais présentement plusieurs de cet ordre sont suspects. Je ne voudrais pas encore envoyer les psaumes traduits par ce curé, peut-être nya-t-il rien de mal? mais on ne peut présentement prendre trop de précautions. Les PP. Jésuites vous pourraient enseigner quelque traduction d'auteurs assurés. L'oraison sans illusion, et l'autre de l'Amour de Notre-Seigneur, il n'y a pas de difliculté.

Je vous supplie de faire tenir cette lettre à Chartres et de tâcher à persuader à Varin qu'il fasse afficher le livre Du Chrétien inconnu : sou profit même doit l'y enga-ger.

Je vous remercie du témoignage que vous avez rendu à Mme de Boutigneux pour le faiseur de bandages; c'est une charité, et je vous supplie d'assurer très-particulièrement madame votre épouse de mon souvenir devant Dieu tous les jours au saint autel et hors du saint auiel. Je la salue avec bien de la reconnaissance, madame votre mère, Mlle Agathe, M. Courlin, Mlle Auvray et toutes les personnes de sa maison, vos bous anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris et des personnes qui y sont, el suis dans un profond respect.

La sœur Rose est toute jeune religieuse, on ne l'appelle pas Mère.

Mme Lelébvre vous assure de ses prières el de ses respects et à madame votre épouse dont elle se lient bien obligée.

A Erreux, le 2o septembre , le lendemain de la fête de Notre-Dame de la Rédemption des captifs.

Je viens de recevoir une lettre dabée du mois d'avril d'une religieuse de la Visitation de Chartres, dans laquelle elle me mande qu'elle a eu le bien de vous parler , et que vous lui avez appris le dernier livre Du Chrétien mconnw, c[u'elle et la communauté souhaitent beaucoup d'avoir. Je crois , Madame, que notre bon Sauveur et son immaculée Mère seront beaucoup glorifiés , si vous leur en envoyez un. Cela même le fera connaître à Chartres II faudrait Kadressee à la sœur Marie-Marguerite M'Uiton, rcii-

{LIVRES COMPLETES DE BOUDOiN.

gieusc à la Visilatioii lie sainte Marie, à C4iartres, et que vous eussiez la cliarilé, quand vous l'aurez mis au messager, de leur écrire un petit mot, afm qu'elle eût soin de le faire prendre et d'en paver aussi lo port. Dieu seul en trois personnes dans l'union de Notre-Seigneur Jésus-Christ le Sauveur de tous les hommes.

LETTRE CCCXXXVll.

Il se plaint que le libraire répande le Chrétien inconnu fans la correction demandée. La contradiction est tm bonheur devant Dieu. Dévotion aux saints anges,

DIEU SEUL

Monsieur,

C'est une chose fâcheuse que le livre Du Chrétien inconnu qui tend tout à faire connatlre la nécessité de celte union, soit distribué par Varin sans Verrata. Le libraire d'Evreux en ayant fait venir , je les ai vus sans cette correction. 11 est bon pour la gloire de Notre-Seigneur que vous lui fassiez remarquer qu'il est homme sans parole, à qui l'on ne peut passe fier. Il avait prorais d'imprimer le petit traité de la Dévotion à saint Joachim , et apparemment il n'en a rien fait.

Je ne sais si vous avez envoyé les indulgences imprimées, que vous avez, aux religieuses de la Visitation de Sainte-Marie de Nancy.

Je crois que la sœur Laurence a bien l'esl>rit(le Notre-Seigneur; Mme Lefebvre communiera pour vous et pour madame votre épouse le jour de la fêle de saint Denis, afin que ce grand saint et ses compagnons, glorieux martyrs, vous servent de prolecteurs et leurs bons anges. Elle a bien de la reconnaissance pour la charité de madame votre épouse.

Le sort de M. Courtin est entre les mains de Dieu, et il est en bonnes mains; sa divine Providence n'en disposera que pour sa plus grande gloire. La contradiction est ce que le prophète Siniéon a prédit qui arriverait à Notre-Seigneur. [Luc. ii, 34.) Ah! qu'il fait l)on donc d'être en butte à la contradiction 1 Je le salue bien et tous mes amis en Notre- Seigneur, mais très-particulièrement madame votre éjjouse qui m'est bien présente devant Notre-Seigneur, vos bons anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville et sont.

Je vous écris le 3 octobre, jour dans lequel on célèbre à Evreux la fôte des saints anges gardiens. Leur mission aux hommes est une providence si douce, si grande , si [larticulière, si avantageuse aux hommes, mais si glorieuse à Dieu, la tin de toutes choses, que Moïse l'appelle une (irovidence qui ne se peut dire. Ah! s'écrie saint Bernard, (|ui est celui qui les envoie 1 Cependant la plupart, et même de ceux qui honorent les saints anges, ne pensent pas à en re-

mercier Dieu. Que d'actions de grâces n'a nous faudrait-ll pas rendre pour un bienfait si divin! iMais nous avons l'adorable Jésus en qui nous pouvons tout; c'est par ces actions de grAces que nous devons en remercier la divine Providence, comme ])ar ses satisfactions, satisfaire à sa justice divine pour le mauvais usage que nous en avons fait, offrant ses mérites pour obtenir que Dieu tout bon leur donne ordre de continuer et de multiplier leurs soins, et particulièrement à la mort.

C'est aussi la veille de la fête de saint François, le grand saint de la divine Providence. Il a été le grand motif qui m'a pressé d'étudier pour être de son ordre .grâce quu la divine Providence, ma toujours irès-bonuo et très- fidèle mère, m'a foile , sans porter son habit ; elle avait ses desseins que je nu connaissais pas. Je l'en remercie par les actions de grâce du cœur adorable de Jésus , notre tout en toutes choses.

s'il vous plaît dans l'occasion , si vous pouvez, encore des indulgences, cela servira bien pour la gloire de Notre-Seigueur .sans le secours du purgatoire , par l'application qu'on leur en peut faire , et dans la suite du temps. Je vous supplierai de m'en envoyer par le messager. Mes maux continuent toujours; Dieu merci, je suis dans un profond respect, etc.

À Evreux, le 3 octobre 1701.

LETTRE CCCXXW m

Dévotion de sainte Galle aux saints et à la sainte Vierge; tl gémit sur les progrès du jansénisme.

Monsieur,

Dieu seul, etc. C'est dans sa divine union, Monsieur, que je vous écris pour vous remercier avec toute la reconnaissance possible de tous les soinsque la divine Providence, ma toujours très-bonne et très-fidèle Mère, vous inspire à notre égard, et je vous écris le 5 d'octobre , jour de la fête de sainte Galle, veuveRomaine, dans laquelle l'admirable Mère de Dieu et les saints anges ont beaucoup de part, ce qui nous la doit rendre beaucoup considérable, pour la pari que nous devons prendre à tout ce qui les regarde, pendant que les démons et des personnes mues de leur esprit leur sont opposées. Les saints anges a[)portèrent à celte bienheureuse veuve l'image de la très-sainte Vierge, qu'ils avaient eux-mêmes faite , et qui depuis a été conservée à Rome , en l'église que l'on appelle Notre-Dame du Porche.

Il y a bien à soupirer sur ce qui se passe ])résentement au sujet de la doctrine mauvaise. Je salue, mais très-particulièrement madame votre mère, Mlle Agathe, tous vos bons anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris et des i^ersonnes qui y sont, et les bons anges qui ont fait l'image miraculeuse de iiotr»

LETTRES. - A M. THOMAS

bonne el grande inallres.se. Je c(?li5lirerai , avec le divin secours, demain, le trùs-divin Éacrifice en leur honneur pour lei en remercier. J'espère que vous recevrez celle lettre avec le même Uivin secours, vendredi 7 d'octobre , fête de Notre-Dame de la Victoire, et suis dans son charitable cœur avec un profond respect, etc.

Evreux, ce 5 octobre 1701.

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