‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 52 sur 436 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

De l'étendue de son zèle.

Quand un cœur est entre les mains de Dieu, et qu'une bonne fois il est dilaté par

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zèle ne

bien grand ; il

son uivin amour, il devient

n'y a rien que la grandeur de son

renferme, qui s'étend sur autant de choses

v donne ni grâce ni bénédiction. J'ai 'un des jdus grands serviteurs de Dieu de notre siècle , et des plus éclairés, qu'ayant une grâce incomparable pour les âmes les plus parfaites, il n'en avait presque point pour les pécheurs, comme l'expérience l'a fait voir.

La grâce du P. Seurin était une grâce générale, et pour les pécheurs, et pour les justes, et pour les âmes les plus saintes ; c'était donc dans l'ordre de la divine Providence que son zèle s'étendait sur toutes sortes de personnes. 11 avait une grâce éminente pour les âmes qui tentlaient à Dieu parfaitement. Et il écrit qu'à proprement parler, sa grande joie se trouvait dans leur rencontre. 11 ajipeiait ces jours-là Us bons

Uavr.F.S COMPLETES DE BOLDON.

jourfde sa ri>. » Si quelquefois, » disait-il, f> quelqu'un est blessé du divin amour, en entendant ce que nous disons, ou voyant ce que nous faisons, nous comptons cela [larmi nos meilleures fortunes. » 11 avait beaucoup de bénédiction pour les pécheurs. Ce qui lui fait dire dans une lettre qu'il écrit d'un lieu où il faisait une mission , « que Dieu lui fait de très-|;randes grâces dans cet emploi ; que lorsqu'il est sur le point de monter en chaire , il ressent une force particulière pour dire le bien de Dieu et le mal des créatures; qu'il sent une vigueur au-dessus des forces naturelTes de l'ârae , aussi bien dans ses sens intérieurs et extérieurs que dans ses paroles pour animer les pécheurs à se rendre tout à Dieu ; qu'il sort de ses fonctions plus uni à Dieu et plus content que s'il avait gagné une bataille. >• Parlant de la joie q'i'il a de parler aux peuples soit en pul)licsoit en particulier, « il assure que son âme est pleine d'onction ; qu'avec les ppuples les plus grossiers comme avec les âmes les plus choisies et les plus éclairées, il a une grâce particulière à les instruire des premiers mystères de la religion ; que cette grâce a été la grâce des apôtres. » Quand il a été dans le pouvoir de le f dre, il emfilovail ber.ucoup de temps à confesser le petit peuple, 11 allait visiter les bonnes gens de la cam|)agne , elles pauvres des villes dans leurs petites maisons pour leur apprendre les voies de Dieu. Il prêchait volontiers dans les villages et quelquefois deux fois par jour, et il allait de village en village avec une joie extraordinaire , évangélisant et prêchant le règne de Dieu; il lémoignail qu'il trouvait des délices et sa nourriture à enseigner la religion au simple peuple, et que l'onction du Saint-Esprit s'augmentait 'lorsqu'il prêchait à des gens dans les campagnes; qu'il ne pouvait assez dire le sort heureux de ceux qui les enseignent.

Mais sa grande dévotion était d'instruire même les petits enlanis , ce qu'il a encore fait lorsqu'il a été plus avancé en âge, et même à la fin de sa vie; ce qui est bien remar.juahle dans une personne d'une élévation intérieure pareille à la sienne : car pour l'ordinaire on a de la peine à descendre de ce haut étage dans les manières les ])lus basses comme sont celles qu'il faut tenir avec les enfants, ^'oici ce qu'il écrit à ce sujet vers la fin de sa vie : « J'enseigne aux petits enfants r.\BC, et puis je leur fais dire à pleine tête : Ln seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement; car c'est une chose qui devrait être ("ubliéedans une trompette d'or à tous les hommes. Ce me sont des biens que je ne puis expliquer, et des douceurs qu'à peine puis-je jiorier; voilà la liaijte fortune où j'ai aspiré dès le commencement que je me suis mis au service de Dieu. » Il dit dans une autre lettre : « Dieu me fait une grande grâce de me laisser travailler à la vigne , instruisant les petits enfants des principes du catéchisme avec beaucoup de fatigues du corps (c'était l'an-

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née d'auparavant sa mort), mais avec tant de douceurs de l'âme que je ne les jiuis exprimer. ') Il arrivait que quelque faible qu'il fiU, et à raison de la vieillesse, et à raison de tous les maux qu'il avait soufferts, il sentait toujours de la vigueur et de la force, qiiaml il s'agissait d'instruire et de prêcher à la campagne.

Ecrivant à une supérieure des filles de Noire-Dame, et lui parlant de l'instruction qu'elle donne à la jeunesse, il déclare, « Que c'est une chose si grande et si précieuse, qu'il en demeure étonné ; que c'est une participation de la charité de Dieu, qui est la charité même. Ah, mon Dieul s'écrie-t-il, quelle bénédiction à un ordre qui a pour ses fonctions de catéchiser et d'instruire la jeunesse ! Qu'un diable contraint |)ar l'autorité de l'Eglise, avait été obligé de lui dire que l'enfer avait une cruelle haine contre la Compagnie de Jésus, parce que l'un de ses emplois était d'instruire la jeunesse dans la piété. > Il ajoutait qu'il avait très-bien remarqué lui-même que les diables haïssent j'arliculièrement ceux qui travaillent à faire régnei' Jésus-Christ dans les âmes. « Mais pour nous, disait-il, ne nous contentons pas d'aimer Dieu, mais faisons que plusieurs autres l'aiment . et ceux qui le désirent et qui y pensent , et ceux qui ne le désirent pas et n'y [lensent pas. Il me semide que ce qui me reste de vie se doit employer à augmenter le nombre de ceux qui aiment Dieu, ei à lui sauver des pécheurs qu'il semble que l'enfer a déjà dévorés. Enfin je serais ravi dans cet emploi de succomber sous le ■ faix et d'y mourir à l'imitation de mon divin Sauveur. »

Cependant il faut remarquer qu'il ayait une grâce très-spéciale pour les personnes qui sont dans les croix et particulièrement (juiont des peines d'esfirit. On rapporte la même chose de saint Ignace son fondateur; l'expérience de ces états donne de grandes lumières, et le bon usage que l'on en fait attire de notre bon Sauveur une abondance de grâces extraordinaires, pour y soutenir et fortifier les autres. « Mais il conseillait à ces âmes d'éviter les réûexinns volontaires sur leurs peines; de ne pas, dans ce temps-là, beaucoup examiner leurs actions en particulier; ne pas beaucoup rechercher si l'on a consenti ou non aux tentations; que souvent ces peines viennent de trop de vue ou de rélli^xion; qu'il fallait tâcher de se désoccu()er de soi-même; qu'en matière de défaut, il vaut mieux donner à la componction qu'à la pénétration ; surtout qu'il fallait soumettre son proprejugement sous l'obéissance ; dans cette rencontre, ne pas suivre sa propre lumière, ce qui n'est pas un dérèglement, quand on agit contre son jugement, à une lumière supérieure à qui l'on obéit. >. Il avait une grâce généraie pour toutes sortes d'états; il assistait toutes sortesde personnes de ses avis et de ses soins, « et il avouait bonnement qu'il n'était pas en son pouvoir de refuser rien au prochain de ce qui lui était possible. » Mais il rendait ser-

L HOMME DK DIEL.

PART. lil.

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vico il tout le nioiiiio d'uno manière si clianliililf, qu'il serait l)ieii ilillicile ilo l'oxpliquor. Les misères des autres lui pénètiaieiit si vivement le cœur, que la vie lui eu devenait péuiltle ; et eomme sa eliarité n'avait point de lioriies, elle s'étendait n^n-seulenienl sur les maux de l'iline, mais aussi sur ceux du corps. « Une de ses ordinaires visites était aux hùpilaux, dont il di>aitdebonne grAeo (lu'ii voulait devenir courtisan : ctque s'il avait à loger la cliaiité, il lui donnerait une cliambre dans laquelle il ti'y entrerait rien ([ue Dieu qui est la charité môme, car elle doit être toute pure en son motil', et ne goûter que Dieu seul ; .que ilans cettecliambre il y aurait deux portes, l'une enlierait dans une classe, et l'autre dans un hôpital, parce que ce sont là les issues de la charité, et les emplois qui lui sont les plus agréables. » 11 agissait envers le prochain avec une patience et une ilouccur extraordinaire, et il n'y a point de peine qu'il n'eût soufferte avec joie, pour l'établissement du règne de Jésus-Christ dans les âmes. Il estimait que de soull'rir les peines que les démons lui foisaient poiter et auxquelles il s'était offert, était jieu de chose pour le prix d'une seule âme qui avait coûté tout le sang d'un Dieu ; et il se jugeait encore trop heureux d'être ilans un tel état de peines.

Enfin, il n'y avait rien qu'il n'eût voulu soutlrir pour l'intérêt de Jésus-Christ, dans toutes sortes de personnes. 11 dit dans une lettre : « Il ne me reste qu'une ardeur et un désir extrême pour persuader à toutes les dmcs, soit par écrit, soit parparoles, les richesses et opulences cachées dans les maximes de l'Evangile ; quand tout le reste me serait ùté, je ne saurais être pauvre : il y a de quoi parler, écrire et travailler à l'iiifini sur le fonds. Hélas! que ne voudrais-je pas faire pour mettre tous les cœurs, si je le l'ouvais, dans la ferveur du divin amour ? »

H a fait aussi en la vertu de Jésus-Christ, sans lequel nous ne pouvons rien, tout ce qu'il a pu. Il a prêché ; il a écrit ; il a parlé en public ; il a parlé en particulier, dans les villes, dans les caui|)agnes, dans les paroisses, dans les monastères; partout il a erié, il a exhorté au divin amour; il prêchait avec une grande onction intérieure, que le Saint- Esprit répandait jusque sur ses paroles qui étaient merveilleusement ellicaces. Souvent ses sermons étaient accompagnés de ses larmes et de celles de ses auditeurs, avec des suites très-glorieuses pour l'établissement de l'empire de Jésus-Christ dans les âmes, et pour la destruction de celui du démon et du péché. Des personnes graves ont dit qu'il paraissait visiblement que le Saint-Es[)rit parlait par sa bouche ; et les effets le faisaient voir. Les bonnes gens de la caïufiagne ne se lassaient point de l'entendre, et ils disaient que les autres prédicateurs ne parlaient pas au cœur comme celui-là. Des personnes même considérables et éclairées le regardaient comme un vrai apôtre et ne se trompaient pas, car il en avait re<;pril et la vie.

Ses discours, aussi bien que ceux des apôtres, n'élaienl pasdes [Moductions de l'esprit humain; ce n'était pas lui cpii parlait, mais l'esprit de son père, le Dieu du ciel, qui jiailait en lui, ^el()n la promesse (ju'en a faite notre divin Sauveur aux hommes apostoliipaes. Durant tieiitu ans ce lui a été une grande |»répaiiiiion (jue l'espace d'environ undemi-(|uait d'heure l'our monter en chaire, fùicore [leut-on dire (pie durant ce ()eu do temjis ce n'était |;as tant son esprit qui se préparait, que resjirit do Jésus-Christ dont il était rempli, (pii disposait à jiarler en sa divine vertu; aussi ne lui éiait-il pas ira()OSsible de se servir des matières (ju'il avait

di

sposées en sa jeunesse pour ses sermons.

L"n jour, étant de retour •'i Bordeaux, la veille du premier dimanche de l'Avent, à môme temps ciu'on le sut, on le pria de prêcher les dimanches et les jeudis dans une paroisse de la ville, et le reste des' jours do la semaine dans quatre monastères. Un pareil engagement et si prompt aurait pu donner de l'embarras à un autre. Et comme il n'avait pas le temps de se préparer à une si grande multitude de sermons, il voulut lire quelque chose de ceux qu'il avait coin posés autrefois. Mais comme cela ne lui servait de rien, et au contraire lui gelait le cœur, il mit toute sa conliance en la seule providence de Dieu ; et [lar un mouvement jiarliculier de l'esprit de Notre-Seigncur, il jeta tous les sermons au feu : en même temps il se trouva dans une grande dilatation de cœur, et le cœur rempli de grands desseins et d'une abondance de pensées accompagnées de quautiié de saints mouvements.

L'ne autre fois, etdans le temps qu'il était accablé de ses peines, qui lui ont néanmoins laissé la liberté plusieurs fuis de f)rèclier, étant dans l'église des Carmélites de Saint- Joseph le jour de l'Epiphanie de Notre-Seigneur, il y trouva un grand concours de ce que les gens du siècle appellent le beau monde, à raison d'une [nincesse qui était venue pour entendre le sermon qu'un abbé devait faire. Mais, ô mon Dieu, sans la providence duquel rien n'arrive 1 les hommes avaient pensé à faire prêcher un abbé , et vos jieusées sont bien éloignées de celles des 'nommes, qui jugeaient qu'un prédicateur de la sorte était bien jiropre à un si illustre autlitoire; vous aviez pensé à faire prêcher votre [lauvre serviteur, que ses [leines rendaient bien abject; et c'est ainsi que vous prenez plaisir à confondre la sagesse des j)rudenls. Car M. l'abbé manda qu'il ne pouvait prêcher, lorsqu'on l'attendait pour monter en chaire. On achevait les vê[)res, et les Carmélites ayant appris la chose par leur tourière du dehors, se trouvèrent fort en peine à raison de la présence de la[irincesse et de sa cour. Mais la tourière leurayant dit que le P. Seurin était à l'église, elles l'envoyèrent prier de suppléer au prédicateur qui manquait, ce que le Père accepta sans difficulté. Il monta donc en chaire n'ayant jioinl eu d'autre temps pour se préparer quj

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ŒLVUES CO.Mri.ETi:S DE BOL DON.

celui qui lui avait été nécessaire pour prendre le surplis, et ayant d'aiilre jiart l'esprit aliîtné dans une mer de peines. Àlais, ô mon Seigneur et mon Souveiain ! vous uionlrez bien quand vous voulez, (jue vous êtes le maître, et que vous n'avez nul liesoia des niov eus humains pourexi^cuter vos desseins. 'l'OLit à couple Père eut l'esprit rempli d'un desseii. de faire voir la petitesse des grand.-, et l'abaissement qu'ils doivent porter auv pieds du saint entant Jésus; et il lit un sermon ailiuiraljie, dont la [irincesse fut j^randemenl édiliée, et tout le reste de l'auditoire.

Di'puis son obsession qui lui a duré plus di' Irciileans, il n'a |iu s'appliquer à aucune lecture ni étude pour se préjiarer à prêcher: ainsi il demeurait entièrement abandonné aux soins de la divine Providence, qui lui a toujours uiontié qu'elle était In meilleure des mères. En eirel,aussilùt qu'il était monté en chaire, il se sentait revêtu ti'une force adniiraide, et au môme tem[)s ()u'il s'était muni à l'ordinaire du si^ne sacré de notre rédemption, il entrait dans uneplénitude de pensées, dans une viL^ueur d'esprit surprenante, dans une facilité d'expression merveilleuse, et il parlait avec une force de voix acconifiagnée d'une éloquence céleste, comme s'il eût été un autre lioiiime. Le médecin qui le traitait et qui savait que son corps était tout abattu et 5ans force, l'ayant entendu, jugea bien que ses forces étaient surnaturelles, et qu'il y avait du miracle. Comme ce n'était plus lui qui vivait, mais Jésus qui vivait en lui, c'était aussi Jésus qui y parlait ; et c'est la cause de la conversion ou de la sanctification des âmes qui assistaient à ses sermons ou à ses entreliens particuliers.

Mais c'est une chose très-digne de remarque, que cet homme de Dieu était tellement anéanti à soi-même, et tellement animé, mû et conduit de l'esprit de Jésus-Christ, que l'on pouvait dire de lui comme des a|iôtres, que ce n'était pas lui qui parlait, et nous l'avons déjà dit; mais encore on (X)uvait assurer que ce n'était pas lui qui composait ce qu'il a dicté ou écrit. Mais comment l'aurait- il pu faire, au moins dans son état de |)eine? Il a dicté tous les volumes du catéchisme spirituel que l'on a donné au \>ublic, avant même qu'il ait eu le [iremier rayon de lumière qui lui a fait voir quelque jour, au mdieu des ténèbres oij il a habité si longtem|)s. Conuuerit un homme tout obsédé |j.ir le démon qui lui liait l'imagination, qui n'était remplie que de pensées noires de J'enfer et de sentiments qu'il était damné ; a-t-il pu parler si dignement dans son catéchisme des peines surnaturelles, et donner des avis si judicieux à ceux qui les soulTrenl'/ comment ne se les api)liquait-il jias à luimême? 11 en rend la raison dans une lettre éi;rite à la mère Jearme des Anges, dans laquelle il dit que la doctrine du catéchisme spirituel coulait de lui comme un petit lilet d'eau à travers un torrent de soufre. Kt de vrai, c'était une chose merveilleuse de lui voir dicter dans l'étal où il était, tant

de si saintes vérités, et y garder même de l'ordre, comme il est aisé de voir par toutes les divisions qu'il fait dans les matières dont il traite dans tous les chapitres; il dictait toutes ces vérités connue tino personne réciterait la chose du monde nu'elle saurait davantage, et avec autant de tacililé que s'il avait récité les jirières que l'on dit tous les jours. On ra|iporte môme (pie pourcontinuer la suite, il ne demandait pas où il était demeuré, kntin voici ce (ju'il a laissé écrit de sa main : « J'avais une assistance de Notre- Seigneur et de la sainte Vierge toute manifeste, si bien que je ne crois (las qu'en tous les volumes (le mon catéchisme il y ait douze lignes du mien. » 11 dicta ensuite le dialogue si'irituel qui est en quatre volumes Mais il n'en dicta qu'une partie; car après avoir été plus de dix-huit ans sans pouvoir écrire, ou si peu que c'était comme rien, il sentit tout à coup une im|)étuosité qui partait ; et ayant pris la plume, il écrivit plusieurs pages, et depuis ce temps-là, la liberté d'écrire lui fut redonnée.

Il a écrit plusieurs autres traités dont je crois devoir spécifier ceux qui sont à ma connaissance, afin que si la divine Providence en ordonnne de la sorte, quelques jiersonnes pensent dans la suite des temps, avec le consentement et la permission des Pères de la Compagnie de Jésus, à les donner au public.

Un i/uide spirituel. — Un traité de VAmour divin. — Le triomphe de l'amour divin sur les puissances de l'enfer. — Un traité de ta perfection.

Plusieurs livres de la science expérimentale, acquise en la possession par les démons des religieuses ursulines de Loudun.

Un traité des secrets de la grâce. — Un discours justificatif des choses mystiques. — Explication de diverses questions mystiques. — Questions importantes en la vie spirituelle, et sur l'amour divin.

Un ouvrage de poésie touchant les différents degrés de l'amour.

L'on a donné au public les Fondements de la vie spirituelle et les cantiques qu'il a aussi composés dans son état de peines, et qui m.irquent assez l'Esprit-Saintqui les lui a inspirés. On a recueilli un grand nombre de ses lettres pleines de l'onction intérieure de l'esprit de Jésus-Christ qui l'animait. Si l'on en sait bien faire le choix, car il en a plusieurs qui ne sont pas projires à être données au public, ce sera un ouvrage extrêmement utile pour le bien des âmes et ]iour l'établissement du règne de Jésus- Christ dans les cœurs, qui est la chose que nous devons tous désirer.

Or cet homme de Dieu, selon ce qu'il a laissé par écrit, a été sept ans à se préparer aux fonctions extérieures, par la jnatique de l'oraison et de la mortification ; ainsi en se vidant de soi-même, il s'est trouvé plein de l'esprit de Dieu; le grand mal de la [ilujiart de ceux qui s'em[)loient pour le jirochain, soit par la prédication, la direction ou la confession, est qu'ils veulent donner te

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