‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 400 sur 436 · LETTRE CCCLXV · texte numérisé non relu

LETTRE CCCLXV

Al) MEME.

Boiidon à cause de ses maux se recommande aux prières de M. Thomas.

DIEf SEUL.

Monsireu, Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus-Christ, Sauveur de tous les hommes. C'est toujours dans cette union que je vous écris , Monsieur, la divine Providence, ma toujours trèsbonne ettrès-fiilèle mère, m'ayant,en faveur de la glorieuse Vierge, saint Joseph et les anges, diminué la tièvre; il me semble même quelquefois que je ne l'ai j'Oint du tout, mais je suis dans une faiblesse si extraordinaire que je ne saurais vous le dire. Je ne sais si la même divine Providence voudra me donner encore quelques jours , et j'ai besoin de prières et beaucoup besoin.

crélaire de Boiidon dans ses infirmités, ainsi que prcsiiiie toutes les suivantes.

iTEL'YUES COMPLETES DE BOUDON.

Je salue tous vos amis en Noire-Seigneur, les priant de les continuer et en particulier M. Courtin, Madame voire (épouse que je salue très-particulièroment comme tous vos bous anj;es, les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris, et des personnes qui y sont. Je vous supplie de firier M. Courtin de prier saint Nicolas que l'Eglise dit avoir été honoré d'un nombre innomhrablede miracles. La divine Providence me logea Kvreux, en la paroisse de ce saint , et la dernière fois que j'ai célébré a été dans son église. M. Louvier pourra bien faire |>rier Dieu |iour nous par plusieurs Iiersonnes. Je suis bien obifyé à M. Dumas «lu sacritice qu'il ollVe pour mon indigne personne. L'addition que j'ai envoyée n'est pas ))our mettre dans le livre, c'est pour insinuer la réponse à quelques diffîcutés qu'on pourrait objecter. Vous aurez donc la charité de nous adresser les livres de AL Dumas dont j'espère f[ue Noire-Seigneur

Mère seront beaucoup

loiifiés

et sa sainte

dans la province et partout

^'ous ne iauriez croire, Monsieur, combien est grande la miséricorde que vous exercerez envers la pauvre veuve de Rouen, Mme Henri; elle est bien inlirme et âgée comme moi; ainsi, elle ne peut pas vivre longtemps. Je vous ai dit que vous étiez l'homme destiné, par la divine Providence, non-seulement pour ma personne en particulier, mais pour tout ce qui regarde les affaires de la divine Providence à mon sujet; en voici une des grandes en cas que je meure. La demoiselle dont je vous ai parlé, steur de M. notre procureur du roi, aura 1 honneur de vous écrire et aura soin de tout, et elle vous donnera l'adresse pour lui laire tenir ce que vous voudrez pendant que je suis encore au monde. Vous jiourrez, s'il vous plaît, mettre dans le iiaijuet des livres que vous m'adresserez, l'aumône que vous avez dessein de lui faire, et en vérité, Mon-

iie

est plus grande que vous

sieur, elle j'ensez.

Ce dernier jour de 7nars,jour dans lequel on honore, en la dévotion de la sainte famille, les caresses du saint enfant Jésus à l'égard de sa très-sainte Mère, et le jour de la précieuse mort du saint homme le P. Morcau, Minime, obsédé des démons durant quarante ans.

LETTRE CCCLXVI.

Boudon se rappelle que la conduite de la divine Providence a toujours été extraordinaire à son égard; il s'abandonne, au milieu de ses maux, à ses soins divins avec un nouvel accroissement de joie.

DIEU SEUL

Monsieur,

et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de Jésus-Christ. Sauveur de tous les hommes. La divine charité, Monsieur,

qui soufTre tout, me donne toujours la 11bei'té de m'adresser ît vous, pour vous su)iplier d'envoyer cette lettre aux Feuillantines; votre laquais demandera la religieuse et ensuite il donnera la lettre. En même temps, cela me donne lieu de me consoler avec vous en Notre-Scigneur, et je ne sais point d'autre consolation, de ce que cette nuit, premier jour du mois d'avril, étant très-mal, et ayant fait allumer un cierge pour taire brûler devant les images de saint Zozime et sainte Marie Egyptienne, en l'iionneur de la divine ProviiJeiice extraordinaire sur ces saints, et je me suis pour' lors souvenu en combien de manières la même divine Providence, ma toujours trèsbonne et très-fidèle mère, m'avait secouru durant tout le cours de ma vie; mais, assur rément, sans exagérer, d'une manière à jeter dans l'étonnement; dans la vue ensuite que j'ai eue de l'accablement de mes maux, sans y voir de secours humain : cela m'a donnd une confiance iiarfaite en la môme seule Providence, et j'ai pensé qu'entrant dans un mois nouveau, j'entrerais en môme tem[is dans les lins toutes singulières de sa maternelle conduite, et qu'elle me servirait de toutes choses. Oui, Monsieur, elle me servira de tout dans ma vieillesse, aussi bien que dans ma jeunesse; elle a fait voir sa iirotection d'une manière admirable en sainte -Marie Egyptienne, mais n'est-elle pas la même toujours"?

lînsuite, ce qui augmentait saintement ma consolation, était qu'elle s'est servie de la très-sacrée ^'ie^ge pour assister en toutes choses sainte Alarie Egyptienne, soit pour lui donner de l'accès auprès de notre divin Sauveur, soit pour la faire passer dans le désert, soit jiour la soutenir dans tous ses besoins dans le déserf, et je disais, qu'elle soit bénie à jamais; voilà la conduite qu'elle tient sur mon indigne et misérable personne; tout par la très-sainte Vierge en tout ce qui me regarde. Je vous avoue que ces pensées m'ont beaucoup consolé en Notre-Seigneur dans l'accablement de mes maux, où, je vous le répète, je ne vois guère de secours humains; mais moins de la créature, |dus de Dieu; heureux l'état ou il n'y a [ilus que Dieu seul ! Je salue toujours bien Aime votre épouse, tous nos amis en Notre-Seigneur, vos l)ons anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville et diocèse de Paris, et des |iersonnes qui y sont. Mme Lefebvre vous salue respectueusement et Mme votre épouse et vos bons anges, et suis dans ua jirofond respect, etc.

Evreux, ce 1" avril 1702.

LETTRE CCCLXVIL

Faveurs extraordinaires de la sainte Vierge à l'éyarddu bienheureux H erman-Joseph.Boudon remercie ses amis d' une 7ieuvaine que l'on fait pour lui. On l'avertit que les médecins désespèrent de sa quérison; il remercf<!

lo;)0

Lr.TTni:s. — a m. i iu)m.\s.

ir^l

M. Thomas de ses aumônes aux personnrs

gui lui donnent leurs soins.

Dieu seul. Dieu scnil en trois personne?, el toujours Dieu seul ilans l'iinion sainte du sacré cu^ur de notre bon S;iuveur Jésvis- Christ, Sauveur de tous les lionunes. C'est dans cette divine union. Monsieur, que je reçois voire lettre ce jour de veiulredi, 7 d'avril, dans lequel cette année l'on célèbre la tôle de Notre-Dame de Pitié; jours toujours <ie bénédiction pour moi, dans lesquels la très-sacrée Mère de Dieu est particulièrement honorée ; 7 du mois d'avril dans letjuel l'on lionore encore la précieuse mémoire du bienheureux Herman-Joseph de Stinnalle, l'admirable dans les faveurs incomparables de la Mère de Dieu. Saint François de Sales a écrit qu'apiès ce que nous croyons de la loi d'un Dieu fait botume qui 's"est réduit sur un gibet et y est mort, et qui donne son corps et son sang en nourriture à l'homme, il n'y a plus rien de difficile à croire dans la vie des saints. Car, de vrai, les faveurs les |ilus surprenantes qui s'y lisent, n'en app.rochent pas. Celles de la bienheureuse Vierge à l'égard du bienheureux Herman-Joseph sont étonnantes; elle conversait familièrement avec lui dès sa jeunesse pendant qu'il était écolier; comme il était pauvre, elle lui donnait de l'argent pour subvenir à ses besoins, et sétant fait religieux de l'ordre de Prémontré, elle voulut bien lui donner la ([ualité glorieuse de son époux. Pour ce sujet, elle lui ordonna de prendre le nom tie Joseph et de l'ajouter à celui d'Herman. Elle fai>ait avertir, dans Jes lieux où il allait. ']uo l'on eût à l'y bien recevoir; elle prenait soin de lui dans ses maladies, comme une charitable infirmière ; elle l'appelait très-souvent, et enfin en [irenail des soins si doux et elle lui marquait tant de bontés si ravissante» qu'il n'y a point de paroles qui puissent l'expliquer. Cependant il n'est jms possible de se taire dans un sujet où la Mère de la bille dilection, comme l'appelle l'Eglise, a l'ait éclater des amours si ravissants; et il n'y a rien qui nous donne une plus sainte joie que lorsqu'il s'agit de publier combien la trèssacrée Vierge est bonne, douce et favorable envers les hommes.

Je vous supplie, Monsieur, de lire ceci, dans l'occasion, à M. Gaultier; je dis dans l'occasion. Mais je bénis la divine Providence de ce que ce saint se trouve dans une neuvaine que Mlle Opportune m'écrit que l'on a commencée le 5 de ce mois en l'honneur de Notre-Dame du Uemède pour la gloire de Dieu en mon indigne personne. Ce jour est celui dans lequel ''ai célébré, la première fois, le divin sacrilice où l'on célébrait, cette année, la fête de la glorieuse .\nnonciation de la Mère de Dieu qui était transférée après Pâques; car eiitin, il faut ijue la tiès-sacrée Vierge se trouve partout à mon sujet. Le dernier jour de la neuvaine sera le 1i ; c'est le jour ou l'intinie bonié de Dieu m'a dunné l'être, fête de sainte Lyduviiic, une des grandes saintes de la diVine

OElVRKS COJIPL. i/E DOLDOS. 111.

Providence; son saint corps repose aux Carmélites de Bruxelles où les religieuses do ce saint monastère, par un privilège bien extraordinaire, m'en ont donné une sacrée relique, car la reine d'Espagne, en ayant voulu obtenir, il fallut i|n'elle en écrivît au Pape pour en avoir un bref. Le dernier jour de la neuvaine sera encore le jour de l'excès inûni de l'amour d'un Dieu .-e donnant en nourriture .^ l'homme.

Madame la comtesse deNovion ayant écrit h Evreux qu'on lui avait mandé que les !oé- (iecins désesiiéraient de ma santé, et l'un de ces médecins, il y a trois on quatre jours, allant voir un malade, y est tombé mort subitement; je vous dis ceci pour vous mar- (pier la vanité de la vie; vous pouvez voir jiar là en quel état je suis, bien loin <le lire ou de me l'aire lire des livres, mais cela n'empêchera pas avec le secour* divin, (jue ji ne donne ordre qu'on les distribue pour la gloire de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère et pour l'honneur de son Eglise. 0 mon Dieul que M. Dumas est béni de Dieu, de l'honneur qu'il lui fait de se servir de lui pour la défen.-e de son Eglise dont les adversaires ont jieine à supporter celle grâ< o ; hier encore, on me disait que le bruit commun était que c'était les Jésuites qui faisaient ces ouvrages; je le salue avec toute la vénération [lossible , mais .Mme votre épouse d'une manière toute singulière, la remerciant avec jilus de reconnaissance que je ne puis dire de ses inières, Mlle Agathe, .M. Courtin, M. Louvier, M. Gaultier, Mlle Auvray, toutes les personnes de sa maisoti, Mme voire mère, la sœur Laurence et tous leurs bons anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris, et des personnes qui y sont.

Cependant, Monsieur, je ne sais si je ne vous l'ai pas déjà mandé, le premier de le mois,faisant brûler un cierge devant l'image de saint Sozime et de sainte .Marie Egyiuien ne la nuit, et r. e trouvant tiès-mal, je nie sentis pressé de l'offrir pour honorer la Providence singulière sur sainte Marie Egyptienne, avec quelques pensées que cette divine Providence, ma toujours très-bonne et et très-fidèle mère, m'avait ménagé extraordinairement dans ma maladie, i articulièrement s'étant servie de la irès-sacrée N'ierge pour exercer les secours singuliers sur cette grande sainte, il me semblait qu'elle pourrait en user de cette manière à mou égard, mais que son bon plaisir divin s'accomplisse en toutes choses.

Certainement, Monsieur, vous êtes bien la personne que la divine Providence ma botuie mère m'a destinée et [lour m'assistcr, et pour assister les personnes (jui m'assistent. Les miséricordes de cette divine Providence soient chantées à jamais : plusieurs années pendant le carême, Mme Lefebvre allait fort mal, pendant que la divine Providence me faisait faire mes visites à la campagne, et cette année elle ne l'a |)oim été.el qu'auraisje fait si ceîa était arrivé? Elle vous remercie pkis que je ne puis dire jiour vutre obli-

CF.lJVnES COMPLLTES DE BOUbON.

rsR

géante chaiilé, et vou< assure tous les jours de ses prières pour vous et Maie voire épouse. La pauvre Mme Henry ne vous oubliera pas tous deux dans ses prières et dévotions, et je vous remercie Irès-humliloluenl des livres du Chrétien intérieur, de la dévotion à la sainte Vierge et des saints anges, et si vous vous sentez attiré à laiie quelque petit abréj^é du livre des Avis eatholic/iies, j'es|ière que votre bon Sauveur et sa sainte Mère en seront giorillés.

Comme on a eu plusieurs fois recours à Notre-Dame du Remède ikuu- la gloire do Notre-Seigueur et de sa sainte Mère, en mon indigne personne, la divine Pi'ovidence m'en a lail donner un livre au public. J'ai ]>eiisé de vous supplier d'en donner au Père vicaire des Mathurins, et je le trouvée pro- ))os pour la gloire de Dieu ; il le pourrait faire lire ajirès Pâques au réfectoire ; il me semble que cette Mère de miséricorde nous avait jjublié ses secours par la cfualité de Notre-Dame du Remède, en faisant ressentir les etfets à celui qui les jmblie do tous côtés.

Le dixième du mois, il est encore la fêle de saint Fulbert, évêque de Chartres, à qui la très-sacrée Mère de Dieu donna d'un lait miraculeux jiour le soulager dans les douleurs d'une maladie.

J'ai reçu le jiaquet qri'il vous a plu m'envoyer |)ar le messager, il faut encore vous dire que la veille de Notre-Dame de Pitié, Mgr l'évêque de Baveux retournant de l'assemblée en son diocèse, eut la charité et l'humilité de me venir voir avec les ecclésiastiques et le grand vicaire d'Avranches, mais il a plu à Notre-Seigneur de beaucoup me consoler par cette visite. Ce bon iirélat s'élant mis à genoux avec les ecclésiastiques pour prier pour la gloire de Dieu en ma misérable personne, je ne doute nullement (ju'une telle charité et humilité n'aient sa bénédiction ; ensuite il me parla de Notre- Dame de Pitié et des bons anges. C'est ainsi qu'il a plu à Notre-Seigneur et à sa sainte Jlère de me consoler en eux, et je ne connais point d'autre consolation. Je demeure avec beaucoup de respect et de reconnaissance dans les cœurs sacrés de Jésus et de Marie, etc.

À Evreux, ce 7 avril 1702.

LETTRE CCCLXVIU.

Boudonhénil la Providence des secours qu'elle lui accorde; il ne vil (jue d'aumônes, cl il rrfuse celles de son ami.

DlIiU SEUL.

Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. C'est dans l'union de sa charité sans bornes , .Monsieur, que me !ais.-aiit abîmer par l'opéjutiou de sa grâce, Je commence cette lettre

en exaltant les soins et les div'ns secours de son aimaljle providence, et invitant tous les anges et saints à les exaller avec moi. Ah! qu'ils sont grands, qu'ils sont surprenants 1 et en combien de manière cette divine Providence qui m'a toujours servi de très-bonne et très (idèlemère,me les a-t-el!s fait éprouver? C'est ce (]u'elle fait encore présentement [lar l'ofrre charitable qu'elle vous inspire de me faire de me donner de l'argent pour mes besoins, dont je la bénis, je la remercie, et vous aussi, M<msieur, en môme tenq)S. Mais [>résenlement je n'en ai pas besoin, je ne vis que il'anmônes, et p;ir suite dans une dé|ieniianoe sans réserve à cette aimable Providence en tontes choses; n'ayant pas un denier de revenu, ce que j'estime plus, je vous assure, que si j'jvais tous les biens de la terre en ma posse"ssion, et me tenant plus assuré de mon rien que de tout ce que le monde ensemble estima et fait état, car dans ce rien, Dieu seul se trouve, et ce Dieu seul vaut mieux que tous les trésors et toutes les richesses ensemble. L'on m'a donné quelques aumônes à Pai-is qui me servent présentement à subsister, et encore à payer une garde pour la compagne de Mme Lel'ebvre c;ui est celle qui fait comme subsister leur maison, qui est tombée malade à l'extrémité. Je n'ai présentement besoin de rien

J'ofl'rirai, avec le secours divin, mes pauvres prières pour Mlle de Creil à laquelle je vous supplie, à l'occasion , de lui faire mes civilités et à son bon ange. J'ai reçu, avec le secours divin, le paquet que vous m'avez adressé des livres de M. Dumas dont je lui suis très-obligé pour la gloire de Dieu. 11 n'y a que ses seuls intérêts , Monsieur, qui nous doivent toucher, le reste n'étant rien. Il en faudra donner un à M. notre prélat, un à son promoteur qui est l'homme public du diocèse, un à la communauté de notre séminaue , un au sujiérieur généial des missionnaires de Normandie , un aux Capucins qui le souhaitent avec beaucoup d'ardeur, et enfin l'autre à M. mon successeur, |iarce que c'est encore un homme i)ublic; dans la suite des tem[)s, si M. Dumas peut encore m'en envoyer , on les distriijuera dans les comu!unautés des villes de la province , avec le secours divin ; mais qu'il bénisse bien le Seigneur [)our ses grandes miséricordes sur luil car assurément elles sont grandes et précieuses et j'y prends beaucoup de part dans la même union avec Notre-Seigneur. Vous avez bien raison, Monsieur,de faire pi us d'étal de ce qui regarde l'honneur de la très-saciôe Mère de Dieu, que de tous les biens de la terre, et je bénis la divine Providence de l'union qu'elle vous donne avec ses véritables serviteurs. Je la bénis encore des livres que vous avez achetés de sa dévolioiuiu P. llupé et du P. Poiré. Je vous su|)plie de témoigner à Mme voue épouse que ce me serait une consolation singulière en Nolie-Seigneur d'avoir la grâce de l'entretenir encore à Paris du royaume de Dieu, la considérant plus que je ne [lUis

'e dire. Je salue bien M. r.oiirlin, tous nos amis en Nolre-Sci.u'tu'ui', en particiilierloute votre famille quej'honoie particalièrenient, tous vos bons anges, tons les bons nnf;es et saints patrons île la ville el du diocèse de Paris et des personnes qui y sont , et suis dans un profond respect et très-grande reconnaissani^e, etc.

Ce jour (lu rriidredi saint, jour de l'amour fxcesi:if d'un Dieu fait homme en mourant pour l homme, ce li avril I1i)-1.

Je ne sais eommen! je suis do ma sanlt^: ce que je mange digère bien, et cependant je suis dans une faiblesse élrange;je ne sais ])0int si c'est une lièvre interne que j'ai, qui empôcbe de me guérir. J'ai encore passé celte nuit presque sans dormir, je me sens un peu de colique, présentement que je vous fais écrire ; en vérité. Monsieur, notre secours est au nom du iSeiyneur qui a fait le ciel et la terre {PsaL cxx, 2); du côté des moyens humains, je n'en vois guère, et je n'en vois point ; mais enfin Dieu seul en trois personnes dans l'union sacrée du cœur de notre bon Sauveur Jésus-Christ, de son immaculée Mère Vierge, tous les bons anges et saints. Vendredi de la semaine prochaine, 21' du mois, eit le jour de la précieuse mort du saint homme le P. Surin, Jésuite, jour bien recommandable à touies les piersonnes peinées et particulièrement à celles qui soutirent des vexations diaboliques, et qu'il faut beaucoup honorer.

Depuis Ici lettre écrite qui n'est point encore lermée, j'ai eu la fièvre, je me trouve en un état en quelquefaçon pareil à celuidufeu curéde Saint-Nicolas cl'Kvreux-.nousétionsdu DJÔme âge, il parut parfaitement rétabli, buvant et mangeant bien, mais comme la fièvre ne le quitta pas, il mourut en peu; c'est à quoi je dois prendre garde ; la compagne de Mme Lefebvre qui vous salue respectueusement et Mme votre épouse, et vos bons anges avec bien de la reconnaissance, est à l'extrémité de sa vie; c'était elle dont la Providence se servait pour faire subsister leur petit ménage. Mme Lefebvre ayant mal à un bras, ne pouvant pas bien travailler, le secours que la divine Providence lui a envoyé par vous, lui vient bien à jiropos. J'avais voué la malade à Notre-Daïue du Remède, j'espère que Mlle Agathe aura la charité d'aller entendre la messe el communier à son intention ; apparemment elle sera Bâorte.

Vous nous mandiez qu'il y avait un des livres de M. Dumas corrigé pour présenter à notre prélat, il n'y en a pas un seul. J'ai recours. Monsieur, aux prières, aux prières, aux prières; tout notre secours est au nom du Seigneur qui a lait le ciel et la terre, et de sa bénie Mère et des bons anges et du bon saint Joseph, saint Joachim , sainte Anne, saint Jean l'Evangéliste.

Ce saint jour de Pâques.

LETTRE CCCLXIX.

Ji verd la versonne qui, par son travail, fai-

LETTRFS — A M THOMAS. ' l""^

sait subsislir tnadann' l.if ■litre, qui le soignait. Son ahandiin à In Proiidcnce.

DIKU SEUL.

Monsieur,

Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tons les hommes. C'est dans cette divine union. Monsieur, pour satisfaire à votre grande charité, qui veut savoir de ma uiallicureuse et indigne personne, <praujouid'liui 21 du mois d'avril, jour de la précieuse mort de mon bienheureux Père Surin, je me suis trouvé mieux celte nuit; mais il semble que la divine Providence, ma toujours irès-bonne et très-fidèle mère, me veut, par une miséricorde infinie, redotiner encore quelque santé. C'est aussi, ''il vous plaît, pour vous recommander et recommander aux prières de tous nos amis en Notre-Seigneur Jésus-Christ et sa sainte Mère, l'âme de la compagne de madame Lefebvre qui est morte; c'est elle qui faisait subsister la maison, et je vous avoue, que par le passé, j'ai eu peur de cette moit, par les suites que j'en pouvais prévoir. Mais, Monsieur, j'avais rais leur maison, après la très-sainte Mère de Dieu, sous la protection incomparable de saint Joseph, et depuis cetto mort, je la renouvelle, à leur égard et au mien, adorant la divine Providence qui a pris soin de ce saint d'une manière si singulière et si surprenante, et je me sens une confiance en sa iirotection paternelle, nonseulement bien grande, mais si entière et si assurée que je crois, sans en douter, que ce grand sainl jirendra soin et de mon indigne personne el de madame Lefebvre ; de cette manière qu'il n'y a qu'à demeurer dans une paiXj jirofonde. Vous 'savez qu'il a été le grand saint du P. Surin qui en a même voulu porter.le noiu pour marijue qu'd était tout à lui. Ohl monsieur, qu'il fait bon être, vivre et mourir sous les soins de la divine Providence 1

Je prie le glorieux saint Joseph de [irendre un soin tout particulier de M. Courlin dans la multitude de ses travaux. Je vous supplie, dans l'occasion, de bien assurer M. Dumas de mes profonds respects et que je l'honore au delà de ce (jue je puis dire. Il est à propos, pour la gloire de Dieu, qu'il sache les prélats qui lui sont opposés, comme celui dont je vous ai parlé, à moins que Notre- Seigneur ne l'ait changé depuis ma dernière lettre écrite. M. Bailly a écrit à son neveu, notre doyen, pour lui marquer la part qu'il prend à mes infirmités. Je salue bien respectueusement madame votre éfouse, toute la famille, et tous nos amis en Notre-Seigneur et sa sainte Mère. Madame Lefebvre vous salue et madame votre épouse avec bien du respect, el elle avec moi, vos bons anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville el diocèse fle Paris, et des personnes qui y sont, el suis dans un profond respect, etc.

21 avril 1702.

«339 CF.IYRES COMrLETKS DE BOUDOX

LETTRE CCCLXX.

Ses infirmités auqmenteut : les personnes qui le ijardalenl étant tombées malades, il se

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