‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 392 sur 436 · LETTRE CCCXXXI.V · texte numérisé non relu

LETTRE CCCXXXI.V

Sur la dévotion à la sainte Vierge et à la sainte Famille

DIEU SEUL

Monsieur,

Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. Oh I bienheureuse union, .Monsieur, la source de tant de bonheurs et de toutes les grandeurs des saints I Oh 1 qu'il fait bon vivre et mourir dans cette sainte union I La bienheureuse Vierge est l'incomparable et l'admirable dans toutes ses |)rérogatives et excellences; mais c'est parce qu'en toutes les pures créatures il n'y en a [las eu de si unie a notre bon Sauveur Jésus-Christ. C'est ce qui l'a élevée à des grandeurs inett'ables, qui nous doivent donner bien de la joie, devant prendre une part toute singulière à tout ce qui la regarde. C'est dans l'union de ce cœur inQniment aimant, que son cœur charitable a puisé tout l'amour, toute la bonté, toute la miséricorde d'une mère, là meilleure de toutes les mères qui furent jamais,à l'égard des hommes. Oli ! qu'il fait bon vivre sous sa protection maternelle, et qu'il fait bon y mourir I Je suis dans une continuelle expérience de ses miséricordes incomparables, et de ses soins vraiment maternels, depuis majeunesse jusqu'à présent. Je voudrais aller crier partout à son saint amour. Le livre que la divine Providence m'a fait donner au public, de sa dévotion, [leut contribuer à son honneur , et il me semble qu'il y va de sa gloire qu'il ne manque pas : mais il y a encore du tera|is à y penser, vous en laissant le soin si je suis prévenu de la mort. J'ai manqué de l'avoir donné à Varin ; je l'ai fait cependant dans une vue de charité, ajirès qu'il m'en a sollicité el fait prier. Mais comme il n'est pa< bien en état de faire de la dépense, il eût mieux valu le donner à ceux qui la peuvent faire. Peut-être que la divine Providence en suscitera quelqu'aulre et qui le débitera mieux.

Je vous écris le 12 octobre (1701), dans le temps des neuf jours où l'on honore les sainjs de la famille de Jésus, dont la trèssainte Vierge et le glorieux saint Joseph sont les premiers. Je viens de célébrer le très-divin sacriticp en leur honneur, oii nous avons dit la mesie du l'incomparablo saint Joseph.

Nous vous avons rais, vous, madame votre épouse et toute votre famille que nous saluons très-respectueusement; .M. Courtin, la maison de .Mlle Auvray, la sœur I^urence et ses amies, sous sa î'aternelle pioiection. l'riez-la, s'il vous plail, pour la gloire de notre bon Sauveur de son immaculée .Mèrl^ vierge, de saint Joseph, des bons anges et do saint Joachim, de sainte Anne, de sainl Jean- Baptiste, de saint Jean l'évangélisle, de saint Nicolas, dans mon indigne et chétive personne, car je suis très-mal, par une grande miséricorde de la divine Providence, et les jours et les nuits. Je salue bien vos bons anges, etc.

Je suis avec bien du respect, elc

Madame Lefebvre vous salue bien respectueusement, madame votre épouse et vus boiis anges. J'ai besoin de prières. L'on me presse de faire un voyage pour voir un homme que l'on dit faire des bandages qui remédient à tous ceux que l'on a faits à Paris et qui n'MUt pas d'effet. J'en doute fort ; cependant l'o« me dit qu'il ne faut pas négliger cette- occasion. Ce serait à peu près dans huit jours que la divine Providence, ma toujours très-bonne et très-fidèle mère, m'y conduirait.

i-2 octobre 1701.

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