‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 403 sur 436 · IL LUI ANNONCE LA MORT DE BOUDON · texte numérisé non relu

IL LUI ANNONCE LA MORT DE BOUDON

niEU SEL'L.

Monsieur,

Ce n'est plus le saint M. Boudonqui vous écrit; c'est un misérable et chétif prêtre, qu'il a eu la charité de souHrirauprèsde sa sainte personne (lendant sa vie, qui s'acquitte d'un devoir qu'il lui a imposé h l'heure de la mort, qui est de le recommander aux prières de tous ses amis en Jésus-Christ. C'est pourquoi, Monsieur, j'ai l'hoiineurde vous écrire la [irésente, pour vous dire qu'il est mort dans le môme zèle de l'établissement du règne de Dieu seul en lui, comme il avait toujours vécu. Il me dit le soir du jour qui précéda sa mort, qu'il se sentait le cœur plus que plein du désir de servir Dieu de toutes ses forces mieux qu'il n'avait encore fait jusque-là; et il mourut hier jeudi 31 d'août à midi et demi entre mes bras, après m'avoutémoigné pour dernière parole qu'il ne voulait plus que Dieu seul.

Messieurs les chanoines l'ont inhumé comme l'un d'eux, malgré tous ses sentiments pour la jiauvrelé, Messieurs de notre séminaire et Messieuis du chapitre ayant beaucoup disputé depuis plus de dix à douze jours ù qui le [losséderait : mais enfin on l'a inhumé dans la chapelle oij il a toujours célébré les divins mystères, quoi(]ue ce soit contre l'usage de la cathédrale d'I'ÀriMix, qui inliume sesdignités devant un autel particulier de la sainte Vierge, et les autres chanoines devant leurs chapelles.

L'alRuence du peuple fut si grande dans

sa chambre, dès qu'on sut sa mort, qu'à peine put-on avoir le temps de le mettre sur la paillasse de son lit, | our permettre au jieu|)ie qui venait de toutes parts, de lui rendre les derniers devoirs. Tous les petits enfants et toutes les grandes jiersonnes lui baisaient les pieds; et on eut toutes les peines du monde à dix heures au soir de faire retirer tous ceux qui y venaient, et qui ne se lassaient point de le regarder, de le toucher, et de lui faire toucher, des heures, des scapulaires, des chapelets, des chemises, et autres choses.

Vous saurez aussi que pour contenter Messieurs du chapitre et du séminaire , Messieurs du séminaire ont eu le cœur, et le corps a été mis à Notre-Dame. Il y a quelques personnes qui disenlavoir reçu du soulagement et la guérison de quelques incommodités; et plusieurs personnes ont commencé dès aujourd'hui à faire desneuvaines à son tombeau.

C'est donc pour vous prier. Monsieur, en son nom, de faire savoir sa mort à tous ses amis, et de faire [irier pour lui. Je voudrais seulement ajouter un mot pour vous supjilier. Monsieur, que, quoique je ne le mérite pas, j'aie une |)etite part aux bonnes œuvres de votre société, si je ne puis participer à votre grande piété.

Nous avons fait tirer son portrait par un curé de notre connaissance, parce cpie nous n'avons point de jieintre à Evreux : mais comme il n'a pas bien réussi, à cause qu'il

APITNiWr.E AUX I.KTTKK.s HK IlOLDON.

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élflil forl iiilerromi'.u |.;ir U- liniil ti l.n l'oii'o du i>eu|ile, il en a tiiO lo [lortniil en iil.liro cl nnsuilecn çirc, pour le ci.ivonner cl vous le (aire tenir, .ifin que vous axez la ( unsoîation lie le voir, fiuoi(iue nous rayonspcnlu. Je prenilrai la liberté de vous (-trire iiuami nous vous l'enverrons.

Mme Lei'ebvre vous salue avec bien du

ics| ect cl votre bon ange, cl se retomnumiic .'I vos prières.

Je suis avec loul le respect possible, et"-. Monsieur, Votre très-liumble l't Irôs-obéissnnl serviteur,

CnAxoi>E, prôlre iml.

(> premier jour de septembre 1702.

APPENDICK AUX LETTRES DE BOUDOX.

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