CC
vreux soit partisan des doctrines du jansénisme.
DIEU SEUL
réjouit de n'avoir que la Providence pour itppui.
DIEU SECL.
Dieu seul, etc. Sa divine providence, Monsieur, ma toujours très-bonne et très-fidèle mère, de quelque manière qu'elle puisse disposer des choses, me donne lieu présentement de le dire, et avec une sainte joie, dans les privations et les douleurs qu'elle m'envoie. Mes incommodités augmentent, et deviennent si fréquentes que si elles continuent de la sorte, il faudra toujours demeurer enfermé et arrêté sur un lit tous les jours. D'autre part, la compagne de madame Lefebvre est morte, madame Lefebvre elle-même est malade; une des sœurs de notre procureur du roi, qui demeure avec une autre sœur, toutes deux dans la résolution de servir Dieu sans s'engager dans le monde, et qui suppléait à madame Lefebvre dans les assistances qu'elle me rend, a sa sœur qui est tombée malade et qu'elle est obligée de garder. Me voilà bien, Monsieur, sous les soins de la divine Providence.
Cependant elle m'a encore suscité un ecclésiastique pour m'assisler; et c'est lui qui me fait la charité d'écrire pour moi (li9) : il m'a veillé cette nuit jusqu'à une heure après minuit. 11 faut vous dire la charité de mademoiselle Opportune. Ayant appris que je n'avais plus de linge, ni draps, ni nappes, ni serviettes, elle a voulu m'en envoyer aussitôt : mais je l'ai remerciée avec bien de la reconnaissance. Mes grandes richesses sont de n'avoir rien ; et ce rien m'est plus précieux que tous les biens de la terre.
Vous Toyez bien, Monsieur, le grand besohi que j'ai de prières, jiarticulièrement auprès de la .Mère de miséricorde et de son bienheureux époux saint Joseph, et des bons anges; car en vérité, sans des miséricordes paiticulières, nous pourrions dire ce que dit i'Apùtre en un certain lieu, que la vie lui était devenue même ennuyeuse. [II Cor. i, 8.) Cependant nous sommes dans une grande tranquillité par la divine miséricorde.
Je salue votre bon ange bien particulièrement, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris, et «les personnes qui y sont, et |)articulièrement de nos amis en Notre -Seigneur, et je suis, etc.
Ce troisième jour de mai, fêle de la bienheureuse Invention de la sainte croix. Oh ! quelle heureuse rencontre de la trouver, de quelque manière quelle se présente !
LETTRE CCCLXI.
Use plaint qu'un principal da coUéije
Monsieur,
Dieu seul. Dieu seul en trois personnes et toujours Dieu seul dans l'union du sacré -œur de notre bon Sauveur Jésus-Christ, Sauveur de tous les hommes. C'est toujours. Monsieur, dans cette union que je vous écris, ne voulant rien être hors de cette bienheureuse union, et c'est dans cette union que je vous supplie de témoignera M. de Malpire que j'ai reçu une singulière joie d'ai-prondre la solennité qu'il a faitcélébrcren l'honneur de saint Joachira. Je crois qu'il a vu ce petit imprimé que la divine Providence, ma toujours très-bonne et très-fldèle Mère, m'a fait donner au public, des motifs pour honorer cet incom|iarable saint, mais mon nom n'y était pas. Je crois que Notre-Seigneur el sa sainte Mère en seront encore glorifiés de l'en faire encore ressouvenir. Il y avait longtemps que Varin m'avait promis de l'imprimer avec d'autres petits ouvrages; mais api'aremment il n'en a rien fait, ce qui est assez son ordinaire.
Mais, Monsieur, au nom de notre bon Sauveur et de sa sainte Mère, témoignez à M. de Malpire que je tiens à un honneur trèsparticulier la grâce de sa connaissance et de l'union dans ses prières, et que j'estime cet honneur plus que je ne puis dire, m'en reconnaissant bien indigne. Assurez-le, de plus, que ma résolution, avec le secours divin, est d'offrir tous les jours nos vœux et nos prières pour l'établissement de la gloire de Dieu en lui ; je lui demande en toute humilité le réciproque.
N'oubliez pas, s'il vous plaît, de marquer mes profonds respects à M. Dumas, l'honorant au delà de ce que je puis vous dire ; il est à propos que ses livres soient couverts de veau, comme ils sont destinés particulièrement pour les bibliothèques des communautés.
Je ne savais point. Monsieur, les conduites de la divine Providence sur le séminaire do Québec qui a été brûlé ; c'est un effet singulier de la même divine Providence qu'on ait retiré les pajiiers de M. Gardelet. L'esprit de Dieu qui est dans Mgr l'ancien évoque, s'est fait voir dans sa parfaite soumission à ses ordres, et comment. Monsieur, ne pas vouloir tout ce que Dieu veut ? Quand il voudrait nous écraser, n'est-il pas toujours infiniment adorable et infiniment aimable ?
Il serait à désirer, Monsieur, que M. Furtin ne revînt pas encore si'ôi de Rome, el qu'au lieu d'un an ou deux, il y en enqiloyât cinq ou six ou davantage s'il était nécessaire pour ses peines; s'il n'y prend garde, à peine sera-t-il de retour en France qu'il sera obligé d'y retourner encore; qu'il se donne le loisir de dire tout à son aise ses peines, sans s'empresser. Je vous supplie
(li9) .M f.lianoine.
i:tii
LETTUES.
A M. THOMAS
dn lui in.iiulor de ma part. Je vous (•emorcic avec bien de la rei'oiinaissaiice d'avoir téuioigiié iiolie souvenir à la .sœur Laurenee et h sa compagne, et je vous prie de l'aire le môme l\ M. (loin tin et à Mlle Auvray et toutes les autres personnes de notre connaissance en Notre-Seit^neur, mais particulièrement h Madame v<ilre é|!0use. dont je nie souviens toujours très-spécialement, à Madame votre mère et à Mlle Agathe. J'espère que Noire-Seigneur et sa sainte .Mère donneront la bénédiction aux vers que vous avez com|iosés à l'iionneur de notre grande et glorieuse maîtresse; je les ai lus avec un singulier plaisir de mon Ame, et je puis dire avec saint Bernard qu'il n'y a rien qui me donne une [dus douce satisfaction que les louanges de la très-sacrée \ ierge.
Mais je ne puis vous celer ici la misère oà nous sommes de ce côté-là. Nous avons un principal au collège, depuis peu, tout o|i[iosé à la dévotion de la sainte \'ier'ge; il se présenta de prime abord ]iour être reçu au chapitre ; ne voulant pas signer If lornjulaire qu'avec restriction, et ayant si peu do discrétion qu'il dit à M. le doyen que si on en faisait difficulté, on le renvowlt à J'évêque qui ne se mettait pas en jieine de cela; cependant on lit de la difficulté, mais l'on ne s'expliqua pas assez sur ro[)positiou qu'on y forma et il signa je ne sais comment; il- est grandement opposé à la sainte A'ierge, et c'est l'esprit du parti. On avait établi au collège une congrégation par rapport à celles qui sont chez les Pères Jésuites, ce qui était suivi d'une grande bénédiction. Ce principal tâche' de la détruire finement, rebutant les congréganistes et leurs exercices de piété, leur disant qu'ils aillent h la messe de leurfiaroisse, quoique ces pauvres écoliers lui marquassent qu'ils iraient à leur paroisse ensuite de la congrégation ; quelques-uns des plus zélés en sont dans une grande désolation. Le jour de la fôte de saint Ignace, voulant s'assembler à leur ordinaire pour quelque exercice de piélé, disant que c'est une fête des Jésuites, il e'-t fort opposé à l'immaculée Conception de Notre-Dame; voilà le collège dans un état lamentable et les écoliers qui sont sous la direction d'un tel homme. Je crois qu'il est à propos que cela soit su, et je vous propose de le dire au R. P. Doucin, cet homme-là devant être décrié partout, et cependant demandant un secret inviolable à mon égard, car on peut bien dire ces vérités sans me citer, la chose m'étant d'une dernière conséquence, à raison que c'est Monseigneur i'èvêqu.e qui l'a établi, qui l'y soutient et qui l'a n(jnmié depuis peu à une des premières dignités de la cathédrale, qui lui sera disjiutée. Je vous supplie aussi de dire ces mêmes choses à M. Gauthier, recommandant toujours le secret inviolable à mon égard. Hélas 1 les maisons brûlent et les villes, on le fait savoir partout; voici bien un autre feud'ent'erailumé contre le culte de la sainte ^'ierge ; n'est-il pas juste que l'on crie au leuVCui iiumme était précepteur chez M. le
comte de Novion, oij je l'avais connu sans le connaître , et je crois qu'il n'était pas connu être de le (larti-là iliez ce comte. De-, finis qu'il est à livreux, ij ne m'a pas re..,ardé ni venu voir dans l'extrémité de ma maladie.
Un habile homme est venu à Evreux de RoiicH pour l'un de Messieurs nos grands vicaires incommodé ; il a pris la peine de venir me voir. Depuis (ju'il est de retour à Rouen, il a dit que j'étais en danger de mort, mais qu'il n'avait osé me le dire, crainte de me faire peur; qu'outre les maux de ma descente, j'avais un voraique sur lejioumon, que si je pouvais le vomir, je serais guéri, sinon. qu'il [lourrait m'étouffer. ^'oilà, .Monsieur, l'état où la divine Providence, notre bonne mère, nous réduit, toujours malade. Je ne suis plus qu'inlirmités, sans pouvoir sortir, demeurant toujours enfermé, en sorte <|ue je puis dire avec joie que la chambre oiî la divine Providence me loge à Evreux, est mon ermitage. 'N'ous voyez bien que tout notre secours est au nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre, que je n'ai rien à attendre des moyens humains ; mais tant mieux , il y aura jilus de Dieu seul; le secours, donc par la continuation de vos prières. La pauvre Mme Lefebvre est toujours infirme ; grands maux detfitequi marqueraient un abcès, si ce n'était la longueur du temps qu'il y a qu'elle souffre ces maux; elle y entend des Ijiuits effroyables; elle a souvent la fièvre, la fluxion, une lassitude dans tout le corps, une soif extraordinaire; avec cela elle ne laisse pas de m'assister, car je suis dans un état. Monsieur, où il faut prendre soin de moi comme d'un enfant. Si Notre-Seigneur la retire du monde, ce sera une rude épreuve à mon égard et bien de la peine et des difficultés ; mais il y a-t-il épreuve, pour rude qu'elle puisse être, que nous ne devions recevoir avec une sainte joie et une sainte action de grâces? Elle est bien obligée à votre charité, qui sans doute est un etfet de la divine Providence dans les besoins où elle est. Je vous supplie, au nom de la même Providence, de temps en temps de la continuer; elle en a toute la reconnaissani'o possil}!e et vous en remercie avec bien du respect.
L'ecclésiastique, Monsieur, qui écrit cette lettre, se tient parfaitement honoré de votre souvenir et voudrait être en état de vous marquer en quelque occasion le plaisir qu'il aurait de vous rendre quelque service; cependant il vous offre ses prières et vous supjilie réciproquement de prier jiour lui; sa charité est assez grande |)our passer quelquefois les nuits tout entières auprès de mon indigne personne.
L'oraison que vous avez fait aussi imprimer, sera suivie de grandes bénédictions, et je vous supplie de m'en envo/er avec les autres papiers de dévotion que vous avez fait imprimer. Je salue votre bon ange avec une vénération particulière et celui de Madame votre épouse, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de
trois personnes, l'union de notre Sauveur de
Paris, et des personnes qui y sont, et suis. Monsieur, dans les cœurs sacrés de Jésus et de Marie, dans un jirolbnd res(>e(t, etc.
J\ii reçu le panier que vous m'avez adressé par le messaj;er, et tout ce qui était dedans. Je vous écris le samedi 13 de tnni 1702, fête de Notre-Dame aux Martyrs, ma bonne maîtiesse m'a vaut procuré depuis liier au soir et durant touie la nuit, .jusqu'à huit heures du matin, un exercice bien rude de ma descente; qu'elle en soit bénie à jamais. Je vous avoue que notre pauvre vie se [tasse bien dans la douleur. J'espère que cette lettre vous sera rendue, avec le secours divin, le 15 du mois, veille de la fête de sauit Slraoa Stock, le grand saint du scapulaire de Notre- Dame. Voici une lettre pour la mère Elisabeth ; je supplie votre charité d'envoyer un laquais qui la demande de votre part, et, quand elle sera venue, il lui donnera la lettre à elle-même.
LETTRE CCCLXXIl,
AU MlîME.
// raconte les bienfaits de la Providence à sjn égard, et il invite ses amis à la bénir avec lui. Projet d'une association pour soutenir tes intérêts de la sainte Vicrye.
DIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seul. Dieu seul en et toujours Dieu seul dans bon Sauve\ir Jésus-Christ , le tous les hommes. C'est dans celte divine union. Monsieur, que l'ecclésiastique qui a coutume d'écrire pour moi n'étant pas à Evreux.Je me sers de son neveu , un des cougréganistes de Notre-Dame, ipii me prie de lui donner un livre de la Dévotion à la tainte Yierye , jjour se soutenir dans son culte ; c'est un sujet bien digne de votre zèle, je vous supplie de m'en envoyer un à votre commodité.
Je ne sors pas d'étonnement , quand je pense aux soins charitables de la divine Providence, ma toujours très-bonne et trèsfidèle mère, et à mon égard et à l'égard des personnes qu'elle m'unit. Ah! qu'il t'ait bon de se confier uniquement en ellel Je pensais à faire venir plusieurs cordes de bois , sans savoir trop où je trouverais de quoi les payer; comme depuis ma maladie, elle m'arrête sans pouvoir sortir de ma chambre, il faut souvent du feu, ce qui consomme une grande quanllléde bois, et de plus il en faut à ceux qui (irennent soin de faire cuire ma nourriture; aidez-moi , Monsieur, à remercier une si bonue mère de l'Inspiration qu'elle a donnée à M. le chevalier de Ponlcarré , aidez^moi à le remercier lui-môme, ce que fait aussi la personne que vous savez, mais avec toutes les reconnaissances imaginables. 11 n'y a point de difficulté à mettre tout dans le paquet aux livres, prenant garde que cela soit si bien enveloppé que cela ne fasse point de bruit, et prenez la peine de faire écrire le {«aiiuet sur. le registre du messager.
CLL VUES COMPLEIES DE BOl'DON.
Je suis touché d'un
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>lve douleur, apprenant la monde M. deMalplre. Qu'il est heureux d'avoir si bien soutenu le parti de la Mère de Dieu 1 elle aura bien su sans doute prendre le sien à la mort qui ne peut être que très-précieuse en la présence iu Seigneur ; cependant comme la sainteté de Dieu le sépare Infiniment de la créature, ordinairement il reste quelque chose à expier à ses saints, pour lui être parfaitement uni. N'oublions rien pour assister ce grand serviteur de Notre-Dame, non-seulement par nos prières, ce qui est peu de choses , mais en offrant les bonnes œuvres que l'on offre en leur inteiitlon et surtout au saint sacrifice de la messe, et leur appliquant les satisfactions de Jésus-Christ par des indulgences; je vous supplie d'en donner un formu^iùre à M. Gaultier.
11 m'est venu à l'esprit de faire une sainte dévotlonde plusieurs serviteurs de la sainte Vierge en ditlércntes provinces et autres lieux, pour soutenir ensemble sa sainte dévotion , et à s'entr'aider par les avis et moyens que l'on se donnerait les uns aux autres, pour détruire ce qui lui est opposé, et pour soutenir ce qui est pour sa gloire. Je vous envoie une lettre d'un bon prêtre d'Angers d'une communauté qui m'écrit sans me connaître, comme vous le verrez, parce qu'il pense que j'ai de la dévotion à la sainte Vierge. C'est ce qui parait sortir d'un grand zèle, et ainsi j'ai cru pouvoir lui écrire que vous voudriez bien que dans l'occasion il vous adressât quelque lettre. Montrez cette lettre, s'il vous plait, à M. Gaultier, et vous me la renverrez dans quelque autre occasion, car il n'y a rien qui presse; et comme vous verrez qu'il n'y a aucune adresse, j'ai pensé adresser la lettre à Mlle Rousseau, aiiparemment qu'elle découvrira bien à Angers ce que c'est. Je salue avec beaucoup de respect Madame votre épouse. M. Dumas , M. Courtin et tous nos amis eu Notre-Seigneur Jésus-Christ, tous vos bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris, et des personnes qui y sont, et suis dans un profond respect, etc.
A Evreux, a 13 mai, veille de la fête de saint Simon Slocii, le grand saint du scapulaire de Xolre-Daiiie du Munt-Carmel.
LETTRE CCCLXXIll.
5a reconnaissance d'tine aumône qu'on lui envoie. Il gémit à la vue des associations que font les hommes pour leurs intérêts temporels et il en forme une spirituelle pour les intérêts de la gloire de Dieu.
DIEU SEUL
.Monsieur, Dieu seul, Dieu seul en tro;.'; personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jesus-Christ, Sauveur de tous les homiiies. C'est dans ccite divine union , Monsieur, queconlinuaiil à faire réflexion sur l'iuspi-
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LETTRES. — A H. TIIOMAS.I
i:(iS
r.ition singulière tiue la divine Proviilein-e, ma toujours Irès-hunup el très-fiilèle mère, a donnée h M. le chevalier de PontcHrré(iour la charité qu'il envoie à Mme Lefebvre et à moi, je me trouve toujours comme abîmé dans îles tMoiuicuients des soins miséricordieux delà divine Providence, notre honne mèie. Aidez-moi, s'il vous l'iait. Monsieur, à l'en bénir, à l'en adorer, l'aimer, la remercier et la gloritier pour jamais. Je voussup- [ilie non-scuiemerit , dans l'occasion , i>ne fois, mais plusieurs t'ois dans les occasions, d'en remercier M. le chevalier à qai cette bonne .Mère a inspiré cette charité; les saints anges soûl les uiini^^tres ordinaires de ses ordres. Je salue toujours bien le vôtre, .Madame votre épouse très-particulièrement, tous nos amis en Notre-Scigneur, .Madame votre mère, Mlle Agathe, M. Courtin, Mlle Auvray, toute la maison , la sœur Laurence et sa compagne, tous leurs bons anges tous les bons anges et s lints patrons de la ville et *ont. Nos maux continuent toujours, et particulièrement une fluxion dangereuse îvec une toux très-violente! Je n'oublie pas et je lâcherai de ne pas oublier l'ùme de M. de Mal pire.
Je ne sais si M. Bouret n'aura point de la reine à approuver la } ie de la mère Marie- Elisabelh ; s'il en a, cela ne me fait point de I>eine, et je vous supplie de lui marquer, et on pourrait lui donner à la place la Me du bienheureux Jean de la Croix, imprimée aussi en Flandre, sous le titre de Z.a i-iïe flamme d'amour ; \ous n'aurez pas de diflicuUé et je crois que cela seraitsuivi d'une plus grande bénédiction ; il .serait même mieux distribué, comme même les PP. Jésuites ont eu des atfaires avec la mère .Marie- Elisabeth, qui ont été môme jusque devant le Pape, qu'ensuite plusieurs Jésuites sont sortis de la compagnie pour ces difléreudslà qui la soutenaient, car elle gagna la cause devant le Pape à Rome contre eux. Je n'ai eu garde, comme vous pouvez [lenser. de parler de ces choses-là- dans sa Vie , mais après tout j'aurais peur que les PP. Jésuites ne fissent ijuelque opposition en France. Je crois vous avoir mandé d'écrire à ce bon ecclésiastique qui est à Rome, que nonseulement il ne se hâte pas d'en sortir, mais que, s'il est nécessaire, au lieu d'un an, qu'il y reste encore plusieurs années pour toutes ses peines, mais qu'il prenne du temps et à loisir pour examiner tout, quoique cela ne soit pas nécessaire pour recevoir l'absolution des censures , autrement il ne sera pas de retour à Paris, qu'il faudra qu'il retourne à Rome.
Faisant réflexion. Monsieur, dans ma solitude, sur le peu d'attention que l'on a à l'intérêt de Dieu; considérant que. toutes les nouvelles de la terre ne parlent que de gens qui s'unissent ensemble pour soutenir leurs intérêts, et ce qui est infiniment surprenant, sans considérer ceux de Jésus-Christ et de son Eglise, comme l'on voit dans l'union de l'em[!ereur avec l'Angleterre et la Ilollanda
qui ont en vue, outre les intérêts de leur Etat, celle de leur tausse raligioc, et qu'enliu considérant ce qui se passe généralement parlant, je ne vois pas îles gens qui s'unissent pour l'intérêt de Dieu, quoique toute la terre soit pleine d'unions pour les choses temporelles; de iilus , considérant d'autre part, le titre du livre de Dieu seul ou l'associaKon pour l'intérêt de Dieu seul, ne sacliiuit que faire dans ma retraite, n'ayant |)as d habituiie, j'ai pensé de m'adresser h l.a sainte huraaiuté, à la glorieuse Vierge, aux anges et aux saints, les priant de s'uinravec ma chétive p.ersonne pour les intérêts de Dieu seul, particulièrement aux saints qui ont vécu dans l'Angleterre et dans la Hollande, aux bons anges qui les ont gardés autrefois, à tous les bons anges tutélaires de ces provines et des personnes qui y sont, mais particulièrement invoquant le secours des sept premiers princes des anges , saint Michel , saint Gabriel , saint Raphaël et les quatre autres, les priant de faire une union avec ma chétive personne | our les intérêts de Dieu seul. Cela me console dans ma solitude: tous les matins ne [louvant pas sortir de la chambre, je m'unis à Jésus-Christ sacrifié en autaiil de lieux que l'on célèbre le divin sacrifice de la messe, je l'oEfre à l'honneur de tout ce que je viens de vous marquer . priant le Père éternel de regarder son fils bien-aimô et les intérêts de son Eglise et d'en humilier les ennemis. Je prie tous ces saints et ces anges de s'unir tous ensemble ■^cur demander l'avènement dj^; royaume de Dieu sur tous ces hérétiques, je prie mêuie saint .Michel de venir au secours de la France, lui qui eu est le protecteur par^ ticulier, et les autres sept premiers princes d'aller fiartout et d'aller détruire, \&s efl'orts des ennemis de Dieu et de sa sainte. Mère partout. L'Ecriture nous dit des six premiers princes : J/(A-si ()i omnem terram. Hélas! si un seul ange dans l'armée de Sennachérib y ht un si grand carnage, que doivent faire tous ces esprits célestes? Je pense encore tous les jours de prier tous les saints qui arrivent de se mettre de notre association, comme saint Simon Stoct avant-hier, saint Pascal hier, le B. Félix Cantalice , Capucin, aujourd'hui, demain saint Pierre Célestin, samedi saint Bern.u-din de Sienne, et ainsi des autres. Hélas ! Monsieur , qu'est-ce que les affaires de l'empereur et ses intérêts pour lesquels cependant il s'unit avec les intérêts des hérétiques, et un seul degré des intérêts de Dieu seul? Cependant cet intérêt de Dieu seul est négligé en terre ; j'espère de trouver dans le ciel des personnes à faire union pour ceux de Dieu, qui Psl l'unique chose que je prétends dans le temps et dans l'éternité.
Depuis ceci écrit, j'ai encore passé la nuit entière sans dormir, et l'exercice une partie du matin ; vous voyez le besoin que j'ai de prières pour la gloire de notre Maître et de notre bonne Maîtresse.
J'ai envoyé au messager, et l'on n'a point trouvé aucun paquet. Je sui';,r!ans le- cœiu
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OLLVRES COMPLETES DE BOL'DO.X
misérieorilieuï de Noire-Seigneur et de sa kairite Mire, dans un profond respect, etc. KvreHx, ce 20 mai 1702.
LETTRE CCCL\v
àl MÊME.
// conseille de ne pas presser l'approbation de la lie de la Mère Elisabelh.
-Monsieur,
Dieu seul, Dieu seul en trois. personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Ciirist, Sauveur de tous les hommes. C'est dans cette union , Monsieur, que je vous iM-ris comme vous nie mandez que vous êtes à Bagneux, je n'ai osé vous adresser ma lelti«, de peur qu'elle ne fût perdue, et je ne vous écrirai plus que vous ne m'ayez donné une adresse. Vous êtes bienheureux, Monsieur, d'avoir vu le missionnaire apostoliiiue chez M. Dumas, et en cela je vous puis dire bienheureux les yeux qui voient ce que rotis voyez. [Luc. x, 23. j
Puisque, Jl. Bouret n'a pas emore eu la Vie de la mère Elisabeth, laissons agir la divine Provi(;(;Mre ; w dites rien de ce que je vous ai mandé touchant les personnes qui ont eu prise avec elles. Il est certain que les [iremiers personnages de cet institut lui ont été très-unis , peut-être ne pense-t-on plus à rien de tout cela ; toujours en Lorraine, en Flandre ni autre part on n'a remarqué aucune ojiposition.
Mais encas quejM. Bouret eût de la^difficulté, j'ai pensé au livre Vu bienheureux Jean la Croix qui serait |ieut-6tre plus distribué ; il aurait aussi grande bénédiction. Je salue avec bien du respect Mme votre épouse et son bon ange, Mme votre mère, Mlle Agathe et leurs anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville etdiocèse de Paris, et des personnes qui y sont, et suis dans un profond respect, etc.
A Evreux, le 27 mai, veille de la fêle de saint Germain, cve'quede Paris.
J'ai reçu les paquets que vous m'avez envoyés avec les 50 francs qui étaient dedans, la divine Provitlence, ma toujours trèsbonne et très-Qdèle Mère, en disposant de la sorte par la très-sainte Vierge, saint Joseph, les bons anges.
LETTRE CCCLXXV.
Heureux état d'un complet abandon à la divine Providence, à l'exemple de Jésus- Christ et de ses apôtres. Honneur de ceux qui sont appelés à exercer i,les œuvres de miséricorde.
DIEU SELI,.
Monsieur, Dieu seul , Di«u seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. C'est iuujours dans cette union que je vous écris, vous faisant part de la réllexion qu'il a plu à la divine Providence, ma toujours très-
bonne et très-tidèle mère, de me donner h l'occasion de la fête de sainte Jeanne, le 27 du présent mois de mai, dont l'évangéliste saint Luc nous afiprend qu'elle suivait Notre-Seigneur et les apôtres avec sainte Madeleine, lorsque notre bon Sauveur allait prêcher, qu'elle prenait soin de lui donner ses besoins; la première réllexion qui m'a été donnée, est de la grandeur de la grâce de la dépendance de la divine Piovidence, puisque le Père éternel a voulu mettre sou Fils dans cette dépendance, et à l'égard des soins de quelque bonne dame, et les apôtres dans les plus saintes fondions. Oh ! heureux et iliviii état, ai-je dit, puisque lu es le partage d'un Homme-Dieu et de ses apôtres I Ensuite je me suis beaucoup confondu de voir que la divine Providence m'a veulu donner quelque petite [lart à cet heureux état. J'ai adoré et j'adore de tout mon cœur la conduite du Père éternel sur son Fils bien-aimé, je 'a bénis, je la loue, je l'aime, je la remercie et je la glorifie de toutes les forces de mon âme ; mais je prie le Père étemel de s'en glorifier intiniment, par le cœur de Jésus qui est notre supplément ea tuules choses.
La seconde réflexion est sur l'honneur qu'il a fait à sainte Jeanne etauxautres bonnes darnes qui suivaient Notre-Seigneur, en ce qu'il a bien voulu se servir de ces [lauvres créatures, lui qui nourrit tous les oiseaux du ciel, pour en être nourri, età même temps sur le sentiment de saint Augustin qui dit, que dans les lem[)S suivants on n'a pas sujet de se jdaindre de cet honneur, paisqu il tient fait à lui-même ce qui est fait à l'un de ses plus petits. Cela m'a donné une sainte joie à l'égard de Mme Lefebvre et des autres bonnes dames qui m'assistent, et je leur ai bien dit qu'elles le fissent comuie sainte Jeanne l'a fait, priant notre bon Sauveur par son cœur infiniment miséricordieux et celui de son immaculée Mère Vierge, de leur donner quelque part aux dispositions de cette grande sainte, et cette grande sainte de leur servir de protectrice auprès de la divine Providence, pour en obtenir les secours nécessaires et à leur égard et au mien. Cela m'a donné tine grande dévotion à sainte Jeanne, à sainte Madeleine et ces autres bonnes dames qui assistaient Notre- Seigneur de leurs biens. J'ai pris résolution, tous les ]tremiers jours de la semaine, de les y honorer d'une manière spéciale, si la divine Providence me laisse encore quelque temps au monde. C'est une chose surprenante que mangeant tous les jours de la volaille à dîner, cependant je reste toujours dans ..ne faiblesse extraordinaire à n'en pouvoir plus, et tout à l'heure étant demeuré seul dans la chambre de mon ermitage, ayant voulu faire un pas ou deux, je me suis laissé tomber par terre, n'en ayant pas la force. A tout cela je n'ai rien à dire, sinon de dire que tout est bien.
Voilà la fête du grand saint Philippe de Néri, incomparable dans l'amour de Dieu, le 26 de ce mois, le jour de la précieuse mort
LETTRES
A M. THOMAS
r.Til
(le la sœur Marguorile du Saint-Sacrement, (.'.aniiélili', dont la divine Providence s'est servie pour établir la dévotion de la sainte enl'iince de Jésus-Christ. Il faut lui avoir une dévotion s|iéeiale, |iour avoir part aux dispositions intérieures et extéiieures à l'égard do ce mystère, et pour <ilitenir par ses puissantes intercessions la grAce do les bien lionorer à son imitation, remcniant la trèssainte Trinité par le cœur de Jésus pour les grâces de cette liieniieureuse à qui nous demandons sa sainte bénédiction.
Vous voyez. Monsieur, que le commencement de celte lettre est éciit il y a longtem[)s, j'attendais à l'achever (]ue j'eusse reçu de vos nouvelles. Je vous écris iirésentement, le lundi de la grande fête du Saint- Esprit, l'amour de Dieu, le 5 de juin, et je vous adresse ma lettre comme vous me l'ordonnez, vous suppliant en toute humilité de payer le [lort à Mlle Auvray des deux pacjueis que je lui ai adressés, et de lui dire que je la prie qu'elle vous lise ce que je lui ai écrit touchant l'union pour l'intérêt de Dieu.
Je vous supplie, dans roocasion, de bien [irésenter mes respects à M. Dumas, à l'égard du livre Dit, bienheureux Jean de la Croix, il faudra avoir patience pour ne pas lro|) enlre()rendre à la fois.
Je bénis la divine Providence, ma toujours très-bonne et très-fidèle mère, de ce que Mme votre é[)0use se i>oite mieux à Bagneux. Je la salue avec un respect particulier et son bon ange ; Mme votre mère Mlle Agathe, M. Çourtin, Mlles Auvray et du Tour, la sœur Laurence et sa compagne, et tous nos autres amis en Notre-Seigneur, leurs bons anges , tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris, et des personnes qui y sont.
Continuez, je vous jirie, àprier et faire prier pour adorer notre bon Sauveur, et pour sa gloire dans mon indigne personne. Je ne sais si je ne mourrai |ioii.l de faiblesse, tout est entre les mains de la divine Providence, ma toujours Irès-bonne et très-fidèle mère. Mme Lefebvre vous salue avec bien du respect et Mme votre épouse ; elle est infirme, fct la divine Providence ne laisse pas de s'en servir pour toujours m'assister dans mes besoins. C'est en elle que je vous suis dans un piofond respect, etc.
AEvreux, ce ^juin 1702.
LETTRE CCCLXXVL
Boudon apprena à son ami quil a reçu l'ex-
tréme-onctiun ; Use recommande aux prières de ses amis.
DIEU SEUL
Monsieur, C'est dans cette union divine que je vous écris après avoir reçu l'extrôme-onction aujourd'hui, 8 de juin, le lendemain de la précieuse mort de la bienheureuse Marie-Anne de Saiiit-Rarlhélemy, (idèle compagne de
sainte Thérèse,' dont les- prières étaient si agréables h Notre- Seigneur, que quand elle priait, il lui disait : Prie-moi davantage ; elle a délivré i>ar ses intercessions deux fois la ville d'Anvers du siège des hérétiques hollandais. Elle m'a bien fait faire sa fôle ; hier au soir, on croyait que je ne devais pas passer la nuit. Vous voyez. Monsieur, le besoin oii'je suis de vos prières, et les prières de tous nos amis en Notre-Seigneur, pour honorer la gloire de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère. 1! me semble que Dulys a un juste sujet de dispense de résider à son canonicat pour l'étude nécessaire; ce|iendant qu'il en confère encore avec M. Courtin sur les lieux, afin que les choses soient mieux examinées. Je salue Mme votre épouse avec bien du respect, et tous vos amis en Notie- Seigneur, leurs bous anges, tous les bons anges et saints patrons des lieux où vous êtes, des églises et des personnes qui y sont, et suis dans un profond respect, etc.
A Ecreux, ce S juin 1702.
LETTRE CCCLXXVIL
On veut faire venir un operateur de Rouen, pour apposer un nouveau bandage sur le mal de Boudon.
DIEU SEUL
Monsieur.
Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. C'est dans cette union, Monsieur, que j'espère que vous aurez reçu la lettre par laquelle je vous mandais que notre bon Sauveur m'avait lait la grâce de recevoir le sacrement de l'extrême-onction ; ma bonne Maîtresse se môle toujours de mes alTaires.Le premier jour de juin, l'un des jours dédiés à son sacré cœur, elle m'obtint la giâce de pouvoir me faire porter en notre cathédrale pour y communier pourlaPûques, ne l'ayant pas pu encore faire, et le jeudi suivant, jour de l'octave, je reçus la giâce du sacrement de l'extrême-onction. Je vous ai écrit que l'on ne pensait pas que je dusse jtasser la nuit, cependant, quand la descente est un peu remontée, je me trouve mieux, ainsi on peut vivre encore quelque temps de cette manière. La très -sainte volonté de Dieu soit faite en toutes choses, soit [lour la vie, soit pour la mort. Je ne m'oublie point tous les jours devant Notre-Seigneur et sa sainte Mère, de l'âme de feu M..., sou grand dévot.
Vous pouvez croire, Monsieur,que ce me serait unegrandeconsolalionen Noire-Seigneur et sa sainte Mère, et je n'en sais point d'autre, d'avoir l'honneur de vous voir à Evreux, et si votre charité le trouve bon, un opérateur y est venu voir un de nos grands vicaires, qui se promet de me faire un bandage (jui soutienne mon mai ;j'ai de la peine à lu croire, cependant, si on )c jugeait à propos
CKUVUES COMPLETES DE BOUOON,
pour la glijire île notre bon Sauveur et de sa saillie Mùie, il fauiliail qu'il fît un vojage do llouen à Kvreux tout exprès, qu'il y restiU quelques jours, il faudrait le nourrir à l'hôtellerie, lui payer son bamlage et son voyage. Ainsi , Monsieur, si votre charité vous inspire de la sorte, si la divine Providence en disposait de la sorte, et qu'elle me conservât encore la vie, car présentement c'est à quoi je ne pense pas: la dépense que vous feriez pour faire votre voyage d'Evreux servirait bien à celle-là. Je salue avec un respect et un souvenir particulier Mme votre épouse, M. Courtin, Mlle Auvray, sa maison, Ja sœur Laurence et sa compagne, M. Dumas, M. Gauthier, enfui tous nos amis en Notre- Seigneur et leurs bons anges à tous, tous les bons anges et saints [)alrons de la ville et diocèse de Paris, et des personnes qui y sont ; je n'oublie pas la sœur \ntoinelte aveugle, et son bon ange. Je hénis la divine Providence de la dévotion de M. Planque à la sainte Vierge, particulièrement dans l'état où il est du séminaire d'Angers. Je crois que Notre-^eigneur sera glorilié et sa sainte Mère, qu'il ait habitude avec vous, car c'est un bien que les séminaires où l'on peut plus soutenir le culte de la sacrée Mère de Dieu, à raison des personnes qui y sont élevées. Je suis dans un profond res|iect, etc.
A Evreux, ce 13 juin, fêle de saint Onufre, le saint de Dieu seul, ayant été soixante ans dans le désert, sans y voir personne, et se contentant de Dieu seul, il a prié Notre- Seigneur avant que de mourir, pour les personnes qui auraient recours à lui, je lui ai une dévotion jiarliculière
LETTRE CCCLXKVIII.
Boudin désire élre mort à lui-même pour ne tuvre que de la vie de Jésus-Christ.
DIEU SEUL
Monsieur,
Dieu seul. Dieu sem en trois personnes et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon SauveurJésus-Chrisi, le Sauveur de tous les hommes. Ah î Monsieur, c'est dans ce cœur sacré que je désire ])ar ses miséricordes infinies de demeurer invioiablement et éternellement, quand sera-ce que, cessant d'être à moi-môme et de vivre de ma propre vie, je ne vivrai plus que de sa vie, et qu'il sera toutes choses en moi, y 0|iérant tout et y soulfrant tout ? et c'est ce qui fait la grûce du christianisme. Mais Tiion Seigneur et mon Dieu, qu'il y a peu de véritables Chrétiens 1 C'est dans l'union de ce divin cceur que je suis toujours dans le (langer de la mort par ma descente, et quand elle est remontée, je me porte mieux; l'on |M;ut vivre de cette manière encore quelque temps, mais soit à l'égard de la vie, soit à l'égard de la mort, Dieu soit seulement glorifié I
Vous ne sauriez croire les reconnaissances que j'ai pour les soins charitables et les liriéros de tous nos amis pour ma chétive
personne, pour la gloire de Dieu, particulièrement M. Courtin, M. Dumas, Mlle Auvray, la sœur Laurence et sa com|)agne; jo n'oublie pas Mme votre é|)ouse en la [iré- ■ sence de notre bon Sauveur, et toute votre famille, Mme votre mère, Mlle Agathe.
\'oici une lettre pour M. lie Malaval, vous y mettrez son adresse s'il vous plsît.
Je vous envoie la lettre de M. de Malaval, prenez la peine de la lire, il me semble que cette lettre mérite d'être copiée et d'en faire voir les copies. Ses lumières sont toutes divines et admirables, louchant la dillérence des peinesdu purgatoire et des peines de ce monde ; je suis dans le dessein avec le secours divin, de la faire voir en ce pays ici ; ainsije vous supplierai de me la renvoyer, si je suis encore au monde. Il me semble, Monsieur, que M. Dumas vous avait promis de nous envoyer la réplique de la rénonse qu'on lui a faite, et il serait nécessaire beaucoup pour la gloire de Dieu, d'en envoyer cinq ou six pour être distribuées dans tous les séminaires de la province, comme aussi d'envoyer cinq ou six des histoires de la nouvelle édition.
{Cette lettre est restée incomplète dans Toriginal.)
A Evreux, ce 11 juin 1702
LETTRE CCCLXXIX.
AU MÈMli.
Il remercie affectueusement son ami de ses bons services et tous ceux qui prient pouK lui.
DIEU SEUL
et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. C'est dans celte union. Monsieur, que je vous écris, et comme je suis incapable de reconnaître et de remercier ilignement la charité qu'il plaît à la divine Providence, ma toujours très-douce el fidèle mère, vous donner (lour mon indigne personne, j'ai recours au cœur infiniment adorable du tout aimable Jésus, afin que vous trouviez en lui les jusles reconnaissances qui vous sont dues; je me tiens aussi bien obligé à votre bon ange gardien, que je salue avec une vénération spéciale, désirant lui avoir une dévotion singulière, comme aussi de madame votre épouse, dont je me souviens toujours trèsparticulièrement en la présence de Notre- Seigneur et de sa sainte Mère.
Je vous écris actuellement dans l'exercice de mon mal qui, a|)rès m'avoir exercé durant toute la nuit, sans avoir fermé l'œil, m'a repris immédiatement après dîner; mais qu'avons-nous à dire après tout cela, sinon que le saint nom de ISotrc-Seigneur soit béni cl de sa très-douce Mère? Si ma bonne mère, la divine Providence, me donne encore (piclques jours de vie, il faudra iirendro la commodité Je l'opérateur |>ou!,' v«mr à
tù75
LSITIKS. — A M. THOM.VF.
Kvreux, elce sera qunml il [ilaira h la môine divine Providence. Je la bénis des grâces ([u'elle lait à M. Dumas de défendre son Kglise. S'il |)cut envoyer ses livres pour être ilistiibnés dans la jirovinctMle Norniaiidio aux luuiintinautés, c'est nù Dieu tout bon est plus glorilié, [larce qu'on les y met dans les bibliothè(]ue> et ils y demeurent, et servent non-seulement jionrces temps-ci, uiais pour ceux qui viendront.. Je vous supplie de le bien saliierde ma part et M. Prexelies. Je vous supplie encore de bien marquer à M. Courtin que j'ai recours au rœiir do notre bon Sauveur et de sa sainte Mère, afin qu'il y trouve les reconnaissances dues h la charité que la diviue Providence, ma bonne mère, lui inspire l'our mon indigne personne, pour l'honneur et la gloire de notre bon Sauveur et de sa sainte Mère. Je le salue bien particulièrement et tous nos bons amis en Notre-Seigneur, tous leurs bons anges, tous les bons anges et saints jiatrons de la ville et du diocèse de Paris, et des personnes qui y sont, et suis, dans un profond resjiect, etc."
.1 Evreux, te -21 de juin, fêle du B. Louis de Gun:a;jue, grand dévot de la Irès-saime Mère de Dieu.
Votre dernière lettre reçue aujourd'hui, le samedi après l'octave du très-.-aint Sacrement et le lendemain de la l'été du très-sacié et très-miséricordieux Cceur de Jésus, vous peu'î faire voir que la lettre que vous recevez, était déjà écrite : j'y ajoute ipie j'ai plus de reconnaissance que je ne puis dire à l'égard de madame votre épouse jiour les communions qu'elle a faites pour mon indigne personne, pour la gloire lie Notre-Seigneur et de sa sainte Mère. Je vous supplie de l'en bien remercier de ma part et son bon ange. J3 ne me hâterai pas de faire venir ro[>érateur, et de (>lus, il faut prendre sa couuiio- (iité, ce sera quand il plaira à la divine Providence, ma bonne mère, en disposer de la sorte. Je salue toujours M. Dumas et son bon ange avec une vénération spéciale, ^'oici une lettre pour M. de Malpire, vous aurez la bonté de la cacheter et d'y mettre l'adresse. Je suis obligé à M. Martin et à son bon ange ; la continuation de mes maux demande , Monsieur, la continuation des prières.
LETTRE CCCLXXX.
Ai: MEME.
Les douleurs continu' nt presque sans re'dehe; il en remercie la divine Providence On se propose de lui apport' r le viatique.
DIUU SEUL.
Monsieur,
Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. C'est toujours, Monsieur, dans cette divine union (pie je vous écris, recevant votre lettre le dernier jour du mois de juin, et vous faisant
réponse le même jour, qui est un jourde la fête de saint Martial, ajiôtre de Limoges, qui était accompagné de douze ang(.'s dans ses prédications, car enfin Dieu tout bon et tout miséricordieux, se sert du ministère de ces célestes esjirits pour faire toutes choses, et c'est à quoi la plupart des hommes ne pensent guère; mais je reçois votre lettre la veille du premier jour du mois de juillet, qui est la fête de l'octave du grand saint Jean-Baptiste qu'il a plu à Noire-Seigneur de sanctifier par la très-glorieuse Vierge et remplir sa sainte mère Elisabeth du SaiiU- Esjirit, marquant assez par là la part que la très-sainte Vierge devait avoir à ses ouvrages dans la sanclitication des hommes, ayant voulu commencer lus plus grands mystères par cet aimable saint. M. notre doyen m'a promis de m'apporler le très-saint Sacrement de l'autel demain , ce saint jour est la la veille de la fête de la Visitation de notre bonne maîtresse, ce qui me sera une grande et précieuse grâce, si mes maux cor|iorels ne me privent pas de ce bonlieui' ; ils continuent toujours. Dieu merci, et certainement je ne sautais douter que ce ne soit les effets de la miséricorde de ma bonne maîtresse sur moi, et en même temps de ses grands secours pour me donner la force de les |)orter chrétiennement. On me veilla encore la nuit avant-hier. La pauvre Mme Lefebvre , tout inlirme qu'elle est, vous salue, aussi bien que madame votre épouse et vos bons anges et l'ecclésiastique qui écrit. Je vous supidie d'assurer madame votre épouse de mon souvenir devant Dieu et de son bon ange et de toute la famille, tous vos bons anges que je salue avec bien de la vénération, et tous les bonsangesd6nosamisenNotre-Seigneur,[iarticulièrement de ceux que vous me marcjuez, vous sup[)liant dans l'occasion de les prier de continuer leurs prières pour la gloire de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère en mou indigne personne, qui est toujours. Dieu merci, dans de grandes incommodités, et je ne suis plus qu'un s[iectacle de misères; en particulierj'ai une spéciale obligation à M. Courtin et à Mlle Auvray pour leurs prières, j'en ai plus de reconnaissance que je ne puis dire.
Jamais il n'y a plus de Dieu que lorsque les créatures manquent. Mme Cécile se confie bien en son aimable providence, et qu'elle continue à croire que celui qui espère au Seigneur n'est jamais demeuré confus, qu'elle mette bien sa maison sous la [irotection de l'immaculée Vierge Mère de Dieu, et des bons anges. Je demeure, dans les cœurs de Jésus et de Marie, etc.
Je crois que Dieu serait glorifié dans le soulagement des âmes liu purgatoire en envoyant, autant que vous [lourrez, des fnrmulaires d'indulgences partout. J'avais oublié à vous le dire, à l'ég.'ird de M. de Malpire, en vous écrivant. M. .Martin m'est tous les jours présent devant Dieu et son bon ange, que je ne manque pas de saluer tous les jours et certainement avec bien de la juslice.
1575 (IFUVllKS COMi'LETLS DE DOLIM»,
LETTUE CCCLXXXl.
lù"G
Jt désire d'être uni enlièrcmenl à Dieu. Continuation de ses soulfrances.
DIEU SEIL
Monsieur ,
Dieu seul, etc. C'est toujours dans cette uiiion, Monsieur, que je désire faire toutes choses, et être en toutes choses. Ahl que je cesse, aOn qu'il soit ; que je meure, atin qu'il vive; et que comme une goutte d'eau s'écoulant dans la mer s'j' perd entièrement, de même je sois tout perdu dans le cœur de Jésus. 0 mon Seigneur et mon Dieu, ne dirai-je jamais en vérité : Je ris ; mais non, je ne vis plus, c'est Jesus-Christ qui vit en moi? (Galat. 11,20.) Veiià pourtant la vie du Chrétien.
Vous ne sauriez croire combien je suis touché de reconnaissance envers .Mme votre épouse, de ce qu'elle veut bien otl'rir quelques comuuinions pour mon indigne et chétive personne pour la gloire de notre bon Sauveur et de sa sainte Mère. Je vous supplie de le lui bien témoigner, et que je ne manque pas de mon côté à me souvenir d'elle en la présence de Notre-Seigneur, aussi bien que de voUvî. Hier, dixième jour du mois, arrivait la mort précieuse de la sainte sœur Colombe, tille de la bienheureuse Elisabeth de la Croix de Jésus, décédée religieuse en la Congrégation de sa sainte Mère. Je fis brûler un cierge en l'honneur de la sainte Trinité pour l'honorer dans cette bienheureuse créature, et je me trouvai apijliqué singulièrement à ma chère sœur Colombe Auvray devant Noire-Seigneur. Je vous supplie de lui dire, et dans l'occasion, de Ijien saluer M. Couriin, M. Dumas et tous nos amis en ^olre-Seigneur, saluant vos bons anges à tous, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris, et des p'. sonnes qui y sont.
Je doute fort que l'opérateur de Rouen puisse réussir. Il me mande que je lui envoie un de mes bandages pour prendre ses mesures dessus; mais comment pourrait-il réussir sur un bandage qu'il ne m'a pas accommodé, puisqu'un des (ilus habiles de Paris, ayant [jris des mesures sur moi plusieurs jours, corrigeant sur le bandage ce qu'il t-royait devoir être corrigé, et s'y a[ipliquaiit avec tous les soins jiossibles, fut à la tin obligé de me renvoyer, me disant qu'il ne savait que me faire ; et ayant vu les plus habiles de Paris, [las un n'y a pu réussir. De plus, apparemment, il veut me faire un bandage (jui me comprime beaucoup; et c'est ce (pie ne peut soutTiir la délicatesse de mon misérable corps, qui est tellement délicat, que si l'on me touche seulement le doigt sans y penser, j'y ressens une douleur sensible. Cela nie fait souvenir de la délicatesse de la chair de i.otre bon Sauveur ijui assurément lui a tait .soullrir de^ peines incompréhensibles, un coup de fouet lui causant plus de douleur que vingi et trente à un auire. 11 ne se
promet pas imMiic ti'appliquer le bandage sans douleur, mais qu'il tâchei'a de la soulager. Cela jiourrait même meurtrir mon mal et ensuite y causer la gangrène. Un de nos chanoines, revenant de \'ersailles depuis |ieu, et s'étant meurtri, la gangrène s'y est mise, et en deux ou trois jours il est mort.
C'est ce (jui fait que j'ai remis l'opérateur après lafètede r.\ssom[)tion de Notre-Dame, alin d'avoir le loisir de recourir aux |)rières au|iaravant. Continuez, Monsieur, à piieret à faire prier, s'il vous plaît ; car en vérité tout notre secours est au nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre. Sans la protection maternelle de son immaculée Mère Vierge, des bons anges et des saints, particulièrement nos bons anges, les sept premiers princes, de saint Jose[ih, de saint Joachim, sainte Anne, de toute la sainte famille et des bons anges qui ont a|ipartenu au saint enfant Jésus. Je suis presque résolu de ne le point faire venir, mais je demanderai avis.
t^omme une demoiselle île jjiélé d'Evreux m'a assuré qu'elle va envoyer à Mme Henri quelques aumônes, je crois. Monsieur, je dis pour cette fois-ci, si vous le jugez à propos, que vous pourriez envoyer à Mme Lefebvre (e que vous avez dessein de donner à Mme Henri. Elle est toujours intirme, et cependant elle me rencl des services assidus. Elle vous salue et Mme votre épouse avec beaucoup de resj'-ect, vos bons anges ; et cependant je demeure inviolablement, etc.
A Evrcux, ce ii juillet, fête de la translation du glorieux patriarche saint Benoît^
LETTRE CCCLXXXIl.
// ressent une joie ineffable de ce que set maux étant sans aucun remède liumain, H se voit entre les mains de la seule Pruvideiice.
DIEU SEUL
, Monsieur,
Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. C'est dans cette divine union, Monsieur, que je crois que la divine Providence m'a inspiré de diUérer à faire venir l'opérateur de Rouen, car apparemment il m'en eût pu arriver bien du mal; je ne trouve aucun remède humain à mes maux. Un serviteur de Dieu de mes amis m'ayaul dit, il y a un jour ou deux, qu'il y avait un homme à Paris qui guérissait iiifaillillement de la descente, et qu'en ayant une, il es|iérall bien en être guéri jiàrfaitement, m'ayant proposé, si je jioiivais me servir de ce remède, il maudit qu'à mon égard il serait inutile; ainsi c'est avec joie que je me vois entièrement entre les seules mains de la divine Providence, ma toujours très-bonne et très-lidèle mère, ce qui me donne une joie inelfable, car je me trouve dans une douceur inexplicable, tous les movens humains me manquant, de