‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 396 sur 436 · I-ETTRES · texte numérisé non relu

I-ETTRES

A M. THOMAS

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ment nindnme voire épouse et loiilo la famille, vos bons anges, tous les lions an^jes et saints iiatrons de la ville cl tin diocèse de Paris, et des jiersonnes qui y sont, et suis dans un iirol'ond respect, etc.

Evreux, ce 28 nnvcmbrc 1701, fête du glorieux martyr saint Etienne, pour la défense des sninlrs imaf/es: c'était un abbé.

P. S. Mes niaux m'ont tellement pressé. Dieu merci, aujourd'hui, que j'ai été privé du [ilus grand iiion du monde, de pouvoir célébrerlc très-divin sacrilice. J'espère que ce que vous avez fait en i'audiom;e iioutiticaie aura sa bénédiction.

LETTUK CCCXLIX.

Il félicite M. Thomas de son zèle àdisiriljuer de biins livres ; il exerce par là, en e/uelque sorte, les fonctions d'un apôtre. C'est exécuter les desseins de Dieu ijue de contribuer à établir In dévotion à la sainte Vierijc. Ce que sont les indulgences.

UlEl) SELL.

Monsieur, Dieu seul, Dieu seul on trois i)ersonnes, et toujours Dieu seul dans l'union de noire bon Sauveur Jésus-Clirisl, le Sauveur de tous les hommes. C'est dans cette divine union, Monsieur, que je m'unis avec vous pour maiinificr ses grandes miséricordes sur les grâces que vous recevez de son aimable providence, noire toujours très-bonne et très-fidèle mère. L'état et la condition dans lesquels elle vous a tais ne vous permettaient jias d'aller annoncer ses grandeurs, ses bontés et ses conduites adorables publiquement parmi les jieuples, et voici que, vous inspirant de distribuer des livres qui regardent sa gloire, elle vous donne lieu de faire plus pour son honneur que plusieurs missionnaires ne pourraient |ias faire. Vous racontez ainsi la gloire de Dieu, non pas seulement à des personnes de certains états, mais u'e toutes conditions, aux personnes qui vivent dans le siècle, et à celles qui vivent dans les cloîtres, dans les pays étrangers même, comme dans le Canada. Mais les paroles qui se font entendre ne sont jias seulement pour quelques mois, comme celles des missionnaires ordinaires de nos royaumes, mais d'une manière à durer toujours, autant que les livres subsisteront. Que votre âme en bénisse le Seigneur, et tout votre intérieur son saint nom! Qu'elle en bénisse le Seigneur, et qu'elle n'oublie jamais ses miséricordes; qu'il comble ses inspirations sacrées en vous, de plus en plus, de ses plus saintes et plus abondantes bénédictions, et celles qu'il donne à Mme votre épouse que je ne sépare pas, la divine Providence vous ayant si saintement unis : Quod Deus conjunxit, homo «07i separet. [Mare, x, 9.) Je salue bien vos bons anges, toutes les personnes de votre famille, qui m'est plus considérable en la présence de notre divin Maître et notre bonne raaître>se, que je ne vous

ŒCVRES COMPL. DE BOUDOS. llf.

|iu!s dire, et pour laquelle je no cesse de. jirier, tous nos amis et leurs bons anges, tous les'bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris, cl des [lersonnes qui y sont. Mon occupalion particulière aujourd'hui, jour de mardi, que je dédie singulièrement à honorer la divine Providence et les lidèles exécuteurs de ses ordres, les bons anges, a élé l'es conduites de cette ador.dile providence pour l'en adorer, la louer, 1.1 bénir, la remercier et la glorifier, l'invo- (|uaiit de plus en jibis, et du plus profiuid de mon intérieur l'apfielanl b mon secours: De profundis clnmai-i ad te. Domine, Domine, cxaudi vocem meain ; fiant aures tuœ intendentes in vocem deptecalionis mcœ. (Psal. r.xxix, 1, 2.) \'oiis entiez entièrement dans ses divins oesseins rpiand vous jircnez le dessein de faire honorer la glorieuse Mère de Dieu; elle a manifesté sa divine volonté sur ce sujet d'une manière toute pleine de lumière, en sorte qu'il faut s'aveugler soiuième pour ne la pas connaître. Le livre qu'elle nous a fait la grâce et l'honneur de donner au public le fait voir en plein jour; si elle vous donne le moyen de le beaucoup distribuer ce sera une étendue de grâce pour vous et une grande gloire à la Mère de Dieu, dont le démon attaque le culte fortement dans ces malheureux temps.

11 ne me souvient plus qui m'a écrit que l'on avait dessein de faire un volume {\e> petits ouvages que la divine Providence nous a fait donner au public. Je sais bien que l'on me l'a écrit, mais je ne sais de quelle ville, ni qui. Si cela arrivait, il faudrait ne les pas imprimer, qu'étant corrigés, surtout le \\\tc De l'oraison, et le livre Des vois des saintes croix. Je vous ai laissé un mémoire pour la correction des livres, afin tpie, dans l'occasion, quand on les réimprimeia, on veille à cette correction. C'est un soin que je laisseà votre charité, dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ, |iourson honneur, et celui de son immaculée Mère \ierge, devant attendre tous les jours la mort.

Je vous ai écrit que vous glorifierez notre bon Sauveur de faire, imprimer en plus petite feuille le mémoire des indulgences.

;\Iais voici aujourd'hui le jour destiné particulièrement à honorer ia divine Providence et les bons angas, ce qu'elle m'a iiisjiiré pour le soulagement des âmes du purgatoire, et ensuite pour l'établissement de la gloire de Dieu en elles, qui est notre lia on toutes choses, c'est de faire imprimer dans le commencement ce qui suit.

L'indulgence n'étant autre chose qu'une application dessalisfictions de Jésus-Christ, (jui sont d'un prix infini, c'est avoir entre ses mains un trésor infini pour payer les dettes des pauvres âmes du purgatoire, que de pouvoir leur appliquer les indulgences. Les Papes en ont donné le pouvoir, c'est ce qu'il faut savoir à l'égard de celles qui peuvent leur être appliquées; mais toujours celles qui suivent peuvent leur être appliquées, et comme ce serait une cruauté plus que bar-

(*:i VRES COMPLETES DE BOLIWN.

bare, si Ion avait ee>:l mille éciis dans des colFies pour les distribuer aux pauvres dans lin temps de famine , si on les y laissait fans en faire usage, c'est encore (juclque rhosc de plus cruel que de négliger l'appliralion des indulgences pour les pauvres âmes du purgatoire; ensuite, Monsieur, vous en enverrez de tous côtés, et ce serait iine grande alVaire pour la gloire de Dieu. J'avais écris à Montbard, sur ce que la religieuse, à qui l'on avait adressé les livres, s'était imaginé que c'était pour elle, que ce n'était pas votre intention, mais pour le commun; c'est ce qui l'a obligée de vous éirire comme elle a fait. Si la divine parole dit que Dieu a réjiandu sa grâce sur les lèvres du Sauveur, l'on peut dire que cet aimable Sauveur a donné une |)ariicipation de sa grâce à Mgr l'évèque de Québec sur ses ruanières d'agir. Je suis bien aise que vous l'ayez vu, apparemment il ne voit pas les livres que nous envoyons en Canada. J'espère que notre bon Sauveur et sa trèsdigne Mère seront gloriliés de ceux que vous ".eur avez donnés.

Je suis touché de la mort de feu M. de Bernière, le neveu de l'homme de ce nom, dont Le château intérieur est tiré de ses ouvrages. J'aurai soin, avec le secours divin, de son âme devant Dieu. Hélas, nos amis s'en vont tous, et s'en sont allés, et je reste encore misérable en ce monde : Multum incolufait anima mea. (Psal. cxix, 6.) Si vous revoyez ce digne prélat, je vous supplie de lui bien faire mes civilités et à son saint ange, je ne saurais oublier ces célestes esprits.

Il est vrai. Monsieur, la connaissance avec les serviteurs de Dieu gloriûe notre bon Maître et est suivie d'une grande bénédiction.

J'ai une joie particulière en Notre-Seigneur, et je n'en ai pas d'autre, de ce que vous m'écrivez du Pape à l'égard de M. Dumas, de M. le duc du Maine, tout cela servira à la gloire de notre bon Sauveur et de son immaculée Mère Vierge. L'on attend ici avec bien du désir les livres qu'il m'a promis d'envoyer, c'est-à-dire les communautés zélées pour la bonne doctrine ; il en est besoin en ce pajs-ci et en Normandie, où j'aurai soin, avec le secours divin, de les oien distribuer.

11 faudra tâcher, avec le secours divin, de travailler [Jour avoir quelque chose de certain de Rome, jiour le Petit office de l'Imjnaculée Conception, et ensuite prendre des mesures [lour en donner la connaissance à Mgr l'archevêque. Vuici la fête de ce grand mystère qui approche, il faut bien nous y jiréiiarer, avec le secoursde notre bon Sauveur. Je vous remercie avec toute la reconnaissance possible de vos prières et de celles de nos autres amis. Je vous avoue que la divine Providence, ma toujours très-bonne et très-tidèle mère , de quelque manière qu'elle dis|)ose les choses, me donne un bon et pénible exercice.

La lettre incluse étant cachetée, quand j'ai reçu votre dernière, j'ea ai fait un pa-

quet, et suis avec lout le respect possible dans les cœurs sacrés de Jésus et de Marie. Ce 29 de novembre, fèto de saint Ratbode, évoque d'L'lrechl, qui fut assisté visiblement à sa mort par la glorieuse Mère de Dieu, sainte Thècle et autres vierges. 11 dit que c'était parce que, dans toutes ses dévotions, il n'y oubliait jamais la tiès-sainte Vierge; il disait encore que son miroir étnit la vie des saints, et il s'y est si bien miré qu'il s'est rend.u l'une de ses belles glaces ; c'est aussi la veille de la fête de l'apôtre de la croix, saint André. Je suis avec respect, etc.

6'e 29 novembre 1701.

Noire-Seigneur ne serait pas honoré si l'on faisait réimprimer nos livres sans être corrigés; au contraire, cela ferait un fort mauvais effet. Les temps où nous vivons demandent des précautions singulières.

LETTRE CCCL.

Al) MÊME.

Etre uni à Je'sus-Clirist, c'est être uni à la sainte Vierge. Bon emploi du temps dans le souvenir de la mort.

DIEU SEUL

Monsieur,

bon Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes. Demeurons toujours , Monsieur, dans cette bienheureuse union; c'est là qu'en même temps nous aurons la grâce de demeurer tous unis à son immaculée Mère vierge ; car comme être véritablement uni à Jésus-Christ, c'est être uni à la bienheureuse créature qui lui est plus unie que tous les bons anges et saints ensemble, et qui l'a plus aimée que tous les bons anges et saints. O sainte et bienheureuse union! Vous avez sans doute reçu deux lettres que je vous ai adressées ; ce n'est pas Le Chrétien îHconna dont il était question, c'est Dieu inconnu. Cependant notre libraire l'a reçu, et son corresf>ondant, sans doute à l'égard du livre de La dévotion aux bons anges, s'est contenté de le demander à l'Epine, ce que j'avais assez pensé, quoique notre libraire dît le contraire.

J'ai encore aujourd'hui, le 1" de ce mois, et j'ai dévotion à ces premiers jours; car hélas 1 il faut qu'il nous ftisse ressouvenir que nous en commencerons un que nous ne hnirons pas, pour nous renouveler dans de nouvelles résolutions d'employer mieux le temps qui est quelque chose d'infiniment précieux. J'ai encore, dis-je, offert le trèsdivin sacrifice en l'honneur de la sainte Famille, c'est-à-dire ai^rès Jésus, de l'immaculée Mère Vierge, du grand saint Joseph et de saint Joachim, de sainte Anne; toutes les images de ces saints sont placées à la cha- ])ellede Notre-Dame de Bon-Secours, où je célèbre ordinairement, avec les tableaux des sept [iremiers princes et des neuf chœurs des bons anges. C'est une chai)elle tout angeliijue, de saint Zacharie, de sainte Elisabeth>

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LETTRES. - A M. THOMAS

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de sailli Jcan-Baplisle, des Maries de l'Kvangilc et de leurs sniiits enfnnts apôtres, surtout de suiiit Jean l'Evangéliste, (iont je vous rccoinuKUide toujours singulièrement la dévotion. Je sais par oxpérienee dès ma jeunesse ce qu'elle vaut, car tous tes saints sont de la parenté, selon la cliair, de Notre- Seigneur Jésus-Clirist. J'ai, dis-je, oll'ert le très-divin sacritire, afin (jue vous fussiez h jamais, vous et Mme votre épouse et tout le reste, de la famille de Notre-Seigneur Jésus- Clirist. Alil nu'il fait bon d'en être [lour jamais !

Je salue tous vos bons anges, tous les lions anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris, et-les personnes ijui y sont, et suis, dans un profond respect, le lendemain de la fête du grand ajiôtre de la croii sa'int André, votre, etc.

.•1 Evreux, ce 1" décembre 1701.

LETTRE CCCLI.

Dévotion à l'immnculce Conception et zèle de Ifoudon pour lu propager. Il est faux que l'Immaculée Conception ait été condamnée. Boudon remet à M. Thomas le soin de faire corriger ses ouvrages pour une nouvelle édition.

DIEU SEIL

Monsieur,

et toujours Dieu seul dans l'union du sacré cœur de notre bon. Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes. C'est dans cette divine union que notre bonne maîtresse, ayant été l'incomparable, a eu des privilèges qui lui sont singuliers, ayant été seule préservée du péché originel entre tous les enfants des hommes, et si les bons anges n'ont jamais jiéché ni contracté aucun péché, toujours aucun n'a a[)proché de l'éminence de sa grâce, ce qui fait que la sainte Eglise lui applique avec bien de la justice ces (laroles du Pro|ihète, que ses fondements sont sur les montagnes saintes, tigure de tout ce qu'il y a de [dus parfait parmi les anges et les hommes, et que le Seigneur aime mieux son entrée dans le monde que rétablissement entier de la consommation, de la perfection des tabernacles de Jacob, des saints, de l'Israël de Dieu, de l'Eglise. Ecrions-nous ensuite, Monsieur, avec une sainte joie : oh! que de choses glorieuses l'on raconte de vous, sainte cité de Dieu ! la divine Providence m'a fait l'honneur, étant encore écolier dans les basses classes, de faire vœu que je signai de mon sang, de croire et défendre la vérité de son Immaculée Concefiiion, et elle s'est bien voulu servir de mon indigne personne pour faire signer le même vœu à plusieurs autres écoliers, qu'elle en soit bénie à jamais. Chantons donc. Monsieur, comme nous y exhorte l'Eglise, de cœur et d'esprit, et publions la gloire de Jésus- Christ dans la sacrée solennité de la trèsgrande Marie sa véritable .Mère : Corde et

unimo Chrifto canamus (/li.rium in hac sacra solrmiiitute prœcelsn Dci gctiilrice Maria. El renuuvcloiis-nous dans un nouveau zèle de soutenir ses saints intérêts avec !e secours de notre bon Sauveur.

A l'égard de ce que le prélat a pu dire que les Vies de liiellel n'étaient qu'une critique de la Vie des saints, ce n'est [las grand'cliose. L'on a bien fait la criliiiue des livres sacrés, cela n'empêche pas l'estime que l'on en doit avoir. Il eût fallu, ce semble, dire la mauvaise critique; mais comment le dire de (C livre (]ue l'on m'a dit lui être dédié, et qui se débite sous sa protection île tous côtés. Mais comment a-l-il pu dire que le Petit office de rimmaculés Conreplion est condamné, a[)rès les raisons convaincantes de .M. le curé de l'isle ; il ne les a pas lues, comme je vous l'ai tléjà dit, il les a dû lire, puisqu'il lui a défendu d'écrire davantage, aussi bien qu'à M. le curé de Saiiit-Merry. Je vous supplie de bien conserver les deux conférences de M. le cuié de l'isle, je n'en trouve plus que la premièie que je viens d'envoyer à Uouen où l'on combat aussi le Petit office.

A l'égard de la pensée de M. Courtin, elle est très-bonne, mais il faut considérer que M. Dumas a ses occupations [lour la sainte Eglise, et que ce serait lui en donner tro(i de lire tous mes livres. Il faut aussi prendre garde à ne les pas donner à toutes sortes de personnes pour les corriger, quoique u'autre part bien intentionnées , comme, par exemple, à des personnes comme M. tie Reuilly, qui en ôterait bien de bonnes choses qu'il y faut conserver. Comme il me semble que la divine Providence ma toujours très-bonne cl fidèle Mère, vous a destiné pour se servir de vous à l'égard de mon indigne et chétive personne, je vous laisse le soin de fut dans ses divins soins. Conservez au moins les corrections que je vous ai laissées, c'est ce qui est de jilus considérable, et quand la même divine Providence susciterait quelqu'un pour leur correction, gardez-en toujours la copie, afin que ces corrections ne se [lerdent pas, ce qui arrive souvent parles personnes à qui on les donne.

11 est vrai, j'avais oublié à mettre l'adresse à M. Dumas, je ne m'ensouviens que quand le paquet fut à la poste.

Ce que l'on uiande mal à propos à notre libraire, touchant mes livres, vient appalemment de ce que son correspondant envoie quelqu'un qui ne s'acquitte jias de sa commission.

Vous coopérez toujours beaucoup à la gloire de notre bon Sauveur et de son immaculée .Mère Vierge dans la distribution des livres. Je bénis la divine Providence de ce que vous en avez donné aux Pères Mathurins. Je ne m'oublie pas tous les jours de votre saint ange, ni de celui de Mme votre éjiouse, que je salue toujours très-particulièreiiienl dans l'union de notre bon Sauveur et de son immaculée Mère Vierge, nous souvenant toujours de vous deux et de voire famille dans nos sacriûr-es et orières.

13i7 OEUVRES COMPLETES DE BOIDON.

Je salue piésenlemenl vos lions anges et

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ceiiT de votre famille, tous les bons anges et saints patrons de la ville et liu diocèse de Paris, et des personnes qui y sont.

12 décembre 1701.

LETTRE CCCLII

Al" MÊME.

Opposilious que l'oti fuit de lotiles paris à la dévotion li la sainle Vierge, et principalement à riininaciilce Conception.

DIEi: SEIL

Monsieur,

Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sarré cœur de notre bon Sauveur Jésus- "hrist, le Sauveur de tous les hommes. C"esl toujours. Monsieur, dans cette divine union qu'il nous faut tout faire et tout souffrir. C'est donc dans cette union divine que je fi6m\< des oppositions que l'on a présentement au culte de notre bonne maîtresse; je j'écris à M. Dumas; en même temps que .'hérésie s'établit, en môme lemps on déclare ,a guerre au culte de la Mère de Dieu, le démon sachant bien ce que toute l'iilglise chante dans son office [lublic, ((no c'est elle qui a détruit toutes les hérésies dans tout îc monde. C'est pourquoi Colvin, dans ces derniers siècles, criait tant contre la dévotion à la très-sacrée Vierge, et dans l'une de ses épîtres, comme je l'ai remarqué, il disait qu'entre toutes les fôtes ([ue les papi^tes célébraient en son honneur, il n'y en avait point pour qui il eût une aversion plus perticulière que pour celles de sa Conception et de son Assomption. Voilà ce que l'on remarque encore aujourd'hui. Mais cette opfiosition, ce qui est déplorable, est [larmi les ecclésiastiques. H est surprenant de voir la liberté qu'ils prennent [irésentement sur ce sujet, dont la moindre, dans les temps qui nous ont précédé parmi les catholiques, aurait soulevé saintement le clergé, les universités et tous les jieuples, et dont l'on aurait fait une sévère punition.

Il me semble qu'il serait bon que vous prissiez la peine, pour la gloire de notre bonne maîtresse, d'aller voir le P. Doulcin jiour lui dire ce qui est arrivé à Saint- Etienne et ce qne l'on vous a dit même. Ayez aussi la bonté de le bien saluer de ma part. Il serait à propos, pour la même gloire, s'il le juge de la sorte, d'en informer le ■R. P. de la Chaise; mais ce qui étonne, c'est leur désobéissance, non-seulement aux bulles anciennes, mais à celle d'Alexandre VII, donnée de notre temps, avec de grandes peines pour les contrevenants. Je t'ai ra[)- Ijorté dans le livre de la dévotion. Il serait bien à désirer que l'abbé Brunct en fiarlât à Monsieur l'archevêque, car il est très-bien auprès de lui. Je crois que Notre-Seigneur et sa sainte Mère seraient aussi glorifiés, si vous faisiez savoir à M. Gautier ce qui s'est passé dans le sermon; car, lout séculier qu'il est, il no laiise [)as de bien travailler pour la

et je crois

etfet. Il est

de la très-

pour sa dé-

défense de notre grande reine, même que cela aurait un bon terafis que tous les serviteurs sainte ^lère de Dieu s'unissent fense. L'on m'a dit, mais ne me citez pas làdessus, que feu M. Arnauld était si bon ami des religieux de Sainte-Geneviève, qu'il allait manger avec eux dans leur réfectoire; c'est une congrégation bien infectée. Ensuite, après avoir salué votre bon ange, celui de madame votre épouse, ceux de votre famille, tons les bons anges et saints (latrons de la ville et du diocèse de Paris, et des personnes qui y sont, je vous sup|ilie de témoigner à madame votre épouse que j'ai toute la reconnaissance possible pour les communions qu'elle a faites au sujet de ma chétivo personne, et que j'espère, avec le secours divin, lui rendre le centuple. Aoici une lettre pour M. Dumas. La mère Elisabeth, Feuillantine, m'écrit que le P. dom .Martin de Sainte-.Marie, Feuillant, est mort sans aucuns sacrements, ne parlant que de ses douleurs du corjis, et que tout le parti en triomphait. Je ne sais si ce n'est pas le Père que nous allions voir à Saint-Honoré, c'est que je ne me souviens jias bien de son nom; ^^ c'est lui, je vous supplie de vous en informer et de me le faire savoir à la couruiodité, je vous dis à la commodité. Si c'est lui, la dernière fois, que nous allâmes le voir, les Feuillants nous dirent qu'il n'avait ])lus de raison. J'ai peur que, dans cette préoccujiation, ils ne l'aient laissé mourir sans sacrements. Mais je vous assure qu'il me répondit avec beaucoup de raison et de lumière sur son état et sur ses peines; si c'est lui, c'est f{u'ils l'auront délaissé sans lui donner lieu (le s'expliquer. J'avais tous les jours pour lui une application singulière; car enfin, c'était assez pour moi qu'il fût un des zélés serviteurs de ma bonne maîtresse. J'espère qu'avec le secours divin je ne l'oublierai jjas non plus après sa mort.

Mgr l'i^vêque de Québec m'a écrit la lettre la plus obligeante du monde au sujet des livres que vous avez eu la charité de îui [irésenter de ma jiart; il ne se peut trouver rien de jilus humble ni de plus honnête que ce prélat. Je lui ai adressé ma réponse à la communauté de Saint-Sulpice, dans la pensée qu'il y loge encore. Je vous suimlie de vous en informer, et s'il n'y logeait plus, de me le mander, dans la crainte que j'aurais qu'il n'eût pas rei^u ma lettre.

Comme mon grand flge et mes dangereuses incommodités ne me permettent pas de voir Id mort éloignée, et qu'il me ])araîl que la divine Providence, ma toujours très-bonne et très-fidèle mère, vous a destiné pour mon indigne riersonne et les écrits qu'elle m'a fait publier pour sa gloire, je vous en laisse le soin sous sa divine conduite et sous l'a jirotection maternelle de la très-sainte Mère de Dieu, des bons anges et des saints, et de veiller, s'il vous plaît, quand l'on réimprimera (juclqu'un des livres, à ce qu'il soit corrigé, au moins selon les mémoires que je vous en ai laissés, et celui mêaie de la

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