EXHORTATION SUR SAINT JOSFJ'H
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(l"Mrc, nfin que relui i|ui est et qui porte |)our une do ses plus lielles ijunlités (pTil est celui qui est [Erixl. m, l'ij, soi! ci, tout et pflrioul. Mil relions donc n près s;nnt Joseph, suivons-le dons les soliludes du (lur amour et perdant notre vie dans ces saints déserts pour iionorer la vie inestimahie de notre auiour crucidé. Les toutes jireiuières actions de notre divin nuiant à la sorliede l'enipyrée ont été la solitude élomiaiite qu'il a gardée dans les bénites entrailles de la trùs-[)ure Vierge sa très-sainte Mère. Comme son amour était incomparable, il lui fallait niio solitude qui ne pi'it souil'rir de com|)aiaison, ne pouvant soull'rir d'être occupé d'autres clioses que de ses amours ravissants, il se prive généralement de toutes sortes de choses qui peuvent divertir. Encore vous, grauds saints ermites, liabilaiits des déserts, hôtes solitaires des bois et des forêts, vous voyiez le ciel, vous regardiez la terre, les anges souvent vous tenaient coiiipagnie; pour Jésus-Christ, point de ciel, point de terre, jiointtj'anges ; son ciel, sa terre, ses jeux, sesangi's, ses récréations, ses divertissements, ses occupa lions étaient son seul amour, voilà pour la solituiJe extérieure. Mais nous ne pouvons pas douter que de fet ermilago si retiré il ne communiquât des grâces siirabont'antes au glorieux saint Joseph qui, depuis qu'il eut appris par le movun des anges que c'était Dieu que sa digne épouse portaildans ses entrailles, était continuellement occuiié à l'adorer , à le bénir, h le remercier, à lui donner, son esprit , son iliiie et toutes ses puissances. Joseph qui avait toujours été un homine fort caclié devient encore plus retiré incomparablement. Il élait séparé des liommes , ns conveisniit jias beaucoup; mais pour lors non-seulement il se cache aux hommes, mais il se cache avec Jésus, et jtar là il est tout caché en Dieu. Voyez les progrès d'une âme qui aime en saint Jose|)h : il augmente en amour, et voilà en mèmetem|is que sa retraite est (ilus grande que jamais. Mais comment se retirer, sinon avec Jésus en Dieu'/ Je ne puis rien omettre qui soit à la gloire de la trèsprécieuse Mère de Dieu, aussi bien c'est elle mon liésor, ma joie, ma consolation, mes délices, ma seconde espérance, nies richesses, mes jilaisirs, ma satisfaction, en un mot, mon cher tout après Dieu. C'est par Marie que le [ilus grand des saints est tout ce qu'il est, c'est par elle et avec elle que le voilà caché en Jésus. Disons encore que pendant ce temps-là, pendant cette solitude d'amour, saiut Jean-Baptiste est sanctifié par son moyen, et admirons la conduite de Dieu qui ne veut communiquer ses grâces (|ue par le moyen de celte incomparable princesse notre toute bonne Mère, et retenons, pour une bonne fois, que la conduite de ceitaines personnes est blâuiable, [ileine d'erreur et inspirée \&v le démon qui veulent venir à Jésus sans aller par Marie, et ijui se plaignent de Iropde dévotion envers celle t[ue nousn'aimerons jamais assez, eussions iio;is Ijos les cœurs ensemble pour les lui duiiufr.
Avançons dans ces solitudes divines, nous voyons saint Joseph avec Jésus et Mariu seuls dans la crèche oij ils demeurent (]uarantejours, parce cpie, selon la loi. les femmes ne devaient [toint sortir du lit où elles avaient enfanté qu'afirès quarante jours pour les garçons. \'oilà l'oraison de saint Joseph, non pas de quarante heures, mais de quarante jours. Jésus enveloppé de bandelettes était pour lui le Irès-saint sacrement; la crèche servait d'autel, et l'étable une Eglise nouvellement consacrée par sa pn-sence. Marie luiservaifd'un jiuissant avocat, car c'est elle à qui jamais on ne refuse rien. Joseph avance toujours en solitude extérieure et intérieure; aussi croît-il miraculeusement en grâces. L'étable , voilà un ilésert admirable ; une étable ouverte de tous côtés dans les cliamps, je ne vois devantque la pauvreté, niais dans son intérieur, ô conduite admirable de la Providence I toiii le ciel y est avec tout ce qu'il a de [ilus cher. Avançons toujours dans ces chemins écartés de ceux où courent et marchent les mondains; voyons notre grand saint plus retiré que jamais, mais |iar ce moyen plus caché avec Jésus en Dieu. Il demeure environ se|it ans en Egypte dans un pays ét.anger, méconnu de tout le monde, îiors de toute sa parenté et dans un besoin de toutes choses. Mon Dieu, que j'adore, que j'admire et que j'aime votre conduite! Contemple , ô mon âme, ces divins ermites, ces adorables solitaires, et apprends que les plus grands amis de Dieu, ceux qui sont destinés à la plus haute gloire du ciel, ce sont ceux qui sont les plus cachés au monde qui sont plusiauvres, que personne n'estime, (pii n'ont pas beaucoup d'amis, qui ne font pas parler d'eux. Apprends de là à ne te produire point , et imprime fortement celle vérité dans ton esprit, quei|uanil tu te verras abandonnée, perdue de ré|iutalion, que l'on ne te regardera pas, que Dieu t'enverra une grande pauvreté, ah 1 ce sera pour lois que tu pourras concevoir quelque esiiérance que tu es aimée de Dieu. Mais au reste si en ce tempslà tu ne fonds il'amour pour Ion Dieu, si tu ne chantes le Te Deum, si tune bénis la grande Marie et son éj^oux, si tu n'invites tous les anges et saints à remercier Dieu, si le plus grand de les ctonnemenls n'est pas de voir que lu es entièrement indigne de tes faveurs, je [ileure sur toi, ton aveuglement n'est pas petit. Poursuivons toujours dans ces voies solitaires. Saint Joseph est revenu à Nazaretli, et là demeure caché avec Jésus et Marie, faisant le métier de charpentier. Mars Dieu veut qu'il y soit tellement caché, et le favorise d'une solitude si parfaite qu'il y finit sa vie; de sorte que voilà la vie de saint Joseph, solitude continuelle. Joseph solitaire au commencement de sa vie, Josej h solitaire au milieu, Jose[>h solitaire dans sa consommation. Mais, mon Dieu, que ne le faisiez-vous au moins | nr..ilre un peu à la tin de sa vie ajuès celiaui élablisseraentdai.s la sainteté? Point du tout : Yita ejus erit abscotidiiaciun Clirlito in Deo : « Sa vie sera ca-
«EUVRES COMPLETES DE BOUDON
chéoavoc Jésiisen Dieu.»(Co/. ni,3.)Cc n'est ]ias toui, il sera telleiiienl caché que mille et (jiiitize cents ans se passeront qu'à peine les liomnies penseront-ils à lui. Et pourtant voilà ce grand saint et le plus grand de tons les saints après s9 sainte et chère épouse; et voilà le plus grand ami de Dieu qui fut jamais. Mais comment cela? car il n"a point converti des mondes comme les apôlres, il n'est point mort d'une mort violente pour le nom de Jésus, comme les martyrs; il n'a point fait toutes ces choses qui ravissent tout le monde ; il a été seulement solitaire, toute sa vie a été cachée avec Jésus en Dieu. Je» m'étonne ici de l'aveuglement qui lient la plupart des Chrétiens, et comme il y en a peu qui agissent par foi. On n'est pas seulement sensuel pour les choses extérieures, mais même pour les choses spirituelles; voyez comme l'on agit. Qu'un homme fasse quelques œuvres qui paraissent bcaucouf), qu'il ait le don des miracles, tout le monde court après , quoique ces choses puissent compatir avec une âme ennemie d« Dieu. Qu'un autre ne respire que Dieu et qu'il soit tout anéanti avec Jésus, s'il n'a ces choses qui éclatent, on n'en fait point état du tout, et il ne sera estimé que i)ar des personnes qui lui resemblent et qui sont dans le véritable état du christianisme. Chose étrange de voir ce procédé des Chrétiens; il est si faux que par Jà il faudrait conclure que les apôtres étaient plus grands que Jésus leur maître, Notre-Seigneur ayant été presque toujous cacliéetn'ayant converti que fort peu de personnes pendant sa vie. Vere aliquid magni in solUudine latct, quandoquiJem tantopere Jésus el Maria dileseruiit .-«Vraiment il faut bien dire, » s'écrie le dé vot A Kempis, » que quelque chose de bien grand est caché dans la solitude, puisque Jésus et Marie l'ont tant aimée. » Elle contient des trésors inénarrables. C'est un ciel, un paradis, c'est une vie angélique qui divinise les âmes et qui les consume entièrement dans les belles flammes du pur amour. Nous jiouvons en juger quelque chose par la haute et Irèï-éminente sainteté de saint Joseph que cette solitude lui a donnée ; j'entends parler de la solitude parfaite extérieure et intérieure. Sa solitude extérieure est assez connue [)ar la vie retirée qu'il a menée; mais pour la solitude intérieure, il n'y a point de langue quelque éloquente qu'elle soit qui la puisse exprimer; l'Evangile en a seulement dit un mot : Erant pater ejus et Mater mirantes : « Le père nutatif de Je'sus, dit la sainte Parole, avec sa très-sainte Mère admiraient. {Luc. ii , 33.) Voilà la vie de saint Joseph, dit un serviteur de Dieu, rapportée en un mol; vie, non de paroles, mais d'oraison et d'admiration. Et il n'est point fait mention en tout l'Evangile d'une seule parole que Joseph ait proférée, |)arce qu'il était toujours adorant et admirant sans cesse les richesses inestimables de Jésus, et la dispensalion des sacrements cachés en tous les siècles en Dieu; c'est ainsi que l'apôtre ii(>pelle Dieu Incarne.
O quels profonds secrels et merveilles les esprits de Mario et de Joseph n'onl-ils p^s pénétrés et sondés dans les abîmes de cette vie! quelles lumières n'ont-ils pas reçues de leur soleil qui leur é:ait présent. Les Ames allaient en enfer, Jésus était venu pour y remédier; il quittait tout pour se tenir caché avec Marie et avec Joseph. Ce ([ue Jésus |)ouvait faire en ce temps-là et qti il n'a pas fait, tous les elfets (ju'il pouvait opérer et qu'il a suspendus, il les a tous produiis, par une singulière éminence en Marie et Joseph, et il a aai|)lement récompensé en eux toutes les privations et suspensions de ses grandes et de ses saintes opérations ; car il était occupé en eux, les saactiliant et les élevant de moment en moment [lar de nouveaux accroissements de grâce etdesainteté. Quelles communications mutuelles, quelle rencontre de ces lumières du paradis en se regardant de leur cœur, en s'entretenant de leurs vol'ontés et atfections, s'unissent en euxmêmes, vouloir et non vouloir; de leurs esprits en se liant en très-simple uniformité de pensées de tous leurs sentiments, de toutes leurs puissances recueillies sur les mômes objets et par des inclinations toutes semblables 1 Si la communication d'un saint avec Dieu ou sa très-sainte mère nous étonne et produit véritablement aes elfets prodigieux de grâce dans l'àme, que devons-nous penser de celle qu'a eue saint Joseph avec Jésus continuellement pendant environ trente ans I Que ne peut point faire un regard de Dieu, une jiarole ! Par une seule parole do Dieu tout le monde a élé l'ail ; je vous prie, que n'a point opéré l'entretien de Jésus- Dieu avec Josepli pendant un si long temps? Qui pourrait expliquer tes chastes embrassements, les saints baisers de saint Joseph avec son cher Jésus, avec un Dieu? Y a-til un séraphin qui puisse nous déclarer la grandeur de saint Josejih qui commande à un Dieu, et eral subditus illis. Tout ce que le Saint- Esjjrit déclare de la vie cachée de Jésus est qu'(/ était sujet à Marie et à Joseph {Luc. Il, 51). Voilà ses merveilles, voilà ses grandeurs, voilà ses miracles, voilà ses o|iérations, voilà la meilleure partie de la vie d'un Dieu, il était sujet à saint Joseph. Joseph appelait Dieu, Jésus répondait; Joseph commandait, Jésus obéissait, Jésus était envoyé et Jésus allait, Dieu aidant au saint à exercer le métier de charpentier. Il balayaitet nettoyait la maison et faisait quantité d'autres choses domestiques, et tout cela pour moi, pour nous ; et un Dieu 1 Vous pouvez voir de là la facilité que saint Joseph avait à l'oraison et sa grande solitude intérieure pour toutes les choses créées, car quand il aidait à Jésus, qu'il lui apportait quelque morceau de bois, il ne cessait de prier Dieu ; quand il mangeait, f|uand il se reposait, toujours avec Jésus Dieu incarné et avec la reine de toutes les grandeurs du paradis. Pour ce qui regarde ies choses créées, il n'y jtensait pas, et si Moïse paraissait si lumineux parles heureuses communications avec Dieu, et si éclatant