I.F,TT«i:S. — A M, TtlOMAS
ma toujours Irès-bonnc el lics-fulôlc mère, m'n i'ail lioiiiior p;iv MM. nos uliaiioines lu sacré viatique en la solennilé de mahoiine maîtresse. Le coiiis (le iinue diviti Sauveur est bien appelé aviicjusliie Viuliiinc, parce que c'est pour avoir de quoi l'aire le voyage de réternilé, et tout auln; viatiipie n'y sulllrait ];as; carétant liniilé et l)orné, il ne pourrait pas donner de quoi faire nu voyajjc qui n'a point de lin. Nous en voici 5 la porte, et je me sers de la main d'un de mes amis pour vous témoigner que, ne faisant (ju'un n.ôuie corps avec nolie Sauveur Jésus-Christ, 'la mort ne nous sépare ooint, et ne sert qu'à nous unir davantage. C est dans cette divine union que je reste toujours avec vous, avec 5Ime votre é|iousc,Mme votre mère, et tout le reste de nos amis en Notre-Seigneur, (}ui vous sont assez spécifiés de la sorte. Je ne vous sépare point non plus d'avec M. Dumas , ])our (jui je conserve un respect l)lus grand que je ne puis dire, ce que je vous supplie de lui bien marquer , ayant une plus haute estime de sa grâce que je ne imis l'expliquer.
Cela ne doit point empêcher que vous ne m'envoyiez ces dignes livres: car peut-être ne serai-je pas mort, et toujours M. le supérieur de notre séminaire les recevrait et prendrait le bien de les l'aiie distribuer dans les communautés de la [irovince.
Je vous laisse , Monsieur, le soin de tous les livres que la divine Providence, ma lionne mère, m'a fait donner au public. Je "NOUS envoie la correction du Triomplie de la croix pour la donnera M. Dumas avec une j.ietite annotation!
Comme vous êtes l'homme de la divine l'rovidence à mon égard , vous voulez bien que je vous fasse souvenir d'une pauvre femme qui est à Rouen, que la même divine Providence m'a adressée , il y a plus de soixante ans. Je n'étais qu'écolier ; elle était logée dans la [lension où nous étions, et je m'abstenais quelquefois de sortir pour la garder des sollicitations qu'on lui faisait contre la pureté; et jusqu'à présent la divine Providence a voulu que je prisse soin d'elle en bien des manières (147). Vous voyez bien. Monsieur, que c'est une personne l'on âgée aussi bien que moi , et qu'elle ne peut [las vivre encore bien longtemps; cependant elle est dans la dernière misère, jiarce que non-seulement elle est très-pauvre et ne peut presque plus travailler, mais elle est d'un naturel tellement timide qu'elle n'oserait presque demander rien. Nous avons ici à Evreux la sœur de notre procureur du roi, qu'on appelle Mlle d'Outrebois, tille d'une solide vertu; je lui recommande aussi qu'en cas de mort elle vous en écrive, afin (|ue, par le rapport qu'elle aura avec vous, elle puisse participer à vos soins, ou pour mieux dire, aux soins de la divine Providence par vous.
Mes maux, ou pourdire mieux, mes biens deviennent bien grands. Je vous avoue ([ue
(1-47) \oij. la Vie de Butidon, par M. Collet, nouvelle edit., \>. T>-î.
(148) Cette leure est éorile pur M. Cliuiioiiie, se-
sans un secours pailiculicr de ma bonne maîtresse je succomberais. Outre neuf jours de lièvre conlinue; ma descente, la colique, les lluxions, m'accablent jour et nuil. Je n'ai jioiiit dormi aujourd'hui (Jti tout pai- l'exer- (;ice de ma descente, pétulant toute la nuit ; en ce moment, cinq heures après-midi , la crise dure encore. V'ous voyez bien que j'ai grand besoin ([u'on fasse des prières pour moi ; et je désire qu'on ne regarde que Dieu seul dans toutes les charités qu'on me fera, sans s'arrêter à ma cliétive per.ioiine.
Je vous écris le 26 de mars , jour de la précieuse mort du saint homme le P. Jean Chrysostome.
Je salue tous vos bons anges plus que jamais, tous les bons anges et saints jiatrons de la ville et du diocèse de Paris, et des personnes qui y sont , et je demeure, etc.
LETTRE CCCLXIV (IkS).
// donne une commission à son umi.
UIEU SELL.
Monsieur,
Dieu seul , Dieu seul en trois personnes et toujours Dieu seul dans l'union sacrée du cœur de Jésus-Christ , Sauveur de tous les hommes. C'est dans cette union. Monsieur, que je suis obligé de vous adresser encore cette lettre pour Mlle Rousseau, qui est pressée. \'ous savez les jours de la poste, je salue toujours avec bien du respect Mme votre épouse, tous vos bons amis, vos bons anges, les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de, Paris et des |)ersonnes qui y sont, et suis avec bien du respect, etc
Ce 28 mars 1702, jour de la précieuse mort du bienheureux \ enturin de Rergame; religieux de l'ordre de Saint-Uominique, interdit par le Pa[)e pendant huit ans de la prédication , sur les fausses calomnies qu'on avait faites de lui.